Slovenščina
  • English
International Partnerships

Une maison au service des organisations de la société civile centrafricaine

Share on

Près de 2/3 de la population centrafricaine a besoin d’assistance humanitaire et de protection. Les Organisations de la Société Civile (OSC) ont un rôle essentiel à jouer dans la réponse à la crise : elles ont un accès précieux aux populations vulnérables et elles sont des acteurs de développement et de gouvernance.

Cependant, ces OSC sont confrontées à des faiblesses structurelles significatives. Beaucoup sont désorganisées, sous financées et mal équipées. De plus, nombre d’entre elles ne disposent pas des compétences techniques, organisationnelles, managériales et d’influence nécessaires à l’amélioration de la qualité de leurs interventions.

C’est pourquoi, grâce au financement du Fonds Bêkou, Bioforce et Oxfam renforcent la société civile centrafricaine afin qu’elle puisse contribuer de manière professionnelle et durable au Plan National de Relèvement et de Consolidation de la Paix (RCPCA).

Renforcer les capacités

La Maison des Services accompagne plus de 320 organisations de la société civile depuis juillet 2019. Elle organise de nombreuses formations à destination de ses adhérents. Christian Benoit Berembi, coordinateur de programme au sein de la plateforme de la Société Civile de la République Centrafricaine (SCRCA) a participé au parcours « réseau ». Ce parcours constitué de 6 sessions de formation rassemble 10 réseaux d’organisations de la société civile pour les accompagner dans leurs efforts de structuration.

Christian Benoit Berembi et Ruth Laoubaï ont participé au parcours « réseau » organisé par la Maison des Services © Bioforce

Il se félicite de ce qu’il a appris au cours du premier module organisé à la fin de l’année 2020 : « Cette formation en gestion de projet répond à nos doutes car la plupart d’entre nous essayons de rédiger des projets mais qui ne respectent pas les formes ou les exigences du bailleur, ce qui fait que parfois on n’arrive pas à décrocher les bons financements par simple manque de compétences ».

Ruth Laoubaï, membre du Conseil InterONG de Centrafrique (CIONCA) confirme : « C’est un parcours de formation qui va aider ma plateforme, mais aussi nos membres qui sont des associations et des ONG. D’ailleurs, après ces formations, je dois faire la restitution pour leur montrer l’importance de toutes ces thématiques. Ça va nous aider à aller de l’avant.

Suite à la formation, elle souhaite que sa plateforme revoie « son plan stratégique pour pouvoir obtenir des financements », une nécessité si l’« on veut mener des projets sur toute l’étendue du territoire ».

Des participants échangent sur la pyramide de la planification stratégique suite à un exercice pratique réalisé par leur groupe © Bioforce

Pour Christian Benoit Berembi, les défis auxquels son organisation est confrontée sont nombreux. Il regrette notamment l’instabilité au niveau de l’équipe : « Nous n’avons pas de structure assez solide avec un organigramme, ce sont plus des gens qui viennent et partent et ça fait défaut. Ceux qui viennent pour rester ce sont souvent des retraités. Et nous qui sommes jeunes, nous allons partir. Donc si on arrivait à se stabiliser, les gens pourraient assurer la continuité et préparer la relève. »

Malgré tout, il est optimiste pour la suite « Le parcours Réseau va aider la plateforme car il y a un module sur la gouvernance associative et la structuration de nos organisations qu’on sera capable de partager à tous les autres membres ». En effet les participants désignés par leur réseau respectif vont bénéficier d’un second module, portant sur les thématiques de la gouvernance associative, du plaidoyer et de la communication interne. 

À l’issue de ces nouvelles sessions, les 10 réseaux seront accompagnés par des conseillers pour les aider à mettre en œuvre les acquis des différentes sessions de formation. Ensuite, dans quelques mois, un suivi sera effectué pour évaluer les changements réalisés dans chacune de ces structures, identifier les problèmes potentiels et chercher des solutions.

Ce « parcours réseau » n’est qu’une des nombreuses formations mises en place par la Maison des Services. Depuis le lancement du projet, plus de 1420 personnes ont bénéficié de renforcement de capacités.

Appuyer les initiatives prometteuses

La Maison des Services se veut aussi être une pépinière d’initiatives. À ce titre, elle a organisé deux appels à projets en 2020.

Ciblés sur la réponse à la COVID-19, 20 microprojets ont été sélectionnés dans le cadre du premier appel. Les organisations bénéficiaires ont reçu une dotation allant de 2 400 euros à 4 900 euros. Concevoir des plans d’action communautaires de prévention et réduction de la propagation de la COVID-19, instaurer un système de remontée des rumeurs sur la maladie ou encore diffuser des messages de prévention sont autant d’activités qui ont été menées grâce à ces subventions.  Ces projets ont permis aux OSC bénéficiaires de monter en compétences pour répondre aux éventuelles futures pandémies dans leurs communautés.

Le second appel était focalisé sur la « promotion du rôle des femmes et des jeunes dans la participation citoyenne et l’éducation civique » en lien avec l’élection présidentielle de décembre 2020. Ces projets devaient être menés tout au long des différentes phases de la période électorale, notamment à travers des « caravanes de paix », l’organisation de « Journées des démocrates », ou encore l’observation des élections par les OSC agréées par l’Autorité Nationale des Élections. Malheureusement, les troubles qui ont émaillé le pays n’ont pas permis la mise en œuvre de toutes ces actions.

Pourtant, la thématique de la paix reste pertinente dans ce contexte fragile, et la Maison des Services en est convaincue : les OSC ont un rôle important à jouer comme acteurs du processus de la paix en RCA. Avec leur accord, des actions seront mises en œuvre prochainement pour les faire participer au processus de dialogue qui s’annonce décisif pour la stabilité de la Centrafrique.