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Des accords commerciaux qui permettent à l'UE de tirer parti de la mondialisation: l'exemple de l'accord avec la Corée du Sud #DecodeursUE

L'accord entre l'Union européenne et la Corée du Sud, qui a été mis en œuvre il y a 5 ans, montre comment l'UE peut défendre ses intérêts dans la mondialisation et négocier des accords qui lui sont favorables. Dans un contexte de redistribution des cartes à l'échelle mondiale, l'Europe est en mesure de tirer son épingle du jeu.

13/12/2016

La mondialisation: un défi pour l'Europe

La mondialisation se traduit par une redistribution des cartes très rapide à l'échelle mondiale. La Chine est passée de 5 % à 15 % des exportations mondiales de marchandises depuis le début des années 2000 alors que les États-Unis voyaient leurs parts de marcher reculer de 16 % à 10 %. Malgré ces changements, l'UE est parvenue à maintenir ses parts de marché, qui sont passées de 16 % à 15 %. Elle assure également 25 % des exportations mondiales de services, faisant d'elle la première puissance commerciale mondiale.

La force de l'Europe dans le commerce international tient notamment à sa capacité à exporter des produits de haute qualité et reconnus, dans l'industrie, mais aussi dans l'agriculture et les produits alimentaires et dans les services. Cette force tient aussi au soutien que lui apportent les accords commerciaux négociés par l'Union européenne, qui use de tout son poids pour obtenir de ses partenaires qu'ils s'ouvrent aux Européens.

L'exemple de l'accord de libre-échange UE-Corée du Sud

L'accord récemment conclu et mis en œuvre avec la Corée du Sud en est un bon exemple:

  • c'est le premier accord de «nouvelle génération» (c'est-à-dire visant à défendre nos intérêts économiques dans la mondialisation) négocié par l'UE;
  • les enjeux étaient importants, car la Corée du Sud s'est beaucoup développée jusqu'à devenir une des dix premières économies mondiales. Il était important pour l'UE de s'y positionner et d'y assurer ses positions pour l'avenir. D'autant que la Corée du Sud était traditionnellement un marché très difficile d'accès, où les droits de douanes étaient deux fois plus élevés qu'en Europe, où les barrières non-tarifaires étaient très nombreuses et avec lequel nous avions, jusqu'à la fin des années 2000, un déficit de 10 milliards d'euros par an.

L'accord conclu en 2010 rétablit un équilibre dans les conditions d'échange entre l'Europe et la Corée du Sud:

  • il impose la réciprocité dans les échanges, en éliminant quasiment tous les droits de douanes en Europe comme en Corée du Sud alors qu'initialement, les droits de douanes coréens étaient en moyenne deux fois plus élevés que les droits de douanes européens;
  • surtout, il élimine tous les obstacles qui, concrètement, empêchaient les Européens de vendre leurs biens et leurs services en Corée du Sud: des procédures douanières aux réglementations techniques, en passant par les tests d'évaluation de la conformité, l'accès effectif aux marchés publics ou la lutte contre la contrefaçon;
  • c'est l'accord le plus exigeant jamais signé par la Corée du Sud. Les États-Unis, qui avaient conclu un accord avec la Corée du Sud juste avant l'Europe, ont dû renégocier leur accord suite à la conclusion de l'accord UE-Corée du Sud pour obtenir des clauses plus satisfaisantes et de plus comparables à celles négociées par l'UE.

Les résultats après cinq ans

  • En cinq ans, les exportations européennes vers la Corée du Sud ont augmenté de 75 %. Les exportations françaises ont augmenté dans la même proportion.
  • Le déficit commercial historique de l'UE avec la Corée du Sud est devenu un excédent. On est ainsi passé d'un déficit commercial de 10 milliards d'euros en 2010 à un excédent commercial de 5,5 milliards d'euros en 2015.
  • Les parts de marché européennes dans les importations coréennes sont passées de 9 % à 13 % en quelques années alors celles du Japon chutaient de 15 % à 10 % et que celles des États-Unis stagnaient autour de 10 %. L'augmentation des parts de marché européennes est comparable à celles de la Chine.
  • Chaque milliard d'exportations supplémentaire correspond à 14 000 emplois en Europe.

La catastrophe annoncée dans l'automobile, où certains s'attendaient à un déferlement de petites voitures coréennes en Europe, ne s'est pas produite. L'Europe a au contraire triplé ses exportations automobiles et résorbé le déficit commercial qu'elle avait jusque-là avec la Corée du Sud dans le secteur automobile. Entre 2014 et 2015, la part de marché de Renault et de PSA dans les importations coréennes de véhicules étrangers est passée de 2,5 % à 3,9 %.

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