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Quels prénoms les immigrés donnent-ils à leurs enfants en France ?

Cette étude, menée par l’Institut national d’études démographiques (INED), examine comment se transmettent les prénoms dans les familles d’immigrés de différentes origines vivant en France en analysant les données de l’enquête Trajectoires et Origines (TeO). Les auteurs expliquent notamment que la situation varie selon les régions et cultures d’origine.

Le choix d’un prénom est affaire de goût parental, de norme sociale et de références culturelles. Pour les immigrés et leurs enfants, le choix d’un prénom est aussi un marqueur culturel. Beaucoup d’études interprètent comme une mesure de l’assimilation le degré de proximité des prénoms choisis par les familles d’immigrés avec les prénoms de la population majoritaire (les personnes qui n’ont pas d’ascendance immigrée sur deux générations).

Le choix de prénom peut aussi refléter un souci d’épargner des difficultés futures à l’enfant au cours de sa vie. Les enquêtes de testing ont bien montré l’impression négative que pouvaient produire des prénoms maghrébins, africains ou asiatiques sur des recruteurs, des agences immobilières ou des banques.

Les auteurs pointent que la convergence entre population majoritaire et descendants d’immigrés ne se fait pas autour de prénoms typiquement « français », mais de prénoms internationaux auxquels tous et toutes peuvent s’identifier. Il existe pourtant une transmission significative de prénoms associés à des origines maghrébines qui suivent deux registres différents : une transmission dans la filiation des prénoms arabo-musulmans, en particulier dans les familles à forte religiosité ; mais également sous une forme d’innovation culturelle avec l’introduction de nouveaux prénoms (comme Yanis, Rayane ou Lina) qui sont rapidement perçus comme d’origine maghrébine par la population majoritaire.

Authors:
Baptiste Coulmont, Patrick Simon
Posted by:
Country Coordinator France