Emploi, affaires sociales et inclusion

Actualité 22/09/2016

Qui utilise les services d’accueil pour jeunes enfants ? Les inégalités de l’utilisation des structures formelles d’éducation et d’accueil des jeunes enfants parmi les très jeunes enfants

Un récent Cahier de politique sur l’éducation et l’accueil des jeunes enfants (EAJE) publié par l'OCDE étudie l’importance des service d’EAJE, la situation actuelle en Europe et les structures politiques qui permettraient d’aider les jeunes enfants et de contribuer à briser le cycle de l’inégalité. Les services d’EAJE sont importants. L’accès à des services d’EAJE abordables donne aux parents l’opportunité d'intégrer le marché du travail et d’apporter un revenu supplémentaire à leur foyer. Quand ils sont de qualité, ces services contribuent à une amélioration du développement cognitif et social des enfants, notamment dans le cas des enfants issus de milieux défavorisés.

Jeunes enfants peignant une image au jardin d’enfants

© istock

Accès aux services d’EAJE

Cependant, le taux de participation aux services d’EAJE est variable entre les différents pays de l’OCDE et, dans certains cas, entre les groupes socio-économiques les plus favorisés et les plus défavorisés. Environ un tiers des enfants de moins de trois ans bénéficie de services d’EAJE, et près de 70 % des enfants de trois à cinq ans en fait partie. La participation est mesurée à partir d’un minimum d’une heure de présence hebdomadaire au sein d’une structure. Dans certains pays, comme l’Islande et le Danemark, la participation des enfants a tendance à être plus importante (jusqu’à trois cinquièmes des enfants de moins de trois ans). Dans ces pays, le taux de participation aux services d’EAJE ne varie pas en fonction du milieu socio-économique des enfants. Des écarts subsistent dans d’autres pays, tels que l’Irlande et la France où, pour les enfants de moins de trois ans, on constate un taux de participation plus élevé chez les groupes privilégiés économiquement que parmi ceux au revenu plus bas. Des tendances du même type apparaissent au Royaume-Uni, en Suisse et aux Pays-Bas, où les enfants de la même tranche d’âge issus de familles moins privilégiées économiquement sont considérablement moins susceptibles de participer à des services d’EAJE (entre un quart et un tiers).

Ces disparités peuvent s’expliquer par des différences de structure et d’organisation des services d’EAJE entre ces pays. Dans beaucoup d’autres pays européens, ces prestations sont subventionnées ou publiques. Cependant, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Irlande, les services d’EAJE sont nombreux à être privés, et les prix très peu contrôlés : il revient donc aux parents de supporter le gros des coûts, parfois avec un soutien financier des pouvoirs publics (à l’exception de l’Irlande).

Politiques destinées à augmenter la participation aux services d’EAJE

Selon les auteurs de l’étude, il existe des moyens de relancer la participation aux services d’EAJE. Par exemple, l’expansion des droits légaux à l’accès aux services d’EAJE pourrait permettre une progression (tout au moins amorcée) vers un but de participation plus importante. En outre, certains instruments politiques peuvent soutenir l’accès des parents aux services d’accueil pour leurs enfants, comme un remboursement sous forme d’allocations en espèces (Australie) ou de crédits d’impôt (Portugal), ou des moyens permettant d’évaluer la situation des familles pour fournir un accès gratuit ou à prix réduit aux services d’EAJE aux familles au revenu faible à moyen (Danemark). De même, les politiques encourageant la participation des femmes au marché du travail sont utiles : par exemple, les programmes de congés payés, la réduction de la part de taxes imposée au deuxième revenu du ménage, ou la réduction des coûts d’EAJE pour le deuxième salarié des familles au revenu plus bas.

Impact durable des services d’EAJE

La Banque mondiale met en lumière les effets durables d’interventions stimulantes dès la petite enfance sur le langage, le développement socio-émotionnel et l’éducation tout au long de la vie d'un individu et à partir de l’âge de six ans. De plus, une stimulation dès la petite enfance a des effets significatifs sur le développement cognitif à partir de 13 ans, ainsi que sur les résultats en termes d’emploi et de place sur le marché du travail à partir de 18 ans. Ces données soulignent donc que les services d’EAJE constituent un investissement en capital social et humain.

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