Protection Civile et Operations d'Aide Humanitaire Européennes

Service tools

Niger

Niger by ALIMA
© ALIMA/WTYSL
Introduction

Les besoins humanitaires au Niger demeurent significatifs en raison d’une insécurité alimentaire, d’une dénutrition infantile et de la hausse du nombre de personnes qui cherchent refuge dans le pays en raison des crises sévissant au Mali et dans la région du lac Tchad. Des régions entières au Niger ont subi des crises alimentaires au cours des deux dernières années à la suite de conflits armés. Parallèlement, l’acheminement de l’aide humanitaire aux personnes vulnérables reste problématique.

Quels sont les besoins ?

Plus de 2,3 millions de personnes au Niger ont besoin d’une aide humanitaire. Le Niger connaît une malnutrition aiguë sévère (MAS) de niveau urgent dans l’ensemble du pays, avec 380 000 enfants de moins de cinq ans qui devraient avoir besoin d’un traitement contre cette forme de dénutrition, la plus grave et la plus susceptible de mettre leur vie en danger. Dans six des huit régions du pays, le taux de MAS dépasse 2 % de la population chez les enfants de moins de 5 ans. Le conflit qui sévit dans le nord-est du Nigeria continue d’affecter la région frontalière de Diffa, dans le sud-est: près de 250 000 réfugiés nigérians, rapatriés et personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) s’y sont installés ces dernières années et ont toujours besoin d’abris, de vivres, d’une aide nutritionnelle, de soins de santé, d’une protection, d’éducation et d’un accès à l’eau et à l’assainissement.

Le Niger accueille aujourd’hui 55 000 réfugiés maliens, 1 500 réfugiés burkinabè et plus de 70 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays dans les régions de Tillabéri et de Tahoua. Les contraintes sécuritaires ont conduit à un renforcement des opérations militaires et à un état d’urgence prolongé, ce qui a inévitablement eu des répercussions sur la dynamique socio-économique de ces régions et nui aux moyens de subsistance et à l’accès aux services sociaux de base. L’accès aux personnes ayant besoin d’une aide humanitaire en a également pâti et l’acheminement de l’aide humanitaire reste un véritable défi.

Depuis mai 2019, environ 20 000 réfugiés provenant du nord-ouest du Nigeria ont migré vers la région de Maradi au Niger pour échapper à des groupes criminels. Le Niger est également sujet à des flambées épidémiques en raison de sa forte exposition à la sécheresse et aux inondations, et de la capacité limitée des autorités à faire face aux pandémies. En 2018, une épidémie de choléra a touché quatre régions, dans lesquelles plus de 3 800 cas ont été enregistrés et 78 personnes sont mortes. En outre, 4 035 cas de rougeole ont été enregistrés.

Carte de Niger
En quoi consiste notre aide ?

L’Union européenne figure parmi les principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire, et fournit des secours d’urgence et une aide vitale au Niger. En 2019, l’UE fournit 23,15 millions d’euros d’aide d’urgence en faveur des réfugiés, des personnes déplacées à l’intérieur du pays et des communautés d’accueil dans la région reculée de Diffa (touchée par le conflit au Nigeria) ainsi que dans l’ouest du Niger (touché par le conflit au Mali). La priorité est donnée aux besoins fondamentaux, notamment en matière d’alimentation, de soins de santé, d’accès à l’eau, de protection, d’éducation et de logement.

L’aide humanitaire de l’UE soutient également la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë sévère. En 2018, l’UE a contribué à financer le traitement de plus de 246 000 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë sévère, y compris des enfants appartenant à des groupes de réfugiés ayant fui la violence au Nigeria et au Mali. Ce nombre équivaut à environ 65 % du nombre total d’enfants bénéficiant d’un traitement nutritionnel dans l’ensemble du pays.

Une aide alimentaire est fournie principalement sous forme d’espèces et de coupons alimentaires. Les bénéficiaires reçoivent soit un versement sur leur téléphone portable, soit des coupons pour acheter à manger dans les commerces locaux. Les groupes de population les plus à risque (les enfants âgés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes ou allaitantes issues de ménages très vulnérables) reçoivent des rations complémentaires riches en éléments nutritifs. En 2018, l’UE a ainsi aidé 119 000 personnes, soit près de 7 % de l’ensemble des personnes les plus nécessiteuses. En 2019, le gouvernement prévoit que plus d’un million de personnes auront besoin d’une aide alimentaire d’urgence pendant la saison maigre (entre juin et septembre).

En 2018, l’UE financé des ONG qui dispensaient des soins médicaux dans des centres spécifiques pour le traitement du choléra, agissaient de manière coordonnée avec les autorités sanitaires locales pour acheminer des fournitures médicales et soutenaient des activités de sensibilisation, menées par voie radiophonique et grâce au militantisme social, dans les communautés touchées. L’UE finance également des actions de scolarisation des enfants lors de crises humanitaires (Éducation en contexte d'urgence) et des interventions de protection visant à atténuer l’incidence du conflit armé et de ses conséquences pour les personnes les plus vulnérables.

En outre, l’UE soutient le renforcement de l’état de préparation des communautés et des autorités aux situations d’urgence, en particulier en ce qui concerne les crises alimentaires et nutritionnelles. L’UE continuera à mettre au point des mécanismes de réaction rapide et d’alerte rapide/d’action rapide flexibles pour les régions touchées par des crises. Compte tenu de la situation instable sur le plan sécuritaire au Niger, l’UE plaide en faveur d’un environnement de travail sûr pour les travailleurs humanitaires, dans lequel le respect des principes humanitaires et du droit international humanitaire constitue le fondement du programme et de la réponse humanitaires.

Dernière mise à jour
07/06/2019