Représentation en France

L’Europe est submergée par les migrants ! Vraiment ? #DecodeursUE

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L'Union européenne compte 511 millions d'habitants. Environ 2.7 millions de migrants sont arrivés sur le continent en 2015 – soit environ 0,5 % de la population de l'Union ou 5 migrants pour 1 000 habitants. En 2016, ce chiffre a chuté de moitié avec 1,2 millions d’arrivées en raison du renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’Europe.

L'Europe s'est ainsi mobilisée d’une part pour sauver des vies en mer même si les naufrages restent trop nombreux, et pour accueillir les réfugiés qui fuient la guerre et les persécutions conformément à ses traditions, tout en aidant d’autre part les États membres à éloigner et à raccompagner dans la dignité les migrants illégaux, en renforçant la sécurité de ses frontières externes et en dialoguant plus étroitement avec les pays d'origine et de transit des migrants.

12/12/2016

Un afflux en net recul

Guerres en Syrie et en Irak, conflits dans de nombreuses régions d'Afrique et catastrophes climatiques: le nombre de déplacés dans le monde a atteint en 2016 le chiffre record de 65,6[SL(1]  millions, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Ce sont d'abord les pays limitrophes des zones de crise qui ont accueilli ces populations, et non l'Europe. La Turquie abrite ainsi près de 3 millions de réfugiés, le Pakistan 1.4 millions et le Liban environ 1 million.

En 2015, 2,7 millions de citoyens de pays tiers ont immigré vers l’Union européenne.en raison en particulier de la crise syrienne et de la destabilisation du Moyen Orient. En 2016, le nombre de primo-demandeurs d’asile a chuté à 1,2 million. Parmi eux plus de 700 000 ont obtenu une protection. La France ne représente qu'à peine 4% du total des arrivées avec 26 499 réponses favorables.

En 2016, 352 822 personnes sont entrées en passant par l'Espagne, l'Italie ou la Grèce. Bien que le chiffre soit élevé, il est en net recul par rapport à l'année 2015 où 1 015 078 migrants sont arrivés dans ces pays Pour l'année 2017, le chiffre  a continué de baisser avec moins de 170 000 migrants qui auraient tenté la traversée de la Méditerranée.

Le droit d'asile est une valeur fondamentale

La protection de ceux qui fuient la guerre et les persécutions est une valeur fondamentale de l'UE. Les conventions de Genève, qui organisent le droit d'asile sont, comme l'Union européenne elle-même, la réponse humaniste aux atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Protéger et respecter le droit d'asile fait donc partie de l'ADN de l'Union européenne.

L'Union européenne constituant un espace commun, elle travaille depuis maintenant une vingtaine d'années à rapprocher les politiques d'asile en Europe : définition de critères communs pour les demandes d'asile, de procédures administratives claires et transparentes, ou encore de conditions d'accueil dignes pour les réfugiés.

  • Le terme «migrant» recouvre des réalités différentes

Si l'Europe doit impérativement accueillir ceux qui fuient les guerres et les persécutions, elle ne peut accueillir tous ceux qui cherchent une vie meilleure en quittant leur pays. Les migrants économiques en situation irrégulière doivent être reconduits dans leurs pays dans la dignité.

Que fait l'Union européenne

  • L'Union a renforcé son dialogue avec les États d'origine des migrants

L'Union développe, avec les États d'origine et de transit, des dialogues étroits sur les questions migratoires, articulant renforcement de l'aide au développement, politique de réadmission plus souple, appui au contrôle des frontières et à la lutte contre le trafic d'êtres humains, et information des personnes sur les risques de la migration illégale. L’Union a instauré le cadre de partenariat pour les migrations en juin 2016, intégrant ainsi pleinement le thème des migrations dans sa politique extérieure. Elle a dans ce contexte créé le Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique qui s’élève à près de 3,2 milliards d’euros, dont plus de 2.9 milliards de fonds de l’UE.

  • L'accord avec la Turquie a stoppé le flux des arrivées

Afin d'éviter les nombreuses noyades en mer Égée et des arrivées désordonnées sur les îles grecques, l'UE a conclu en mars 2016 un accord avec la Turquie visant en particulier à lutter contre les passeurs et à stopper le flux des arrivées. Aux termes de cet accord, l'Union aide en particulier la Turquie dans l'accueil des migrants sur son territoire. Une somme de 3 milliards d'euros a été débloquée et 1,2 milliard a déjà été versé. Du chiffre record de 10 000 migrants enregistré en un seul jour en octobre 2015, les arrivées en Grèce se situeraient depuis le 1er janvier 2017 autour d'une quarantaine par jour. Le nombre de noyades en mer Égée a également chuté de plus de 90 %

  • Solidarité avec les États européens situés en première ligne pour l'accueil des migrants

L'Union doit se montrer solidaire avec ses États membres directement confrontés à l'accueil des réfugiés - notamment la Grèce et l'Italie. Pour ce faire l'Union a appuyé la création de centres d'accueil et d'enregistrement pour les migrants dans ces pays, mobilisé plus de 500 agents Frontex pour améliorer les contrôles aux frontières grecque et italienne et débloqué 700 millions d'euros pour la période 2016-2018 afin d'aider la Grèce à faire face à la situation actuelle.

Un programme de relocalisation d’urgence a été mis en place en 2015, en vertu duquel les États membres de l’UE s’engagent à relocaliser dans d’autres pays de l’UE des personnes se trouvant en Grèce et en Italie. Après plus de deux ans de mise en œuvre, le programme de relocation de l'UE s'achève sur des résultats positifs. Près de 34 000 personnes –soit plus de 96% de l'ensemble des candidats admissibles enregistrés- ont été relocalisées, la quasi-totalité des Etats membres apportant leur contribution à ces relocalisations. Les transferts des candidats restants (149 en Grèce et 933 en Italie) sont en cours de préparation. Certains Etats membres en particulier ont contesté la décision imposant la relocalisation.  La Commission européenne a décidé en décembre 2017 de renvoyer la République tchèque, la Hongrie et la Pologne devant la Cour de justice de l'Union européenne pour non-respect des obligations juridiques qui leur incombent en matière de relocalisation.

Par ailleurs, l’Europe a renforcé la protection de ses frontières extérieures en créant un nouveau corps européen de garde-frontières et de garde-côtes lancé en octobre 2016. Plus de 1 350 agents ont été déployés pour aider les États membres aux frontières extérieures, en plus des 100 000 garde-frontières en poste dans les États membres.

  • La migration, une chance démographique et économique

L'Europe souffre d'un déficit démographique marqué : en 2015, pour la première fois depuis que des statistiques officielles sont établies au niveau européen, il y a eu plus de décès que de naissances dans l'Union. 11 États membres ont vu leur population baisser entre 2014 et 2015.

Les conséquences d'une baisse de la population sont nombreuses : mise en péril des systèmes de retraite, problèmes de soutenabilité des dettes publiques, diminution des rentrées fiscales… Or, malgré un nombre de décès plus élevé que celui des naissances, la population de l'Union a augmenté en 2015. Cette hausse n'a été possible que grâce à l'immigration.

Par ailleurs, certains migrants contribuent aujourd'hui grandement à notre économie. Pour n'en citer qu'un, Mohed Altrad, entrepreneur d'origine syrienne basé à Montpellier, est aujourd'hui à la tête d'une entreprise de BTP qui compte 70 filiales à travers le monde et emploie près de 2 500 personnes en France.

Ce genre de succès n'est possible qu'en améliorant l'intégration réelle des  réfugiés, notamment à travers des cours de langue, un meilleur accès à l'éducation ou la formation professionnelle, par exemple. L'Europe y contribue via le Fonds Asile, Migration et Intégration, doté de près de 3 milliards d'euros pour la période 2014-2020, dont 266 millions pour  la France.

Quelques précisions pour mieux comprendre

« Réfugié » : tout ressortissant d’un pays tiers qui, parce qu’il craint avec raison d’être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de ses opinions politiques ou de son appartenance à un certain groupe social, se trouve hors du pays dont il a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays, ou tout apatride qui, se trouvant pour les raisons susmentionnées hors du pays dans lequel il avait sa résidence habituelle, ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut y retourner.

« État membre de relocalisation » : État membre qui devient responsable de l'examen de la demande du statut de réfugié.

« Réinstallation » : en mai 2015, la Commission a proposé un programme européen de réinstallation qui a été adopté par le Conseil en juillet 2015. Afin d’éviter aux personnes déplacées ayant besoin d’une protection d’avoir à recourir aux réseaux criminels de passeurs et de trafiquants, le programme de réinstallation prévoit des voies légales et sûres pour entrer dans l’UE, épargnant ainsi de périlleux voyages à des personnes vulnérables. Selon ce qui a été convenu, ce programme permettra de réinstaller plus de 22 000 personnes ayant besoin d’une protection internationale depuis des pays extérieurs à l’UE vers les États membres de l’UE. Au 10 avril 2017, 15 492 personnes avaient été réinstallées dans 21 pays.

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