Un nouveau réseau de chaleur à Amiens, en France, utilise des sources d’énergie renouvelables

19 000 foyers de la ville d’Amiens, en France, sont en train d’être raccordés à un réseau de chaleur de 47 km de long dans le cadre d’un projet financé par l’UE. «Le réseau de chaleur d’Amiens Energies utilise l’énergie renouvelable de cinq sources différentes pour fournir de la chaleur à près d’un tiers du parc immobilier de la ville. Le nouveau système a été développé à partir de deux réseaux de chauffage au gaz existants et devrait permettre une réduction annuelle de 28 000 tonnes de CO2 générés par le chauffage des bâtiments.

Autres outils

 
Map of Amiens, showing the city’s renewable energy heating network. ©Le réseau de chaleur Amiens Energies Map of Amiens, showing the city’s renewable energy heating network. ©Le réseau de chaleur Amiens Energies

" Le projet de réseau de chaleur d’Amiens Energies présente d’énormes avantages sur le plan environnemental. Grâce au type de partenariat public-privé qui lui a permis de voir le jour, Amiens Energies est extrêmement bien placé pour développer notre territoire et contribuer à la transition énergétique. En utilisant des sources d’énergies de récupération et renouvelables locales, ce projet innovant renforce le pouvoir d’achat, l’emploi local et la viabilité de l’économie locale. "

Benoit Mercuzot, coordinateur du projet

Le projet avait pour objectif de raccorder, de rénover et d’étendre les deux réseaux de chaleur existants, situés au nord et au sud de la ville. Le nouveau réseau peut fonctionner avec cinq sources d’énergie renouvelables: la géothermie grâce aux eaux souterraines, la biomasse, le biogaz et deux systèmes différents de récupération de chaleur. 

Les deux anciens réseaux datent des années 70 et assuraient le chauffage de 5 300 foyers. Dans le cadre de sa politique de développement durable, la ville souhaite raccorder davantage de maisons au réseau de chaleur tout en atteignant une part d’énergies renouvelables de plus de 60 % dans le bouquet énergétique. Le nouveau réseau est capable de fournir 196 984 MWh d’énergie (chaude et froide), dont 125 077 MWh produits à parti de sources d’énergie renouvelable.

Le projet améliore la qualité de l’air de la ville dans la mesure où les économies d’émissions réalisées par l’exploitation du réseau sont équivalentes aux émissions annuelles de 13 500 voitures. En outre, la construction du réseau a entraîné la création d’environ 120 emplois et une quinzaine d’emplois permanents seront nécessaires pour assurer sa gestion et son exploitation.

Technologies durables

Pour aider à atteindre son objectif de 60 % d’énergies renouvelables, six pompes à chaleur de 15 MW, capables de de pomper de 8,5 millions de m3 d’eaux usées, ont été installées. Parallèlement, la nouvelle chaudière biomasse de 8 MW du réseau fonctionne avec des copeaux de bois (60 %) et de la sciure de palettes (40 %) provenant de sources durables. Par ailleurs, un système de suivi et de diagnostic qui s’appuie sur les technologies numériques a été installé, ce qui permet aux ingénieurs d’évaluer la situation du réseau en temps réel.

En outre, les nouvelles centrales électriques qui produisent de l’énergie pour le réseau n’émettent aucune émission ou sont équipées de technologies permettant de limiter les émissions de dioxyde d’azote, de poussière et de dioxyde de soufre. Qui plus est, le bouquet énergétique optimisé du réseau de chaleur permet aux abonnés de bénéficier en permanence du meilleur prix pour leur énergie. Autre avantage, la publication de données ouvertes aide les utilisateurs à comprendre et à contrôler leur consommation d’énergie.

Améliorations internes

Le projet est soutenu par le Semop, un partenariat public-privé premier en son genre en France, qui aide la ville à adopter une approche innovante dans le développement de réseaux de chaleur alimentés par des combustibles durables. La ville redistribuera les redevances qu’elle perçoit de la Semop, qui s’élèvent à environ 340 000 EUR par an, aux particuliers qui souhaitent apporter des améliorations thermiques à leur habitation. Chaque ménage pourrait ainsi recevoir jusqu’à 3 000 EUR, des fonds qui peuvent servir à l’installation d’isolants ou à d’autres mesures d’économie d’énergie.

 

Investissement total et financement européen

L’investissement total du projet «Le réseau de chaleur Amiens Energies» s’élève à 63 314 673 EUR, auquel le Fonds européen de développement régional contribue à hauteur de 7 000 000 EUR au titre du programme opérationnel «Nord-Pas de Calais» pour la période de programmation 2014-2020. L’investissement relève de la priorité «Économie sobre en carbone».