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Son rêve devenu cauchemar en Libye, Zouberou reconstruit au Cameroun et se relance dans la couture

STORY | 14 June 2021

Zouberou a 34 ans et il est parti du Cameroun en 2014 en laissant sa femme et ses deux filles en quête d’une vie meilleure. En 2019, après une expérience traumatisante en Libye, où il a été emprisonné pendant 18 mois, il décide de revenir au pays. Il sera alors pris en charge pour une aide au retour volontaire par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Avant son départ pour l’aventure, Zouberou comme de nombreux jeunes de son âge, se battait pour subvenir à ses besoins. Entre petits commerces et couture de temps à autre, il trouvait sa vie bien trop compliquée d’autant plus que plusieurs de ses amis, lui vantait l’eldorado européen. Tenté par cette vie, il décide d’investir toutes ses économies dans l’aventure. Son objectif était de traverser la méditerranée en passant par la Libye, pour entrer en Espagne.

Après les nombreuses péripéties sur la route, entre arnaques et vols, il réussit enfin à entrer en Libye. C’est pourtant, le début du son cauchemar. « J’étais préparer à avoir des problèmes sur la route même si le voyage s’est avéré plus difficile que prévu, mais jamais je n’ai été préparer à subir ce que j’ai vécu en Libye » a déclaré Zouberou.

À sa sortie de prison en Libye, grâce aux interventions de l’OIM et des Gouvernements dont le gouvernement du Cameroun, Zouberou choisi de signer pour son retour volontaire. Deux semaines après, c’est le retour au pays, le Cameroun.

Dès son retour, à la suite de séances de conseils et d’orientation, Zouberou, choisit de mettre en place un atelier de couture à Douala. Il bénéficie d’une formation sur l’entreprenariat et la gestion de projet organisée par l'OIM et ses partenaires gouvernementaux. En fin de formation, il présente son projet et reçoit un premier versement de 500 000 XAF (922 dollars). Cette somme lui permit de payer la location pour son atelier, et d’acheter une machine à coudre et une surfileuse. Il reçoit ensuite un deuxième versement de 300 000 XAF (550 dollars) pour l’achat du reste de son matériel et de quoi subvenir à ses besoins quotidiens.

« Avant de démarrer mon activité, j’ai pu gérer les besoins de ma famille pendant quelques temps sans trop de soucis [grâce à cette assistance en espèces] », a déclaré Zouberou.

Depuis qu’il a reçu son assistance à la réintégration, Zouberou a presque retrouvé son quotidien d’avant son départ. Il est beaucoup plus épanoui socialement. « Il est beaucoup plus confiant et heureux », a déclaré Safiya, la femme de Zouberou. Il s’est désormais consacré à la couture grâce au matériel reçu et a pu ouvrir un salon de couture. Il a également, au travers de l’assistance en espèce reçu, pu ouvrir un commerce de vente de beignets à sa femme et ensemble ils arrivent mieux à subvenir aux besoins de la famille.

« Cette aventure m’a donné une grande leçon de vie, celle de se concentrer, d’être patient pendant qu’on tente de réaliser ses projets. L’envie et la précipitation ont failli faire de mes filles des orphelines. Aujourd’hui tout ce que j’entends faire, c’est de développer mon business afin d’offrir à mes enfants un avenir meilleur ». conclut Zouberou.

Lancée en 2017 au Cameroun, l’Initiative conjointe permet aux migrants qui décident de rentrer dans leur pays d'origine de le faire de manière sûre et digne. En étroite collaboration avec le gouvernement et les partenaires de la société civile, le programme permet aux migrants qui ont choisi de rentrer de rebâtir leur vie dans leurs communautés d’origine.

De plus, les projets de réintégration contribuent au développement local. « Dans notre quartier nous sommes ravis d’avoir un couturier expérimenté, ça nous évite les déplacements vers des endroits plus éloignés », a déclaré un voisin de Zouberou.

Grâce à une approche intégrée de la réintégration qui soutient à la fois les migrants et leurs communautés, l’Initiative conjointe atténue également certains moteurs de la migration irrégulière. « La réintégration grâce à l’aide en espèces est durable parce que le migrant s'engage totalement dans une activité pour laquelle il a des aptitudes, des attitudes, des prédispositions et la disponibilité financière. Tout ceci lui permet de vivre en se projetant dans un plan de développement à court, moyen et long terme » conclut le Coordonnateur du Programme d’Aide au Retour et à l’Insertion des Jeunes de la Diaspora PARI-JEDI.

Cet article a été fourni par l'OIM et il a été publié pour la première fois ici.

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