Statistiques démographiques au niveau régional


Données extraites en mars 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.


Points clés

Les trois États membres baltes présentaient les principaux écarts hommes-femmes parmi les régions de l’UE s’agissant de l’espérance de vie à la naissance.

Parmi les régions de l’UE, la région insulaire grecque de Lesvos-Limnos présentait le taux brut de migration nette le plus élevé (4,6 %).

Source: Eurostat

Les tendances démographiques régionales varient considérablement dans l’Union européenne (UE): des métropoles surpeuplées, dynamiques, qui peuvent avoir une population relativement jeune, aux régions rurales, plus reculées, souvent caractérisées par un déclin démographique, une structure de population relativement âgée et un accès limité à une série de services.

Article complet

Les évolutions démographiques ont le potentiel pour influencer les réalisations économiques régionales, la consommation des ressources ainsi que d’autres pressions environnementales. Ces dernières décennies, de nombreux États membres de l’UE ont été caractérisés par une tendance à la hausse de la concentration démographique, à mesure que les citoyens se déplacent des zones rurales vers les grandes villes (et les zones qui les entourent). L’estompement des frontières entre les centres urbains et leurs régions adjacentes a suscité un intérêt politique considérable, étant donné que les développements suburbains à faible densité ont des répercussions sociales, économiques et environnementales. La plupart des projections démographiques indiquent que la population de l’UE continuera à vieillir en raison de taux de fécondité qui restent bas ainsi que de l’allongement de l’espérance de vie. S’il est vrai que la migration peut jouer un rôle important dans la dynamique de population des États membres de l’UE, il est peu probable qu’elle puisse inverser la tendance actuelle du vieillissement de la population. Les conséquences économiques et sociales liées au vieillissement de la population auront probablement des répercussions considérables tant aux niveaux national que régional (par exemple, elles ont une incidence sur la capacité des gouvernements à percevoir des recettes fiscales, à équilibrer leurs comptes ou à offrir des pensions et des services de soins de santé suffisants).

Les statistiques relatives à la démographie régionale représentent l’un des rares domaines pour lesquels des données détaillées à l’échelle NUTS 3 sont collectées et publiées pour chacun des États membres de l’Union, les pays de l’AELE et les pays candidats à l’adhésion. Les caractéristiques démographiques d’un territoire donné sont le résultat cumulé d’une série d’évènements démographiques: les naissances vivantes, les décès, l’émigration et l’immigration.

Espérance de vie

Historiquement, une longévité accrue peut être attribuée à une série de facteurs dont une amélioration des conditions socioéconomiques et environnementales, des transformations des conditions de travail/professions, des modifications des modes de vie ou de meilleurs soins et traitements médicaux.

En 2016, l’espérance de vie d’un nouveau-né au sein de l’UE-28 était de 81,0 ans. Parmi les États membres de l’Union, l’espérance de vie à la naissance oscillait entre des niveaux élevés en Espagne (83,5 ans) et en Italie (83,4 ans) et un niveau bas en Bulgarie, en Lettonie et en Lituanie (74,9 ans).

L’espérance de vie dans l’UE oscillait entre 85,2 ans dans la région de la capitale espagnole et 73,3 ans dans la région du nord-ouest de la Bulgarie de Severozapaden — soit une différence de 11,9 ans

La carte 1 présente l’espérance de vie à la naissance pour les régions NUTS 2, et détaille le nombre moyen (médian) d’années qu’un nouveau-né peut s’attendre à vivre s’il est soumis durant toute sa vie aux conditions actuelles de mortalité. Les régions affichant les niveaux d’espérance de vie les plus élevés étaient principalement situées en Espagne et en Italie; il convient de noter que trois régions suisses, à savoir Ticino, la région lémanique et Zentralschweiz, présentaient un niveau similaire d’espérance de vie à la naissance.

Il ressort d’un examen plus approfondi qu’il y avait, en 2016, 11 régions NUTS 2 dans lesquelles l’espérance de vie à la naissance était de 84,0 ans ou plus (comme le montre la teinte de jaune la plus foncée sur la carte 1). L’espérance de vie la plus élevée dans l’UE-a été enregistrée dans la Comunidad de Madrid (85,2 ans), la région de la capitale espagnole, tandis que les trois autres régions espagnoles affichant de hauts niveaux d’espérance de vie étaient des régions voisines intérieures situées dans la moitié nord du pays; d’ouest en est, il s’agissait de Castilla y León, de La Rioja et de la Comunidad Foral de Navarra.

En Italie, la Provincia Autonoma di Trento présentait la plus haute espérance de vie (84,3 ans), suivie de près par deux régions voisines du nord de l’Italie [Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen et Lombardia (qui inclut la ville de Milano)], ainsi que par les régions centrales de l’Umbria et des Marches, si bien que cinq régions italiennes présentaient une espérance de vie d’au moins 84,0 ans.

Outre ces neuf régions d’Espagne et d’Italie, les deux régions restantes qui présentent l’espérance de vie la plus élevée étaient toutes deux des régions de capitales, à savoir l’Île-de-France (84,2 ans) et Inner London - West (84,1 ans). Le niveau relativement élevé d’espérance de vie dans les régions de capitales d’Espagne, de France et du Royaume-Uni peut être attribué, entre autres, à la large gamme de services de soins de santé disponibles et à la proximité immédiate avec ceux-ci, ainsi qu’aux niveaux relativement élevés des revenus et des conditions de vie. La situation au Royaume-Uni (qui présente deux régions de capitales de niveau NUTS 2) revêtait un intérêt particulier en ce qui concerne l’espérance de vie à la naissance dans la région d’Inner London - West, laquelle était de 2,1 ans supérieure à celle observée dans la région adjacente d’Inner London - East, qui, entre autres, est généralement considérée comme moins favorisée.

À l’autre extrême, 38 régions NUTS 2 présentaient une espérance de vie moyenne inférieure à 78,0 ans (comme le montre la teinte de jaune la plus claire sur la carte 1). En 2016, l’espérance de vie à la naissance la plus basse a été enregistrée dans la région de Severozapaden, située dans le nord-ouest de la Bulgarie (73,3 ans). Cela renforce le lien qui existe entre l’espérance de vie, les revenus et les conditions de vie, Severozapaden ayant également enregistré le plus bas niveau d’activité économique de l’UE, étant donné que son produit intérieur brut (PIB) par habitant était inférieur à 30 % de la moyenne de l’UE-28.

La majorité des régions présentant une faible espérance de vie étaient situées dans les régions les régions à l’extrême est de l’UE, dont: les six régions bulgares, les sept régions hongroises et les huit régions roumaines, ainsi que trois des quatre régions slovaques, huit des seize régions polonaises, une des deux régions croates et une des huit régions tchèques. Quatre régions supplémentaires au sein de l’UE présentaient une espérance de vie à la naissance inférieure à 78,0 ans: deux des trois États membres baltes, à savoir la Lettonie et la Lituanie (qui constituent deux régions uniques à ce niveau d’analyse), ainsi que les deux régions ultrapériphériques suivantes: la région de Mayotte (France) et la Região Autónoma dos Açores (Portugal).
Carte 1: Espérance de vie à la naissance, par région NUTS 2, 2016
(en années)
Source: Eurostat (demo_r_mlifexp) et (demo_mlexpec)

Le plus grand écart entre les sexes en ce qui concerne l’espérance de vie à la naissance a été enregistré en Lituanie, où les femmes pouvaient s’attendre à vivre 10,6 ans de plus que les hommes

Le graphique 1 présente des informations plus détaillées relatives aux niveaux supérieurs et inférieurs d’espérance de vie et comprend une analyse spécifique par sexe. En 2016, l’espérance de vie à la naissance des femmes (83,6 ans) était de 5,4 ans supérieure à celle des hommes (78,2 ans).

Les dix régions de l’UE présentant les niveaux d’espérance de vie des femmes les plus élevés comptaient six régions espagnoles et trois régions françaises, la région restante étant la Provincia Autonoma di Trento (Italie). Une analyse similaire portant sur la situation des hommes a révélé que les dix premières régions comptaient sept régions italiennes, deux régions du Royaume-Uni et une région espagnole. Les niveaux les plus élevés d’espérance de vie masculine et féminine à la naissance ont été enregistrés dans la Comunidad de Madrid, la région de la capitale espagnole, où un nouveau-né pouvait s’attendre à vivre en moyenne 87,8 ans pour les femmes et 82,2 ans pour les hommes.

Les écarts les plus importants entre les sexes pour les régions NUTS 2 ont été enregistrés dans les trois États membres baltes (qui constituent chacun une seule région à ce niveau d’analyse), les femmes pouvant s’attendre à vivre 10,6 ans de plus que les hommes en Lituanie, 9,8 ans de plus en Lettonie et 8,9 ans de plus en Estonie, et dans plusieurs régions de Pologne (Lódzkie, Lubuskie, Warminsko-Mazurskie, Podlaskie et Lubelskie), où cet écart oscillait entre 8,9 et 9,4 ans. Les hommes ne pouvaient s’attendre à vivre plus longtemps que les femmes dans aucune région de l’UE. Toutefois, l’écart entre les sexes en ce qui concerne l’espérance de vie était généralement assez faible aux Pays-Bas, en Suède et au Royaume-Uni. La différence ne dépassait pas 3,0 ans dans le Devon (Royaume-Uni) et dans trois régions néerlandaises, à savoir Drenthe, Overijssel et Utrecht, cette dernière région enregistrant le plus faible écart entre les sexes (2,8 ans).
Graphique 1: Régions NUTS 2 enregistrant le niveau le plus haut et le bas d’espérance de vie à la naissance, par sexe, 2016
(en années)
Source: Eurostat (demo_r_mlifexp) et (demo_mlexpec)

Fécondité

Des taux de fécondité historiquement faibles, causés, entre autres, par une proportion croissante de femmes choisissant de retarder/reporter leur grossesse, ont donné lieu à un vieillissement progressif de la structure de la population de l’UE. Les femmes de l’UE-28 ont moins d’enfants, un choix qui peut être attribué, du moins en partie, à la proportion croissante de femmes qui poursuivent des études et/ou tentent d’entreprendre une carrière professionnelle (avant de fonder une famille).

La grossesse était souvent retardée dans les régions de capitales, tandis que les femmes vivant dans les anciennes régions industrielles avaient tendance à donner naissance à un âge beaucoup plus précoce

En 2016, l’âge moyen (médian) des femmes à la maternité dans l’UE-28 était de 30,6 ans. À l’issue d’un examen plus en détail par région NUTS 3, l’âge médian des femmes à la maternité était généralement assez élevé en Irlande, en Espagne et en Italie et assez bas dans une grande partie de l’Europe orientale (voir carte 2).

Huit régions de l’UE présentaient un âge moyen à la maternité supérieur à 33,0 ans; il s’agissait principalement de régions urbaines des capitales, dont Voreios Tomeas Athinon (dans le nord de la capitale grecque), Paris (définie ici comme le centre de la capitale française dans les limites du périphérique) et les quatre quartiers de Londres de Westminster, Kensington and Chelsea & Hammersmith and Fulham, Camden & City of London et Wandsworth (Royaume-Uni). Les deux autres régions étaient quelque peu atypiques; il s’agissait de Heidelberg Stadtkreis (une ville universitaire allemande) et de Medio Campidano [une région relativement rurale de la Sardaigne (Italie)]. À l’exception de cette dernière région, ces chiffres tendent à confirmer l’hypothèse selon laquelle certaines femmes retardent la maternité afin de poursuivre des études ou d’entreprendre une carrière.

À l’autre extrême, 40 régions NUTS 3 situées en Bulgarie et en Roumanie enregistraient un âge moyen des femmes à la maternité inférieur à 27,5 ans en 2016. Parmi celles-ci, quatre régions urbaines bulgares enregistraient un âge moyen à la maternité inférieur à 26,0 ans: Montana, Pazardzhik, Yambol et Sliven. La dernière de ces régions a enregistré l’âge moyen le plus bas des femmes à la maternité dans l’UE (25,1 ans). Les deux régions présentant l’âge moyen le plus bas en Roumanie sont également des régions urbaines et sont situées dans le sud du pays: Giurgiu (26,2 ans) et Calarasi (26,3 ans). Outre ces 40 régions en fin de classement, lesquelles étaient exclusivement situées en Bulgarie et en Roumanie, les âges moyens les plus bas des femmes à la maternité ont été enregistrés dans les régions industrielles voisines de Kosický kraj (Slovaquie orientale) et de Borsod-Abaúj-Zemplén (Hongrie du Nord). Ces chiffres tendent à confirmer l’hypothèse selon laquelle certains des âges moyens les plus bas pour les femmes à la maternité ont été enregistrés dans des régions considérées comme d’anciennes régions industrielles (souvent avec des niveaux de développement économique relativement faibles). Cette constatation est corroborée lorsqu’on étend l’analyse à d’autres États membres de l’UE, étant donné que l’âge moyen des femmes à la maternité était également relativement bas (inférieur à 29,0 ans) dans des régions telles que celles de Bremerhaven, Kreisfreie Stadt et plusieurs régions de Saxe-Anhalt en Allemagne, les Ardennes ou le Pas-de-Calais en France, et les régions de Central Valleys ou Hartlepool et Stockton-on-Tees au Royaume-Uni.
Carte 2: Âge moyen des femmes à la maternité, par région NUTS 3, 2016
(en années)
Source: Eurostat (demo_r_find3) et (demo_find)

Structure de la population

Avec une espérance de vie à la naissance en hausse pour les générations successives et avec des taux de fécondité historiquement faibles, il n’est pas surprenant de constater que l’âge médian de la population de l’UE-28 a connu une augmentation. Il a augmenté de 2,7 ans au cours de la dernière décennie pour laquelle des données sont disponibles, pour atteindre 42,8 ans le 1er janvier 2017. L’âge médian de la population a également augmenté dans chacun des États membres de l’UE au cours de la dernière décennie, avec des changements particulièrement rapides dans les structures d’âge en Grèce, au Portugal et en Roumanie. Au 1er janvier 2017, les âges médians les plus bas parmi les États membres ont été enregistrés en Irlande (36,9 ans) et à Chypre (37,4 ans), tandis que l’âge médian le plus élevé a été enregistré en Allemagne et en Italie (45,9 ans).

Bien que la maternité était souvent reportée dans les régions de capitales, certains des âges médians les plus bas étaient souvent enregistrés dans ces régions.

La carte 3 présente l’âge médian dans les régions NUTS 3 au début de l’année 2017. Il est intéressant de noter que plusieurs États membres de l’UE présentaient un éventail d’âges considérable: ces différences entre régions étaient les plus évidentes en France, au Royaume-Uni, au Danemark et en Belgique, où l’âge médian de la région présentant l’âge le plus élevé était au moins 1,5 fois supérieur à celui de la région présentant l’âge le plus bas. Ces différences reflètent souvent des âges médians relativement bas dans les régions caractérisées par des régions urbaines/métropolitaines prospères (avec une grande variété de possibilités d’éducation/d’emploi et un nombre relativement élevé de migrants), tandis que les âges médians les plus élevés sont souvent enregistrés dans des régions considérées comme peu peuplées et/ou comme des lieux de retraite populaires.

Dans l’ensemble des régions NUTS 3 de l’UE, les âges médians les plus bas ont été enregistrés dans deux régions françaises d’outre-mer [Mayotte (17,8 ans) et Guyane (25,6 ans); ces régions atypiques présentaient toutes deux des taux de fécondité relativement élevés et des niveaux d’espérance de vie inférieurs à la moyenne. Venaient ensuite 14 régions urbaines du Royaume-Uni, où l’âge médian de la population est le plus bas d’Europe; ce groupe de régions comprenait Manchester (30,1 ans), Nottingham (30,3 ans) et Tower Hamlets (est de Londres; 30,7 ans), ainsi que cinq autres quartiers de Londres. Dans plusieurs autres États membres de l’UE, les âges médians les plus bas ont été enregistrés dans les régions de capitales, par exemple dans les régions de Bruxelles-Capitale/Brussel-Hoofdstad (Belgique), de Sofia stolitsa (Bulgarie), de Byen København (Danemark), de Dublin (Irlande), de Groot-Amsterdam (Pays-Bas), de Wien (Autriche) ou de Stockholms län (Suède). Lorsque la région de la capitale ne présentait pas l’âge médian le plus bas, l’âge médian le plus bas était souvent enregistré dans une région suburbaine proche de la capitale, comme Stredocesky kraj (qui entoure la capitale tchèque de Prague), Dytiki Attiki (l’agglomération occidentale d’Athènes) ou la Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise ou le Val-de-Marne (trois zones suburbaines situées à proximité de Paris). Une autre tendance observée dans plusieurs États membres était que l’âge médian le plus bas était enregistré dans une ville universitaire, par exemple Heidelberg Stadtkreis (Allemagne), Gdanski (Pologne) ou Manchester (Royaume-Uni).

Si l’on examine plus en détail les régions présentant l’âge médian le plus élevé, la caractéristique la plus frappante illustrée par la carte 3 est peut-être la forte concentration de régions situées en Allemagne de l’Est. Sur les 31 régions de l’UE-28 où l’âge médian de la population au 1er janvier 2017 était de 51,5 ans ou plus, 24 étaient situées en Allemagne de l’Est; à celles-ci venait s’ajouter Osterode am Harz dans le nord-ouest de l’Allemagne. Au lendemain de la réunification de l’Allemagne, nombre de ces régions se caractérisaient par des possibilités d’emploi peu variées et par un niveau de vie relativement bas, ce qui a peut-être incité les jeunes en particulier à se déplacer vers des régions offrant des emplois plus variés et mieux payés. Cette tendance s’est répétée de manière plus générale dans la plupart des autres États membres de l’UE: par exemple, les six autres régions où l’âge médian était de 51,5 ans ou plus étaient la région centrale grecque d’Evrytania (54,3 ans; la valeur la plus élevée de l’UE), la région centrale française de la Creuse (51,9 ans), l’île danoise de Bornholm (51,8 ans), Zamora dans le nord-ouest de l’Espagne, Alto Tâmega dans le nord du Portugal et Etelä-Savo dans le sud de la Finlande (51,5 ans pour ces trois dernières régions). Une autre caractéristique apparente de plusieurs régions présentant un âge médian relativement élevé était qu’il s’agissait parfois de lieux de retraite populaires, l’âge médian étant augmenté par un afflux de retraités. Par exemple, cette tendance a pu être observée sur l’île danoise de Bornholm, dans les régions côtières de Savona et de Genova (toutes deux en Liguria) et de Trieste (Friuli Venezia Giulia) dans le nord de l’Italie, ou dans plusieurs régions côtières du Royaume-Uni (Dorset CC, North & West Norfolk, ou l’Isle of Wight).

La proportion élevée de jeunes vivant dans de nombreuses régions urbaines de l’UE peut être associée à des choix de mode de vie liés aux possibilités d’emploi et d’éducation

Les informations présentées par la carte 4 reposent sur le taux de dépendance des personnes âgées, défini ici comme le nombre de personnes âgées (65 ans et plus) par rapport au nombre de personnes en âge de travailler (15 à 64 ans). Au 1er janvier 2017, ce taux de dépendance s’élevait à 29,9 % dans l’ensemble de l’UE-28; en d’autres termes, pour chaque personne âgée, il y avait un peu plus de trois personnes en âge de travailler. Selon les projections démographiques d’Eurostat, la poursuite de l’allongement de la durée de vie, associée à de faibles taux de fécondité, devrait entraîner la poursuite de l’augmentation du taux de dépendance des personnes âgées dans la plupart des États membres de l’UE ces 20 à 30 prochaines années, ce qui suscite des inquiétudes pour la viabilité des finances publiques et des systèmes de retraite et de soins de santé. Ces inquiétudes peuvent être atténuées, dans une certaine mesure, par une amélioration générale de l’état de santé et par l’évolution des systèmes de sécurité sociale qui pourraient pousser un plus grand nombre de personnes âgées à rester actives sur le marché du travail.

Les informations présentées par la carte 4 reflètent, dans une certaine mesure, celles de la carte précédente, étant donné que les taux de dépendance des personnes âgées sont généralement étroitement liés à l’âge médian de la population. Ceci étant dit, d’autres évènements démographiques (naissances, décès et solde migratoire) peuvent également avoir une incidence sur ces taux de dépendance. Les taux de dépendance des personnes âgées les plus faibles au sein de l’UE-28 ont généralement été enregistrés dans les centres urbains (souvent des capitales et leurs environs) ou dans les régions ultrapériphériques de l’UE qui se caractérisent généralement par des taux de fécondité élevés et de faibles niveaux d’espérance de vie. Le taux le plus bas des régions NUTS 3 au 1er janvier 2017 a été enregistré dans la région française de Mayotte (4,9 %), où il y avait, en moyenne, un peu plus de 20 personnes en âge de travailler pour chaque personne âgée; une autre région française d’outre-mer, la Guyane, affichait le troisième taux de dépendance le plus faible de l’UE (8,3 %). Tower Hamlets (7,9 %) et Hackney & Newham (9,9 %), des quartiers voisins de l’est de Londres, étaient les seules autres régions de l’UE à enregistrer des taux de dépendance des personnes âgées inférieurs à 10,0 %.

À l’autre bout du classement, dix régions de l’UE ont enregistré un taux de dépendance des personnes âgées supérieur à 50,0 % au 1er janvier 2017; en d’autres termes, pour chaque personne âgée, ces régions comptaient moins de deux personnes en âge de travailler. Une partie de ces régions ont déjà été mentionnées lors de l’analyse des régions affichant les âges médians les plus élevés: Dorset CC (Royaume-Uni), Dessau-Roßlau, Kreisfreie Stadt et Suhl, Kreisfreie Stadt (toutes deux en Allemagne), la Creuse (France), Arr. Veurne (Belgique) et Evrytania (Grèce). La région d’Evrytania présentait le taux de dépendance des personnes âgées le plus élevé, et de loin (65,0 %); en d’autres termes, pour deux personnes âgées, cette région comptait environ trois personnes en âge de travailler. Les quatre autres régions présentant un taux de dépendance des personnes âgées supérieur à 50,0 % étaient: Arta, Preveza dans le nord-ouest de la Grèce; Lot et Nièvre (régions essentiellement rurales du sud-ouest et du centre de la France); et Ourense dans le nord-ouest de l’Espagne.
Carte 3: Âge médian, par région NUTS 3, 2017
(en années)
Source: Eurostat (demo_r_pjanind3) et (demo_pjanind)
Carte 4: Taux de dépendance des personnes âgées, par région NUTS 3, 2017
(en pourcentage)
Source: Eurostat (demo_r_pjanind3) et (demo_pjanind)

Accroissement de la population

La dernière section de ce chapitre décrit l’évolution du nombre total d’habitants vivant dans les régions NUTS 3. Historiquement, la croissance démographique de l’UE a principalement été le résultat d’une variation naturelle de la population (c’est-à-dire le nombre total de naissances moins le nombre total de décès), et non des flux migratoires dont le rôle était relativement mineur. Toutefois, après la fin du baby-boom de l’après-guerre, le rythme de la croissance démographique naturelle a commencé à ralentir à partir des années 1970. Cette tendance a été suivie, dans les années 1990, par une accélération des progrès vers une union économique et politique, les élargissements successifs de l’UE s’étant produits parallèlement au développement du marché unique européen; cette période a été caractérisée par une augmentation de l’importance relative du solde migratoire (la différence entre l’immigration et l’émigration) pour expliquer les changements globaux dans les effectifs de la population. Étant donné que de nombreux États membres de l’UE ne disposent pas de chiffres précis sur l’immigration et l’émigration, le solde migratoire doit souvent être estimé; pour ce faire, une analyse annuelle de la différence entre la variation globale et la variation naturelle de la population est réalisée.

Il existe des différences considérables dans les tendances des variations démographiques à travers l’Union. Certaines des évolutions à moyen terme les plus fréquentes peuvent être résumées comme suit:

  • l’effet des régions abritant des capitales, étant donné que la population continue de s’étendre dans et autour de nombreuses capitales, ce qui exerce un «effet d’attraction» sur les migrants nationaux et internationaux, associé aux possibilités d’éducation et/ou d’emploi (perçues);
  • une division entre les régions urbaines et rurales, la majorité des premières continuant d’enregistrer une croissance de leur population, tandis que le nombre de personnes résidant dans de nombreuses régions périphériques, rurales et post-industrielles diminue;
  • une division nord-sud entre les États membres de l’Union, avec une forte proportion de personnes célibataires et vivant seules parmi la population des États membres du nord, tandis que les régions méditerranéennes sont souvent caractérisées par des taux de natalité plus faibles, mais un rôle plus important des unités familiales;
  • des divergences régionales au sein des États membres de l’Union qui peuvent influer sur la compétitivité et la cohésion régionales, par exemple entre les régions de l’est et de l’ouest de l’Allemagne, ou entre les régions du nord et du sud de la Belgique, de l’Italie et du Royaume-Uni.

La carte 5 présente le taux brut de la croissance démographique en 2016: l’évolution générale de la population se compose de deux effets différents, la variation naturelle de la population et le solde migratoire. Entre le 1er janvier 2016 et le 1er janvier 2017, la population de l’UE-28 a augmenté de 1,2 million d’habitants, soit un taux de croissance de 2,4 pour 1 000 habitants. Cette augmentation était entièrement imputable au solde migratoire, étant donné l’équilibre entre le nombre de naissances et de décès. Parmi les 1 342 régions NUTS 3 indiquées sur la carte 5, une majorité (768) ont enregistré une augmentation de leur nombre global d’habitants, tandis que 568 régions ont connu une diminution de leur population, six régions n’ayant enregistré aucun changement.

En 2016, les populations en plus forte expansion étaient souvent concentrées dans l’est de l’Irlande, l’ouest de l’Allemagne, le sud de la Suède et le sud-est du Royaume-Uni. La teinte de bleu la plus foncée sur la carte 5 montre les 95 régions NUTS 3 dans lesquelles la population a augmenté, en moyenne, d’au moins 12 par 1 000 habitants en 2016; celles-ci comprenaient 15 régions dans lesquelles la croissance démographique était d’au moins 20 par 1 000 habitants (ou de 2,0 %). Cinq de ces régions étaient situées en Allemagne, tandis que deux se trouvaient en Grèce (deux régions insulaires), deux en Espagne (deux régions insulaires), deux en France (deux régions ultrapériphériques), une à Malte, une en Roumanie (Ilfov,qui entoure la région de la capitale, Bucuresti), une en Suède (Uppsala län, juste au nord de la région de la capitale, Stockholm) et une au Royaume-Uni (Tower Hamlets, un quartier situé dans l’est de Londres). Une tendance relativement courante a été observée dans les quatre dernières régions, certains des taux bruts les plus élevés de changement démographique ayant été enregistrés dans les capitales et/ou leurs environs: voir, par exemple, la République tchèque, l’Allemagne, l’Estonie, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne, la France, la Hongrie, la Pologne ou le Royaume-Uni sur la carte 5.
Carte 5: Taux bruts du changement démographique par région NUTS 3
(pour 1 000 habitants)
Source: Eurostat (demo_r_gind3) et (demo_gind)

En 2016, la croissance démographique globale la plus rapide de l’UE a été enregistrée dans la région insulaire égéenne de Lesvos-Limnos (dans le nord de la Grèce); son nombre total d’habitants a connu une augmentation de 4,6 %

Le graphique 2 fournit une analyse régionale plus détaillée des régions NUTS 3 présentant les taux les plus élevés et les plus faibles de variation globale de la population, avec des informations similaires pour la variation naturelle de la population et le solde migratoire. Les taux bruts de variation naturelle de la population les plus élevés, et de loin, ont été enregistrés dans les régions ultrapériphériques françaises de Mayotte et de Guyane; ces régions sont suivies par les centres urbains de Hackney & Newham, Tower Hamlets (deux quartiers situés dans l’est de Londres) et la Seine-Saint-Denis (une banlieue située dans le nord de Paris). D’autre part, les cinq régions présentant les taux bruts de migration nette les plus élevés comprenaient: deux régions insulaires de Grèce (Lesvos-Limnos et Ikaria-Samos); deux régions allemandes [Bamberg, Kreisfreie Stadt (une région qui dispose d’un centre fédéral pour les migrants) et Salzgitter, Kreisfreie Stadt (une région qui a décidé en 2017 de ne plus autoriser les migrants à s’installer sur son territoire)]; et Ilfov en Roumanie.
Graphique 2: Régions NUTS 3 présentant les taux bruts du changement démographique les plus élevés et les plus faibles, 2016
(pour 1 000 habitants)
Source: Eurostat (demo_r_gind3) et (demo_gind)

Source des données pour les graphiques et cartes


Sources des données

Eurostat collecte toute une série de statistiques démographiques régionales: ces statistiques comprennent des données sur la population et des données relatives à divers faits démographiques qui influencent la taille de la population, sa structure et ses caractéristiques propres. Ces données peuvent être utilisées pour un grand nombre de mesures de planification, de suivi et d’évaluation, par exemple dans le but:

  • d’analyser le vieillissement de la population et ses effets sur la durabilité et le bien-être;
  • d’évaluer les incidences économiques de l’évolution démographique;
  • de calculer des taux et des indicateurs «par habitant» — tels que le produit intérieur brut régional par habitant, qui peut être utilisé, par exemple, dans le cadre de l’allocation de fonds structurels aux régions économiquement défavorisées;
  • d’élaborer des systèmes de migration et d’asile et d’assurer leur suivi.


Contexte

Les évolutions démographiques entraînent une série de développements stratégiques, en particulier dans les domaines de l’emploi et de la politique sociale, de la santé, de la libre circulation, de l’asile et de la migration. En effet, les statistiques sur l’évolution et la structure de la population sont de plus en plus utilisées pour étayer la formulation des politiques et pour suivre le comportement démographique dans un contexte politique, économique, social ou culturel. Le Parlement européen a adopté une résolution sur le changement démographique et ses répercussions sur la future politique de cohésion de l’Union européenne (2013/C 153 E/02), qui souligne que les évolutions démographiques dans les régions doivent faire l’objet de mesures statistiques et que le changement démographique doit être considéré comme un objectif transversal de la future politique de cohésion.

En mai 2015, la Commission européenne a présenté un European agenda on migration (en anglais) pour exposer les grandes lignes des mesures visant à faire face à l’afflux de migrants et de demandeurs d’asile arrivant dans l’UE par les Balkans et en traversant la Méditerranée. L’agenda proposait également diverses solutions afin de gérer à long terme la migration vers l’UE. Il définit quatre niveaux d’action pour la stratégie migratoire, à savoir:

  • une nouvelle politique en matière de migration légale — l’UE doit rester une destination attractive pour les migrants, elle doit notamment revoir les priorités de ses politiques d’intégration des migrants, gérer la migration à travers le dialogue et les partenariats avec les pays tiers, et moderniser le réseau de Carte bleue pour les personnes hautement qualifiées provenant de l’extérieur de l’UE;
  • la dissuasion de la migration irrégulière — renforcer le rôle de Frontex (en anglais), particulièrement dans le retour des migrants;
  • la gestion des frontières — contribuer à renforcer la capacité des pays tiers à gérer leurs frontières;
  • une politique d’asile commune efficace — garantir une mise en œuvre complète et cohérente du common European asylum system (en anglais).

La Commission européenne a annoncé un nouvel instrument d’aide d’urgence en mars 2016. Le plan a affecté environ 700 millions d’EUR d’aide, au cours de la période 2016–2018, afin d’apporter une aide humanitaire par la fourniture rapide de nourriture, d’un abri et de soins de santé. Il s’en est suivi plusieurs autres initiatives au cours du reste de l’année 2016 étant donné que la crise des migrants est restée une priorité politique, notamment: la mise en œuvre de la Déclaration UE-Turquie; un soutien financier supplémentaire pour aider la Bulgarie, la Grèce et l’Italie à faire face aux défis spécifiques de la migration; d’autres dispositions pour soutenir les réfugiés syriens (ceux déplacés au sein de la Syrie et ceux présents dans d’autres pays d’accueil); un soutien supplémentaire pour la protection des mineurs non accompagnés; un redoublement d’efforts pour contribuer à sauver les vies en mer et à démanteler les réseaux des trafiquants; ainsi que la création de voies sûres et légales pour les demandeurs d’asile.

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Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s Statistical Atlas (en anglais) (voir le user manual) (en anglais).

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat, l’Annuaire régional d’Eurostat.