La filière biotech tisse l'avenir du Piémont

Dans le Piémont, un parc scientifique et industriel dédié aux biotechnologies donne vie à des projets d'entreprise innovants. Une opportunité pour l'économie régionale.

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Le Bioindustry Park du Canavese: un environnement de choix pour les entreprises biotech. Le Bioindustry Park du Canavese: un environnement de choix pour les entreprises biotech.

Contexte

Début 1996: la crise de grandes compagnies telles qu'Olivetti allait avoir pour le Piémont de lourdes conséquences économiques et sociales. Face à cette situation, les autorités publiques et les associations d'entreprises locales ont conjugué leurs efforts pour, tout à la fois, soutenir les secteurs traditionnels et ouvrir de nouvelles voies de développement à partir de technologies innovantes. Le choix des biotechnologies s'est appuyé sur l'existence, dans ce domaine, d'une base entreprenariale dynamique et sur les perspectives offertes par un projet lancé dès 1994: le Bioindustry Park du Canavese, géré par une société privée à participation publique majoritaire et cofinancé par l'UE.

L'objectif: développer au niveau du territoire du Canavese une filière industrielle des sciences du vivant (biochimie, pharmacie, diagnostic médical, médecine vétérinaire, alimentation, cosmétiques, bio-ingénierie, bio-informatique…). Concrètement, il s'agit de constituer un système territorial – un "cluster" - où interagissent en un même lieu et temps tous les facteurs clés du succès: capacités de R&D, de formation et de transfert de technologies, conditions d'activité et de financement des entreprises. Dans cette optique, des liens étroits ont été noués dès le départ avec l'Université de Turin, dont le Parc abrite deux départements.

Tout pour l'accueil des PME innovantes…

Les travaux physiques ont démarré en 1995 et le Parc est devenu opérationnel en 1998. Il est ouvert en priorité aux PME biotech désireuses de développer des projets innovants. Pour favoriser leur installation, et notamment celle d'industries pas encore présentes sur le territoire, trois démarches se conjuguent: mettre à leur disposition les locaux et outils nécessaires (16 000 m² de laboratoires et d'installations pilotes de production), leur fournir une gamme complète de services communs mais aussi individualisés, et leur permettre de bénéficier des activités de R&D et de transfert de technologies menées au sein du Laboratoire intégré de méthodologies avancées (LIMA), cogéré par l'Université de Turin et le Conseil national de la recherche (CNR). Le LIMA est en outre un centre de formation en biotechnologies et méthodologies de recherche appliquée.

…et pour la création de "start-ups" et "spin-offs"

Mais au-delà de l'accueil d'entreprises attirées par ces avantages, le projet s'est également orienté dès le début vers la création de "start-ups" et de "spin-offs". Subventions du FEDER à l'appui, un bio-incubateur a été construit sur le site, et en 2004 était lancée l'initiative "Discovery" qui vise à identifier des projets innovants et à soutenir les créateurs d'entreprises. Une société de capital d'amorçage, composée d'investisseurs non institutionnels, s'est constituée à cet effet.

Enfin, le Parc joue le rôle d'une plaque tournante régionale pour le développement intégré des biotechnologies. Il a ainsi mené dans le cadre de "Piemonte Biosciences" plusieurs opérations liées à l'initiative "Investissement à Turin et dans le Piémont" (ITP), également bénéficiaire du FEDER.

Résultats

Fin 2005, 35 sociétés et centres de recherche étaient opérationnels sur le site, dont 10 sociétés venues de l'extérieur du territoire. Les effectifs totaux dépassaient 240 personnes, parmi lesquelles une quarantaine de scientifiques de l'Université de Turin et du CNR. Les dernières cinq années ont vu la création de plus de 140 emplois. Depuis 1999, le Parc a donné naissance à 17 "start-ups" et en héberge actuellement 10. Les activités de R&D ont donné lieu au dépôt de plus de 25 brevets et, depuis cinq ans, à la publication d'une centaine d'articles scientifiques. Plus de 180 PME ont été rencontrées en vue d'un transfert de technologie et quelque 150 événements et ateliers ont mobilisé plus de 4 500 participants.

Le Parc a par ailleurs travaillé en réseau avec des institutions comme l'Université Uninsubria, le Politecnico di Torino, l'Université du Piémont oriental, le Tecnorete Piemonte (regroupant six parcs scientifiques régionaux) et d'autres encore. Sur le plan international, un accord a été conclu en février 2006 avec l'Association pour le développement des biotechnologies dans l'agglomération de Grenoble (ADEBAG, France) et avec BioAlps (Suisse) en vue de la création d'un Biocluster transalpin.


Date de rédaction

01/06/2006