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International Partnerships

L’hygiène, une responsabilité partagée

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Apporter une réponse aux problèmes de l’eau et de l’assainissement ne passe pas seulement par la construction de latrines et de forages, cela nécessite aussi d’engager la population. C’est dans ce cadre que le Fonds Bêkou, Fonds multibailleurs de l’Union européenne pour la résilience de la République centrafricaine, finance le projet « Accès à l'eau et à l'assainissement de base dans les zones prioritaires en République Centrafricaine » mis en œuvre en consortium par World Vision, Oxfam, Water for Good et JUPEDEC.

Cette initiative a choisi l’outil audiovisuel pour sensibiliser les communautés sur les bonnes pratiques d’hygiène et sur l’utilisation appropriée des ouvrages mis à leur disposition.

Des micros-trottoirs avec les communautés

De vidéos de sensibilisation ont été réalisées. Comme l’explique le chargé de plaidoyer et communication à Oxfam, Monges Samba, l’équipe de tournage a demandé aux bénéficiaires du projet ce que représente l’hygiène pour eux. En donnant la réponse, les interviewés « essaient de sensibiliser eux-mêmes leurs pairs ».  La vidéo est ensuite projetée dans les différentes localités où les ouvrages sont réalisés.

La diffusion de la vidéo sur écran géant est l’occasion de poursuivre les échanges et de partager d’autres messages clés de sensibilisation. « À la fin de la vidéo maintenant, on essaie de lancer un moment de débat pour voir la réaction et ce que les gens ont compris de la vidéo et quelle est leur impression » complète Monges Samba.

Les participants sont ensuite incités à télécharger la vidéo pour qu’ils l’aient sur leur téléphone ou sur une clé USB « afin qu’ils puissent regarder cela en famille et entre amis, là où ils se trouvent ».

En présence de leur maire, les habitants Paoua découvrent la vidéo
En présence de leur maire, les habitants de Paoua découvrent la vidéo - Copyright: Monges Samba/Oxfam

Efforts conjugués, responsabilité partagée

Wengaï Agath
Wengaï Agath - Copyright: Monges Samba/ Oxfam

Odette Gondje, qui est membre d’un des comités d’hygiène de Paoua explique dans la vidéo : « tous ceux qui sortent des toilettes doivent se laver immédiatement les mains ».

Les conseils donnés sont adaptés aux réalités locales. La vidéo montre ainsi un des intervenants d’Oxfam au sein des communautés qui répond à une question sur la manière de se désinfecter en l’absence des produits appropriés: « Vous croyez que s’il n’y a pas de savon, c’est foutu pour vous or sans la cendre on peut utiliser le citron, vous pressez le jus pour vous purifier les mains. Même les feuilles de papaye ainsi que d’autres choses peuvent servir de désinfectant ! »

En raison de la pandémie, les vidéos comportent aussi des messages de prévention sur la COVID-19. Comme l’explique Wengaï Agath, une habitante de Poumbaïndji, à l’issue d’une des séances de diffusion: « j’ai découvert beaucoup de choses sur COVID-19. Quand j’ai écouté les explications du chef dans notre langue, ça m’a vraiment ouvert les yeux. Maintenant je sais ce que ça veut dire, et le danger que cela représente pour nous. Je ne vais plus m’amuser à négliger les mesures barrières. Je vais surtout veiller sur mes enfants à la maison. Je demande à mes pairs de commencer à les pratiquer car c’est important pour nous tous. » 

J’aimerai que vous reveniez plus souvent dans notre village pour faire ce genre de sensibilisation à travers la télé.
- Wengaï Agath

Une approche innovante de la sensibilisation

Pour Monges Samba, cette approche innovante permet de vraiment renforcer les changements de comportement de la population. En effet, les habitants à l’image de Géneviève Ndingandjilim, commerçante à Paoua, sont très réceptifs et apprécient d’identifier leurs proches et connaissances: « J’étais très surprise et en même temps contente de voir notre quartier sortir dans cette vidéo. »

Békoy Nestor, cultivateur à Paoua confirme cet engouement: « Quand vous avez projeté l’autre jour dans l’autre quartier, mes enfants m’ont vu là-bas et ils ont couru pour venir me raconter. C’est la première fois que je vois une chose pareille, grâce à votre initiative, les gens vont beaucoup changer. À la maison, tout le monde veut avoir ce film sur son téléphone ! ».