Statistiques sur le tourisme au niveau régional

Données extraites en mars 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

L’Europe était en tête des régions les plus fréquemment visitées du monde en 2017, puisqu’elle représentait un peu plus de la moitié (51 %) du total des arrivées de touristes internationaux qui s’élevait à 1,32 milliards.

La région touristique la plus prisée de l’Union était celle des Canarias, la région insulaire espagnole, qui a enregistré 103 millions de nuitées dans des établissements d’hébergement touristique.

Source: Eurostat

Selon la publication Tourism highlights (en anglais) de l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies, plusieurs États membres de l’Union européenne (UE) figurent parmi les premières destinations touristiques au monde. La richesse des cultures européennes, la variété des paysages et la qualité de l’infrastructure touristique font probablement partie des différentes raisons pour lesquelles les touristes choisissent de passer leurs vacances en Europe. En 2016, la France a connu plus d’arrivées de touristes que les autres pays du monde, tandis que l’Espagne (3e), l’Italie (5e), le Royaume-Uni (6e) et l’Allemagne (7e) figuraient également parmi les 10 destinations touristiques les plus prisées au monde.

Article complet

Parmi les principaux enjeux auxquels fait face le tourisme dans l’UE, on peut notamment citer:

  • la compétitivité économique (par exemple, la question de la charge réglementaire et administrative, la fidélisation du personnel ou se tenir au courant des avancées technologiques);
  • les marchés et la concurrence (croissance de la demande d’expériences personnalisées, nouveaux produits, concurrence accrue avec d’autres destinations);
  • la sécurité et la sûreté (par exemple, en ce qui concerne l’environnement et la durabilité, la sécurité des personnes ou la sécurité alimentaire).

En effet, le tourisme peut jouer un rôle considérable dans l’économie de nombre de régions de l’Union. C’est particulièrement vrai dans les régions reculées/périphériques, comme les régions insulaires, côtières ou montagneuses de l’Union. Les infrastructures mises en place à des fins touristiques contribuent au développement local et régional et les emplois créés ou préservés peuvent contribuer à enrayer le déclin industriel ou rural. Le tourisme durable est un domaine alternatif qui offre un potentiel de croissance considérable: il suppose la protection et l’amélioration du patrimoine culturel et naturel, qui s’étend des arts à la gastronomie, et la préservation de la biodiversité.

Ces caractéristiques justifient le besoin de statistiques fiables et harmonisées dans le domaine du tourisme, comme dans le contexte plus large des politiques régionales et de développement durable. Dans un contexte statistique, le tourisme désigne l’activité de visiteurs se rendant dans une destination située en dehors de leur environnement habituel, pour une période inférieure à un an. Il est essentiel de noter que cette définition est plus large que la définition employée au quotidien, puisqu’elle englobe non seulement les voyages de loisirs à titre privé, mais également les voyages destinés à rendre visite à des membres de la famille ou à des amis ainsi que les voyages d’affaires. Cette définition élargie est principalement due au fait que le tourisme est étudié du point de vue de l’économie, et les vacanciers présentent généralement à peu près le même profil de consommation que les visiteurs en voyage d’affaires (par exemple, services de transport, d’hébergement et de restauration).

Le présent article présente les tendances régionales en matière de tourisme au sein de l’UE. Son principal objet est la fourniture d’hébergements touristiques, calculé comme le nombre de nuitées et du taux d’occupation des chambres.

Nombre de nuitées

Le nombre de nuitées passées par les touristes fournit des informations sur le nombre total de nuitées que l’ensemble des visiteurs/touristes passe (pour dormir ou séjourner) réellement dans un établissement d’hébergement touristique. Il reflète dès lors à la fois la durée du séjour et le nombre de visiteurs et est considéré comme un indicateur clé pour analyser le secteur du tourisme.

Selon les estimations initiales d’Eurostat, environ 3,2 milliards de nuitées ont été passées dans des hébergements touristiques de l’UE-28 en 2017. Ce chiffre traduisait une augmentation de 5,1 % par rapport à l’année précédente (qui comptait environ 3,1 milliards de nuitées), poursuivant la tendance à la hausse constante enregistrée depuis 2009. Ces récentes augmentations du nombre de nuitées étaient dues à une croissance particulièrement rapide du nombre de nuitées passées par les non-résidents.

Le nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques de l’UE-28 était réparti de manière égale entre les zones rurales, les villes et les banlieues, et les grandes villes

Le graphique 1 présente une analyse du nombre de nuitées passées dans des hébergements touristiques, par degré d’urbanisation. Les informations présentées concernent à la fois le tourisme interne (par des résidents) et le tourisme récepteur international (par des non-résidents) dans tous les types d’hébergements touristiques. Dans l’ensemble de l’UE-28, le nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques était réparti de manière relativement égale, puisque le pourcentage le plus important a été enregistré dans les zones rurales (36,1 %), suivies des grandes villes (33,8 %) et des villes et les banlieues (30,0 %). Il convient de noter que ces statistiques concernent 2014.

Des données plus récentes sont disponibles pour la plupart des États membres de l’Union, à l’exception du Royaume-Uni. En 2016, les touristes ont privilégié les grandes villes dans 12 des 27 États membres dont les données sont présentées sur le graphique 1. Dans deux des États membres baltes — Lettonie (66,1 %; données de 2015) et Estonie (54,6 %) — les grandes villes représentaient plus de la moitié du total des nuitées des touristes. En revanche, plus d'une nuitée sur deux passée dans des hébergements touristiques de Malte l’ont été dans les villes et banlieues (50,2 %), tandis que plus de 50 % des nuitées passées au Danemark (53,8 %), en Grèce (64,5 %), en Croatie (65,6 %) et en Autriche (66,8 %) l’ont été dans des zones rurales; il s’agissait principalement de régions côtières au Danemark, en Grèce et en Croatie et de régions alpines en Autriche.
Graphique 1: Répartition des nuitées passées dans des hébergements touristiques, par degré d’urbanisation, 2016
(en pourcentage du total de nuitées passées)
Source: Eurostat (tour_occ_ninatd)

Une part relativement importante du total des nuitées passées par des non-résidents dans des hébergements touristiques était concentrée dans des destinations côtières

De nombreuses régions côtières sont caractérisées par une importante activité de construction, étant donné qu’une part croissante de la population choisit de vivre près de la mer et que le tourisme côtier continue de se développer; un niveau d’activité intense peut avoir de graves effets en matière de développement durable. Les zones côtières, dans un contexte statistique, sont constituées d’unités administratives locales ou de municipalités situées en bord de mer ou dont au moins la moitié de la superficie totale est située à moins de 10 km de la mer et sont définies à partir de ces unités.

Près de la moitié (47,4 %) du total des nuitées passées en 2014 dans des hébergements touristiques de l’UE-28 l’ont été dans des zones côtières. En 2016, plus de neuf nuitées sur dix passées dans des hébergements touristiques de Malte, de Chypre, de Grèce, de Croatie et du Danemark l’ont été dans des zones côtières, tandis que ces dernières ont également absorbé au moins trois quarts du nombre total de nuitées passées au Portugal, en Lettonie, en Estonie et en Espagne ainsi qu’une majorité des nuitées passées dans quatre autres États membres. Il convient de noter que cinq États membres de l’UE (République tchèque, Luxembourg, Hongrie, Autriche et Slovaquie) sont enclavés et n’ont donc pas enregistré de nuitées dans des zones côtières.

Si la tendance générale à séjourner dans des zones côtières était généralement plus marquée dans les États membres du sud de l’Union caractérisés par des conditions climatiques propices aux vacances à la plage, le graphique 2 présente une autre analyse ainsi que des informations concernant les résidents et les non-résidents. En 2014, plus de la moitié (54,1 %) de l’ensemble des nuitées passées par des non-résidents dans l’UE-28 concernait des zones côtières, alors qu’une proportion plus élevée (58,2 %) des nuitées passées par des résidents l’a été dans des zones non côtières; ces chiffrent indiquent probablement, du moins dans une certaine mesure, qu’une part plus importante des nuitées passées par les résidents l’étaient dans le cadre de voyages d’affaires.

En Grèce, à Chypre, en Croatie, au Portugal et en Espagne, qui sont des destinations prisées, les non-résidents étaient plus susceptibles (que les résidents) de passer un plus grand nombre de nuitées dans des zones côtières. À titre d’exemple, en Espagne (la destination touristique la plus prisée de l’Union, avec 455 millions de nuitées en 2016) près de neuf nuitées sur dix passées par des non-résidents l’ont été dans des zones côtières, alors que cette part représentait 58,8 % pour les résidents. Il est intéressant de comparer cette tendance avec la situation en France et en Italie, où les résidents sont plus enclins (que les non-résidents) à passer du temps dans les zones côtières.
Graphique 2: Répartition des nuitées passées, par des résidents et des non-résidents, dans des hébergements touristiques situés dans des zones côtières, 2016
(en pourcentage du nombre total de nuitées passées dans des zones côtières et non côtières)
Source: Eurostat (tour_occ_ninatc)

Les trois destinations les plus prisées dans l’Union étaient les Canarias et la Cataluña en Espagne, et la région côtière adriatique de Jadranska Hrvatska (Croatie)

Les 10 principales régions touristiques de l’Union (en nombre de nuitées passées dans des hébergements touristiques par des touristes nationaux et internationaux dans les régions de niveau NUTS 2) sont représentées sur le graphique 3. En 2016, la région insulaire espagnole des Canarias a enregistré près de 103 millions de nuitées, dont une grande majorité concernaient des non-résidents (91,3 millions de nuitées). La deuxième région la plus prisée se trouvait également en Espagne (Cataluña), et trois autres régions espagnoles figuraient également parmi les 10 principales régions touristiques: les Illes Balears, l’Andalucía et la Comunidad Valenciana. Plus globalement, ce classement était dominé par les régions côtières, puisque Jadranska Hrvatska (Croatie; la troisième région la plus prisée de l’Union), le Veneto (Italie) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (France) y figuraient aux côtés des cinq régions espagnoles mentionnées précédemment. Ainsi, les seules régions non côtières figurant dans les 10 principales régions touristiques se trouvaient en France: l’Île-de-France (la région de la capitale) et la région Rhône-Alpes (dont l’offre concerne le tourisme d’été et d’hiver). Il est intéressant de constater que la majorité des nuitées passées dans huit des dix régions les plus prisées de l’UE, notamment dans les sept principales destinations, concernaient des non-ressortissants. Cette tendance n’était inversée que dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes.

La deuxième partie du graphique 3 indique les 10 principales régions qui ont enregistré le nombre le plus élevé de nuitées passées dans des hébergements touristiques par des résidents. Les trois destinations les plus prisées (en nombre absolu de nuitées passées) se trouvaient toutes en France, ce qui confirme qu’un pourcentage relativement élevé de touristes français choisissent de passer leurs vacances dans leur propre pays. En Rhône-Alpes, le nombre de nuitées passées par des résidents français était 2,5 fois supérieur au nombre de nuitées passées par des non-résidents. D’autre part, la Provence-Alpes-Côte d’Azur a absorbé deux fois plus de nuitées de résidents français que de non-résidents. Si ces deux régions et l’Île-de-France ont enregistré le nombre absolu le plus élevé de nuitées de résidents, la part relative des résidents dans le total de nuitées était plus élevée dans deux autres régions françaises (Languedoc-Roussillon et Aquitaine), dans lesquelles le nombre de nuitées passées par des résidents français était 3,2 fois supérieur à celui des non-résidents. Cette tendance était également visible en Emilia-Romagna, où le nombre de nuitées passées par des résidents était 2,7 fois plus élevé que pour les non-résidents, et plus particulièrement en Mecklenburg-Vorpommern (nord de l’Allemagne), une région dans laquelle les résidents ont passé 25,3 fois plus de nuitées que les non-résidents.

La dernière partie du graphique 3 présente les 10 régions qui ont enregistré le nombre le plus élevé de nuitées passées par des non-résidents. Comme indiqué ci-dessus, les non-résidents représentaient la grande majorité (88,9 % en 2016) du total de nuitées passées dans la région des Canarias, la destination régionale la plus populaire de l’UE. La part relative des non-résidents était encore plus élevée dans les régions suivantes: le Tirol (Autriche; les non-résidents représentaient 90,3 % du total des nuitées), les Illes Balears (91,8 %) et Jadranska Hrvatska (93,7 %). Caractérisées par une proportion et un nombre élevés de touristes internationaux, ces régions peuvent être confrontées à des pressions importantes liées aux questions de durabilité, étant donné que la plupart des touristes non-résidents ont tendance à voyager en haute saison, en été pour les régions côtières et entre Noël et Pâques dans les régions alpines.
Graphique 3: Régions NUTS 2 qui ont enregistré le nombre le plus élevé de nuitées, 2016
(en millions de nuitées passées dans des hébergements touristiques)
Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

Outre les régions côtières, l’offre touristique très large de l’UE s’est étendue aux destinations alpines et à plusieurs villes très courues

La carte 1 confirme que le tourisme au sein de l’Union se concentrait dans les régions côtières (principalement, mais pas exclusivement, autour de la Méditerranée), dans les régions alpines et dans certaines capitales. Un total de 46 régions de niveau NUTS 2 ont enregistré au moins 15,0 millions de nuitées passées par des résidents et des non-résidents dans des hébergements touristiques (comme le montre la teinte de bleu la plus foncée). Sur ces régions, 20 ont enregistré au moins 30,0 millions de nuitées. Ces 20 destinations touristiques figurant en tête de classement englobaient six régions d’Italie, cinq régions d’Espagne et de France, deux régions d’Allemagne et une région de Croatie et d’Autriche. Il convient de noter qu’aucune information récente n’est disponible concernant le Royaume-Uni. Parmi ces 20 régions les plus prisées, on dénombre trois régions abritant la capitale, à savoir en Allemagne, en France et en Italie; sur la base des données historiques, ces régions auraient probablement été rejointes par London (Royaume-Uni).

À l’autre extrémité, 44 régions de niveau NUTS 2 ont enregistré moins de 2,5 millions de nuitées passées par des résidents et des non-résidents dans des hébergements touristiques en 2016. Ces régions étaient largement dispersées dans l’UE et comprenaient plusieurs régions ultrapériphériques, dont Mayotte (qui comptait le nombre le nombre le plus faible de nuitées, avec 0,1 million). Un grand nombre de régions qui ont accueilli un nombre relativement faible de touristes peuvent être considérées comme des régions rurales (par exemple, en Grèce continentale, dans le sud de l’Italie ou dans l’est de la Pologne). En Belgique et aux Pays-Bas, huit régions dont la population est relativement dense ont également accueilli un faible pourcentage de touristes (par exemple, la Prov. Brabant Wallon ou Groningen); cette tendance pourrait refléter, du moins dans une certaine mesure, les distances relativement courtes parcourues par les touristes résidents qui visitent ces régions et leur préférence pour les excursions d’une journée, plutôt que pour les nuitées
Carte 1: Nuitées passées dans des hébergements touristiques, par région NUTS 2, 2016
(en millions de nuitées passées par des résidents et non-résidents)
Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

L’économie locale d’un grand nombre de régions insulaires de l’UE est fortement tributaire des touristes non-résidents

L’analyse présentée sur la carte 2 donne des informations plus détaillées sur l’importance relative des non-résidents pour le tourisme régional. En 2014, les non-résidents représentaient 45,1 % du nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques de l’UE-28. Ces chiffres contrastent avec les résultats présentés sur le graphique 3 ci-dessus, dans lequel les non-résidents représentaient une majorité du total des nuitées passées dans plusieurs des régions touristiques les plus prisées de l’UE. Ainsi, la répartition était en grande partie inégale: en 2016, les non-résidents représentaient au moins la moitié du nombre total de nuitées passées par l’ensemble des touristes dans seulement 56 des 235 régions de niveau NUTS 2 pour lesquelles des données sont disponibles.

En 2016, l’importance relative des touristes non-résidents était particulièrement élevée (plus de 90,0 % du nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques) dans six régions de niveau NUTS 2 de l’UE, toutes (sauf une) situées autour de la Méditerranée. Malte, qui est une région insulaire relativement petite (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse), présentait la part la plus élevée de non-résidents dans le nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques (96,1 %) et était suivie par deux autres régions insulaires, à savoir l’île grecque de Kriti (95,5 %) et Chypre (94,5 %; qui constitue également une seule région à ce niveau d’analyse); les deux autres régions autour de la Méditerranée comprenaient la région côtière adriatique et insulaire de Jadranska Hrvatska (Croatie) et les Illes Balears (Espagne), qui englobent notamment les destinations touristiques prisées de Mallorca, Menorca et Ibiza. La région montagneuse du Tirol, dans l’ouest de l’Autriche, était la seule région non côtière de l’UE dans laquelle les non-résidents représentaient neuf nuitées sur dix passées dans des hébergements touristiques.

La teinte la plus foncée sur la carte 2 indique les régions dans lesquelles les non-résidents représentaient au moins trois quart du nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques. Outre les six régions mentionnées ci-dessus, 16 autres régions répondaient à ce critère en 2016: trois régions insulaires grecques (Ionia Nisia, Notio Aigaio et Voreio Aigaio), la région insulaire espagnole des Canarias, et la région insulaire Região Autónoma da Madeira; les cinq régions abritant la capitale de la République tchèque, du Luxembourg (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse), de la Hongrie, de l’Autriche et de la Slovénie; les régions côtières de la mer Noire de Severoiztochen et Yugoiztochen (Bulgarie) et la région côtière portugaise d’Algarve; ainsi que deux régions alpines supplémentaires en Autriche (Vorarlberg et Salzburg).

En revanche, dans 16 régions de l’UE, les touristes non-résidents représentaient moins de 10,0 % du total de nuitées passées dans des hébergements touristiques en 2016. Une majorité de ces régions (neuf) se situaient en Allemagne, y compris la région enregistrant la part la plus faible de touristes non-résidents, soit la région côtière de la mer Baltique de Mecklenburg-Vorpommern, dans le nord du pays (3,8 %), alors que les parts les plus faibles parmi les régions allemandes ont été enregistrée à Chemnitz (5,6 %; une région industrialisée de l’est de l’Allemagne), et Weser-Ems (6,8 % qui est côtière de la mer du Nord et partage une frontière avec les Pays-Bas). En plus de ces neufs régions allemandes, de très faibles pourcentages de nuitées passées par des touristes non-résidents ont également été enregistrés dans quatre régions polonaises, dont trois situées dans la partie sud-est du pays, notamment Swietokrzyskie (au nord-est de Kraków) qui avait la deuxième proportion la plus faible de l’UE (4,5 %). Deux régions de Roumanie (Sud-Est et Sud-Vest Oltenia) et une région d’Italie (Molise) étaient également concernées.
Carte 2: Proportion de nuitées passées dans des hébergements touristiques, par des non-résidents, par régions NUTS 2, 2016
(en pourcentage du nombre total de nuitées par l’ensemble des touristes)
Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

En plus d’être la troisième destination touristique la plus prisée de l’UE, la région côtière adriatique de Jadranska Hrvatska a également enregistré les taux de croissance les plus rapides du nombre total de nuitées

La carte 3 présente une analyse de la variation annuelle moyenne du nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques. Dans l’UE-28, le nombre total de nuitées passées par des résidents et des non-résidents a augmenté, en moyenne, de 1,7 % par an entre 2006 et 2014.

Dans 29 régions de niveau NUTS 2, le nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques a augmenté d’au moins 5,0 % par an au cours de la période 2006-2016 (comme le montre la teinte de bleu la plus foncée sur la carte). Il est intéressant de noter que deux de ces régions présentant la croissance la plus rapide figuraient également dans le classement des 10 destinations touristiques les plus prisées en 2016, à savoir Jadranska Hrvatska (Croatie; 7,7 % de croissance par an) et Rhône-Alpes (France; 6,7 % par an). D’autre part, les régions caractérisées par des taux de croissance parmi les plus rapides (du point de vue des nuitées passées dans des hébergements touristiques) étaient souvent concentrées autour de la périphérie de l’UE, ce qui peut porter à croire que les touristes étaient à la recherche de nouvelles destinations. Les croissances les plus rapides ont été enregistrées en Grèce, en Croatie, en Pologne et au Portugal, tandis que le nombre de nuitées passées dans les régions abritant la capitale de Bulgarie, d’Allemagne, de Croatie, de Lituanie (qui constitue une seule région à ce niveau de détail), de Pologne, du Portugal, de Roumanie et de Slovaquie a aussi fortement augmenté.

Dans l’UE, environ une région de niveau NUTS 2 sur neuf a connu une baisse globale du nombre de nuitées passées dans des hébergements touristiques entre 2006 et 2016 (comme l’indique la teinte orange). Dans 14 des 25 régions qui ont fait face à un déclin du nombre de nuitées passées, la baisse était inférieure à 1,0 % par an. Toutefois, dans huit régions allemandes (qui forment essentiellement un trait qui traverse le centre du pays) le nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques a diminué de 1,0 % par an; la situation était comparable dans la région danoise de Sjælland et dans deux régions italiennes: Abruzzo et Molise, cette dernière ayant connu la plus grosse baisse du nombre de nuitées passées dans toutes les régions de l’UE (-5,2 % par an).
Carte 3: Variation annuelle moyenne du nombre total de nuitées passées dans des hébergements touristiques, par régions NUTS 2, 2006-2016
(en pourcentage par an)
Source: Eurostat (tour_occ_nin2)

Taux d’occupation des chambres

Dans l’UE-28, environ un tiers des hébergements touristiques est composé d’hôtels et d’établissements assimilés. En 2014, 202 000 hôtels et établissements assimilés fournissaient un total de 6,6 millions de chambres et de 13,7 millions de places-lits, ce qui équivaut à une moyenne d’environ 33 chambres et 68 places-lits par établissement. Il convient de noter que ces ratios moyens par établissement sont probablement exagérés, car de nombreuses autorités statistiques nationales appliquent un seuil (elles ne recueillent, par exemple, des données que pour les établissements comptant au moins dix places-lits) afin d’exclure les plus petits établissements.

S’il est vrai que le nombre total de places-lits peut présenter un intérêt dans le contexte de la capacité des différentes régions à répondre à la demande touristique, les professionnels de ce secteur sont plus susceptibles de s’intéresser aux taux d’occupation nets des chambres ou des lits. Si les hôtels et les établissements assimilés situés dans des lieux prestigieux ou en centre-ville ont généralement besoin de taux d’occupation relativement élevés pour rester financièrement viables, d’autres peuvent décider de fermer leurs portes en basse saison afin de réduire les coûts variables, ou ils pourraient essayer de maintenir leurs taux d’occupation à un niveau élevé en proposant des offres spéciales pouvant, par exemple, encourager les retraités (provenant généralement des États membres du nord et de l’ouest de l’UE) à passer de plus longues vacances dans des climats plus chauds au cours des mois d’hiver.

Les Canarias, la destination touristique la plus populaire de l’UE, a connu le taux d’occupation des chambres le plus élevé

La carte 4 présente une analyse régionale des taux d’occupation des chambres d’hôtels et établissements assimilés pour 2016. Il en ressort que, sur les 236 régions de niveau NUTS 2 pour lesquelles des données sont disponibles, une majorité (138) a signalé un taux d’occupation des chambres d’au moins 50 %, tandis que 98 régions ont mentionné un taux inférieur à 50 %.

En 2016, le taux d’occupation des chambres le plus élevé a été enregistré aux Canarias (Espagne), la destination touristique la plus prisée de l’UE. Sur les autres régions touristiques figurant parmi les 10 régions les plus prisées de l’UE, une seule figurait dans les 11 régions ayant les taux d’occupation les plus élevés, à savoir Illes Balears, également en Espagne. Outre ces deux régions espagnoles, les autres régions dans lesquelles les taux d’occupation des chambres s’élevaient au moins à 70,0 % (comme l’indique la teinte la plus foncée sur la carte) étaient souvent des régions de capitales, comme la région abritant la capitale du Danemark, de l’Allemagne, de l’Irlande, de Malte (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse), des Pays-Bas et de l’Autriche. Parmi les trois autres régions présentant des taux d’occupation élevés, on peut citer la région métropolitaine de Hamburg (Allemagne), la région côtière de la mer Noire de Yugoiztochen (Bulgarie), et la région insulaire Região Autónoma da Madeira (Portugal).

À l’autre extrémité, 47 régions de l’Union affichaient un taux net d’occupation des chambres inférieur à 40 % en 2016 (comme le montre la teinte de bleu la plus claire dans la carte 4). Ces régions étaient principalement concentrées dans les régions du sud et de l’est de l’UE et étaient souvent des régions rurales et intérieures. Le taux le plus faible, qui s’élève à 16,2 %, a été enregistré dans la région de Dytiki Makedonia, dans le nord de la Grèce. Dans le nord et l’ouest de l’UE, les seules régions dont les taux d’occupation des chambres étaient inférieurs à 40 % étaient les suivantes: la Prov. Luxembourg (Belgique), Niederösterreich et Oberösterreich (toutes deux en Autriche) et Åland (Finlande).
Carte 4: Taux d’occupation des chambres d’hôtels et établissements assimilés, par région NUTS 2, 2016
(en %)
Source: Eurostat (tour_occ_anor2)

Source des données pour les graphiques et cartes


Sources des données

Les statistiques d’Eurostat concernant le tourisme sont composées des deux composantes principales suivantes: d’une part, les statistiques relatives à la capacité et à l’occupation des hébergements touristiques collectifs et, d’autre part, les statistiques relatives à la demande touristique. Dans la plupart des États membres de l’Union, les premières proviennent d’enquêtes complétées par les établissements d’hébergement, les secondes étant principalement collectées au moyen d’enquêtes auprès des voyageurs aux frontières ou d’enquêtes auprès des ménages.

Depuis l’année de référence 2012, la base juridique de la collecte de statistiques sur le tourisme est un règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les statistiques européennes sur le tourisme [règlement (UE) nº 692/2011] et un règlement d’exécution de la Commission européenne [règlement (UE) nº 1051/2011].

Les statistiques sur le tourisme peuvent être analysées selon le pays de résidence des touristes (et non la nationalité des touristes). Le tourisme interne comprend les activités des résidents qui séjournent dans leur propre pays (mais en dehors de leur environnement habituel). Ces informations peuvent être comparées aux informations concernant les touristes internationaux (également appelés touristes étrangers ou non-résidents). Les établissements d’hébergement touristique sont des unités d’activité locale. Ce terme inclut tous les types d’établissements touristiques qui offrent, contre rémunération, des services d’hébergement, peu importe que l’hébergement de touristes soit l’activité principale ou secondaire. Ces établissements sont définis en fonction de la classification NACE en tant qu’unités offrant, contre rémunération, des services d’hébergement de courte durée ou pour des séjours courts:

Les statistiques régionales sur le tourisme ne sont disponibles qu’auprès des fournisseurs de services touristiques; elles sont collectées au moyen de questionnaires remplis par les établissements d’hébergement touristique. Ces formulaires fournissent des informations concernant la capacité d’hébergement (nombres d’établissements, de chambres et de places-lits) et le taux d’occupation (nombre d’arrivées et de nuitées): ces données peuvent être analysées par région de niveau NUTS 2, par degré d’urbanisation et pour les localités côtières et non côtières.

Il convient de noter qu’il existe un éventail d’autres sources qui peuvent être utilisées pour analyser le tourisme. Ces statistiques concernent:

  • les statistiques conjoncturelles d’entreprise (STS) — il s’agit de données mensuelles, trimestrielles et annuelles qui donnent des pistes pour analyser l’évolution du secteur de l’hébergement touristique du point de vue du chiffre d’affaires, de la production, de l’emploi, du nombre d’heures travaillées, des salaires et traitements et des prix à la production;
  • les statistiques structurelles sur les entreprises (SSE) — il s’agit de données annuelles permettant d’analyser les performances des activités économiques liées au tourisme;
  • les statistiques de l’Enquête sur les forces de travail (EFT) — il s’agit de données trimestrielles et annuelles sur l’emploi dans le secteur de l’hébergement touristique, accompagnées d’analyses en fonction du temps de travail, de l’activité professionnelle, de l’âge, du niveau d’instruction, du sexe ou de la durée de contrat;
  • les statistiques relatives à la balance des paiements — il s’agit de données trimestrielles et annuelles sur les recettes et les dépenses concernant les voyages privés et professionnels; et,
  • les statistiques relatives au transport — il s’agit de données mensuelles, trimestrielles et annuelles sur le transport aérien, maritime, ferroviaire, routier et de passagers.

Pour en savoir plus:

Section dédiée au tourisme

Tourisme — méthodologie

Contexte

La compétence de l’UE dans le domaine du tourisme consiste à soutenir et à coordonner les mesures des États membres. Les décideurs politiques ont pour objectif de maintenir la position de l’Europe en tant que première destination touristique tout en soutenant la contribution des activités touristiques à la croissance et à l’emploi.

Une communication de la Commission européenne «L’Europe, première destination touristique au monde – un nouveau cadre politique pour le tourisme européen» [COM(2010) 352 final] a été adoptée en juin 2010. Elle constitue le cadre du développement du tourisme en Europe et elle est axée autour des quatre priorités suivantes: stimuler la compétitivité; promouvoir un tourisme durable et responsable; consolider l’image de l’Europe comme un ensemble de destinations durables et de qualité; et maximiser le potentiel des politiques et instruments financiers de l’Union pour le développement du tourisme.

La Commission européenne a encouragé la diversification de l’Europe’s tourism offer (en anglais) grâce à des initiatives portant sur le tourisme maritime/côtier, le tourisme durable, le tourisme culturel, le tourisme pour tous, le tourisme accessible, le tourisme de basse saison ou le tourisme collaboratif. Elle consacre des EU funding (en anglais) considérables aux activités touristiques au cours de la période 2014-2020. La Commission européenne fournit également des subventions ad hoc à la European Travel Commission (ETC) (en anglais), une organisation à but non lucratif qui assure la promotion de l’Europe en tant que destination touristique internationale à travers des rapports, des manuels et des sites web (tels que visiteurope.com).

Pour renforcer la visibilité de l’Europe en tant que destination touristique et accroître le nombre de touristes internationaux, la Commission européenne mène de nombreuses activités de communication et de promotion. Ainsi, l’année 2018 a été déclarée EU-China tourism year (en anglais), ce qui constitue une occasion pour attirer plus de visiteurs et augmenter les investissements, tout en encourageant les citoyens européens et chinois à mieux se connaître. Les priorités de l’Union incluent en particulier: soutenir des campagnes coopératives en matière de marketing pour présenter l’offre touristique européenne aux visiteurs chinois; aider les secteurs touristiques nationaux à mieux accueillir les visiteurs chinois; et faciliter les foires du secteur et les contacts et réunions entre entreprises.

Dans sa communication sur le tourisme maritime et côtier intitulée «Une stratégie européenne pour plus de croissance et d’emploi dans le tourisme côtier et maritime» [COM(2014) 86 final], la Commission européenne a proposé une réflexion sur la diversité des régions côtières de l’Union et leur capacité à créer des richesses et de l’emploi, conformément à la «Stratégie de la croissance bleue — des possibilités de croissance durable dans les secteurs marin et maritime» [COM(2012) 494 final].

Le fonds européen de développement régional (FEDER) encourage la compétitivité et la durabilité du tourisme. Bien que le tourisme ne figure pas directement dans les objectifs thématiques du FEDER, les investissements dans le tourisme peuvent être soutenus s’ils contribuent aux priorités d’investissement ou aux stratégies de développement et de croissance plus larges, par exemple, en:

  • promouvant les régions défavorisées et périphériques;
  • en reliant les régions côtières à l’arrière-pays, ce qui favorise un développement régional intégré et plus important;
  • en mettant en place des innovations en matière de produits et de services, grâce à l’adoption des technologies de l’information et de la communication (TIC);
  • en soutenant des initiatives qui prolongent la saison touristique traditionnelle, ce qui stimule la demande d’emplois supplémentaires;
  • en développant des marchés de niche à valeur ajoutée élevée dans des domaines tels que le tourisme de santé, le tourisme respectueux de l’environnement, le tourisme gastronomique ou le tourisme sportif;
  • en s’adressant à des groupes cibles spécifiques, par exemple, les personnes âgées à travers des initiatives touristiques dans l’«silver economy (en anglais)».
Accès direct à
Autres articles
Tableaux
Base de données
Section dédiée
Publications
Méthodologie
Législation
Visualisations
Liens externes






Statistiques régionales du tourisme (t_reg_tour)
Données annuelles sur l’industrie touristique (t_tour_inda)
Occupation des établissements d’hébergement touristique (t_tour_occ)
Nuitées dans des établissements d’hébergement touristique par région NUTS 2 (tgs00111)
Nuitées dans des établissements d’hébergement touristique par degré d’urbanisation (à partir de 2012) (tin00179)
Capacité des établissements d’hébergement touristique (t_tour_cap)
Nombre d’établissements et places-lits par région NUTS 2 (tgs00112)
Nombre de places-lits par degré d’urbanisation (à partir de 2012) (tin00184)


Statistiques régionales du tourisme (reg_tour)
Fréquentation des établissements d’hébergement collectif: tourisme interne et récepteur (reg_tour_occ)
Capacité de l’hébergement touristique collectif: établissements, chambres et places-lits (reg_tour_cap)
Données annuelles sur l’industrie touristique (inda)
Occupation des établissements d’hébergement touristique (tour_occ)
Nuitées de résidents et non-résidents (tour_occ_n)
Arrivées de résidents et non-résidents (tour_occ_a)
Taux d’occupation des hôtels et hébergements similaires (tour_occ_or)
Capacité des établissements d’hébergement touristique (tour_cap)

Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s statistical atlas (en anglais) (voir le user manual) (en anglais).

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat l’Annuaire régional d’Eurostat.