© GIZ/Omar Saad

Organisations de la société civile à Djibouti : un réseau renforcé pour une meilleure assistance aux migrant·e·s

STORY | 30 September 2022

En raison de sa situation géographique stratégique entre l’Afrique de l’Est et les États du Golfe, Djibouti est un important pays de transit pour les migrantꞏeꞏs sur les routes terrestres et maritimes entre le Golfe d’Aden et la mer Rouge. La plupart des migrantꞏeꞏs, essentiellement en provenance d’Éthiopie et de Somalie, se dirigent vers l’Arabie saoudite et d’autres pays du Moyen-Orient, en quête d’un avenir meilleur.

Les organisations de la société civile djiboutiennes jouent un rôle majeur dans l’assistance et la protection de ces migrantꞏeꞏs.

Identifier, assister, référer

C’est le cas de Gar Gar, une association située à Ali Sabieh. « L’année dernière, entre juin et septembre, nous avons compté de 200 à 300 migrantꞏeꞏs par jour », déclare Mustapha Daher Idriss, qui travaille pour Gar Gar. « Les migrantꞏeꞏs passent dans les rues. On peut les voir de nos fenêtres. La plupart n’ont qu’une bouteille d’eau, rien d’autre », déplore-t-il.

Au foyer de l’association Gar Gar, les migrantꞏeꞏavec recoivent de la nourriture, de l’eau, des vêtements, des produits d’hygiène, des couchages et des moustiquaires © GIZ/Omar Saad
Au foyer de l’association Gar Gar, les migrantꞏeꞏavec recoivent de la nourriture, de l’eau, des vêtements, des produits d’hygiène, des couchages et des moustiquaires © GIZ/Omar Saad

 

« Nous savons où trouver les migrantꞏeꞏs. Il·elle·s dorment dehors, et nous leur fournissons de la nourriture, de l’eau, des vêtements, des produits d’hygiène, des couchages et des moustiquaires », ajoute Mustapha Daher Idriss. L’association Gar Gar coopère également avec le ministère de la Santé et oriente les migrantꞏeꞏs malades ou blessé·e·s vers l'établissement de santé d'Ali-Sabieh où il·elle·s reçoivent des soins médicaux gratuits.

Un réseau d’OSC actif et reconnu

En 2018, les organisations de la société civile (OSC) à Djibouti ont créé un réseau qui en compte aujourd'hui 13. Il est soutenu par le programme « Améliorer la gestion des flux migratoires » financé par l’Union européenne et l’Allemagne.

Tous les membres du réseau aidaient déjà les migrantꞏeꞏs pourtant ils ne disposaient pas de suffisamment de moyens pour élaborer et mettre en place toutes les activités dans la gestion des flux migratoires liées à leur mandat selon la Stratégie nationale de migration approuvée par le ministère de l'Intérieur en septembre 2021.  

Ces associations ont suivi des formations et ont reçu des équipements financés par le projet pour améliorer leur soutien, notamment aux migrantꞏeꞏs vulnérables. « Nous avons également renforcé nos capacités organisationnelles, approfondi nos connaissances de la migration et appris comment mieux coopérer avec d’autres OSC ainsi qu’avec les autorités locales », déclare Fahim Naguib Ibrahim, de l’OSC Bender Djedid. Il coordonne les activités du réseau, organise les réunions des membres et agit comme porte-parole lorsque les OSC de la Corne de l’Afrique se réunissent dans le cadre du forum régional de la société civile contre la traite d’êtres humains, qui met en réseau plus de 60 OSC de la région et se tient annuellement ; la prochaine réunion étant prévue en octobre 2022. « Le réseau nous a permis de coopérer et de mutualiser nos expériences et nos informations afin de mieux aider les migrantꞏeꞏs. » ajoute Mustapha Daher Idriss.

« Aujourd’hui, nous recueillons des données pertinentes sur les mouvements migratoires à Djibouti, par exemple, lorsque nous observons un nombre important de migrants sur le terrain de provenance de l’Ethiopie dans le sud. Nous partageons ces informations au sein de de notre réseau pour faciliter le soutien nécessaire et recommander les mesures à prendre aux autorités locales », explique Simane Yacin Abillahi, directeur de l’Association culturelle artisanale pour le développement de Dikhil. En tant que premiers intervenants, les OSC ont ainsi été les premières à identifier, très tôt, les conséquences du violent conflit en Éthiopie. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’afflux mensuel d’Éthiopiens à Djibouti a considérablement augmenté depuis août 2021.

« Nous collaborons et coordonnons également nos activités avec la Commission nationale des droits de l’homme », ajoute Fahim Naguib Ibrahim. Les OSC ont reçu une formation sur la protection des droits humains et des droits des migrantꞏeꞏs, le référencement des victimes potentielles de traite et de trafic ainsi que sur les poursuites à engager en cas de violations des droits des personnes vulnérables. En outre, elles interagissent avec la police, la gendarmerie et les garde-côtes, pour accompagner les potentielles victimes de violations des droits humains vers les services de protection des forces de sécurité intérieure.

La coalition des OSC nationales est aujourd’hui reconnue par tous les acteurs experts en migration comme un élément central du système d’assistance aux migrantꞏeꞏs vulnérables.

 

Contexte

Le programme « Améliorer la gestion des flux migratoires » (BMM, Better Migration Management) vise à permettre aux autorités et institutions nationales de favoriser une migration sans danger, ordonnée et régulière, en appliquant une approche basée sur les droits humains. Le programme BMM améliore également l’aide aux victimes de la traite d’êtres humains et aux migrantꞏeꞏs vulnérables, ainsi que leur protection, au niveau local, national et régional. Il a facilité la création du réseau d’OSC au niveau national et régional, a assuré une formation et a fourni des équipements.

La phase 2 du programme dispose d'un budget total de 35 millions d'euros (dont 30 millions d'euros du fonds fiduciaire d'urgence de l'UE pour l'Afrique et 5 millions d'euros de l'Allemagne) pour la période 2019-2022. À Djibouti, le soutien apporté aux OSC sera maintenu dans la prochaine phase du programme.

 

 

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