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Les plateformes de coopération en matière de sécurité : un outil stratégique en voie d'opérationnalisation dans les pays du G5

NEWS | 06 March 2018
Dans le contexte sahélien actuel où les attaques terroristes meurtrières se sont récemment multipliées, les chefs d’État des pays du G5 Sahel ont insisté sur la nécessité d’améliorer, dans les meilleurs délais, l’échange de renseignements entre États membres. 
 
C'est dans ce cadre que s'inscrit l’opérationnalisation des Plateformes de Coopération en Matière de Sécurité (PCMS); que le projet d’appui au G5 pour la sécurité au Sahel (PAGS) a identifié comme l'une de ses priorités, en accord avec les orientations données par l’expert défense et sécurité du SPG5 ainsi que les conclusions du Comité de défense et de Sécurité du G5, format sécurité, tenu à Niamey le 27 avril. 
 
Les PCMS ont pour objet d'accroitre l'échange d'informations policières et la production d'analyse criminelle. Il est à souligner que les PCMS devraient également avoir un rôle opérationnel à jouer en appui des opérations de la Force conjointe, principalement en matière de recherches.  
 
En mai 2017, les différents acteurs (Secrétariat permanent du G5 Sahel, OIPC INTERPOL, UE, ONUDC, coordonnateurs régional et nationaux des PCMS, experts du projet) se sont réunis à l'initiative du PAGS afin d'établir une feuille de route pour l'opérationnalisation des PCMS. Cette réunion et les efforts conjoints des parties impliquées ont permis : 
 
  • La modernisation, bureautique et informatique, des bureaux centraux nationaux (BCN) des 5 États membres du G5 Sahel, missions à charge de l’OIPC Interpol. Cette opération était un préalable technique nécessaire au raccordement des PCMS nationales au réseau I-24/7 d’INTERPOL. Le processus est achevé à l’exception du Mali dont le BCN nécessitait des aménagements plus lourds que prévus (qui seront supportés par le projet WAPIS du Fonds fiduciaire d'urgence de l'Union européenne pour l'Afrique). Les matériels pour le BCN de Bamako sont en attente de livraison.
  • Les travaux d’aménagement du local de la PCMS de Bamako, qui n’était pas fonctionnel, réalisés par l’ONUDC.
  • La rédaction d’une demande d’extension pour que chaque État membre du G5 Sahel obtienne l’autorisation d'accéder aux bases de données d’INTERPOL sur : les personnes recherchées, les véhicules volés, les documents de voyage volés ou contrefaits, les empreintes digitales et les armes. Le processus est achevé pour le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Niger (en attente pour le Tchad). 
  • L'identification des procédures à mettre en œuvre pour la création juridique de chaque PCMS nationale. Volet conduit par le conseiller juridique du SPG5. L’option est de solliciter des États membres du G5 la production d’un arrêté du Ministre de l’intérieur (processus en cours).
  • La fourniture d’un logiciel de communication crypté aux PCMS nationales par l’ONUDC. Il s’agit de clefs USB permettant des échanges par mail sécurisés. Les clefs USB ont été fournies aux 5 PCMS nationales. 
  • Le début, en janvier 2018, des échanges entre PCMS nationales, sous impulsion du coordonnateur régional de la PCMS et des experts du projet PAGS, portant sur les faits significatifs de nature criminelle ou terroriste survenus dans les pays du G5 Sahel. Deux bulletins mensuels d’information ont été rédigés et diffusés (un en janvier, un en février). Ces documents comportent une partie « analyse » qui permet de mettre en évidence des tendances objectives.
 
On peut raisonnablement affirmer qu’une dynamique et des synergies permettant aux différents intervenants de coordonner leurs actions pour parvenir à l’opérationnalisation effective des PCMS s’est construite entre le Secrétariat permanent, le projet PAGS de l’UE, INTERPOL et l’ONUDC.
 
Pour en savoir plus: http://www.g5sahel.org/

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