Excellence

L'Europe à la pointe

En matière de télédétection civile, l'Europe est aujourd'hui le leader mondial incontesté. Un succès qui plonge ses racines dans les années 1970! Et qui n'est pas prêt de s'essouffler.

Image en couleurs de la Terre, prise par le satellite MSG-2 en janvier 2006. Image en couleurs de la Terre, prise par le satellite MSG-2 en janvier 2006.
©ESA
Densité de colonne du NO2 exprimée en 10 exp.15 mol./cm2 Carte de la pollution par le dioxyde d’azote (NO2) établie à partir des données envoyées par Envisat. L'exposition prolongée à ce gaz peut causer des dommages aux poumons et au système respiratoire. Le NO2 joue également un rôle important dans l'atmosphère puisqu'il entraîne la production d'ozone dans la troposphère.
Densité de colonne du NO2 exprimée en 1015 mol./cm2
Profusion d'algues dans la mer Baltique, captée par l'instrument Meris placé sur le satellite Envisat (13 juillet 2005). Profusion d'algues dans la mer Baltique, captée par l'instrument Meris placé sur le satellite Envisat (13 juillet 2005).
©ESA

L'observation de la Terre, d'un point de vue civil, est une discipline spatiale qui a très tôt passionné les Européens. Dès 1977, l'ESA lançait Meteosat 1, un premier satellite optique chargé de regarder notre planète depuis une orbite géostationnaire. Consacré à la météorologie, celui-ci a eu beaucoup de petits frères aux regards toujours plus acérés (nous en sommes à Meteosat-7), et ce dans toutes longueurs d'ondes possibles: visible et infrarouge. Cette famille de satellites est en orbite géostationnaire, à 36 000 kilomètres d'altitude. Le satellite paraît fixe par rapport à la région de la Terre qu'il observe en permanence.

Spot, Envisat et les autres

Dès 1978, un second ensemble de satellites a vu le jour : la famille Spot (Satellite Pour l'Observation de la Terre), fruit d'une coopération entre la France, la Belgique et la Suède. Cinq exemplaires ont à ce jour été lancés. Ceux-ci évoluent sur des orbites plus basses, circulaires et héliosynchrones, à une altitude de 830 kilomètres. Le dernier né, Spot-5, livre des images affichant des détails de l'ordre de 2,5 mètres au sol en noir et blanc (panchromatique) et 10 mètres en couleur (multispectral).

L'ESA a, par ailleurs, élaboré et mis sur orbite plusieurs engins scientifiques dont les satellites radars du programme ERS (European Remote Sensing satellite). Deux satellites de cette famille ont été construits dans le cadre de ce programme adopté en 1982. ERS-2 est toujours opérationnel en orbite. Il a depuis été rejoint par le géant Envisat. Mais les ressources de l'ESA en matière d'observation de la terre ne se limitent pas à ces seuls grands programmes.

Les "missions tierces"

L'Agence spatiale européenne met également à la disposition de pays tiers ses installations au sol pour la réception, le traitement et l'archivage d'autres engins d'observation de la Terre. C'est aussi dans ce cadre des "missions tierces" (Third party missions) qu'un satellite expérimental de l'ESA, le petit outil belge Proba (Project for on board autonomy), a été lancé. A l'origine, cet engin, placé en orbite en 2001, ne devait pas y subsister plus d'une année. Une fois l'efficacité de ce démonstrateur technologique prouvée, l'engin est devenu à ce point opérationnel que cette petite plate-forme orbitale (100 kilos à peine) ne cesse de livrer des images toujours plus étonnantes de notre planète grâce à sa caméra à haute résolution et son imageur multispectral compact de facture britannique.

Cap sur l'avenir

Aujourd'hui, l'attrait pour l'observation de la Terre ne se dément pas. A Paris, siège de l'Agence spatiale européenne, comme à Frascati, dans les environs de Rome où se situe l'ESRIN, le centre de l'ESA en charge des programmes d'observation de la Terre, les projets fourmillent.

Cet engouement européen et ses perspectives d'avenir ne manquent pas de séduire les scientifiques de tous les continents, Etats-Unis compris. "Tout simplement parce que l'Europe en a fait une de ses priorités alors que pour l'instant, aux Etats-Unis, les budgets consacrés à l'observation de la Terre sont sans cesse rabotés", précise Simonetta Cheli, responsable de relations publiques et institutionnelles à l'ESA-ESRIN, Italie. "Les scientifiques américains, dans ce domaine, sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à chercher des collaborations avec les chercheurs européens pour pouvoir bénéficier de nouvelles données provenant de nos instruments en orbite. "


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plus de précisions

Envisat, un succès européen "planétaire"

Le plus ambitieux satellite d'observation de la Terre jamais construit est un "enfant" de l'ESA. Depuis cinq ans, Envisat (ENVIronment SATellite) est une mine d'informations sur notre planète.

Lancé en mars 2002, ce mastodonte (huit tonnes et dix instruments scientifiques) produit chaque jour quelque 280 gigabytes de données.

« En avril 2007, lors du symposium scientifique organisé à Montreux (Suisse) à l'occasion du cinquième anniversaire d'Envisat, plus d'un millier de chercheurs issus de 50 pays différents sont venus présenter leurs résultats scientifiques obtenus grâce aux données d'Envisat », explique Henri Laur, directeur de la mission Envisat à l'ESA. Quelques 1200 projets scientifiques ont ainsi été détaillés. Et ce n'est pas fini! » La durée de vie opérationnelle d'Envisat devrait s'étendre jusqu'en 2010. Mais, même bien après la fin des observations en orbite, les données produites tout au long de sa vie active, resteront une source d'informations de première qualité. Elles continueront à alimenter de nouveaux algorithmes et livreront de nouvelles informations sur notre biosphère. "La grande force de ce satellite repose sur la multitude de données acquises simultanément en orbite par ses divers capteurs d'une même région du globe", poursuit Henri Laur. "Des données qui concernent autant les terres émergées que les océans, la cryosphère ou encore notre atmosphère et, bien entendu, les multiples interactions entre ces diverses composantes. C'est ce qui explique que de plus en plus de résultats scientifiques obtenus grâce à lui concerne le climat et son évolution."

Parmi les instruments les plus remarquables du satellite, ont peut notamment pointer le radar imageur Asar, le "thermomètre" Aatsr, ou encore Meris, un capteur optique qui s'intéresse autant aux couleurs de l'océan qu'au couvert végétal terrestre avec une précision au sol de l'ordre de 300 mètres.


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