Jeter des ponts entre les universités et les entreprises

RegioStars 2013 FinalistUn projet visant à resserrer les liens entre les universités et les entreprises dans la région de Castille-et-León a débouché sur la création d’un partenariat solide (T-CUE) entre huit universités régionales. Ensemble, elles encouragent les entreprises à utiliser le savoir qu’elles produisent pour stimuler l’économie et l’emploi dans la région.

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Une étude menée en 2008 a révélé que, comme dans de nombreuses autres régions de l’UE, les liens entre les universités et les entreprises de la région de Castille-et-León n’étaient pas aussi développés qu’ils le devraient. Bien souvent, les résultats de la recherche universitaire ne parvenait pas jusqu’aux entreprises, ou n’étaient pas transformés par celles-ci en activités technologiques et innovantes. En outre, le potentiel de recherche des universités de la région, où sont concentrés plus de 60 % de ses chercheurs, restait largement sous-exploité.

D’après les auteurs de l’étude, cette situation était imputable au fait que les deux parties (les universités et les entreprises) ne se connaissaient pas suffisamment. Les structures de dialogue étaient défaillantes et l’activité scientifique n’était pas suffisamment en adéquation avec les besoins du monde de l’entreprise.

Créer des liens entre l’innovation, la recherche et l’éducation

La stratégie Université-entreprise de Castilla y León 2008-2013 (U-BS), un élément clé de la stratégie régionale d’innovation, a apporté une solution à ce problème. Elle propose de bâtir une économie de la connaissance (en ciblant plus particulièrement les interactions entre l’innovation, la recherche et l’éducation) et a été qualifiée de bonne pratique en 2010 par le Forum européen université-entreprise.

Un nouveau projet, baptisé T-CUE (acronyme espagnol de Transfert de Connaissances entre Universités et Entreprises) a été élaboré pour développer les grandes lignes de la stratégie U-BS dans le secteur universitaire en resserrant les liens entre le milieu universitaire et le monde des entreprises. Il s’agissait aussi de montrer aux entreprises que le savoir est un atout majeur pour l’économie régionale, et de les inciter à exploiter ce savoir.

Lancé en 2008, le projet a été financé par le FEDER. Il impliquait au départ les bureaux de transfert des connaissances des cinq plus grandes universités de la région. Plusieurs objectifs étaient visés, allant du renforcement du rôle des bureaux de transfert des connaissances de manière à faciliter le dialogue entre les universités et les entreprises, à la mise en adéquation de l’offre technologique émanant des universités avec la demande des entreprises, en passant par la promotion de l’esprit d’entreprise et la création d’entreprises à orientation technologique.

Une passerelle entre les universités et les entreprises

Le projet repose sur une approche à «géométrie variable» innovante: les partenaires œuvrent à la réalisation d’un objectif commun et, dans un même temps, les besoins propres à chaque université sont satisfaits. Il a également permis d’identifier les meilleures pratiques au sein de chaque université et d’encourager les autres participants du réseau à les utiliser.

Grâce au T-CUE, il existe aujourd’hui un réseau coordonné et spécialisé de bureaux de transfert des connaissances dans les universités, conçu pour favoriser le resserrement des liens entre les universités et les entreprises. Ce réseau, qui englobe tout le système universitaire de Castille-et-León, est étroitement lié au développement de la région, un modèle de coopération qui pourrait être étendu à d’autres régions de l’UE.

Le projet a donné lieu à une offre technologique conjointe et à la création de partenariats solides avec d’autres acteurs de l’innovation, notamment des entreprises, des parcs scientifiques et l’Agence régionale pour le développement. Le T-CUE a également renforcé la participation des universités aux clusters d’entreprises régionaux dans des secteurs qui revêtent une importance stratégique pour la région de Castille-et-León, par exemple l’agroalimentaire, la biotechnologie, la mobilité, etc.

Il a aussi entraîné une augmentation des projets entre universités et entreprises. La gestion des droits de propriété intellectuelle s’est améliorée grâce au renforcement des bureaux de transfert des connaissances, un progrès qui s’est traduit par une augmentation substantielle du nombre de brevets et des licences correspondantes. Enfin, le projet a donné naissance à plusieurs essaimages, notamment dans les nano-biotechnologies et l’énergie renouvelable, ainsi qu’à des prototypes et projets utilisant des technologies émergentes.

Le réseau T-CUE est toujours actif aujourd’hui, en 2012, et regroupe huit universités. Sa pérennité est assurée grâce à la création de synergies avec d’autres initiatives communautaires, telles qu’INTERREG et le PC7, ainsi qu’à des accords avec des partenaires privés.

«Le réseau T-CUE a érigé des passerelles permanentes entre les universités et l’économie régionale, au travers du renforcement des capacités et de la mise en œuvre d’activités conjointes dans les domaines de la recherche, de l’éducation et de l’innovation. Outre son impact considérable sur les indicateurs de performances, le projet a induit un changement culturel, instaurant une culture dans laquelle la diffusion et la reconnaissance sociale jouent un rôle fondamental.»
Juan Casado, Secrétaire général pour l’éducation, Castilla y León

Date de rédaction

25/10/2012