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L'Europe est une passoire ! Vraiment ? #DecodeursUE

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Le contrôle des frontières extérieures de l'Union incombe d'abord aux États membres. Néanmoins, pour répondre à la pression migratoire et aux difficultés des pays qui se trouvent en première ligne, l'Union a considérablement renforcé le dispositif de surveillance de ses frontières

13/12/2016

L'Europe soutient les États membres

La surveillance des frontières relève de la responsabilité des États membres. Néanmoins, dans l'espace Schengen, la vigilance de chacun est nécessaire pour assurer la sécurité de tous. C'est pourquoi l'Union européenne renforce considérablement ses capacités en matière de contrôles aux frontières.

Des garde-frontières européens

Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières, aide les États membres dans leur tâche de surveillance des frontières depuis 2004.

Pour faire face aux nouveaux défis liés à la surveillance des frontières, Frontex a, en octobre 2016 été transformée en Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Celle-ci a pour objet de soutenir les États membres dans la responsabilité qui leur incombe de contrôler les frontières extérieures. L’agence mobilise actuellement quelques 1 400 garde-frontières. Ceux-ci viennent appuyer les capacités nationales existantes (plus de 100 000 garde-frontières et garde-côtes) lorsque les circonstances l’exigent. Ils appartiennent à la réserve supplémentaire de 1 500 garde-frontières qui reste en alerte, prête à être déployée immédiatement en cas de situation d’urgence à l’une des frontières extérieures de l’UE. Cette nouvelle agence peut par ailleurs acquérir ses propres moyens de surveillance des frontières (drones, véhicules, caméras de surveillance).

Son budget pour 2017 s'est élevé à plus de 280 millions d'euros, soit près du double du budget de Frontex pour l'année 2015 (et près de 3 fois son budget de 2013). Il augmentera jusqu'à atteindre 322 millions d'euros en 2020.

«Hotspots»

L'Union européenne a appuyé la création de centres d'accueil ou « hotspots », en Grèce et en Italie, permettant l'enregistrement et l'identification rapide et systématique des migrants à leur arrivée. Au nombre de 10 (5 en Grèce et 5 en Italie), ces centres mobilisent 500 agents Frontex et peuvent accueillir jusqu'à 7 000 migrants.

Ces centres ont notamment permis d'augmenter considérablement le taux de relevés d'empreintes digitales des migrants qui est passé de 8 % en septembre 2015 à 100 % en décembre 2016 en Grèce, par exemple.

Le renforcement de la politique des retours

Le soutien au retour de migrants en situ­ation irrégulière est un des autres domaines d’action de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Les efforts déployés par l’agence dans ce domaine ont permis 11 698 retours en 2017.

En parallèle, l'Union travaille de concert avec plusieurs pays tiers afin que ceux-ci acceptent de réadmettre sur leur sol leurs ressortissants en situation irrégulière en Europe. Des accords ont été conclus avec une vingtaine de pays à ce jour, dont le Pakistan, la Turquie ou le Sri Lanka.

Des contrôles systématiques aux frontières extérieures

La Commission a proposé que tous les Européens qui entrent sur le territoire de l'Union soient systématiquement contrôlés via le Système d'information Schengen, afin notamment de détecter les éventuels retours de djihadistes. Ces contrôles doivent toutefois s'opérer sans nuire à la fluidité des échanges, essentielle à la prospérité de l'Union.

Depuis le 7 avril 2017, les États membres sont tenus d’effectuer des vérifications systématiques sur les citoyens de l’Union qui franchissent les frontières extérieures de l’UE, en complément des contrôles systématiques déjà effectués sur tous les ressortissants de pays tiers entrant dans l’espace Schengen. Proposées par la Commission à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris et en raison de la menace croissante que font peser les combattants terroristes étrangers, ces nouvelles règles renforcent la gestion de nos frontières extérieures.

Des entrées et sorties mieux surveillées

L'Union est également en train d'adopter un système dit «entrée-sortie», permettant de mieux contrôler les entrées et les sorties de son territoire de ressortissants non-européens.

Il permettra, entre autres, de relever les empreintes digitales et de contrôler les documents de voyage de chaque ressortissant non-européen entrant sur le territoire de l'Union. Ce système enregistrera également la date et le lieu d'entrée sur le territoire, ainsi que les refus d'entrée le cas échéant. Il sera ainsi possible d'identifier de façon systématique et immédiate les personnes qui dépassent leur durée de séjour autorisée, et celles à qui le droit de séjour a été précédemment refusé.

Des autorisations préalables

La Commission a proposé la mise en place d'un système européen d'information de voyage, similaire au modèle ESTA américain. Baptisé «ETIAS» (EU Travel Information and Authorisation System), il obligera les ressortissants non-européens - qui n'ont pas besoin de visa pour entrer en Europe - à formuler à l'avance une demande d'autorisation d'entrée dans l'espace Schengen. Si la demande est rejetée, l'entrée dans l'espace Schengen sera refusée.

Lutte contre les filières clandestines

Les opérations Triton (Italie), Poséidon (Grèce) et Sophia ont permis :

  • de sauver 620 000 vies depuis 2015
  • de neutraliser plus de 470 embarcations utilisées en mer Méditerranée par les passeurs pour le transport de migrants
  • et d'aboutir à l'arrestation de plus de 2 500 de passeurs et trafiquants présumés.

Ainsi le nombre d'entrée irrégulière sur le territoire européen par les principales routes migratoires a diminué de 63% en 2017.

L'Europe mène également des campagnes dans plusieurs pays tiers, par exemple au Mali et au Niger afin d'informer les populations des risques liés à la migration illégale et aux activités des passeurs et de leur proposer des alternatives au départ..

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