La sentinelle alpine se dresse à nouveau

Un fort du XIe siècle depuis longtemps à l’abandon dans la Vallée d’Aoste a retrouvé son ancienne splendeur et est devenu un site touristique et un centre culturel majeur. Le site historique accueille maintenant trois musées et un hôtel cinq étoiles, une extension bienvenue pour une région montagneuse profondément touchée par le déclin du secteur industriel.

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Paysage spectactulaire autour du fort de Barde Paysage spectactulaire autour du fort de Barde

«Nous avons créé de nombreux emplois dans le fort et les villages de la vallée grâce à l’intérêt touristique du projet.»
Silvia Colliard

Dans le cadre du projet de rénovation du fort de Bard, le site a bénéficié d’un financement de l’UE de 11 millions d’euros de 1996 à 2006. L’objectif était de restaurer un fort en ruine pour lui faire retrouver l’apparence du bâtiment militaire qui avait résisté à une attaque de l’armée française en 1800. Simple carcasse vide au milieu des années 1990, le site nouvellement restauré a attiré 80 000 visiteurs en 2008.

Restauration complète

L’imposant fort de Bard domine la gorge étroite formant l’accès oriental à la plaine principale de la Vallée d’Aoste, à Pont-Saint-Martin. Ce château construit au XIe siècle fut ensuite transformé en forteresse militaire. En 1800, Napoléon, furieux, ordonna de raser les fortifications car elles avaient retenu son armée pendant deux semaines. Le fort de Bard fut reconstruit comme forteresse militaire mais tomba en ruines au XXe siècle.

Le fort de Bard semble un peu isolé aujourd’hui mais un rapide coup d’œil à une carte du XIXe siècle montre qu’il faisait autrefois partie d’un réseau de forts bordant les anciennes frontières de la région de Savoie avec d’autres pays.

Depuis qu’elle a racheté le fort en 1990, la région de la Vallée d’Aoste en Italie s’est lancée dans un immense travail de restauration des murs, toits, pièces et même de la route menant au bâtiment. Celui-ci a été rouvert au public en janvier 2006, après 13 ans de travaux financés par l’UE, l’État italien et la région.

Centre touristique et culturel

D’une superficie de près de 14 000 m2, le site comprend trois musées. Le premier à ouvrir a été le musée ultramoderne des Alpes, destiné à stimuler l’appréciation et la compréhension des visiteurs des plus hautes montagnes d’Europe et de la nature environnante. Il a été suivi du musée du fort et du musée des frontières. Il offre également 3 600 m2 d’espace d’exposition consacré aux enfants et plus de 280 salles.

Le fort accueille également un petit hôtel de luxe, un restaurant et une boutique de souvenirs. L’accès au fort s’effectue par des ascenseurs modernes en verre et par la route.

Le fort est en train de se faire un nom en tant que centre culturel. Il a organisé plusieurs expositions temporaires, à commencer par «Le rêve alpin», qui faisait partie des événements organisés dans le cadre des Jeux olympiques de Turin en 2006. Le site accueille également régulièrement des événements de grande envergure allant des concerts aux représentations théâtrales. Le projet reçoit un nouveau financement européen de 2007 à 2013.


Date de rédaction

16/01/2010