Statistiques sur les villes européennes


Données extraites en mars 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

Le taux de dépendance des jeunes le plus élevé (58,4 %) pour les villes de l’UE a été enregistré dans la Communauté d'agglomération Val de France, située à proximité de Paris.

Les citoyens d’autres États membres de l’UE représentaient plus d’un cinquième de la population totale de Bruxelles/Brussel, la capitale belge.

Source: Eurostat

Plus de la moitié de la population mondiale vit dans les zones urbaines, et les villes continuent d’attirer une part croissante de personnes à la recherche d’un emploi et d’une meilleure qualité de vie. En effet, les villes sont souvent perçues comme des centres de croissance économique offrant des perspectives en matière d’études, d’innovation et d’emploi. Ces pôles d’activité économique attirent un large éventail de personnes (des migrants nationaux comme internationaux). C’est particulièrement vrai pour les capitales, qui se caractérisent souvent par des concentrations particulièrement élevées d’activité économique, d’emploi et de richesse.

Article complet

Néanmoins, nous observons souvent un paradoxe dans la mesure où certaines villes sont aussi celles qui souffrent de niveaux très élevés d’exclusion sociale, de chômage ou de disparités des revenus, et beaucoup sont confrontées à des défis tels que la criminalité, l’encombrement de la circulation ou la pollution. En outre, dans une même ville, des personnes qui vivent dans des conditions très confortables en côtoient parfois d’autres touchées par de graves difficultés: c’est ce que nous appelons le «paradoxe urbain» (en anglais).

Une part croissante de la population de l’Union européenne (UE) vit et travaille à proximité des villes, une tendance qui devrait selon toute vraisemblance se maintenir à mesure que la place des zones urbaines dans l’activité économique gagne en importance. L’Union présente cependant un mélange de diverses villes: à une extrémité du spectre, figurent les métropoles mondiales de London et de Paris (comptant près de 10 millions d’habitants), alors qu’à l’autre extrémité du spectre, environ la moitié des villes de l’Union ont un centre urbain relativement petit comptant de 50 000 à 100 000 habitants. Si le nombre d’habitants dans et autour de certaines des plus grandes villes de l’UE connaît souvent une croissance rapide, notamment lorsque les banlieues environnantes sont prises en compte, d’autres villes de l’UE, par exemple celles situées dans d’anciens bassins industriels, connaissent une population en déclin.

Cette expansion démographique tant à l’intérieur qu’autour de certaines des principales métropoles de l’UE (parfois appelée «étalement urbain») s’accompagne d’une série de défis complexes: par exemple, les questions relatives à la durabilité, à la cohésion sociale, à l’offre abondante de logement ou à la fourniture de services de transport efficaces. Le présent article porte sur trois domaines: l’évolution démographique (l’accent est notamment mis sur les migrants); l’éducation et les marchés du travail (y compris une analyse de la transition du chômage vers un emploi); et le niveau de vie des citadins (y compris des informations sur le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale et sur les coûts du logement).

Population

Les statistiques démographiques sur les villes se rapportent au nombre total de personnes vivant dans son lieu de résidence habituel, c’est-à-dire le lieu où une personne vit en général, indépendamment d’absences temporaires; ce lieu est généralement le lieu de résidence légale ou officielle. Les chiffres de population constituent une référence pour mesurer la taille générale d’une entité urbaine et servent de dénominateurs pour de nombreux indicateurs dérivés.

Taux de dépendance des jeunes

La carte 1 donne des informations sur la structure d’âge de 925 villes dans l’Union, en Norvège et en Suisse. La taille de chaque cercle reflète l’importance démographique globale de la ville, tandis que les tons reflètent le taux de dépendance des jeunes, autrement dit le rapport entre le nombre de jeunes âgés de 0 à 19 ans et le nombre de personnes en âge de travailler (qui sont définies ici comme les personnes âgées de 20 à 64 ans).

Dans l’ensemble de l’UE-28, le taux de dépendance des jeunes était de 34,7 % en 2016. La structure d’âge des villes de l’UE était quelque peu irrégulière dans la mesure où 552 taux enregistrés étaient inférieurs à la moyenne de l’UE-28, contre 356 taux de dépendance des jeunes supérieurs à la moyenne. Ces chiffres sont influencés, dans une certaine mesure tout du moins, par les schémas de fécondité, la baisse des taux bruts de natalité et de fécondité étant souvent associée à la décision de retarder la procréation, d’avoir des familles plus petites ou de ne pas avoir d’enfants. Cette tendance peut être particulièrement fréquente dans les villes caractérisées par une forte population étudiante ou dans les villes qui attirent une main-d’œuvre diplômée, étant donné que ces jeunes sont plus susceptibles de choisir de retarder la procréation pour entreprendre une carrière.

Les villes présentant les taux de dépendance des jeunes les plus élevés étaient souvent caractérisées par des populations relativement importantes de travailleurs manuels et/ou de migrants

Les taux de dépendance des jeunes étaient relativement élevés dans la plupart des villes du Benelux, de France et du Royaume-Uni. En revanche, les taux les plus faibles étaient généralement enregistrés dans les villes situées dans l’est et le sud de l’UE, ainsi qu’en Allemagne et en Autriche.

Une analyse plus approfondie révèle qu’un grand nombre des villes présentant une proportion de jeunes particulièrement élevée (par rapport à leur population en âge de travailler) ont été considérées comme des zones suburbaines autour de certaines des plus grandes villes de l’UE ou comme des zones plus provinciales présentant des proportions de travailleurs manuels et/ou d’immigration nette relativement élevées. Onze villes de l’UE ont enregistré des taux de dépendance des jeunes d’au moins 50,0 %; en d’autres termes, la structure de la population était telle qu’il y avait moins de deux personnes en âge de travailler pour chaque jeune de moins de 20 ans. Huit de ces villes étaient situées en France (données de 2014), tandis que les trois autres étaient situées au Royaume-Uni (données de 2016).

Le taux de dépendance des jeunes le plus élevé (58.4 %) a été enregistré dans la Communauté d’agglomération Val de France, située au nord de la capitale française. Les autres villes françaises étaient également relativement proches de la capitale, à savoir Saint Denis et Creil (également au nord de Paris), la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, Sénart en Essonne et Évry (au sud), et Mantes en Yvelines et la Communauté de communes des Coteaux de Seine (à l’ouest). Le taux de dépendance des jeunes le plus élevé au Royaume-Uni a été enregistré à Bradford (Yorkshire; 51,1 %), tandis que les autres villes qui comptaient moins de deux adultes en âge de travailler pour chaque jeune de moins de 20 ans étaient Blackburn with Darwen (au nord de Manchester) et Slough (à l’ouest de London). Nombre de ces villes en France et au Royaume-Uni se caractérisaient par une proportion relativement élevée de migrants au sein de leur population totale.

Ces évolutions étaient synonymes de tendances plus générales, dans la mesure où les 52 villes présentant les taux de dépendance des jeunes les plus élevés de l’UE étaient toutes situées en France ou au Royaume-Uni (si l’on exclut le cas atypique de la ville autonome espagnole de Melilla). En dehors de ces 52 villes de France ou du Royaume-Uni, le taux de dépendance des jeunes le plus élevé a été enregistré à Greater Ede (à l’est d’Utrecht, aux Pays-Bas).

À l’autre extrémité de la fourchette, la grande majorité des 307 villes de l’UE présentant un taux de dépendance des jeunes inférieur à 30,0 % étaient situées en Allemagne (88 villes), en Pologne (50 villes), en Italie (45 villes), en Roumanie (35 villes) et en Espagne (32 villes), la Bulgarie étant le seul autre État membre de l’UE à enregistrer un nombre à deux chiffres (11 villes).

Un examen plus approfondi permet d’observer que les taux de dépendance des jeunes les plus faibles de l’UE ont été enregistrés dans deux villes universitaires allemandes, à savoir Greifswald (dans le nord-est de l’Allemagne; 21,7 % en 2014) et Würzburg (nord de la Bavière; 21,7 % en 2015). Ces villes étaient suivies par deux villes roumaines, à savoir Brasov (Roumanie centrale; 22,1 % en 2015) et Braila (Roumanie orientale; 22,3 % en 2015) - ainsi que par la ville italienne de Cagliari (située sur la côte sud de la Sardaigne; 22,6 % en 2015). Il est également intéressant de noter plusieurs cas atypiques. Par exemple, la ville universitaire de Leuven (29,6 % en 2015) était la seule ville de Belgique à déclarer un taux de dépendance des jeunes inférieur à 30,0 %; il en allait de même pour la capitale de København au Danemark (27,7 % en 2013) et les villes écossaises d’Aberdeen et d’Edinburgh au Royaume-Uni.
Carte 1: Taux de dépendance des jeunes, villes sélectionnées, 2016
(en pourcentage)
Source: Eurostat (urb_cpopstr), (urbcpop1) et (demo_pjanind)

Population des capitales

Le graphique 1 présente la structure de la population résidente au 1er janvier 2015 pour quatre capitales de l’UE. Ces pyramides de population contrastent la proportion de personnes vivant dans chaque centre-ville avec la mesure plus large des personnes vivant dans la zone de navettage environnante (connue sous le nom de zone urbaine fonctionnelle).

Les capitales slovène et britannique semblent attirer considérablement les personnes en âge de travailler relativement jeunes, ce qui reflète peut-être les possibilités en matière d’emploi et de mode de vie

Une zone urbaine fonctionnelle se compose de la ville et de sa zone de navettage. Sur cette base, London (la capitale du Royaume-Uni) était de loin la ville la plus peuplée de l’UE, avec 12,1 millions d’habitants en 2015; à titre de comparaison, 4,5 millions de personnes vivaient dans la capitale italienne, Roma, et dans sa zone de navettage. Bratislava (Slovaquie) et London ont toutes deux présenté une proportion relativement élevée de leur population composée de personnes en âge de travailler âgées de 25 à 44 ans, tandis qu’à Roma, les groupes d’âge les plus nombreux étaient légèrement plus âgés (entre 35 et 54 ans).

Une analyse plus détaillée de la structure de la population révèle que plus de la moitié de la population totale de la capitale belge, Bruxelles/Brussel, vivait dans la zone de navettage. On pourrait comparer ce constat à la situation à London, où plus de 70 % de la population vivait dans la grande ville. Il est également intéressant de noter qu’à Bratislava et à Roma, il était relativement courant pour les personnes âgées de vivre en ville, alors que les personnes âgées de Bruxelles/Brussel étaient davantage susceptibles de vivre dans la zone de navettage.
Graphique 1: Pyramides de population, capitales sélectionnées, 2015
(en pourcentage de la population)
Source: Eurostat (urb_cpop1) et (urb_lpop1)

Migrants habitant dans les villes

La migration est un phénomène de longue date; toutefois, ce n’est que depuis le milieu du siècle dernier que l’Europe est passée d’une région d’émigration nette à une région caractérisée par une immigration nette. De nombreuses villes européennes jouent un rôle important dans la perception des migrants à travers leur mélange de populations multiculturelles et ethniques diverses.

Les villes sont souvent considérées comme des lieux où les migrants et les non-migrants interagissent, en travaillant, en étudiant ou en élevant leur famille. Bien que les villes puissent offrir des opportunités considérables aux migrants, ceux-ci peuvent également être confrontés à des défis de taille en matière d’intégration et/ou d’inclusion. En effet, l’une des principales priorités de la Commission européenne est de mieux gérer la migration. Dans ce contexte, l’intégration et l’inclusion sociale des migrants toujours plus nombreux qui s’installent en Europe sont essentielles, que ceux-ci soient originaires d’autres États membres de l’UE ou d’ailleurs.

Les citoyens d’autres États membres de l’UE représentaient plus d’un cinquième de la population totale de Bruxelles/Brussel (la capitale belge)

Le graphique 2 fournit une analyse alternative concernant la structure des populations urbaines, détaillant les villes et les zones urbaines fonctionnelles de l’UE présentant les proportions les plus élevées de ressortissants étrangers de pays tiers et de l’UE en 2016 (il convient de noter que la dernière année de référence disponible varie considérablement pour certains États membres de l’UE).

Dans la région de Derry and Strabane (Irlande du Nord, Royaume-Uni), près de la moitié (44,7 %) de la population totale vivant dans le centre urbain était des citoyens d’autres États membres de l’UE. En revanche, dans sa zone urbaine fonctionnelle plus large (en d’autres termes, dans la zone comprenant la zone de navettage), la proportion de migrants originaires d’autres États membres de l’UE dans la population totale ne s’élevait qu’à 2,1 %. Cette tendance était relativement courante, étant donné que les migrants ont tendance à vivre dans les (centres-)villes.

La deuxième proportion la plus élevée de citoyens originaires d’autres États membres de l’UE a également été enregistrée en Irlande du Nord, à savoir dans la capitale, Belfast, où un peu plus d’un citoyen sur quatre (25,4 %; données de 2011) était un ressortissant d’un autre État membre de l’UE. La proportion relativement élevée de citoyens étrangers de l’UE vivant dans la ville de Fuengirola, dans le sud de l’Espagne (22,5 %; données de 2016) peut être attribuée, du moins en partie, au nombre élevé de retraités. Les proportions les plus élevées suivantes ont été enregistrées dans la capitale belge, Bruxelles/Brussel (22,2 %; données de 2015) et dans la ville d’Offenbach am Main, en Allemagne centrale (18,8 %; données de 2015), qui comptait un nombre relativement important de migrants grecs, roumains, polonais et italiens (ainsi que de nombreux migrants provenant de l’extérieur de l’UE). Il convient de noter que la proportion élevée de migrants non ressortissants de l’UE vivant dans les États membres baltes peut être attribuée, du moins en partie, aux citoyens de l’ex-Union soviétique qui sont résidents permanents.
Graphique 2: Villes et zones urbaines fonctionnelles de l’UE présentant les proportions les plus élevées de ressortissants étrangers originaires de l’UE et de pays tiers, 2016
(en pourcentage de la population)
Source: Eurostat (urb_cpopcb) et (urb_lpopcb)

Éducation et emploi

La stratégie Europe 2020 est la stratégie de croissance et d’emploi mise en place par l’Union européenne pour la présente décennie, visant une croissance intelligente, durable et inclusive. Dans le contexte de l’éducation et de l’emploi, la stratégie prévoit de monter le niveau d’emploi des 20 à 64 ans dans l’UE-28 à 75 %, de faire tomber le taux de jeunes ayant quitté prématurément le système d’éducation et de formation à moins de 10 % et de porter à au moins 40 % la part de la population âgée de 30 à 34 ans ayant atteint un niveau d’études supérieures.

Étudiants poursuivant des études supérieures

Les économies modernes caractérisées par les technologies numériques, des compétences élevées et l’innovation vont probablement nécessiter un nombre croissant de travailleurs qualifiés dans les années à venir; des déficits de compétences existent déjà dans certains États membres de l’UE et dans des secteurs spécifiques. La prospérité future de l’Europe dépend, dans une certaine mesure tout du moins, de l’encouragement de personnes plus dynamiques et plus performantes, capables de développer des produits et des procédés innovants.

Plus de la moitié de la population totale vivant aux alentours de Barcelone, à Cerdanyola del Vallès, étaient des étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur

La carte 2 montre la prévalence des étudiants de l’enseignement supérieur par rapport à la population totale de 810 villes de l’UE. En 2015, en moyenne, 3,8 étudiants de l’enseignement supérieur pour 100 habitants étaient inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur de l’UE-28. Sans surprise, le nombre d’étudiants de l’enseignement supérieur par rapport à la taille de la population présentait une inégalité en faveur des villes, ce ratio augmentant souvent considérablement dans bon nombre des villes universitaires les plus connues de l’UE. Ces villes comptant une population étudiante relativement importante étaient largement dispersées sur le territoire de l’UE, de Coimbra et Porto au Portugal à Kraków et Rzeszów en Pologne, en passant par Innsbruck en Autriche ou d’Oxford au Royaume-Uni à Cluj-Napoca en Roumanie, en passant par Gent et Leuven en Belgique et Heidelberg en Allemagne.

Dans 23 villes de l’UE, la population étudiante de l’enseignement supérieur représentait au moins un quart de la population totale. Ces villes étaient principalement situées en Allemagne (sept villes), en Espagne (quatre villes), en Italie (trois villes), en Belgique, au Portugal et au Royaume-Uni (deux villes pour chacun de ces trois pays), la liste ayant été complétée par des villes individuelles d’Autriche, de Pologne et de Slovaquie. Un examen plus approfondi permet d’observer que trois villes présentaient un ratio d’étudiants de l’enseignement supérieur par rapport à la population résidente totale d’au moins 50,0 %: Cerdanyola del Vallès en Espagne (qui abrite l’Universitat Autònoma de Barcelona); Leuven en Belgique (qui abrite la Katholieke Universiteit et des universités techniques); et Milton Keynes au Royaume-Uni (qui abrite entre autres l’Open University et Cranfield University). Il convient de noter que seule une très faible proportion des étudiants inscrits à l’Open University résident en réalité à Milton Keynes.
Carte 2: Nombre d’étudiants de l’enseignement supérieur par rapport à la taille de la population, 2016
(étudiants inscrits pour étudier aux niveaux CITE 5 à 8 pour 100 habitants)
Source: Eurostat (urb_ceduc), (urbcpop1), (educ_uoe_enrt01) et (demo_pjan)

La transition du chômage vers l’emploi

Dans la majorité des États membres de l’est de l’UE, les villes tendaient généralement à dépasser les zones rurales sur le plan économique et à enregistrer certains des taux de croissance les plus élevés en termes de performance économique. En revanche, dans certains États membres occidentaux (par exemple, en Belgique, en France ou au Royaume-Uni), il était courant de trouver un certain nombre de villes «laissées pour compte» de la mondialisation. Ces villes étaient des lieux qui se sont industrialisés au début de la révolution industrielle, mais qui ne se sont pas pleinement adaptés lorsque leurs activités traditionnelles ont été transférées ailleurs ou ont été remplacées par de nouvelles technologies. Nombre de ces villes sont caractérisées par des poches persistantes de chômage de longue durée, des niveaux élevés de pauvreté et des personnes vivant dans l’exclusion sociale.

Le graphique 3 montre une analyse par degré d’urbanisation, illustrant un aspect de la flexibilité du marché du travail, à savoir la part de la population adulte (personnes âgées de 15 à 74 ans) ayant pu sortir du chômage et trouver un emploi au cours de l’année 2016. Dans la plupart des économies occidentales et méridionales de l’UE, les personnes vivant dans les villes ont rencontré les plus grandes difficultés pour sortir du chômage et trouver un emploi. Par rapport aux personnes vivant dans les zones rurales, la différence était particulièrement marquée en Autriche, en France, au Portugal, en Espagne et en Grèce, ainsi qu’en Slovénie.
Graphique 3: Transition du chômage vers l’emploi, par degré d’urbanisation, 2016
(en pourcentage de chômeurs âgés de 15 à 74 ans)
Source: Eurostat (lfsi_long_e03)

Chômage dans les villes

Le graphique 4 se concentre sur les taux de chômage exclusivement dans les villes et comprend une analyse par pays de naissance. En 2016, le taux de chômage total dans l’UE-28 s’élevait à 9,1 %, avec des taux légèrement inférieurs pour les personnes nées dans le pays déclarant (8,4 %) et pour les personnes nées dans un autre État membre de l’UE (8,6 %). En revanche, le taux de chômage de l’UE-28 était bien supérieur chez les personnes nées au-delà des frontières de l’UE (15,4 %).

En Irlande, en Italie, à Chypre, au Portugal et au Royaume-Uni, le taux de chômage dans les villes des personnes nées dans un autre État membre de l’UE était inférieur à celui des ressortissants

Cette tendance (taux de chômage supérieur dans les villes pour les personnes nées en dehors de l’UE) a également été observée dans la grande majorité des États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles. En 2016, les seules exceptions étaient la Croatie et la République tchèque: en ce qui concerne la Croatie, le taux de chômage des personnes nées en dehors de l’UE (8,0 %) était inférieur à celui des ressortissants (11,3 %); en ce qui concerne la République tchèque, le taux de chômage des personnes nées en dehors de l’UE (5,8 %) était inférieur à celui des personnes nées dans un autre État membre de l’UE (6,2 %).

Les différences les plus importantes (en points de pourcentage) entre les taux de chômage dans les villes des personnes nées en dehors de l’UE et ceux des personnes nées dans le pays déclarant ont été observées en Belgique, en Finlande et en Suède. Les niveaux relativement élevés d’exclusion sociale observés parmi les citadins dans certains États membres du nord et de l’ouest de l’UE peuvent, du moins en partie, refléter un manque de capacité d’assimilation des migrants originaires de pays tiers au marché du travail.

Il est également intéressant de noter que, dans cinq États membres de l’UE (Italie, Chypre, Royaume-Uni, Irlande et Portugal), le taux de chômage dans les villes des personnes nées dans un autre État membre de l’UE était inférieur à celui des personnes nées dans le pays déclarant.
Graphique 4: Analyse par pays de naissance du taux de chômage dans les villes, 2016
(en pourcentage de la population active âgée de 15 à 74 ans)
Source: Eurostat, enquête sur les forces de travail

Conditions de vie

L’un des cinq grands objectifs de la stratégie Europe 2020 est de réduire la pauvreté dans l’UE en faisant sortir au moins 20 millions de personnes de la pauvreté et de l’exclusion sociale d’ici 2020. Le même indicateur est également utilisé dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD) et afin de suivre les progrès réalisés en ce qui concerne le socle européen des droits sociaux, qui vise à créer une Union plus inclusive et plus juste.

Personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale

En 2016, près d’un quart (23,5 %) de la population de l’UE-28 était exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Une analyse par degré d’urbanisation (voir graphique 5) révèle que les personnes vivant dans des villes moins peuplées et des banlieues étaient les moins exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (21,6 %), une proportion qui s’élevait à 23,6 % pour les citadins et atteignait 25,5 % pour les habitants des zones rurales. Ces chiffres reflètent le nombre croissant de personnes vivant dans des zones suburbaines, relativement proches des centres urbains, tout en bénéficiant potentiellement de plus d’espace, de moins de bruit, de moins de pollution et de coûts moindres.

Dans les États membres occidentaux de l’UE, le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale avait tendance à être supérieur dans les villes, tandis que dans les États membres orientaux, il était généralement supérieur dans les zones rurales

Un examen plus approfondi révèle que dans la moitié des États membres de l’UE (14), la proportion la plus élevée de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a été enregistrée dans les zones rurales. Plus de la moitié de la population rurale était exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2016 en Bulgarie et en Roumanie. Dans huit États membres, la part de la population rurale exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale oscillait entre 30,0 et 40,0 %. Il s’agit de la Grèce, de la Lituanie, de la Lettonie, de la Croatie, de l’Espagne, de Chypre, de la Hongrie et de l’Italie. Dès lors, les États membres dans lesquels une proportion relativement élevée de la population rurale était exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale étaient situés exclusivement dans les États membres baltes, dans l’est ou le sud de l’UE.

En revanche, les populations rurales d’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de Belgique, du Danemark, d’Autriche et de Malte (les données relatives aux zones rurales étant peu fiables) étaient bien moins susceptibles d’être exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale que les populations citadines. Dès lors, les villes d’Europe occidentale étaient souvent caractérisées par un paradoxe urbain, dans la mesure où, tout en générant des niveaux élevés de richesse, elles enregistraient également des proportions relativement importantes de leur population qui étaient exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale
Graphique 5: Proportion de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, par degré d’urbanisation, 2016
(en pourcentage de la population)
Source: Eurostat (ilc_peps13) et (ilc_peps01)

Coûts du logement

Les prix de l’immobilier et les loyers varient considérablement, non seulement entre les États membres de l’UE et à l’intérieur de ceux-ci, mais également à un niveau plus local/régional. Néanmoins, le logement constitue souvent l’aspect unique le plus important du budget d’un ménage, qu’importe si les occupants remboursent une hypothèque/un prêt ou louent une propriété.

Les citadins payaient souvent une prime pour vivre dans le centre ou dans un quartier/district particulier; cela signifiait que ces personnes étaient plus susceptibles de faire face à une charge considérable à cause du coût de leur logement

Le taux de surcharge des coûts du logement se définit comme la proportion de la population vivant dans un ménage dont les coûts du logement nets totaux dépassent 40 % du revenu disponible. Le taux de surcharge des coûts du logement dans l’UE-28 s’élevait en moyenne à 11,1 % en 2016: une analyse par degré d’urbanisation révèle que la charge était par conséquent la plus faible dans les zones rurales (8,6 %), avec un taux légèrement plus élevé pour les personnes vivant dans les villes moins peuplées et les banlieues (10,2 %) et un pic pour celles vivant dans les grandes villes (13,5 %). Il convient de noter que les citadins sont souvent prêts à payer plus cher pour moins d’espace afin de vivre dans le centre ou dans un quartier/district disposant de lignes de transport ou de commodités particulières. Cette tendance a conduit à la gentrification (déplacement des familles à revenus modestes en raison de la hausse des prix de l’immobilier) de certains centres urbains et à des changements considérables de leur composition démographique et sociale, les jeunes professionnels en pleine ascension s’installant dans des parcs de logements régénérés, évinçant souvent la population autochtone. Dans le même ordre d’idées, les localités rurales ou côtières populaires peuvent aussi voir leurs prix immobiliers augmenter rapidement, notamment lorsque l’offre est limitée par les autorités de planification locales qui cherchent à maintenir le charme originel d’une région.

Dans cinq États membres de l’UE (la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie, l’Allemagne et le Royaume-Uni), la part de la population rurale surchargée par les coûts du logement en 2016 était à deux chiffres (10 % ou plus); des taux particulièrement élevés ont été observés en Grèce et en Bulgarie.

En revanche, dans sept États membres de l’UE, une proportion à deux chiffres de la population vivant dans les villes moins peuplées et les banlieues était surchargée par les coûts du logement, la Grèce enregistrant à nouveau une part particulièrement élevée. La part de la population citadine qui était surchargée par les coûts du logement dépassait 10 % dans les États membres, y compris dans les cinq États membres qui enregistraient des parts à deux chiffres pour leurs populations rurales, la Grèce étant de nouveau en tête; s’y ajoutaient le Danemark, la Belgique, la République tchèque, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Italie, l’Autriche, l’Espagne, la Slovaquie (données de 2015) et la Suède.
Graphique 6: Taux de surcharge des coûts du logement, par degré d’urbanisation, 2016
(en pourcentage des personnes vivant dans des ménages où les coûts totaux de logement représentent plus de 40 % du revenu disponible)
Source: Eurostat (ilc_lvho07d) et (ilc_lvho07a)

Se sentir en sécurité dans les capitales

L’analyse finale de cette section concerne les informations issues d’une enquête sur la perception. Le graphique 7 présente des données relatives aux capitales de l’UE et détaille les réponses données par les répondants quant au degré de sécurité ressenti par ceux-ci dans le quartier où ils vivent. En 2015, les pourcentages les plus élevés de réponses positives (personnes d’accord ou fortement d’accord avec le fait que leur quartier était sûr) ont été enregistrés dans les capitales nordiques de Stockholm (96 %), de København (95 %) et d’Helsinki/Helsingfors (95 % également). Il convient de noter que des proportions légèrement supérieures ont été enregistrées dans les capitales des deux pays nordiques non membres figurant sur le graphique, 98 % se sentant en sécurité à Oslo et 97 % à Reykjavik. Dans la grande majorité des autres États membres de l’UE, au moins les trois quarts de la population étaient d’accord avec le fait qu’ils se sentaient en sécurité dans leur quartier, comme ce fut également le cas dans la capitale turque (Ankara). Toutefois, les capitales grecque, bulgare et italienne ont enregistré des proportions plus faibles, la proportion de personnes se sentant en sécurité tombant à moins des deux tiers de la population d’Athènes (64 %), de Sofia (63 %) et de Roma (60 %).
Graphique 7: Réponses données par les personnes interrogées à la question «Vous sentez-vous en sécurité dans le quartier où vous habitez?», capitales, 2015
(en pourcentage du total)
Source: Eurostat (urb_percep)

Source des données pour les graphiques et cartes

Sources des données

La collecte de données sur les villes (on parlait avant d’audit urbain) est entreprise par les offices nationaux de statistique, la direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO) et Eurostat. Elle fournit des statistiques sur un large éventail d’indicateurs socio-économiques concernant de nombreux aspects liés à la qualité de la vie des citadins: démographie, logement, santé, activité économique, marché du travail, disparités de revenu, conditions de scolarité, environnement, climat, habitudes de déplacement, infrastructure touristique et culturelle. Le dernier exercice de collecte de données a cherché à obtenir des informations issues de près d’un millier de villes européennes différentes (dans les États membres de l’UE, en Norvège, en Suisse et en Turquie), chacune ayant une population d’au moins 50 000 habitants dans son centre urbain; il est à noter qu’il peut y avoir des différences considérables par rapport à la dernière période de référence disponible pour chaque ville.

Les statistiques urbaines présentées dans cet article renvoient à trois concepts distincts: la majorité des données présentées se rapportent aux villes [une ou plusieurs unités administratives locales (LAU) dont la majorité de la population vit dans un centre urbain d’au moins 50 000 habitants], bien que les notions de grande ville (notion se rapprochant de celle de centre urbain lorsque celui-ci s’étend au-delà des frontières administratives de la ville) et de zone urbaine fonctionnelle (la ville et sa zone de navettage) soient également utilisés. Les informations présentées ont été adaptées pour refléter les définitions les plus appropriées; ainsi, les informations sur les grandes villes sont privilégiées lorsqu’une part relativement importante de la population vit au-delà des frontières administratives du centre urbain (la capitale grecque, Athènes, par exemple).

La direction générale de la politique régionale et urbaine réalise une enquête sur la perception tous les trois ans dans les États membres de l’UE, en Islande, en Norvège, en Suisse et en Turquie; la dernière a été réalisée en juin 2015 et couvrait 79 villes différentes. Ces enquêtes couvrent une série de questions, au rang desquelles figurent: l’emploi, l’environnement, le logement, les transports, la culture, les services publics et l’immigration.

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Contexte

La stratégie Europe 2020 est la stratégie de croissance de l’Union jusqu’en 2020: elle vise à soutenir la relance après la crise économique et financière mondiale à l’aide d’une croissance intelligente, durable et inclusive. Afin de réaliser les objectifs de la stratégie Europe 2020 (en anglais) par l’intermédiaire d’initiatives économiques, sociales et environnementales dans les villes et les zones urbaines, les décideurs politiques ont reconnu la nécessité de mobiliser des structures de gouvernance à plusieurs niveaux permettant aux acteurs locaux et régionaux de participer à la conception et la mise en œuvre des politiques aux côtés du gouvernement central. La Europe 2020 monitoring platform (en anglais) est un réseau de 178 villes et régions coordonnées par le Comité européen des régions, qui assure le suivi de la participation des autorités régionales et locales de l’UE au semestre européen et à la stratégie Europe 2020.

La direction générale de l’environnement (DG ENV) de la Commission européenne s’attaque à une série de problématiques dans le but d’améliorer les environnements urbains, par exemple:

  • les objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier l’objectif 11, qui vise à faire en sorte que les villes soient ouvertes à tous, sûres, résilientes et durables;
  • la législation environnementale de l’Union qui vise à faire en sorte que les citoyens européens puissent vivre et travailler dans des villes où l’air (en anglais) et water (en anglais) sont propres, qui limitent toute exposition excessive au noise (en anglais), et qui gèrent correctement les waste (en anglais), tout en préservant la nature and biodiversity (en anglais), et en promouvant des green infrastructures (en anglais);
  • l’initiative European Green Capital (en anglais), qui permet aux villes de faire valoir leur performance environnementale et d’être reconnues et récompensées pour leurs efforts locaux en faveur de l’environnement, de l’économie et de la qualité de vie dans les villes (en 2018 le prix a été décerné à la ville néerlandaise de Nijmegen);
  • l’initiative European Green Leaf (en anglais), qui permet aux villes et petites villes (de 20 000 à 100 000 habitants) d’être reconnues pour leur engagement en faveur d’un environnement meilleur et qui salue tout particulièrement les efforts producteurs de croissance verte et de création d’emplois (en 2018 le prix a été décerné conjointement à la ville belge de Leuven et à la ville suédoise de Växjö).

Les villes et les zones urbaines sont au cœur de la politique de cohésion de l’UE. Au moins la moitié des ressources associées au fonds européen de développement régional (FEDER) au cours de la période 2014-2020 seront investies dans les zones urbaines. L’un des principaux domaines concerne les stratégies intégrées de développement urbain durable (environ 10 milliards d’euros), grâce auxquelles 750 villes de l’UE seront habilitées à mettre en œuvre des stratégies qui touchent à différentes dimensions de la vie urbaine, notamment: la rénovation urbaine, l’éducation, le développement économique, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Ces initiatives visent à stimuler la résolution de problèmes tels que les défis démographiques, la création d’emplois, l’inclusion sociale ou les effets du changement climatique, qui sont autant d’aspects essentiels à la réalisation de la société intelligente, durable et inclusive envisagée dans la stratégie Europe 2020.

L’urban agenda (en anglais) été lancé en mai 2016 par l’intermédiaire du Pact of Amsterdam. Il repose sur trois piliers, à savoir l’amélioration de la réglementation, du financement et des connaissances. Il est fondé sur la coopération entre les villes, les États membres de l’UE, la Commission européenne et les autres parties prenantes pour stimuler la croissance, le niveau de vie, la qualité de vie et l’innovation dans les villes européennes. Pour réaliser ces objectifs, 12 partenariats différents ont été recensés pour coordonner les actions; dans le contexte de cet article, la préoccupation la plus pertinente porte sur:

  • the inclusion of migrants and refugees (en anglais) (proposer et mettre en œuvre des moyens pour mieux gérer l’intégration des migrants et des réfugiés, en accordant une importance particulière aux défis et aux besoins des villes);
  • jobs and skills in the local economy (en anglais) (gérer la performance économique et le développement commercial au niveau local, des composantes essentielles du développement durable et de la cohésion sociale);
  • urban poverty (en anglais) (contribuer à l’amélioration des politiques qui ont une incidence sur l’inclusion des groupes vulnérables et la régénération des quartiers défavorisés);
  • housing (en anglais) (un logement abordable étant un droit humain fondamental et favorisant la cohésion sociale, ce partenariat vise à améliorer les politiques et les cadres afin de stimuler l’accès à un logement adéquat).

L’agenda Européen en matière de migration de la Commission européenne [COM(2015) 0240 final] a défini une réponse européenne prévoyant des actions immédiates face à la tragédie de milliers de migrants mettant leur vie en danger pour traverser la Méditerranée en 2015 et 2016. Il a également fourni une série de solutions stratégiques à plus long terme pour mieux gérer la migration dans l’UE, sur la base des éléments suivants: la réduction des incitations à la migration irrégulière; la gestion des frontières – sauver des vies et assurer la sécurité des frontières extérieures; une politique commune en matière d’asile; et une nouvelle politique de migration légale.

Le FEDER soutient l’intégration des migrants au moyen de diverses mesures telles que: les investissements dans les infrastructures sociales, de santé, d’éducation, de logement et de garde d’enfants; la réhabilitation des zones urbaines défavorisées; les mesures visant à réduire l’isolement géographique et éducatif des migrants; ou les initiatives autour des entreprises en phase de démarrage pour les migrants. Les fonds du FEDER ont également été utilisés pour aider à relever le défi de la migration en termes de mesures d’urgence, telles que le soutien à la création de centres d’accueil et d’abris pour migrants et demandeurs d’asile.

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Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s statistical atlas (en anglais), voir le user manual (en anglais).

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat, l’Annuaire régional d’Eurostat.