Représentation en France

Le mot du Chef de la Représentation

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Baudouin Baudru

Voilà un an, la Commission d’Ursula von der Leyen se mettait au travail pour élaborer des propositions majeures destinées à préparer l’Union européenne de demain : une Union qui assume pleinement son rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique, une Union qui s’avance avec détermination dans la transition numérique et une Union qui prend conscience du rôle géopolitique qu’elle se doit de jouer dans un monde secoué par des dérives populistes visant à démanteler le multilatéralisme sous prétexte que le réflexe nationaliste constitue la seule réponse crédible aux attentes des citoyennes et des citoyens du XXIème siècle.

Dès le 11 décembre 2019, la Commission lance le Pacte Vert européen, suivi le 19 février 2020 par l’Agenda pour façonner l’avenir numérique de l’Europe et, le 10 mars, la nouvelle Stratégie industrielle européenne. Bien d’autres initiatives suivront qui seront autant de propositions visant à mettre en œuvre les six priorités de cette Commission, la première à être paritaire et dirigée par une femme.

Mais bien vite, ces initiatives importantes pour le futur de notre continent allaient passer dans l’ombre de la réaction sans précédent à la crise du coronavirus qui allait mettre l’UE et ses États membres devant le choix de la solidarité responsable ou du repli sur soi. Cette fois encore, l’Union européenne a choisi la solidarité, la coordination et la mise en commun pour faire front contre cette pandémie inédite dans sa violence, la rapidité de son extension et son impact socio-économique.

Afin d’unir leurs forces, les États membres et les institutions européennes ont proposé et adopté un paquet financier de 1 800 milliards d’euros, constitué de l’instrument « Next Generation EU » et d’une proposition révisée de budget pluriannuel 2021-2027 de l’UE. Ce paquet financier complète les mesures d’aide urgentes aux systèmes de santé publique, aux entreprises et à leurs salariés, aux territoires, etc. adoptées au printemps pour un montant de 540 milliards d’euros. Il vise à relancer l’Europe et à sortir de la crise sanitaire, économique et sociale plus forts et résilients, tout en gardant le cap de la neutralité climatique en 2050 et de la transition numérique indispensable pour relever les défis de demain. Ces objectifs sont au cœur des Plans de Relance nationaux que chaque État membre élabore actuellement et qui bénéficieront d’un soutien financier considérable de l’UE.

Aujourd’hui, le Parlement européen et le Conseil se sont mis d’accord sur la version finale de ce paquet financier en renforçant notamment le programme Santé de l’UE ainsi qu’Erasmus ou le programme de recherche Horizon Europe.

S’agissant de la Santé justement, le 11 novembre la Commission a présenté plusieurs propositions destinées à mettre en place une nouvelle Union européenne de la santé, tirant les leçons de ce qui avait fait défaut au cours des premières semaines la pandémie en Europe, afin de jeter les bases d’un système efficace d’analyse, d’anticipation, de prévention et de réponse coordonnée aux crises sanitaires futures. Cette initiative vient s’ajouter à la stratégie pour les vaccins que la Commission a lancée afin de soutenir le développement de vaccins et leur mise à disposition de tous les Européens une fois autorisés par l’Agence européenne des médicaments. Et comme le COVID19 ne sera vaincu que lorsqu’il sera éradiqué partout dans le monde, la Commission a activement contribué à l’appel mondial aux dons permettant de financer la distribution des vaccins dans les pays et régions défavorisées dans le monde.

La réponse à la crise sanitaire, le climat et le numérique, bien que prédominants dans l’action de l'UE et de la Commission au cours de cette première année, ne doivent pas faire oublier les autres priorités que poursuit également la nouvelle équipe d’Ursula von der Leyen, telles que le partenariat avec l’Afrique, la conclusion d’un accord juste et équilibré avec le Royaume-Uni qui préserve l’intégrité de notre marché intérieur, ou la dimension sociale de l’UE avec la stratégie pour les compétences lancées en juillet ou le salaire minimum décent partout en Europe présenté en octobre, ou le renforcement de l’aide aux plus démunis par l’augmentation des enveloppes destinées à soutenir l’aide alimentaire, action vitale pour un nombre croissant de personnes en situation de précarité, du fait du COVID ou pas.

Enfin, je ne voudrais pas terminer cette revue des initiatives majeures prises par la Commission au cours de cette première année vraiment « pas comme les autres », sans citer le Pacte pour la migration et l’asile et le premier rapport sur l’État de droit dans l’UE. Ces propositions apportent des solutions et ouvrent un dialogue indispensable avec les États membres, alors que l’arrivée massive de migrants en 2015 et les cas de non-respect des règles essentielles à la préservation des libertés fondamentales pourraient, à défaut de procédure adaptée au niveau de l’UE, menacer notre projet européen dans ce qu’il a de plus précieux : ses valeurs et ses principes qui font de notre continent et de son modèle de société un cas unique et envié dans le monde d’aujourd’hui.

Ce modèle, il faut le chérir, le promouvoir et l’exporter afin que le monde de demain soit plus juste, plus durable, plus solidaire et qu’il offre aux générations suivantes l’avenir qu’ils attendent légitimement que nous leurs transmettions.

 

Baudouin Baudru

Chef de la Représentation f.f.