Protection de l'Enfance en Mauritanie, vers une formation des formateurs

NEWS | 31 August 2018

Nouakchott a abrité du 7 au 9 août 2018, un atelier de validation du module de formation des formateurs en matière de protection de l'enfance en mobilité en Mauritanie. Il a été organisé par le Projet AFIA de "Save The Children" en collaboration avec les autorités et sur financement de l'Union européenne au travers du Fonds Fiduciaire d'Urgence pour l'Afrique. Il a regroupé des représentants des ministères de la Justice, des Affaires Sociales (MASEF) et de l'Intérieur.
Le phénomène des enfants en mobilité en Mauritanie est resté longtemps méconnu et non pris en charge par la Stratégie nationale de protection de l'enfance (SNPE), d'où l'actualisation envisagée à travers l'étude anthropologique réalisée et publiée en février 2018 par le Projet AFIA de "Save The Children". Cette étude a permis de cerner les profils des enfants et leurs itinéraires à travers leurs récits. Ce sont surtout les mobiles de leur voyage vers la Mauritanie, pour les enfants migrants,  ou à l'intérieur du pays pour les nationaux, et les facilités avec lesquels ils traversent les frontières qui retiennent l'attention.


"Lors du voyage, je n'ai pas eu de problème sur la route. Quand on amène un enfant on n'a pas de problème. Il suffit d'expliquer aux autorités que l'enfant vient avec vous, et que vous l'amenez pour qu'il vous aide" raconte Djan, un jeune Ghanéen.  Les histoires de voyages à travers les couloirs migratoires, regorgent dans les récits d'enfants en mobilité dont la situation préoccupe de plus en plus les autorités mauritaniennes et la société civile, aussi bien nationale qu'internationale. Ces enfants, qu'ils soient confiés, talibés, travailleurs, domestiques, ou en conflit avec la loi, sont souvent soumis à l'exploitation, au trafic ou à la maltraitance. Le phénomène constitue surtout un domaine méconnu pour les acteurs locaux et rend difficile l'application des lois nationales et les instruments relatifs à l'enfance ratifiés par la Mauritanie.


C'est dans ce cadre qu'il est envisagé au cours de septembre 2018, la formation de 51 formateurs dans le domaine des droits de l'enfance, notamment celle en mobilité. Cette formation sera dispensée au profit de cadres du MASEF, du Ministère de la Justice et du Ministère de l'Intérieur, avec l'appui du Projet AFIA "Save The Children" et du Fonds Fiduciaire d'Urgence pour l'Afrique de l'Union européenne. La formation fournira aux référents en charge de la protection des mineurs les outils adaptés pour leur permettre d'identifier les mineurs vulnérables, les référencer auprès des services de protection adéquats et lutter contre la prolifération des réseaux criminels et de traite des êtres humains tout en faisant progresser la cause des Droits de l'Enfant en Mauritanie.

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Protection de l'Enfance en Mauritanie, vers une formation des formateurs
Délégation de l'Union européenne en Mauritanie


Auparavant, les participants, réunis les 7, 8 et 9 août 2018 à Nouakchott, ont validé le contenu du manuel du formateur, conçu de manière participative lors d'une précédente session.


Pour Francesco Cecon, Responsable Protection de l'Enfance  à Save The Children, "nous allons former des agents de la police judiciaire, des Affaires Social et de la Justice dans le domaine de  la protection de l'enfance en mobilité, en veillant sur les contrôles aux frontières. L'aspect innovant, c'est l'approche participative et l'engagement des acteurs dans la formulation du manuel de formation, de la méthodologie jusqu'au contenu, sur la base des besoins exprimés. L'originalité, c'est d'avoir mis ensemble des acteurs de différents départements pour susciter l'esprit de coordination". 


Fernando Chinchilla, Facilitateur : "nous sommes en train de créer un programme de formation multisectoriel en protection de l'enfance en mobilité, avec des cadres travaillant dans le domaine social (MASEF), des policiers des brigades de mineures et des cadres de la Justice. Nous sommes à la fin du processus, celle de la validation du contenu et nous allons demander aux participants d'analyser les  éléments de la trousse de formation pour voir s'ils correspondent à leurs propositions"


Ahmed Salem Ould Ahmed, Chef de service Droit et Protection de l'Enfance (MASEF) "cet atelier entre dans le cadre du partenariat qui nous lie à "Save The Children", en vue d'outiller nos cadres dans le domaine de la protection, en particulier celle de l'enfant en mobilité, victime ou à risque d'exploitation et de traite. Ceci est la 3ème phase du processus, celui de la validation. La 1ère phase fut celle de l'étude d'un modèle standard proposé par le Bureau international des droits de l'Enfant au Canada et son adaptabilité au contexte mauritanien.  Elle fut suivie par une 2ème phase de discussion et de proposition de contenu par les participants. Une fois le programme validé, nous suivrons en septembre prochain la formation de formateurs locaux capable de former à leur tour leurs collègues".


Dr.Mohamed Sid'Ahmed El Gharawi, Directeur de la Protection judiciaire de l'Enfant au Ministère de la Justice : "cette rencontre entre dans le cadre du partenariat qui lie Save The Children et le Ministère de la Justice dans le domaine de la protection judiciaire de l'Enfant, notamment l'enfant en mobilité. Nous sommes dix cadres du ministère à prendre part à cet atelier, dont des directeurs, des conseillers du Ministre, des avocats et des universitaires. L'objectif est de nous outiller pour la prise en charge des questions liées à l'enfant en mobilité et le traitement juridique et judiciaire de sa situation".


Aïcha Mint Outhmane, Inspectrice de Police, Commissaire de la Brigade des Mineures de Nouakchott-Sud ,"nous travaillons dans plusieurs domaines concernant les problèmes de l'enfance et je peux dire que je suis l'une des co-fondatrices des brigades des mineurs en 2006, lorsqu'il n'y avait encore qu'une seule brigade en Mauritanie. J'y ai travaillé pendant deux ans comme chef de section puis chef de la brigade pendant trois ans. Aujourd'hui, on compte trois brigades des mineurs à Nouakchott et je suis la seule femme inspectrice à en coiffer une, pour vous dire que je nage depuis plus de douze ans, dans des dossiers concernant les droits des enfants, leur traite, leur exploitation, mais surtout leur conflit avec la loi. Nous avons cependant encore besoin de beaucoup d'appuis et de formations dans ce domaine".

 

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