Relancer l’industrie du cacao en Guadeloupe et en Haïti

Ce projet, financé par l’UE, vise à stimuler l’économie de la Guadeloupe et de Haïti, dans les Caraïbes, en relançant la filière cacao qui y tenait une place majeure et en assurant que ces territoires produisent leur propre chocolat.

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The Recavaca project is revitalising the cocoa industry in Guadeloupe and Haiti. ©Creative Commons The Recavaca project is revitalising the cocoa industry in Guadeloupe and Haiti. ©Creative Commons

" Le projet Recavaca a permis à des personnes travaillant dans la filière cacao, ou désirant y travailler, de se réunir et de se connaître par le biais des sessions de formation qui ont été organisées. Il reste encore beaucoup à faire pour organiser cette filière, mais le projet a créé des conditions propices à cela en renforçant les capacités des planteurs et des producteurs, et en créant une synergie entre les acteurs désireux de travailler à la poursuite d’un objectif commun. "

Betty Vainqueur, coordinatrice du projet Recavaca et présidente de l’Association Guadeloupe Équitable et Durable

La Guadeloupe et Haïti figuraient autrefois parmi les plus grands exportateurs de cacao dans le monde. Pourtant, aujourd’hui, la production a diminué et, en Guadeloupe, elle a quasiment disparu. Le projet Recavaca tente de revaloriser l’industrie du cacao dans ces deux territoires et de les transformer en leaders de la production de produits bio et raffinés à base de cacao. De cette façon, le projet vise à diversifier leur économie, à créer de nouveaux emplois et à améliorer le niveau de vie.

Des techniques de formation

L’économie de la Guadeloupe dépend fortement de sa production de banane et de canne à sucre, qui emploient toutes deux de grandes quantités de désherbants toxiques. En effet, la Guadeloupe fait partie des régions françaises qui utilisent le plus de glyphosate. Étant donné que ces désherbants causent des dommages à l’environnement, la banane et la canne à sucre ne sont pas des filières durables. Il est donc plutôt urgent de diversifier les activités. Haïti connaît une situation similaire, bien que ses principales exportations soient le café, les mangues, le cacao, le riz, la canne à sucre, le haricot, le maïs et le sorgho.

La Guadeloupe possède également une filière cacao, mais la production demeure faible. Sur ces deux territoires, la main-d’œuvre manque des capacités nécessaires à la création d’une forte industrie axée sur les exportations. La plupart des entreprises de production de cacao ne disposent pas de techniques modernes de transformation post-récolte. En Guadeloupe, le seul sous-produit qui est fabriqué en masse est le «bâton de cacao», ou pâte de cacao roulée en bâton. Haïti exporte la grande majorité du cacao produit sous forme de fèves de cacao séchées.

Comme ni le bâton de cacao ni les fèves de cacao séchées ne sont des produits d’exportation lucratifs, ce projet se concentrait sur le développement des capacités et des infrastructures nécessaires à ces deux territoires pour transformer les fèves de cacao en chocolat. Pour y parvenir, les coordinateurs du projet ont mené une série d’ateliers de formation sur les aspects théoriques et techniques de la culture de cacao et de la production de chocolat. Ces sessions ciblaient les capacités suivantes: accroître la production des cultures, greffer des plants de cacaoyer, améliorer les techniques de transformation post-récolte et transformer les fèves en chocolat. Le projet a mis en place une usine de transformation du chocolat en Haïti et devrait également en construire une en Guadeloupe.

Un franc succès

Le projet a non seulement aidé de nombreuses personnes à développer leurs capacités et leur employabilité, mais il a aussi aidé la région à accroître son potentiel économique. En positionnant la Guadeloupe et Haïti en tant que marchés émergents du chocolat, les acteurs du projet espèrent que des industries complémentaires et connexes commenceront à s’implanter. Plus cet écosystème axé sur le chocolat grandit, plus les économies des territoires croîtront aussi.

Investissement total et financement européen

L’investissement total du projet «Recavaca - Réseau Caribéen pour la revalorisation du cacao» s’élève à 344 678 euros, auquel le Fonds européen de développement régional contribue à hauteur de 258 507 euros par l’intermédiaire du programme opérationnel «Guadeloupe Conseil Régional» pour la période de programmation 2014-2020. L’investissement relève de la priorité «Emploi, Croissance et Investissement».