Statistiques sur la recherche et l’innovation au niveau régional


Données extraites en mars et avril 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

Braunschweig (en Allemagne) a présenté le niveau d’intensité de R & D le plus élevé (9,5 %) au sein de l’Union européenne (UE).

Les chercheurs représentaient un peu plus d’une personne sur 20 occupée dans la région de l’Inner London - West.

Source: Eurostat

Dans nos sociétés modernes, les avantages de la recherche et de l’innovation jouent de plus en plus un rôle essentiel dans la vie quotidienne. La recherche et l’innovation contribuent à lutter contre les menaces environnementales, à assurer une alimentation plus sûre, à mettre au point de nouveaux médicaments pour lutter contre les maladies, et à encourager la communication et les divertissements. En effet, la science et la technologie peuvent relever certains des plus grands défis auxquels est confrontée la société aujourd’hui et, ce faisant, peuvent être un moteur de croissance économique et de création d’emplois.

Article complet

L’Union européenne (UE) occupe une position de premier plan en matière de production de connaissances scientifiques. Néanmoins, de nombreux commentateurs font valoir que l’UE ne parvient que très rarement à transformer ses recherches en innovation, en d’autres termes, à aller au-delà d’une invention/d’une découverte/d’un cadre théorique et à développer la recherche de sorte que ses résultats puissent être directement matérialisés et commercialisés. La Commission européenne a présenté trois principaux objectifs stratégiques pour l’UE afin de stimuler la recherche et le développement (R & D):

  • l’innovation ouverte — ouvrir le processus d’innovation à des personnes ayant de l’expérience dans d’autres domaines (en dehors du monde universitaire et scientifique) dans l’espoir de pouvoir utiliser cette expérience pour développer des produits et des services créateurs de nouveaux marchés;
  • la science ouverte — changer la manière dont la recherche scientifique est partagée en introduisant une nouvelle approche axée sur la diffusion des connaissances et des informations dès qu’elles sont disponibles plutôt que sur la publication des résultats dans les revues scientifiques lorsque les recherches sont terminées;
  • l’ouverture au monde — promouvoir la coopération internationale au sein de la communauté de recherche afin que l’Europe puisse accéder aux dernières découvertes, recruter les meilleurs talents et créer des opportunités commerciales sur les marchés émergents.

La stratégie Europe 2020 est la stratégie de l’Union pour la croissance, qui vise à faire de l’Union européenne «une économie intelligente, durable et inclusive». En 2010, la Commission européenne a adopté une communication lançant une initiative phare, une Union de l’innovation [COM(2010) 546 final], qui expose une approche stratégique concernant toute une série de défis tels que le changement climatique, l’énergie et la sécurité alimentaire, la santé et le vieillissement de la population. La promotion de l’innovation dans ces domaines devrait conduire à la transformation de nouvelles idées en nouvelles activités économiques et en nouveaux produits économiques, qui généreront à leur tour des emplois, une croissance verte et le progrès social. L’Union de l’innovation entend faire appel à des interventions du secteur public pour stimuler le secteur privé, en éliminant les goulets d’étranglement susceptibles d’empêcher les idées d’être appliquées sur le marché, par exemple l’accès au financement, le manque de capital-risque, la fragmentation des systèmes de recherche, la sous-utilisation des marchés publics à des fins d’innovation, et en accélérant l’harmonisation des normes et des spécifications techniques. Afin de promouvoir l’Union de l’innovation, une série de European Innovation Partnerships (EIP) (en anglais) ont été mis en place, devant servir de cadre en vue de la résolution de grands défis sociétaux: vieillissement actif et en bonne santé, productivité et durabilité agricoles; villes et collectivités intelligentes; utilisation, réutilisation et gestion des ressources hydriques vitales; matières premières.

La stratégie Europe 2020 fixe un objectif en matière d’intensité de R & D, à savoir que les dépenses de R & D devraient correspondre à au moins 3,00 % du PIB de l’UE-28. Le innovation union scoreboard (en anglais) surveille une série d’indicateurs sur l’innovation, parmi lesquels la qualité de l’éducation, les dépenses de R & D, la production de brevets et l’innovation des entreprises. Les résultats sont utilisés dans l’examen annuel de la croissance, qui aide les États membres de l’Union à déterminer leurs points forts et les domaines sur lesquels ils doivent se concentrer davantage.

La croissance durable est de plus en plus souvent liée à la capacité des économies régionales à innover et à se transformer afin de s’adapter à un environnement de plus en plus compétitif et en constante évolution. La promotion de l’innovation constitue donc un élément central de l’ensemble des programmes de la politique de cohésion, de même que la réduction des différences qui existent entre les régions de l’Union en matière d’innovation. Au cours de la période budgétaire actuelle (2014-2020), les investissements au titre du fonds européen de développement régional (FEDER) se concentrent sur quatre priorités thématiques: l’innovation et la recherche, la stratégie numérique, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) et l’économie à faible intensité de carbone.

Cet article présente des informations statistiques analysant l’évolution régionale de plusieurs indicateurs sur la recherche et l’innovation au sein de l’UE, y compris dans les domaines suivants: les dépenses de R & D, le nombre de chercheurs en R & D et la part de ressources humaines en science et technologie (RHST), en accordant une attention particulière aux scientifiques et aux ingénieurs.

Dépenses de recherche et développement (R & D)

Les capacités en matière de recherche, de connaissances et d’innovation dépendent des facteurs suivants: culture d’entreprise, compétences de la force de travail, établissements d’enseignement et de formation, services de soutien à l’innovation, mécanismes de transfert de technologies, infrastructure régionale, mobilité des chercheurs, sources de financement ou potentiel créatif. En raison de sa nature, le secteur de la R & D se concentre généralement dans certaines régions, de sorte qu’il existe des groupes de régions affichant une intensité de R & D relativement élevée. Ces groupes de régions sont souvent situés autour d’établissements universitaires, d’activités industrielles de haute technologie spécifiques ou de services fondés sur la connaissance, qui sont autant d’éléments favorisant un environnement propice, attirant ainsi de nouvelles jeunes entreprises et du personnel hautement qualifié et renforçant l’avantage compétitif de ces régions. L’UE a mis en place des mécanismes afin de partager son savoir-faire avec les régions avoisinantes en retard de développement.

L’objectif de la stratégie Europe 2020 en matière de dépenses de R & D dans l’UE-28 a été fixé à 3,00 % par rapport au PIB. Cet objectif général est divisé en objectifs nationaux, sur la base de la position de chaque État membre de l’Union ainsi que des engagements contractés entre la Commission européenne et les administrations nationales. Les objectifs nationaux varient de 0,50 % du PIB à Chypre à 3,76 %% du PIB en Autriche et 4,00 % du PIB dans les États membres traditionnellement à forte intensité de R & D que sont la Finlande et la Suède. Aucun objectif national n’a été fixé pour le Royaume-Uni.

La dépense intérieure brute de R & D (DIRD) comprend les dépenses de R & D de plusieurs secteurs, à savoir: les entreprises, les établissements d’enseignement supérieur et les organismes publics et privés à but non lucratif. En 2016, cette dépense a été estimée à 302,9 milliards d’euros dans l’UE-28, soit une dépense moyenne de R & D de 594 euros par habitant. Les dépenses de R & D dans l’UE-28 étaient de 2,03 % par rapport au produit intérieur brut (PIB), ce qui a marqué la troisième année consécutive avec peu ou pas de changements pour ce pourcentage.

Environ un tiers de toutes les régions de l’UE où l’intensité de R & D était supérieure à 3,00 % se trouvaient en Allemagne

Les taux les plus élevés en matière d’intensité de R & D étaient concentrés en Allemagne, en Autriche, au Royaume-Uni, en Suède et en Belgique. En 2015, il s’agissait des seuls États membres de l’UE à enregistrer plus d’une région unique où l’intensité de R & D atteignait l’objectif général de l’UE, à savoir 3,00 %. Les niveaux les plus élevés de dépenses de R & D par rapport au PIB étaient généralement enregistrés dans les régions abritant une capitale ou dans les régions caractérisées par une main-d’œuvre hautement qualifiée, par exemple des régions comptant des instituts de recherche, des parcs scientifiques ou des régions où la collaboration entre les universités et les entreprises privées est importante.

Au total, l’intensité de R & D était supérieure à l’objectif de la stratégie Europe 2020 de 3,00 % dans 31 régions au sein de l’UE; ces régions apparaissent dans la teinte la plus foncée sur la carte 1. Environ un tiers de ces régions se trouvent en Allemagne (11 régions), notamment dans la région septentrionale de Braunschweig, qui détient le taux le plus élevé d’intensité de R & D parmi toutes les régions de niveau NUTS 2 de l’UE, avec environ 9,5 %. Le deuxième taux le plus élevé d’Allemagne (et le troisième taux le plus élevé de l’ensemble de l’UE) a été enregistré à Stuttgart (6,2 %), tandis que Tübingen, Karlsruhe, Oberbayern et Dresden se sont ajoutées au classement des six régions allemandes affichant les pourcentages les plus élevés. Toutes ces régions ont présenté une intensité de R & D comprise entre 4,0 et 5,0 %.

En 2015, cinq régions d’Autriche et cinq régions du Royaume-Uni ont affiché des intensités de R & D supérieures à l’objectif de la stratégie Europe 2020, à savoir 3,00 %. Le pourcentage le plus élevé parmi les cinq régions autrichiennes a été enregistré dans la région méridionale de Steiermark (5,2 %), tandis que l’East Anglia (4,6 %) et le Cheshire (4.0 %) au Royaume-Uni présentaient toutes deux des intensités de R & D relativement élevées. À l’inverse, les intensités de R & D les plus élevées en Suède oscillaient systématiquement entre 3,0 et 4,0 %, le taux le plus élevé ayant été enregistré à Östra Mellansverige (3,9 %). La région abritant la capitale suédoise affichait également une intensité de R & D élevée. Parmi les trois régions belges présentant une intensité de R & D supérieure à l’objectif de la stratégie Europe 2020, deux avaient une frontière commune et se trouvaient à proximité de la capitale, à savoir la province du Brabant wallon (6,5 %) et celle du Vlaams-Brabant (4,2 %). Enfin, l’intensité de R & D était supérieure à 3,00 % dans trois autres régions de différents États membres de l’Union. Deux d’entre elles étaient des régions abritant une capitale dans les États membres nordiques: les derniers taux de l’intensité pour Hovedstaden (Danemark) et Helsinki-Uusimaa (Finlande) étaient de 4,6 % et 3,6 % respectivement. La seule autre région était quelque peu atypique dans la mesure où il ne s’agissait pas d’une région abritant une capitale: le taux le plus élevé d’intensité de R & D en France a été enregistré dans une région du sud-ouest, le Midi-Pyrénées (4,8 %; données de 2013). Il s’agit d’une région présentant un niveau particulièrement élevé de recherche aéronautique et aérospatiale.
Carte 1: Intensité de R & D, par région de niveau NUTS 2, 2015
(en pourcentage)
Source: Eurostat (rd_e_gerdreg)

Le niveau d’intensité de R & D le plus élevé a été enregistré dans la région allemande de Braunschweig, suivie de la région belge de la province du Brabant Wallon et de Stuttgart (également en Allemagne)

Le graphique 1 montre également les 31 régions de niveau NUTS 2 dans lesquelles l’intensité de R & D était supérieure à 3,00 % en 2015. Il est intéressant de constater que Braunschweig, la province du Brabant Wallon et Stuttgart étaient les seules régions où le niveau d’intensité de R & D dépassait le double de l’objectif de la stratégie Europe 2020. En outre, l’un des aspects les plus frappants des dépenses de R & D est la manière dont elles sont réparties en groupes au sein de l’UE. En effet, il existait des disparités régionales considérables, peu de régions ayant enregistré des niveaux élevés d’intensité de R & D et un nombre bien plus élevé de régions présentant des taux d’intensité de R & D relativement faibles. Des inégalités apparaissent clairement, 208 régions de niveau NUTS 2 sur 272 affichant une intensité de R & D inférieure à la moyenne de l’UE-28, à savoir 2,04 %.

Il ressort d’un examen plus détaillé de la partie inférieure du classement qu’en 2015, l’intensité de R & D était inférieure à 1,00 % dans 98 régions au sein de l’UE. Parmi celles-ci, 34 présentaient un taux inférieur à 0,50 %. Ces taux les plus faibles d’intensité de R & D concernaient principalement les régions de l’est et du sud de l’UE, et comprenaient: toutes les régions roumaines sauf une (la région abritant la capitale, Bucuresti - Ilfov); cinq régions polonaises; quatre régions (ultrapériphériques et insulaires) espagnoles; trois régions portugaises (notamment deux régions insulaires); trois régions grecques (notamment une région insulaire); deux régions bulgares; une seule région de République tchèque, de Croatie et de Hongrie et la région insulaire de Chypre (une seule région à ce niveau d’analyse). Outre ces 28 régions situées dans les États membres de l’est et du sud de l’Union, l’intensité de R & D était également inférieure à 1,00 % dans quatre régions situées au Royaume-Uni, ainsi que dans les régions insulaires de Corse (France; données de 2013) et d’Åland (Finlande).
Graphique 1: Régions NUTS 2 présentant l’intensité de R & D la plus élevée, 2015
(en pourcentage)
Source: Eurostat (rd_e_gerdreg)

L’analyse présentée sur la carte 2 repose sur les changements d’intensité de R & D entre 2005 et 2015; ces différences sont mesurées en points de pourcentage. Les dépenses de R & D par rapport au PIB ont augmenté de 0,30 points au cours de la période considérée dans l’UE-28, pour atteindre 2,04 % en 2015. Cette évolution, à savoir une hausse de l’intensité de R & D, s’est répétée dans la grande majorité des régions de niveau NUTS 2 pour lesquelles des données sont disponibles (216 régions sur 261) comme le démontre clairement la prédominance de nuances de bleu sur la carte.

Le taux d’intensité de R & D a augmenté d’au moins 0,75 points entre 2005 et 2015 dans 24 régions de l’UE, comme le démontre la teinte de bleu la plus foncée sur la carte 2. Ces régions étaient principalement situées en Europe continentale et comprenaient de nombreuses régions constituant les bastions industriels de l’UE, allant de la Franche-Comté dans l’est de la France à la région de Podkarpackie en Pologne et de Dél-Alföld en Hongrie. La hausse la plus importante (une augmentation de 4,04 points) a été constatée à Braunschweig (qui présentait le niveau le plus élevé d’intensité de R & D dans l’UE en 2015), venaient ensuite Trier (Allemagne; 2,36 points), Herefordshire, Worcestershire et Warwickshire (Royaume-Uni; 2,08 points) et Steiermark (Autriche; 1,87 points au cours de la période 2006-2015), qui ont présenté les trois hausses les plus importantes d’intensité de R & D. En 2015, ces régions présentaient un niveau d’intensité de R & D supérieur à l’objectif de la stratégie Europe 2020, à savoir 3,00 %.

L’importance des dépenses de R & D par rapport au PIB a diminué dans 40 régions de l’UE entre 2005 et 2015, comme le démontre la teinte orange sur la carte 2. Les sept régions ayant constaté une baisse rapide de l’intensité de R & D (une chute de plus de 0,75 points, comme le démontre la teinte d’orange la plus foncée) se trouvaient exclusivement au Royaume-Uni ou en Suède. La baisse la plus importante a été enregistrée dans l’Essex (Royaume-Uni), où l’intensité de R & D a chuté de 1,64 points, passant ainsi à 1,55 % en 2015.
Carte 2: Évolution de l’intensité de R & D, par région de niveau NUTS 2, 2005-2015
(différence en points de pourcentage, différence entre 2015 et 2005)
Source: Eurostat (rd_e_gerdreg)

Chercheurs

Les chercheurs sont affectés directement à des activités de R & D et sont par conséquent définis comme étant des «spécialistes travaillant à la conception ou à la création de connaissances, de produits, de procédés, de méthodes et de systèmes nouveaux et à la gestion des projets concernés».

Selon les estimations, l’UE-28 comptait 2,85 millions de chercheurs actifs en 2015. Leur nombre (en termes d’effectifs) a augmenté de manière régulière ces dernière années: il s’élevait à 2,02 millions en 2005, ce qui correspond à une croissance moyenne annuelle de 3,5 %. Une autre mesure de la main-d’œuvre ajuste le nombre de chercheurs pour prendre en considération les différences d’horaires et de modalités de travail. Sur la base de cette mesure, il y avait 1,85 million équivalents temps plein (ETP) de chercheurs dans l’UE-28 en 2015, soit une augmentation de 471 100 chercheurs par rapport à dix ans plus tôt (ou une augmentation moyenne annuelle de 3,0 %).

En 2015, les 1,85 million équivalents temps plein de travailleurs occupés comme chercheurs dans l’UE-28 représentaient 0,86 % de sa main-d’œuvre totale. La répartition des chercheurs était très inégale dans les régions de l’UE: le poids relatif des chercheurs par rapport au nombre total de personnes occupées était supérieur à la moyenne de l’UE-28 dans 81 régions de niveau NUTS 2, tandis que 190 régions ont enregistré des pourcentages inférieurs à la moyenne de l’UE-28 (voir carte 3).

Sans surprise, les régions dans lesquelles les chercheurs représentaient une proportion relativement élevée du nombre total de personnes occupées étaient souvent les mêmes que celles caractérises par une forte intensité de R & D; venaient ensuite plusieurs régions abritant une capitale. C’était notamment le cas d’Inner London - West (une des régions de la capitale du Royaume-Uni), qui a enregistré la part de chercheurs la plus élevée par rapport au nombre total de personnes occupées, avec 5,1 %, ce qui dépasse de loin les autres régions, le deuxième pourcentage le plus élevé ayant été constaté dans la région belge de la province du Brabant Wallon (2,8 %).

Les chercheurs représentaient plus de 2,00 % du nombre total de personnes occupées en 2015 dans 11 régions de l’UE-28. Sept d’entre elles étaient des régions abritant une capitale: outre l’Inner London - West, les autres régions incluaient Hovedstaden (Danemark), Helsinki-Uusimaa (Finlande), Bratislavský kraj (Slovaquie), Praha (République tchèque), l’Île-de-France (France) et la Région de Bruxelles-Capitale/Brussels Hoofdstedelijk Gewest (Belgique). Le nombre relativement élevé de chercheurs dans les régions abritant une capitale peut être attribué, du moins en partie, aux établissements universitaires et de recherche, qui se situent souvent dans ces capitales. En revanche, les quatre régions n’abritant pas une capitale où les chercheurs représentaient plus de 2,00 % de la main-d’œuvre étaient toutes caractérisées par de hauts niveaux d’intensité de R & D. Il s’agissait de Braunschweig, de la province du Brabant wallon, de Stuttgart et de la province du Vlaams-Brabant, les trois premières régions présentant les niveaux d’intensité de R & D les plus élevés de toutes les régions de l’UE.
Carte 3: Chercheurs en R & D, par région NUTS 2, 2015
(en pourcentage du nombre total de personnes occupées)
Source: Eurostat (rd_p_persreg)

Ressources humaines en science et technologie (RHST)

Les ressources humaines en science et technologie (RHST) sont définies comme les personnes qui répondent à au moins l’un des deux critères suivants:

  • avoir achevé des études du troisième degré;
  • exercer une profession scientifique et technique (les scientifiques et les ingénieurs, les professionnels de la santé ou les professionnels des technologies de la communication et de l’information).

Les RHST représentaient 128,6 millions de personnes au sein de la population active de l’UE-28 en 2017. Une caractéristique intéressante de cette population active était qu’une majorité des personnes occupées étaient des femmes (66,6 millions). Si l’on combine les deux critères de RHST, 52,0 millions de personnes répondaient aux critères (études et emploi) au sein de l’UE-28 en 2017.

La carte 4 montre la part des RHST au sein de la population économiquement active: en 2017, dans l’ensemble de l’UE-28, ce chiffre s’élevait à 44,8 %. La répartition régionale des RHST dans les régions de niveau NUTS 2 montre que les régions présentant les pourcentages les plus élevés étaient souvent caractérisées par un degré élevé d’intensité de R & D ou par une proportion élevée de chercheurs. Le nombre de régions présentant des pourcentages supérieurs à la moyenne de l’UE-28 était presque similaire à celui des régions présentant des pourcentages inférieurs à la moyenne de l’UE-28. 135 régions sur 276 pour lesquelles des données sont disponibles présentaient une proportion de RHST dans la population économiquement active supérieure à la moyenne de l’UE-28.

En haut de l’échelle, 12 régions affichaient une proportion de RHST supérieure à 60,0 % (comme le montre la teinte la plus foncée sur la carte 4). Parmi celles-ci, les proportions les plus élevées ont été enregistrées dans les deux villes abritant la capitale du Royaume-Uni, la part de RHST au sein de la population active étant supérieure à quatre personnes sur cinq (80,8 %) dans l’Inner London - West et s’élevant à 71,7 % dans l’Inner London - East. La forte concentration de RHST dans la capitale du Royaume-Uni était renforcée par le fait que de nombreuses régions regroupées autour de l’Inner London ont également signalé que les RHST représentaient la majorité de leur population active, notamment dans les régions suivantes: l’Outer London - South (66,4 %; le troisième pourcentage le plus élevé dans l’UE), l’Outer London - West et North West (63,3 %) et Berkshire, Buckinghamshire et Oxfordshire (62,4 %).

Les sept autres régions l’UE où la part de RHST dans la population économiquement active dépassait 60,0 % comprenaient quatre régions abritant une capitale, à savoir: Stockholm (64,9 %), Helsinki-Uusimaa (61,8 %), Île-de-France (60,5 %) et Praha (60,2 %). Les trois dernières régions se situaient dans les États membres du Benelux, deux régions entourant la capitale belge, la province du Brabant wallon (66,2 %) et du Vlaams-Brabant (61,9 %), tandis que la troisième était Utrecht (60,1 %) dans le centre des Pays-Bas.

En outre, en 2017, les RHST représentaient au moins la moitié de la population économiquement active dans 44 régions au sein de l’UE-28. Celles-ci se situaient principalement dans les régions du sud ou du nord de l’UE et comprenaient les régions abritant une capitale de Belgique, du Danemark, de l’Allemagne, de l’Irlande, du Luxembourg (une seule région à ce niveau de détail), des Pays-Bas et d’Autriche. Quatre régions d’Espagne (la région abritant la capitale et trois régions dans le nord du pays), ainsi que les régions abritant les capitales de trois États membres de l’est de l’UE, à savoir Bratislavský kraj (Slovaquie), Mazowieckie (Pologne) et Zahodna Slovenija (Slovénie), viennent compléter cette liste.
Carte 4: Ressources humaines en science et technologie, par région NUTS 2, 2017
(en pourcentage de la population économiquement active)
Source: Eurostat (hrst_st_rcat)

Près de sept femmes économiquement actives sur dix à London étaient occupées dans les ressources humaines en science et technologie

Dans l’UE-28, près de la moitié (49,2 %) des femmes économiquement actives appartenaient aux RHST en 2017. Le taux correspondant pour les hommes était inférieur de 8,2 points de pourcentage, avec 41,0 %. Le graphique 2 présente une analyse par sexe pour la part de RHST dans la population économiquement active en plus de l’analyse régionale des régions de niveau NUTS 1. Les informations présentées sont divisées en deux parties, montrant le classement des 20 régions pour chaque sexe affichant les part les plus élevées de RHST au sein de leur population économiquement active; il convient de noter que certaines régions peuvent apparaître dans les deux classements. Globalement, en 2017, la proportion de femmes dans les RHST représentait au moins la moitié de la population économiquement active dans 50 régions de niveau NUTS 1 au sein de l’UE, contre 13 régions pour les hommes.

En 2017, London a enregistré les pourcentages les plus élevés de RHST pour les deux sexes: 69,0 % pour les femmes et 66,2 % pour les hommes. Le dernier chiffre était supérieur de 8,0 points de pourcentage à toute autre région de l’UE, le deuxième taux le plus élevé de RHST pour les hommes s’élevant à 58,2 % dans la région abritant la capitale française (Île-de-France). Une comparaison similaire pour les femmes révèle un écart légèrement moindre (5,0 points), le deuxième taux le plus élevé de RHST pour les femmes ayant été enregistré dans la région abritant la capitale allemande, Berlin (64,0 %).

Une analyse plus approfondie révèle un écart entre les sexes en faveur des femmes dans chaque région présentée sur le graphique 2. Dans les régions affichant les pourcentages les plus élevés de RHST pour les hommes (à gauche), l’écart le plus important a été enregistré à Berlin, où le pourcentage de RHST pour les femmes s’élevait à 64,0 %, soit environ 10,5 points de plus que pour les hommes. Les autres écarts les plus importants ont été enregistrés dans deux régions belges, le pourcentage de RHST pour les femmes étant supérieur de 8,6 points par rapport aux hommes dans la Vlaams Gewest, tandis que la différence entre les sexes était de 7,9 points pour la capitale, la Région de Bruxelles-Capitale/Brussels Hoofdstedelijk Gewest.

Une comparaison similaire pour le classement des 20 régions affichant la proportion la plus élevée de RHST pour les femmes (à droite du graphique 2) révèle des écarts entre les sexes souvent plus importants. Les écarts étaient particulièrement marqués en Lituanie et en Estonie (qui constituent chacune une seule région à ce niveau d’analyse), dans la Region Centralny (Pologne) et dans la région d’Åland (Finlande), où les pourcentages de RHST pour les femmes étaient supérieurs de près de 20,0 points à ceux des hommes.
Graphique 2: Régions NUTS 1 affichant les pourcentages les plus élevés de ressources humaines en science et technologie, par sexe, 2017
(en pourcentage de la population économiquement active)
Source:'’ Eurostat (hrst_st_rsex)

La plupart des régions dans l’UE étaient caractérisées par des niveaux relativement faibles de participation des femmes à la science et l’ingénierie

La présence d’un écart entre les sexes en faveur des femmes pour les RHST ne s’étend pas à tous les aspects de la science et la technologie. Par exemple, les garçons représentent toujours une proportion plus grande d’élèves/étudiants dans plusieurs domaines scientifiques. De telles différences entre les sexes s’établissent souvent dès le plus jeune âge, les garçons étant plus enclins que les filles à envisager une carrière de professionnels des TIC, de scientifiques ou d’ingénieurs. Pour relever les niveaux relativement faibles de participation des femmes à la science et l’ingénierie, un certain nombre d’initiatives ont été mises en œuvre au niveau mondial, européen et national afin de: promouvoir des modèles féminins positifs; mettre en place des programmes visant à encourager les jeunes filles à entreprendre une carrière scientifique; souligner les obstacles qui empêchent les femmes de gravir les échelons dans les carrières scientifiques. Une décision des Nations unies a proclamé le 11 février Journée internationale des femmes et des filles de science.

Le graphique 3 fournit une analyse plus détaillée par rapport à un des deux critères de RHST, en examinant le nombre de personnes occupées dans des professions scientifiques et technologiques, et en ajoutant des informations spécifiques quant au nombre de scientifiques et d’ingénieurs professionnels. En 2017, 17,6 millions de scientifiques et d’ingénieurs ont été enregistrés dans l’UE-28: 10,5 millions d’entre eux étaient des hommes, ce qui correspond à 59,5 % du total. Cette répartition hommes-femmes en faveur des hommes s’est répétée dans la majorité des États membres de l’UE, bien que la Lituanie, la Bulgarie, la Lettonie, le Portugal et le Danemark faisaient exceptions, chaque pays enregistrant un nombre plus élevé d’ingénieurs et de scientifiques chez les femmes que chez les hommes.

En 2017, les scientifiques et les ingénieurs représentaient 7,9 % de la main-d’œuvre masculine dans l’UE-28; ce chiffre était supérieur de 1,6 points de pourcentage à la proportion correspondante chez les femmes (6,3 %). Dans les régions de niveau NUTS 1, la proportion la plus élevée de scientifiques et d’ingénieurs dans la main-d’œuvre masculine a été enregistrée à Manner-Suomi (Finlande continentale), avec 14,0 %, tandis que la proportion la plus élevée pour les femmes a été enregistrée à Östra Sverige (est de la Suède), avec 11,7 %. La part de femmes occupant des fonctions de scientifiques et d’ingénieurs n’était à deux chiffres que dans sept régions de niveau NUTS 1, ce qui contraste avec les 24 régions où la proportion d’hommes occupant des fonctions de scientifiques et d’ingénieurs était d’au moins 10,0 %.
Graphique 3: Régions NUTS 1 affichant les pourcentages les plus élevés de scientifiques et d’ingénieurs, par sexe, 2017
(en pourcentage de la population économiquement active)
Source: Eurostat (hrst_st_rsex)

Source des données pour les graphiques et cartes

Excel.jpg Research and innovation at regional level (en anglais)

Sources des données

Le règlement (UE) nº 995/2012 de la Commissionrelatif à la production et au développement de statistiques communautaires de la science et de la technologie établit les exigences juridiques et fixe les ensembles de données, les analyses, la fréquence et les délais de transmission que les États membres de l’Union doivent respecter pour ces statistiques.

D’autres statistiques utilisées aux fins de l’analyse relative à la recherche et l’innovation sont principalement établies à partir d’autres domaines statistiques au sein d’Eurostat ou d’une série de bases de données internationales fournies par d’autres organisations. Par exemple, les statistiques sur les ressources humaines en science et technologie (RHST) sont établies chaque année sur la base de microdonnées de l’enquête sur les forces de travail de l’Union (EFT).

La méthodologie actuelle relative aux statistiques sur la R & D est établie dans le Manuel de Frascati: méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental (OCDE, 2002). La Manuel de Frascati, publiée en 2015 est progressivement mise en œuvre et sera utilisée pour les futures collectes de données.

La méthodologie utilisée pour les statistiques sur les RHST est définie dans le Canberra manual (OCDE, 1995) (en anglais), qui couvre tous les concepts liés aux RHST.

Pour en savoir plus:

Science, technologie et innovation — vue d’ensemble


Contexte

Une communication de la Commission européenne intitulée «La contribution de la politique régionale à une croissance intelligente dans le cadre de la stratégie Europe 2020» [COM(2010) 553 final] étudie comment la politique régionale peut être utilisée pour libérer le potentiel de croissance de l’Union en recensant les activités les plus susceptibles de renforcer la compétitivité des régions, tout en favorisant l’interaction entre les entreprises, les centres de recherche et les universités, d’une part, et les administrations locales, régionales et nationales, d’autre part.

En 2014, la Commission européenne a adopté une communication intitulée «Recherche et innovation comme sources de croissance renouvelée» [COM(2014) 339 final] selon laquelle les États membres de l’Union européenne devraient s’efforcer de soutenir activement les politiques favorisant la croissance, notamment par la recherche et l’innovation, de manière à tirer parti du marché intérieur le plus important du monde, des nombreuses entreprises innovantes occupant le premier rang mondial, et de la population active hautement qualifiée de l’UE.

Afin de regrouper les talents et d’atteindre la taille nécessaire, les décideurs politiques s’efforcent d’encourager la coopération transnationale au sein du European research area (ERA) (en anglais). L’ERA: a pour objectif de garantir l’ouverture et la transparence des échanges dans le domaine des compétences, des idées et du savoir-faire scientifiques et techniques; vise à créer un espace de recherche unifié ouvert au monde; et favorise la libre circulation des chercheurs, des connaissances et des technologies.

En juillet 2012, la Commission européenne a adopté une communication intitulée «Un partenariat renforcé pour l’excellence et la croissance dans l’Espace européen de la recherche» [COM(2012) 392 final], qui est axée sur cinq domaines prioritaires essentiels pour réformer/achever l’ERA: l’accroissement de l’efficacité des systèmes nationaux de recherche; l’optimisation de la coopération et de la concurrence transnationales; l’ouverture du marché du travail pour les chercheurs; l’égalité entre les sexes et l’intégration de la dimension hommes-femmes dans la recherche; et l’optimisation de la diffusion et du transfert des connaissances scientifiques. Un deuxième rapport d’étape sur l’ERA [COM(2014) 575 final] a été publié en septembre 2014. Il a conclu que même si de grandes différences subsistaient entre les États membres en matière d’allocation des fonds destinés à la recherche, virtuellement, tous les États membres avaient adopté une stratégie nationale en matière de recherche et d’innovation. En mai 2015, la ERA Roadmap 2015-2020 (en anglais) a été adoptée. Elle vise à relever quelques priorités principales de mise en œuvre qui devraient avoir des incidences considérables sur les systèmes européens en matière de science, de recherche et d’innovation, notamment: des systèmes nationaux de recherche efficaces; des réponses aux défis de taille; l’utilisation optimale des investissements publics dans les infrastructures de recherche; l’ouverture du marché du travail pour les chercheurs; l’égalité entre les sexes et l’intégration de la dimension hommes-femmes dans la recherche; l’optimisation de la diffusion et du transfert des connaissances scientifiques; la coopération internationale. En 2015, un ensemble de 24 indicateurs a été fixé en vue de mesurer les progrès réalisés par l’ERA. Ces indicateurs sont présentés dans les ERA progress reports (en anglais).

Depuis leur lancement en 1984, les programmes-cadres de l’Union pour la recherche ont joué un rôle majeur dans les activités de recherche pluridisciplinaire. Le règlement (UE) nº 1291/2013 du Parlement européen et du Conseil a établi le programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon 2020» (2014-2020). Son but est de garantir que l’Europe mène des recherches scientifiques d’envergure mondiale, supprime les barrières à l’innovation et facilite la collaboration entre les secteurs public et privé en matière d’innovation. Le programme Horizon 2020 (en anglais) dispose d’un budget de près de 80 milliards d’euros, auxquels s’ajouteront les investissements privés que ces fonds sont susceptibles d’attirer.

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Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat, l’Annuaire régional d’Eurostat.