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La nouvelle agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes #DecodeursUE

Assurer la sécurité des frontières extérieures de l'Union est l'une des priorités de l'UE. L’espace Schengen sans frontières intérieures ne sera pérenne que si ses frontières extérieures sont efficacement sécurisées et protégées. Depuis 2004, l'agence européenne Frontex aide les États membres dans cette tâche.

Néanmoins, face à la crise migratoire qu'a connue l'Europe en 2015 et aux insuffisances de Frontex, la Commission européenne a proposé la création d'un nouveau Corps européen de garde-frontières et de garde-côtes, qui se substitue à l'ancienne agence Frontex.

Proposée en décembre 2015, cette agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a vu le jour le 6 octobre 2016, avec des missions et des capacités considérablement renforcées.

14/12/2016

Un champ d'action élargi

Le mandat de la nouvelle agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été renforcé. Ainsi, Frontex ne disposait pas de son propre personnel opérationnel et était tributaire des contributions des États membres. Elle ne pouvait pas mener ses propres opérations de retour ou de gestion des frontières sans avoir été préalablement sollicitée par un État membre.

Désormais, la nouvelle agence pourra résoudre tous ces problèmes grâce à plusieurs innovations:

  • L'une des missions prioritaires de la nouvelle agence est de prévenir la criminalité transfrontalière. L'Agence peut recueillir les données à caractère personnel de personnes soupçonnées d'être impliquées dans des activités criminelles et les partager avec les autorités des États membres de l'UE et Europol.
  • La nouvelle agence joue un rôle plus important en matière de retours: elle est en mesure d'aider les États membres à financer les opérations de retour et à coopérer avec les pays tiers concernés par des procédures de réadmission.
  • L'Agence compte également des équipes d'intervention pour les retours, veillant au retour effectif des ressortissants de pays tiers en situation irrégulière.
  • L'Agence peut aussi envoyer des agents de liaison dans des pays voisins et lancer avec eux des opérations conjointes.
  • Enfin, l'Agence peut déployer ses effectifs dans un État membre en difficulté, soit à la demande de l'État membre en question, soit, en dernier recours, sur demande du Conseil si l'État membre n'exprime pas d'appel à l'aide.

Des moyens renforcés

  • Contrairement à Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes dispose de moyens humains et d'équipements propres, qu'elle peut déployer à tout moment lors d'opérations aux frontières. Elle ne dépend plus du bon vouloir des États membres.
  • Les États membres sont tenus de fournir une réserve humaine et matérielle à la nouvelle agence, qui dispose ainsi à tout instant d'une réserve d'intervention rapide comptant au minimum 1500 garde-frontières. Par ailleurs, l'Agence recrutera 1000 agents supplémentaires d'ici 2020.
  • Le budget de l'Agence augmentera d'année en année, jusqu'à atteindre 322 millions d'euros en 2020 – soit plus du double du budget de Frontex pour l'année 2015 (et plus du triple de celui de 2014).

Une mise en place rapide

Proposée par la Commission européenne en décembre 2015, la création effective de cette agence a été extrêmement rapide: neuf mois seulement.

Cela reflète une volonté politique forte de répondre aux défis qui se posent en matière de sécurité et de migration. Cela démontre aussi une capacité réelle de l'Europe à agir rapidement et fortement, lorsque la Commission, le Parlement, et les États membres vont dans la même direction.

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