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L’accès à l’eau pour le relèvement de Bambari

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Brigitte Yandongoa, une veuve centrafricaine âgée de 50 ans, est chef d’un ménage qui compte 15 personnes, dont 14 enfants de moins de 18 ans. Elle est jardinière. Son revenu mensuel de 30 000 FCFA ne lui permet pas de subvenir aux besoins quotidiens de sa famille. Jusqu’à peu, elle avait des difficultés à avoir accès à des services de bases et notamment à l’eau nécessaire pour sa consommation et l’hygiène de sa famille.

Le quartier Akpè 3 de Bambari, où elle réside, ne disposait que de deux sources d’eau de surface, insalubres : « On y voyait des parasites a l’œil nu, tout le monde dans ma famille tombait malade et on était tous contaminés par les staphylocoques. Tout ce qu’on faisait pour traiter l’eau était d’utiliser un passoir ».

Brigitte passait environ 3 heures à remplir 3 bidons de 20 litres car le point d’eau le plus proche de chez elle se situait à 2 kilomètres. Non seulement elle n’avait pas assez de bidons, mais les conflits étaient fréquents pendant la longue attente : « Il n’y avait pas un comité de gestion du point d’eau si bien qu’il y avait beaucoup de bagarres ; au point où, des fois, j’étais obligée d’aller collecter l’eau de la rivière Ouaka qui est très sale ».

Brigitte Yandongoa témoigne des bienfaits du nouveau puit
Brigitte Yandongoa témoigne des bienfaits du nouveau puit amélioré réhabilité par Mercy Corps ©Saint-Cyr Mapouka

Après la réhabilitation par Mercy Corps d’un puit amélioré dans le quartier de Brigitte, la qualité de l’eau a été testée par le gouvernement à travers l’Agence Nationale de l’Eau et l’Assainissement (ANEA) : « Pour l’instant, les cas d’infection liées à l’eau ont nettement diminué ». Le temps d’attente au point d’eau s’est considérablement réduit aussi : il est désormais de près d’une heure. Cela permet à Brigitte de remplir 3 seaux en plus de ses trois bidons de 20 litres et les conflits sont beaucoup moins nombreux. À l’image de Brigitte, les bénéfices de cette réhabilitation sur la vie quotidienne des 3 300 habitants sont significatifs !

Rendre l’eau potable grâce à un dispositif de chlore innovant

Photo 2 : petit garçon utilisant le distributeur de chlore pour traiter son eau boisson
Petit garçon utilisant le distributeur de chlore pour traiter son eau de boisson ©Armistice Foyosona

Mercy Corps, en partenariat avec Evidence Action (ONG basée au Kenya) a également introduit, pour la première fois en République centrafricaine, un dispositif innovant de chloration : le « chlore dispenser ». 47 dispositifs de chlore ont été installés au niveau de 47 points d’eau, dont celui du quartier Akpè 3 où habite Brigitte.

Ils ont la capacité, à chaque remplissage, de traiter entre 940 000 et 1 175 000 litres d’eau. Le bon fonctionnement de ces dispositifs est assuré grâce à 94 points focaux en charge de gérer les distributeurs de chlore.

Les résultats de l’évaluation interne conduite auprès de 350 personnes sont extrêmement probants : ils ont confirmé que 100% des ménages issus des zones au sein desquelles les dispositifs de chloration ont été installés traitent leur eau de boisson.

L’eau, facteur de cohésion sociale

L’accès à l’eau est un droit qui est loin d’être une réalité pour une grande partie de la population de la République Centrafricaine. Il est aussi un moyen de favoriser le retour au vivre ensemble pour des communautés divisées et méfiantes depuis la crise qui a touché le pays en 2013-2014.

C’est dans ce cadre que Mercy Corps et ACTED ont développé, avec le soutien financier du Fonds Bêkou, fonds multibailleur créé par l’Union européenne pour soutenir la résilience de la République Centrafricaine, le projet Ikoue. Cette initiative, mise en œuvre entre février 2018 et février 2020, avait pour objectif de favoriser la cohabitation pacifique dans la ville de Bambari, en offrant un cadre de vie amélioré et protecteur aux populations hôtes, déplacées et retournées grâce à la réhabilitation et réinstauration des services de base.

En 2019, Mercy Corps a construit 15 forages et réhabilité 4 puits améliorés dans cette ville auparavant paisible de la préfecture de la Ouaka, que le conflit a divisé entre deux communautés. Ces 19 points d’eau peuvent desservir un total de 5 700 personnes.

Point d’eau à Sica 1 avant les travaux de réhabilitation
Point d’eau à Sica 1 avant et après les travaux de réhabilitation ©Armistice Foyosona
Point d’eau à Sica 1 après les travaux de réhabilitation

Les communautés ont été très impliquées dans tout le processus notamment à travers la mise en place de comités de gestion. Leurs 75 membres ont été sensibilisés sur la chaîne d’approvisionnement en eau potable et les procédures de gestion administrative et financière. De plus, afin de garantir la durabilité de ces infrastructures, 4 artisans réparateurs ont été renforcés sur les techniques de réparation et maintenance des puits et forages. Finalement, 5 cadres de l’ANEA et DGH ont été formés sur l’analyse de la qualité bactériologique et physico-chimique de l’eau, les techniques de désinfection des puits et forages ainsi que la mise en œuvre du dispositif de chloration.

Au-delà de cette composante WASH, le projet a :

  • Mis en place 24 comités locaux de paix et réconciliation (CLPR) qui ont permis de traiter 275 instances de conflit ayant opposé plus de 1750 personnes
  • Sensibilisé plus de 51 250 personnes sur les thématiques liées à la cohésion sociale et près de 35 500 personnes sur les violences basées sur le genre (VBG) et les autres formes de violation des droits humains
  • Pris en charge 1 157 survivants de violences basées sur le genre 
  • Créé plus de 700 emplois temporaires à travers des travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO) et appuyé 224 ménages dans le lancement de leur activité génératrice de revenus (AGR)