Stefan ROMAN

L'analyse des vulnérabilités et des risques dans les sous-préfectures de Chadra, Amsilap, Moussoro rural et Michémiré identifie 10 menaces pour la résistance aux chocs des populations

NEWS | 22 August 2017

Le premier exercice d’analyse des vulnérabilités et des risques (VRA) dans le cadre du projet "Emploi, résilience et cohésion sociale dans la bande sahélienne et la zone du Lac Tchad" financé par le Fonds fiduciaire d'urgence pour l'Afrique – Fenêtre Sahel et Lac Tchad (FFU) a été mené par Oxfam entre les mois d’avril et juin 2017 dans les sous-préfectures de Chadra, Amsilap, Moussoro rural et Michémiré.

L'objectif du VRA est d'analyser, de manière détaillée et collective, les risques, les vulnérabilités et les capacités des acteurs locaux pour répondre aux chocs, stress et incertitudes en intégrant notamment les liens de causalité et impacts passés et présents. Cela permet de démarrer le processus de construction collective d’un plan d’action détaillé et pratique qui pourra également servir à l’élaboration/l’adaptation des plans de développement locaux (PDL), tout en faisant la promotion de l'apprentissage, la collaboration et des liens entre les partenaires et les principaux intervenants. Cet exercice favorise également le renforcement des capacités d’analyse des participants et de construire une responsabilité collective des acteurs locaux.

Pour mener à bien cette mission, un groupe d’analyse (appelé groupe de connaissances) composé par 31 personnes (17 femmes)  a été engagé, incluant des représentants de différents groupements socio-professionnels (éleveurs, maraichères, producteurs et productrices, tanneuses, etc.), délégué(e)s des comités gouvernementaux (action sociale, santé), représentant(e)s de différentes organisations de la société civile au niveau départemental, régional et local comme la CELIAF, l’ADCM, les partenaires du Consortium FFU (ACF, CARE, OXFAM) et son partenaire local au BEG (AIDER), ainsi qu’une représentante du PNUD, le secrétaire général de la région, le maire de Moussoro et la cheftaine du village de Dar-Es-Salam de la sous-préfecture de Chaddra.

La tâche de traduction et co-facilitation, conduite grâce à 2 consultants locaux (homme et femme) a été particulièrement importante pour assurer les principes d’inclusion et de participation dans un contexte où 4 langues différentes (gourane, kanembou, arabe tchadien et français) étaient parlées et où certaines d’entre elles étaient analphabètes. La richesse du groupe et la validité des résultats d’analyse a pu être assurée grâce à l’absence de discriminations (linguistiques ou sociales).

A l'issue de cet exercice, une liste de 10 menaces principales a été dressée :

  • Migration des jeunes
  • Sècheresse et variation des temps de pluies utiles
  • Faible scolarisation de jeunes filles
  • Conflits liés à la terre
  • Divagation des animaux
  • Justice parallèle/Corruption administrative
  • Mariage des enfants (filles)
  • Réticences à l’intégration des femmes dans les prises de décisions
  • Causes de la malnutrition infantile (ex. pratiques nuisibles liées à la nutrition)
  • Violences basées sur le genre
  • Ensablement des « Ouadis »

Il est intéressant de noter que, parmi les 10 risques identifiés comme prioritaires, il en y a quatre dont la cause est directement liée à la discrimination pour raison de genre, notamment la faible scolarisation des filles, le mariage des enfants (filles), les réticences à l’intégration des femmes dans les prises de décisions, et les violences basées sur le genre. La définition d'une stratégie en matière de justice et résilience s'avèrera pertinente et nécessaire dans le cadre du projet.

Il a également été retenu que migration des jeunes mérite une analyse plus détaillée afin d’expliquer la complexité du phénomène dans son contexte, les causes structurelles qui poussent les jeunes à la migration et son interrelation avec tous les autres risques. Par exemple, il sera critique de comprendre l’impact de la migration aussi, et spécialement, du point de vue de ceux (notamment « celles ») qui ne peuvent pas partir, et qui assument les responsabilités du ménage en entier, sans accéder aux privilèges de chef de ménage, et subissant les discriminations par raison de genre identifiées comme des risques.

Enfin, un travail plus étroit avec les structures de développement locales devra également être envisagé. 

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