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Paoua, localité redynamisée grâce aux achats locaux

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Le Programme Alimentaire Mondial (PAM), financé par le Fonds Bêkou, insuffle une nouvelle dynamique dans 11 préfectures de la République Centrafricaine grâce à son appui aux petits agriculteurs. Son action est indispensable dans un pays où plus de 1,6 million de personnes - soit un tiers de la population, est en situation d’insécurité alimentaire.

Le PAM mène des programmes 'd’Achats locaux au service du Progrès' (P4P) depuis 2015. Ces achats permettent aux petits producteurs d’augmenter leurs revenus, d’améliorer leurs conditions d’existence ainsi que celles de leur communauté.

Le Fonds Bêkou, fonds multibailleur de l’Union européenne créé pour soutenir la résilience de la République Centrafricaine, appuie le secteur agricole centrafricain depuis 2017. A travers son programme de développement rural doté de 18 millions d’euros, il finance différentes actions dont ce programme d’achats locaux mené par le PAM.

Avant je vendais de petites quantités de ma récolte au marché, ce qui ne me permettait de ne résoudre que des problèmes mineurs. Avec la reprise des programmes d’achats locaux du PAM, j’ai pu payer la scolarité de mes enfants, construire ma maison et avoir une meilleure qualité de vie
- Claudia Ziranone, Présidente du Groupement agricole Nzando

Acheter local pour relancer l’économie

A la fin 2019, près de 46.000 producteurs agricoles (ils étaient 25.000 fin 2018), dont plus de 50% de femmes avaient été soutenus dans la vente de leur production. « Avant je vendais de petites quantités de ma récolte au marché, ce qui ne me permettait de ne résoudre que des problèmes mineurs. Avec la reprise des programmes d’achats locaux du PAM, j’ai pu payer la scolarité de mes enfants, construire ma maison et avoir une meilleure qualité de vie » explique Claudia Ziranone, Présidente du Groupement agricole Nzando.

Claudia Ziranone Présidente du Groupement Nzando
Claudia Ziranone Présidente du Groupement Nzando. Photo: WFP/Bruno Djoyo

Le projet du PAM permet à des jeunes, comme Julien Nzoumitia, de faire de l’agriculture leur métier. “L’agriculture est le seul héritage que je laisserai à mes enfants. Ce n’est que par l’agriculture que je parviens à prendre soin de mes 10 enfants. À travers les activités du P4P, j’ai pu étendre la superficie de mon champ et mettre en place ma petite ferme ».

En 2019, à travers ses achats locaux, le PAM a injecté plus € 2.000.000 soit de 1.310 milliards de FCFA, dans l’économie locale en achetant plus de 6.000 tonnes auprès des petits producteurs, des commerçants et entreprises locales. Les produits agricoles entre autres haricot et sorgo achetés dans le cadre du projet sont ensuite redistribués à travers différents programmes d’assistance dont le programme de repas scolaire et l’assistance aux déplacés.

Awa Baourou, Déplacée
Awa Baourou, Déplacée - Photo: WFP/Bruno Djoyo

Au-delà des achats locaux, le programme renforce les capacités des acteurs du secteur. Plus de 1200 petits producteurs agricoles ont été formés sur diverses thématique dont la gestion poste récolte, ce qui a eu un impact significatif sur l’amélioration de la qualité de stockage et la réduction des pertes post-récolte. Des matériels agricoles et petits matériels d’une valeur de 400.000 Euros ont également été distribués aux OP et 15 motos ont été mises à la disposition de l’Agence de Développement Agricole (ACDA) pour faciliter leur suivi des activités.

Enrayer le cycle de violence à travers le relèvement de l’agriculture

Lorsque je viens remplir ces sacs de sorgho, je peux avoir désormais de l’argent pour subvenir à mes besoins primaires. Au-delà de me faire de l’argent, j’ai pris conscience que l’on peut réussir aussi à travers l’agriculture et non en prenant les armes.
- Félix Kamandoko, un jeune homme rencontré sur le site des producteurs de haricot blanc

Les témoignages recueillis auprès des habitants de Paoua, petite localité impliquée dans le programme, sont révélateurs du lien étroit entre faim, pauvreté, sous-développement et conflit. Paoua a continué à être le théâtre de violences longtemps après la fin de la crise. C’est ainsi qu’en 2018, des affrontements entre groupes armés ont fait des milliers de déplacés et obligé le PAM à mettre en stand-by ses programmes pour fournir de l’aide d’urgence à plus de 70 000 personnes. Avec le retour au calme, les activités de relèvement comme le programme d’achats locaux financé par le Fonds Bêkou ont pu reprendre et contribuer à l’apaisement.  

A Paoua, dont 80% des activités de soutien au marché des petits agriculteurs sont exécutés par le PAM, le P4P a poussé de nombreux jeunes à sortir de l’oisiveté et à se prendre en charge. « Lorsque je viens remplir ces sacs de sorgho, je peux avoir désormais de l’argent pour subvenir à mes besoins primaires. Au-delà de me faire de l’argent, j’ai pris conscience que l’on peut réussir aussi à travers l’agriculture et non en prenant les armes » témoigne Raoul Kamandoko, un jeune homme rencontré sur le site des producteurs de haricot blanc.

Félix Kamandoko, Bénéficiaire du P4P
Félix Kamandoko, Bénéficiaire du P4P - Photo: WFP/Bruno Djoyo

Vers la relance de l’agriculture en RCA à travers le P4P