Représentation en France

Intervention de la présidente von der Leyen lors de la conférence de presse commune avec Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec, Andrej Plenković, Premier ministre croate, le président Sassoli et le président Michel

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Intervention de la Présidente Ursula von der Leyen à propos de la situation à la frontière entre la Turquie et la Grèce
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La Présidente Ursula von der Leyen et le Vice-président Margaritis Schinas se sont rendus en Grèce avec David Sassoli (Président du Parlement européen) & Charles Michel (Président du Conseil européen), compte tenu de la situation à la frontière entre la Turquie et la Grèce. La Présidente von der Leyen s'est exprimée en ces termes. 

03/03/2020

Kyriakos, je tiens à vous remercier pour votre invitation.

En effet, les circonstances sont exceptionnelles. Nous revenons de la zone frontalière et nous avons pu mesurer à quel point la situation est difficile. La tâche des autorités grecques pour maîtriser la situation est immense. Je tiens à remercier les gardes-frontières et les garde-côtes grecs. Je tiens à remercier les civils, la police et les militaires. Je tiens aussi à remercier Frontex pour les efforts déployés sans relâche. Il est important pour moi d’être ici aujourd’hui avec vous et de vous dire que les préoccupations de la Grèce sont aussi les nôtres.

Cette frontière n’est pas seulement une frontière grecque. C’est aussi une frontière européenne. Je suis ici aujourd’hui à vos côtés en tant qu’Européenne. Je tiens également à faire preuve de compassion envers les migrants qui ont été attirés par de fausses promesses dans cette situation désespérée. Nous voulons exprimer aujourd’hui très clairement notre solidarité et notre soutien européens à la Grèce. Notre première priorité est de veiller à ce que l’ordre soit maintenu à la frontière extérieure de la Grèce, qui est également une frontière européenne. Je m’engage pleinement à mobiliser tout le soutien opérationnel nécessaire aux autorités grecques.

À la demande de la Grèce, Frontex va désormais déployer une équipe d’intervention rapide aux frontières. Frontex prépare le déploiement d’un patrouilleur de haute mer, six patrouilleurs côtiers, deux hélicoptères, un avion et trois véhicules équipés d’une caméra thermique. En plus des 530 garde-frontières actuels, 100 garde-frontières supplémentaires seront déployés par Frontex aux frontières terrestre et maritime. Deuxièmement, nous pouvons fournir une assistance financière de 700 millions d’euros à la Grèce. Une tranche de 350 millions d’euros est immédiatement disponible, à laquelle s’ajouteront 350 millions d’euros qui pourront être débloqués dans le cadre d’un budget rectificatif. L’aide financière est destinée à la gestion de la migration en général afin de créer et gérer les infrastructures nécessaires. Troisièmement, nous avons lancé le mécanisme de protection civile suite à une demande de la Grèce. Par ce biais, la Grèce peut recevoir une aide sous la forme d’équipement médical, d’équipes médicales, d’abris, de tentes, de couvertures, selon les besoins.

Kyriakos, Charles, David, Andrej et moi-même resterons en contact très étroit dans les jours et les semaines à venir pour s’assurer que le soutien nécessaire est fourni. Il n’appartient pas à la Grèce de gérer seule cette situation à notre frontière. C’est la responsabilité de l’Europe dans son ensemble. Nous la gérerons de manière ordonnée, avec unité, solidarité et détermination.

Ceux qui cherchent à tester l’unité de l’Europe seront déçus. Nous allons faire front et rester unis. L’heure est venue d’agir de manière concertée, de garder la tête froide et de respecter nos valeurs. La Turquie n’est pas un ennemi et les citoyens ne sont pas seulement des moyens pour atteindre un objectif. Nous devrions tous nous en souvenir dans les jours à venir. Je remercie la Grèce d’être notre ασπίδα (bouclier) européen en ces temps difficiles.