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France : Résultats inquiétants d'une étude sur les discriminations à l'emploi

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Ce lundi 19 septembre, le Défenseur des droits a publié les résultats d’un appel à témoignage lancé au printemps 2016 sur les discriminations liées à l’origine dans l’accès à l’emploi. 60% des répondants déclarent avoir été confrontées souvent ou très souvent aux discriminations dans l’accès à l’emploi (ou à un stage) au cours des cinq dernières années. Selon le Défenseur des droits, les personnes vues comme arabes apparaissent comme sur-stigmatisées, du fait de la consonance de leur nom et de leurs supposées convictions religieuses.

L'étude porte sur la perception des discriminations à l’embauche par des personnes dont les caractéristiques peuvent signaler une origine étrangère. Ces résultats illustrent les difficultés dont ces personnes peuvent être victimes sur le marché du travail et les conséquences de ces discriminations sur leurs trajectoires professionnelles, sociales et personnelles. Les 758 personnes qui ont répondu en ligne à l'appel à témoignage décèlent trois motifs principaux dans le traitement inégal dont elles sont victimes :

  • la consonance de leur nom,
  • la couleur de leur peau et
  • la religion qui leur est attribuée.

Depuis une quinzaine d’années, plusieurs études font état de ce même constat. Dès 2002, le Conseil économique et social (Cese) observait les difficultés particulières d’insertion des jeunes d’origine étrangère. L’enquête de référence Trajectoires et origines (TéO), réalisé par l’INED en 2008, a chiffré les inégalités liées à l’origine vécues par les descendants d’immigrés dans de multiples domaines de la vie économique, sociale et politique. Dix ans plus tard, France Stratégie publiait en février 2016, l'étude Marché du travail, un long chemin vers l’égalité et dressait un constat équivalent.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon rappelle à l'occasion que la mission de l'autorité indépendante qu'il dirige est d'aider les personnes à faire valoir leurs droits et que, pour ce faire, il dispose de « larges pouvoirs d’enquête pour instruire les réclamations ». La loi, souligne-t-il, a évolué : il appartient désormais à l’employeur de démontrer que la discrimination (sur laquelle la personne doit apporter des éléments factuels) n’est pas fondée. Même s’il salue l’entrée en vigueur prochaine d’une voie de recours collectif en la matière, il se dit très préoccupé par ces situations et rappelle l’urgence à mener des politiques publiques fortes pour lutter contre ces discriminations.

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