International Cooperation and Development

Renforcer la filière du manioc au Congo pour plus de sécurité alimentaire

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Malgré un potentiel agricole important, la République du Congo importe encore une majorité de ses produits alimentaires. Or la crise sanitaire du COVID19 a fragilisé les chaines d’approvisionnement alimentaire dans le pays (avec jusqu’à 15% d’augmentation du prix d’’un panier alimentaire pour un ménage en milieu urbain). Si aujourd’hui, les prix semblent être revenus à la normale par rapport à la même période l’année passée, un réel risque d’insécurité alimentaire est à considérer. Développer les filières agricoles locales, notamment celle du manioc, permet de prévenir d’éventuels nouveaux impacts socio-économiques.

Groupement Bikounou Action en train de tester un nouvel équipement transformation du manioc à Ntembele, district Yamba, Département la Bouenza, République Congo
Groupement Bikounou Action en train de tester un nouvel équipement de transformation du manioc à Ntembele, district de Yamba, Département de la Bouenza, République du Congo - Photo credit: WFP/Bertrand Sosthène Mounsambote

Financé par l’Union européenne à hauteur de 1.5 million d’euros et mis en œuvre par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), « ProManioc » a donc pour objectif d’améliorer la résilience alimentaire en République du Congo, en renforçant les capacités de 50 groupements producteurs de manioc. Ces derniers bénéficieront d’équipements de transformation inédits au Congo, tels que des râpes, broyeurs, semouleurs… afin d’augmenter leur production. Un accent particulier sera mis sur la transformation du manioc en produits innovants encore peu connus au Congo, tels que le gari ou encore l’attiéké. Pour cela, le programme fera appel à un partenariat de coopération Sud-Sud déjà en place avec des pays ouest-africains (Bénin, Côte d’Ivoire), déjà grands producteurs et consommateurs de produits dérivés du manioc.

Avec ce projet, nous allons continuer d’accompagner le pays dans la lutte contre la pauvreté tout en renforçant la sécurité des approvisionnements en milieu rural et urbain
- Raul Mateus Paula, Ambassadeur de l’Union européenne

"Au-delà du contexte sanitaire difficile que traverse le Congo", explique Raul Mateus Paula, Ambassadeur de l’Union européenne, "il est essentiel d’atténuer l’impact économique de l’épidémie. Avec ce projet, nous allons continuer d’accompagner le pays dans la lutte contre la pauvreté tout en renforçant la sécurité des approvisionnements en milieu rural et urbain. Alignée sur les priorités du Gouvernement, cette action très concrète, expression de la solidarité européenne, va contribuer je l’espère, à améliorer les conditions de vies des populations, notamment les plus vulnérables ".

Atelier de formation producteurs et productrices manioc à la transformation du en gari attieke Nkayi, Département Bouenza, République Congo
Atelier de formation de producteurs et productrices de manioc à la transformation du manioc en gari et attieke à Nkayi, Département de la Bouenza, République du Congo - Photo credit: WFP/Darnielys Armel Mboumba Madingou Nkata
Atelier de formation producteurs et productrices manioc à la transformation du en gari attieke Nkayi, Département Bouenza, République Congo
Atelier de formation de producteurs et productrices de manioc à la transformation du manioc en gari et attieke à Nkayi, Département de la Bouenza, République du Congo - Copyright: WFP

Etabli pour deux ans, ce programme vise sur le long terme une diversification des sources de revenus en zone rurale et l’arrivée de nouveaux produits locaux à base de manioc sur le marché en milieu urbain. Par ailleurs, ces nouveaux aliments seront promus et intégrés aux repas des cantines scolaires du PAM (5 000 élèves dans la Bouenza), ainsi que dans le panier d’assistance alimentaire aux ménages vulnérables en milieu urbain (7 000 personnes).

"Je voudrais souligner que c’est grâce à la synergie entre 2 projets soutenus par l’UE dont nous avons été bénéficiaires que nous avons pu développer notre entreprise." nous explique Kevin Merlin Brice Tchikaya Tsati, directeur gérant de la société Hani transformation.  "En 2006, nous n’étions qu’une petite entité engagée dans la transformation de manioc. En 2013, nous avons franchi une étape de plus et sommes passés à une société de transformation. Il nous manquait néanmoins des bases importantes pour consolider nos connaissances en gestion d’entreprise. Ces dernières nous ont été apportées par l’Institut européen pour la coopération et le développement (IECD). Grâce à un financement de l’UE, IECD a lancé la formation 'Top Entrepreneur' à laquelle nous avons pris part en 2017. Aujourd’hui, avec le projet ProManioc, nous nous formons à la fabrication du manioc de haute qualité et à ses produits dérivés tout mettant en pratique tout ce que nous avons appris tant à IECD.  Avec nos 15 employés, nous nous préparons à lancer une grande production de farine de manioc à moindre coût avec pour objectif de lutter contre l’insécurité alimentaire à laquelle de nombreux congolais sont confrontés".

Les impacts de la crise sanitaire nous rappellent l’impératif de renforcer les chaines de valeur locales dans un pays aussi dépendant des importations que le Congo.
- Jean-Martin Bauer, Représentant du Programme Alimentaire Mondial
Atelier de formation producteurs et productrices manioc à la transformation du en gari attieke Nkayi, Département Bouenza, République Congo
Atelier de formation de producteurs et productrices de manioc à la transformation du manioc en gari et attieke à Nkayi, Département de la Bouenza, République du Congo - Photo credit: WFP/Darnielys Armel Mboumba Madingou Nkata

« Les impacts de la crise sanitaire nous rappellent l’impératif de renforcer les chaines de valeur locales dans un pays aussi dépendant des importations que le Congo. Cet accompagnement est essentiel pour assurer la sécurité alimentaire des populations tant rurale qu’urbaine en cette période de crise sanitaire. » déclare Jean-Martin Bauer, Représentant du Programme Alimentaire Mondial.