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L'Union européenne, idiot du village global ! Vraiment ? #DecodeursUE

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L'UE est la première puissance commerciale du monde. Elle sait défendre ses intérêts dans la mondialisation. Le manque de réciprocité qui existait chez certains de nos partenaires a été comblé dans les accords récents et le manque de règles au sein du commerce mondial est en voie d'amélioration. Les partenaires commerciaux de l'UE disent parfois de celle-ci qu'elle est un hippopotame : paisible en apparence, mais tout ce qu'il y a de plus redoutable en pratique…

13/12/2016

Une performance commerciale européenne remarquable!

La naïveté de l'UE en matière commerciale ne saute pas aux yeux quand on regarde ses résultats :

Dans un monde où tout bouge très vite, où la Chine a augmenté sa part dans les exportations mondiales de 10 points en 10 ans tandis que les États-Unis voyaient la leur s'effondrer de 6 points (passant de 16 % à 10 %) et le Japon de 3 points… l'UE a globalement maintenu ses positions, avec des parts de marché, qui sont passées de 16 % à 15 % dans le même temps.

Dans un monde où la Chine affiche un excédent commercial considérable et où les États-Unis accusent en retour un déficit commercial abyssal… l'UE enregistre un excédent commercial de quelque 250 milliards d'euros par an dans les échanges de produits manufacturés et de 250 milliards d'euros dans les services. 

Manque de réciprocité ? De moins en moins le cas !

La politique commerciale a souvent été accusée de naïveté parce qu'elle manquait de réciprocité. En 2008, le président de la République française avait tapé du poing sur la table parce qu'Alstom ne pouvait pas concourir au Canada alors que son concurrent canadien Bombardier remportait un gros marché dans le même secteur en Ile-de-France.

L'accord que l'UE a négocié avec le Canada, le CETA, met fin à cette asymétrie. L'UE a obtenu du Canada qu'il applique la réciprocité et ouvre ses marchés publics aux opérateurs européens, et ce - pour la première fois de son histoire - même au niveau subfédéral. Le problème Alstom-Bombardier ne se reproduirait plus aujourd'hui. La réciprocité a également été obtenue avec le Japon dans le secteur du transport ferroviaire et plus généralement dans les conditions d'échange entre l'Europe et le Japon.

Des accords dont les entreprises françaises savent profiter!

En 2012, la France souhaitait activer la clause de sauvegarde concernant l'automobile dans l'accord entre l'UE et la Corée du Sud dans un contexte de difficultés sociales chez PSA. Après examen, la Commission a conclu qu'il n'y avait pas lieu d'activer cette clause de sauvegarde, qui aurait gelé l'application de l'accord en matière automobile.

Cinq ans plus tard, les résultats sont là. L'accord entre l'UE et la Corée du Sud a été mis en œuvre sans difficulté. La catastrophe annoncée n'a pas eu lieu. Les petites voitures coréennes n'ont pas envahi l'Europe. Au contraire, l'Europe a triplé ses exportations automobiles vers la Corée du Sud et résorbé le déficit commercial qu'elle avait jusque-là avec la Corée du Sud dans l'automobile. La France a quadruplé ses exportations de voitures. Entre 2014 et 2015, la part de marché de Renault et de PSA dans les importations coréennes de véhicules étrangers est passée de 2,5 % à 3,9 %.

Rien de tout cela n'aurait été possible si nous avions activé la sauvegarde en 2012. Aujourd'hui, l'accord entre l'UE et la Corée du Sud est un grand succès du point de vue européen, avec une augmentation de 60 % des exportations européennes en 5 ans. Les parts de marché européennes en Corée du Sud ont fait un bond, alors que les parts de marchés japonaises se sont effondrées et que les parts de marché américaines ont stagné.

Un marché européen loin d'être ouvert à tous les vents

L'Europe a tout intérêt à défendre un système commercial stable et ouvert et fait preuve de leadership à l'échelle mondiale pour construire des ponts plutôt que des murs, ce qui est particulièrement important à l'heure où d'autres grandes puissances commerciales se replient sur elles-mêmes.

Mais la défense d'un système commercial ouvert ne veut pas dire qu'il s'agit d'être ouvert à tous les vents. L'UE défend ses filières économiques sensibles dans les négociations commerciales et n'accepte l'ouverture aux échanges qu'à condition qu'ils soient justes et équitables. Près de 150 mesures anti-dumping et anti-subvention sont actuellement en vigueur, qui permettent de lutter contre les pratiques commerciales déloyales. Beaucoup d'entre elles ont été prises au plus fort de la crise de l'acier, où la surproduction mondiale conduisait certains de nos partenaires, notamment la Chine, à vendre à perte leur acier en Europe, menaçant de ce fait l'existence même de l'industrie européenne, pourtant modernisée et parfaitement compétitive. La Commission a instauré des mesures dont l'efficacité ne fait pas débat : pour les produits touchés par ces mesures, les importations en provenance de Chine ont chuté de 94% entre 2011 et 2017.

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