Anne Mimault EFI - ITC

Transformation du coton au Burkina Faso : un nouveau projet de réintégration pour les migrants de retour et leurs communautés

NEWS | 01 April 2019

« Mon rêve, c’était l’Espagne » confie Tiraogo alors qu’il coud la dernière anse d’un sac en coton. « Mais tout ça, c’est derrière moi, je veux aller de l’avant… Voilà, il est terminé ! » ajoute-t-il en brandissant le sac en Faso Danfani, un tissu qui fait la fierté du Burkina Faso.

Tiraogo est l’un des six Burkinabè de retour âgés de 18 à 35 ans ayant participé à une formation d’un mois en couture organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en partenariat avec le Centre du Commerce International (ITC).

A l’issue de cette formation, l’OIM soutiendra les participants avec des formations professionnelles complémentaires dans la couture et la gestion comptable et financière afin de les conduire progressivement à la création d’une petite entreprise pouvant répondre aux besoins du marché avec rapidité et efficacité.

« Lorsque nous accueillons ces jeunes, nous écoutons leurs besoins. Au terme d’une première session, nous les invitons à élaborer des plans de réintégration selon leurs ambitions et suivant les créneaux que nous savons porteurs d’emploi dans leur région d’origine », explique Abibatou Wane, Chef de Mission de l’OIM au Burkina Faso. « Il est fondamental que ces migrants de retour puissent voir dans le secteur privé local un vrai partenaire, pour leur futur mais également pour celui de leurs proches, » a-t-elle ajouté.

 

/trustfundforafrica/file/sah-reg-07-itc-mode-ethique-les-burkinabe-de-retour-participant-la-formation-en-couture-en_enSAH-REG-07 - ITC - Mode éthique - Les Burkinabè de retour participant à la formation en couture en atelier

Les Burkinabè de retour participant à la formation en couture en atelier

 

Après deux voyages en Libye et en Algérie, et quatre années passées loin de sa famille, Tiraogo, s’est finalement décidé à rentrer chez lui à Manga, dans la région du Centre-Sud du Burkina Faso. A son retour, l’OIM lui a proposé de se joindre à cinq autres jeunes Burkinabè autour d’un projet orchestré par Ethical Fashion Initiative (EFI), une nouvelle initiative connectant la mode et le développement durable, mis en œuvre par NAS Mode, une ONG devenue référence dans la formation professionnelle.

« Grâce à ce type de projet, les membres de la communauté deviennent des bénéficiaires indirects de l’aide à la réintégration, notamment grâce aux nouveaux emplois qu’elle permet de créer », explique Andreas de Boer, chef de projet à l’OIM au Burkina Faso.

Avec cette formation, c’est aussi le très populaire Faso Danfani, tissu traditionnel fait de coton burkinabè, qui est mis à l’honneur. « La matière première qui est utilisée pour la fabrication des sacs est produite et achetée exclusivement auprès d’artisans Burkinabè afin d’encourager la production locale. Si nous parvenons à développer ce modèle, il a le potentiel de changer beaucoup de vies en créant des emplois », ajoute Andreas de Boer.

Ce projet est le premier entrepris par l’OIM en collaboration avec ITC au Burkina Faso. Les deux agences ont cherché à développer un modèle durable encourageant l’autosuffisance socioéconomique des migrants de retour tout en permettant aux membres de leur famille ainsi qu’à leurs amis et proches d’en bénéficier indirectement. « Cette activité avec l’OIM nous a permis de renforcer le capital social au sein des communautés desquelles les bénéficiaires (migrants du retour) sont issus : en leur permettant d’acquérir un nouveau savoir-faire et d’accéder à de nouveaux débouchés », a précisé Chloé Mukai de ITC.

 

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Tiraogo en train de coudre la dernière anse d’un sac en coton

 

Près de 500 sacs ont été produits pendant cette formation. Ils serviront aux migrants de retour et aux migrants en transit pour transporter les produits de première nécessité fournis par l’OIM avant leur retour dans leur communauté ou pays d’origine.

Honoré, l’un des participants avec une expérience de plus de 15 ans dans la couture, a su attirer l’attention de l’EFI, qui va le recruter pour renforcer une équipe de professionnels expérimentés dans la confection d’habits. Son travail consistera à coudre des vêtements et autres accessoires pour hommes et femmes qui seront vendus sur le marché local et international. Un référencement réussi entre l’OIM et l’ITC qui ont su mettre leur expertise et leurs ressources en commun pour le bien des migrants de retour.

Avec 40% de sa population vivant en dessous du seuil national de pauvreté, le Burkina Faso est l’un des Pays les moins avancés (PMA) selon le rapport 2018, de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Pour près de 60% de la population, la migration est la réponse à une situation économique parfois insoutenable.

Depuis Septembre 2017, l’OIM, à travers l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants, a assisté 1 681 Burkinabè vulnérables bloqués en Libye et au Niger dans leur retour volontaire. Parmi eux, plus de 1 500 ont reçu une aide à la réintégration adaptée à leur profil et besoins pouvant inclure une prise en charge médicale et/ou psychosociale, un soutien à la mise en place d’une micro-entreprise ou encore une formation professionnelle.

Source : OIM

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