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L'Europe a laissé tomber la Grèce ! Vraiment ?

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L'Europe n'a pas abandonné la Grèce !
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Oui, la Grèce a particulièrement souffert depuis la crise économique mondiale de 2008 et celle de la zone euro qui s'en est suivie. Le pays a connu 9 années de récession. Mais l'Europe ne l'a pas laissé tomber, au contraire !

L'Europe s'est montrée solidaire : les pays de la zone euro ont prêté un peu plus de 240 milliards d'euros à la Grèce pour lui venir en aide, alors que le pays ne pouvait plus se financer sur les marchés financiers.

En contrepartie de ce soutien, les créanciers ont demandé à la Grèce d'engager des réformes pour assainir ses finances publiques, moderniser le fonctionnement de l'Etat, ou encore créer un filet de sécurité social.

Certaines réformes ont été difficiles, mais elles commencent à porter leurs fruits : l'économie grecque est à nouveau sur de bons ralis, avec des performances qualifiées par le Président Juncker d'"impressionnantes".

Après 8 années, la Grèce va enfin conclure son programme d'assistance financière, ce qui lui permettra de "retrouver le chemin de la normalité" et de "tourner une page de son histoire", comme l'a déclaré Pierre Moscovici au moment de l'accord final trouvé à l'Eurogroupe du 21-22 juin 2018.

22/06/2018

Oui, l'Europe s'est montrée solidaire !

À la suite de la crise financière de 2008, les pays qui s'étaient fortement endettés n'ont plus eu aucune marge budgétaire pour y faire face, et ne pouvaient plus emprunter davantage sur les marchés. Il en a résulté une crise des dettes de la zone euro, avec, en 2010, la crise de la dette grecque provoquée par son important déficit public, dissimulé par les autorités nationales.

Les dirigeants de l'UE se sont alors trouvés confrontés, pour la première fois depuis la mise en place de l'euro, à une situation où des pays utilisant l'euro perdaient leur capacité à se financer sur les marchés financiers et donc à mener leur politique budgétaire de manière autonome. C'est ce qui est arrivé à la Grèce : dès mai 2010, le pays s'est retrouvé en risque de défaut de paiement (c'est-à-dire ne pouvant plus rembourser ses créanciers). La Grèce s'est alors tournée vers les États membres de la zone euro et le FMI pour demander une assistance financière.

Entre 2010 et 2015, la Grèce a reçu un soutien financier de 194,7 milliards d'euros des pays de la zone euro et de 32,1 milliards du Fonds Monétaire International (FMI), à travers deux programmes d'assistance financière.[1] Depuis août 2015, un troisième programme d'assistance a été lancé dans le cadre du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qui a permis le déboursement de 46,9 milliards d'euros[2]. Au total, la solidarité européenne s'est donc traduite par l'injection de 241,6 milliards d'euros dans l'économie grecque (soit 140 % du PIB de la Grèce), auxquels s'ajoutent les 15 milliards d'euros approuvés lors de l'Eurogroupe du 21-22 juin 2018.

Des efforts importants pour réformer le pays

Concrètement, les Etats membres de la zone euro et le FMI ont accordé des prêts à la Grèce en contrepartie de réformes structurelles et d'un assainissement des finances publiques. Ces réformes visaient à la fois à garantir une trajectoire budgétaire soutenable et à moderniser l'économie du pays, afin de permettre le retour de la croissance et des investisseurs. Des réformes importantes ont également permis de moderniser l'administration du pays, de rendre plus efficace le système de collecte d'impôt, en créant par exemple un cadastre.

Dans un rapport publié en novembre 2017, la Cour des Comptes européenne a fait le constat global que, malgré certaines faiblesses dans la conception et l'évaluation des programmes gérés par la Commission européenne, ces programmes ont permis aux réformes de progresser en Grèce et d'éviter au pays de faire défaut. Ce qui a contribué à la stabilité financière dans la zone euro.

Les Fonds structurels et d'investissement européens et d'autres fonds européens ont également soutenu l'investissement public en Grèce, à hauteur de 9 % de son PIB en 2017. La Grèce a été le premier État membre à avoir entièrement absorbé tous les fonds européens disponibles pour la période 2007-2013 provenant du Fonds européen de développement régional, du Fonds de cohésion et du Fonds social européen.

Des signaux positifs

Après 9 années de crise, la Grèce voit enfin le bout du tunnel. Le pays a renoué avec la croissance en 2017, à 1,4 %, après neuf ans d'une récession profonde. Selon les prévisions de printemps 2018 de la Commission, la croissance en Grèce devrait accélérer cette année (+1,9 %) et encore plus l'année prochaine 2019 (+2,3 %). En 2009, la Grèce avait le plus grand déficit en Europe, plus de 15 % de son PIB. En 2017, elle enregistre un léger excédent budgétaire (de 0,8 % du PIB). La Grèce a même dépassé, pour la deuxième année consécutive, les objectifs fixés par ses créanciers et le FMI, en réalisant en 2017 un excédent budgétaire primaire (déficit public obtenu avant paiement des intérêts de la dette) de 4 %. Le taux de chômage, qui a atteint un pic de 27,9 % en juillet 2013, reste à des niveaux encore top élevés, à 20,1 % en mars 2018. Mais la tendance à la baisse devrait s'amplifier puisque, depuis 2015, 100.000 nouveaux emplois ont été créés, grâce, notamment, aux mesures prises pour réduire le travail non déclaré et améliorer le fonctionnement du marché du travail. Ces performance permettent d'entrevoir un rétablissement durable de l'économie grecque.

Le pays a recommencé à se refinancer sur les marchés financiers en émettant récemment des obligations. Cette opération a été un succès, montrant que les créanciers faisaient de nouveau confiance à la Grèce. Les agences de notation financière ont toutes revu à la hausse leur évaluation de la santé économique et financière de la Grèce. 

Lors d'une visite à Athènes en avril 2018, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a loué la performance "impressionnante" de l'économie grecque et a appelé les créanciers de la Grèce "à tenir leurs engagements" sur l'allégement de la dette grecque. C'est ce qu'ils ont fait lors de la réunion de l'Eurogroupe du 21-22 juin. Un accord entre les ministres des finances de la zone euro a en effet été trouvé pour alléger le fardeau de la dette, et pour conclure le programme d'assistance financière de la Grèce le 20 août 2018.

A la sortie de l'Eurogroupe, Pierre Moscovici a déclaré : "Nous vivons un moment historique pour la Grèce et la zone euro. Enfin, le pays retrouve le chemin de la normalité". La Grèce peut désormais ouvrir un nouveau chapitre de son histoire.

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Nos fiches d'informations

Le blog de Pierre Moscovici, Commissaire européen aux affaires économiques et financières
 

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