Statistiques sur les marchés du travail au niveau régional


Données extraites en avril 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

Les taux d’emploi régionaux les plus élevés étaient concentrés en Allemagne, au Royaume-Uni et en Suède.

Avec 1,7 %, la région de la capitale tchèque de Praha présentait le taux de chômage le plus faible des régions de l’Union européenne (UE).

Source: Eurostat

Le bon fonctionnement d’un marché du travail doté d’une main-d’œuvre hautement qualifiée et capable d’acquérir rapidement de nouvelles compétences est de plus en plus perçu comme une condition préalable à la mise en place d’une économie plus innovante et plus dynamique. Les statistiques relatives à l’analyse de l’évolution du marché du travail sont utilisées par les décideurs politiques de l’Union européenne (UE), notamment, pour suivre la stratégie Europe 2020 ou pour répondre aux exigences de la politique économique et monétaire de l’Union. En plus d’être une source de préoccupation pour les gouvernements et les décideurs politiques, les marchés du travail sont également essentiels au développement personnel, puisque les possibilités d’emploi constituent un moyen parmi d’autres de gagner en autonomie et en sécurité financière et de renforcer un sentiment d’appartenance. Si l’UE promeut l’intégration de l’ensemble des membres de la société sur le marché du travail, certains groupes font toujours l’objet de discriminations (sous-représentation ou exclusion).

Article complet

Dans le cadre de sa priorité consistant à garantir une Union économique et monétaire plus approfondie et plus équitable, l’UE a pour objectif de créer plus d’emplois et d’améliorer le niveau de vie de la population en associant équité et responsabilité démocratique. Le socle européen des droits sociaux a pour objectif de donner aux citoyens des droits efficaces, en garantissant les éléments suivants: égalité des chances et accès au marché du travail; conditions de travail équitables; protection sociale et inclusion sociale. Cette initiative s’appuie sur 20 principes sous-jacents. Parallèlement, l’UE travaille sur un éventail d’autres initiatives, telles que des mesures visant à promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (normes minimales en matière de congé parental ou pour prendre soin d’un proche, destinées à encourager un plus grand nombre d’hommes à endosser des responsabilités non professionnelles) ou de nouvelles manières d’offrir une couverture sociale appropriée aux travailleurs indépendants et travailleurs de l’«économie des petits boulots».

Le présent article analyse les marchés du travail dans l’UE et dresse le bilan de l’emploi et du chômage au niveau régional. Eurostat compile et publie des statistiques relatives au marché du travail des régions de l’Union, des États membres de l’Union ainsi que de l’UE-28 dans son ensemble; de plus, des données agrégées sont également disponibles pour plusieurs pays membres de l’AELE et les pays candidats; des statistiques infranationales sont présentées pour les régions de niveau NUTS 2 et par degré d’urbanisation.

En 2017, la population de l’UE-28 comptait 380,2 millions de personnes âgées de 15 à 74 ans. La population économiquement active — également appelée forces de travail — représentait 245,8 millions de personnes de cette tranche d’âge, alors que 134,4 millions de personnes étaient économiquement inactives (en d’autres termes, elles n’exerçaient pas d’emploi et n’étaient pas au chômage); cette cohorte est en grande partie composée d’étudiants, de retraités et de personnes prenant soin de membres de leur famille, mais elle comprend également des bénévoles et des personnes incapables de travailler en raison d’un handicap. Dans l’UE-28, les forces de travail âgées de 15 à 74 ans est composée de personnes au travail (personnes occupées; 227,0 millions) et de personnes qui n’exercent pas un emploi, mais qui en recherche activement un et sont disponibles pour travailler (les chômeurs; 18,8 millions). Une analyse plus détaillée de la composition de l’emploi dans l’UE-28 est présentée dans l’infographie 1.

Infographie 1: Composition des forces de travail, UE-28, 2017
(en milliers de personnes)
Source: Eurostat (demo_pjangroup), (lfsa_pganws), (lfsa_eftpt), (lfsa_etgaed) et (lfsa_ugad)

Taux d’emploi

Grand objectif de la stratégie Europe 2020: faire en sorte qu’au moins 75 % de la population en âge de travailler aient un emploi d’ici 2020

Le taux d’emploi est le rapport entre le nombre de personnes occupées (d’un âge donné) et le total de la population (du même âge). Aux fins de la présente section, les informations fournies concernent la population en âge de travailler, qui est définie ici comme étant les personnes âgées de 20 à 64 ans. Cette définition a pour objectif de garantir la compatibilité à l’extrémité inférieure de cette fourchette d’âge, étant donné que de plus en plus de jeunes poursuivent leurs études, ce qui peut exclure leur participation aux marchés du travail. À l’extrémité supérieure de cette fourchette, les taux sont généralement fixés à 64 ans au maximum, ce qui permet de prendre en considération les âges (légaux) de la retraite ou de la pension dans l’UE. Il convient toutefois de noter que les décideurs politiques cherchent de plus en plus à reculer l’âge de la retraite/de la pension dans le futur et il est probable qu’une plus grande part de personnes âgées fasse encore partie des forces de travail.

Dans le cadre de son programme en faveur de la croissance et de l’emploi, la stratégie Europe 2020 fixe un objectif de référence: 75 % de toutes les personnes âgées de 20 à 64 ans doit avoir un emploi d’ici à 2020. Pour concrétiser cet objectif global, des objectifs nationaux ont été établis pour chaque État membre de l’UE: ces objectifs nationaux vont de 80 % ou plus au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède à 70 % ou moins en Irlande, en Grèce, en Croatie, en Italie, à Malte et en Roumanie; aucun objectif n’a été fixé dans le programme national de réforme du Royaume-Uni. La logique qui sous-tend ces objectifs consiste à augmenter le nombre de personnes occupées pour faire face au vieillissement de la population et aux enjeux qui y sont associés en ce qui concerne la viabilité des finances publiques et des modèles sociaux.

Les taux d’emploi régionaux les plus élevés de l’UE ont été enregistrés dans les régions d’Åland (Finlande), de Berkshire, Buckinghamshire et Oxfordshire (Royaume-Uni) et de Stockholm (Suède)

En 2017, le taux d’emploi des personnes âgées de 20 à 64 ans s’élevait à 72,2 % dans l’UE-28, soit la quatrième hausse consécutive après un creux relatif à 68,4 % en 2013. Par rapport à l’année précédente, le taux d’emploi dans l’UE-28 a augmenté de 1,1 point de pourcentage, soit une hausse légèrement supérieure aux augmentations enregistrées au cours des trois années précédentes (qui étaient toutes comprises entre 0,8 et 1,0 point). Si le taux d’emploi continuer de progresser au même rythme lors des trois prochaines années, l’objectif de la stratégie Europe 2020 devrait être atteint.

La carte 1 indique les taux d’emploi des personnes âgées de 20 à 64 ans pour les régions de niveau NUTS 2; les taux d’emploi les plus élevés — égaux ou supérieurs à l’objectif de la stratégie Europe 2020 fixé à 75,0 % — sont indiqués dans les deux tons les plus foncés; un peu moins de la moitié de l’ensemble des régions de l’UE (128 sur 276) présentait un tel taux en 2017.

Ces régions dans lesquelles au moins quatre personnes sur cinq en âge de travailler exerçaient un emploi (comme l’indique le ton le plus foncé sur la carte) comptaient parmi les marchés du travail les plus dynamiques et étaient souvent caractérisées par de faibles niveaux de chômage et par une part relativement importante de femmes au travail. Ces 41 régions présentant les taux d’emploi les plus élevés étaient concentrées en Allemagne (17 régions), au Royaume-Uni (14) et en Suède (6) ainsi qu’en République tchèque (2), aux Pays-Bas (1) et en Finlande (1), où la région d’Åland (un archipel de la mer Baltique) a enregistré le taux d’emploi le plus élevé de l’UE, à 88,2 %. Les taux d’emploi suivants les plus élevés de l’UE ont été relevé dans les régions de Berkshire, Buckinghamshire et Oxfordshire (85,2 %; à l’ouest de Londres, au Royaume-Uni) et de Stockholm (84,2 %; la région de la capitale suédoise). Parmi ces 41 régions, il convient de noter des différences intrarégionales dans certains des plus grands États membres; des taux d’emploi légèrement supérieurs ont par exemple été enregistrés dans les régions du sud (plutôt que du nord) de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

À l’inverse, les taux d’emploi les plus faibles des personnes âgées de 20 à 64 ans étaient plus fréquents dans le sud de l’UE. En 2017, dans cinq régions, moins de la moitié de la population en âge de travailler exerçait un emploi: quatre se situaient dans le sud de l’Italie (Sicilia, Calabria, Campania et Puglia) et la cinquième était la région française d’outre-mer de Mayotte. Le taux d’emploi régional le plus faible s’élevait à 44,0 % et a été enregistré dans la région insulaire italienne de Sicilia. Contrairement aux tendances intrarégionales observées en Allemagne et au Royaume-Uni, les taux d’emploi italiens étaient souvent plus faibles dans les régions du sud (plutôt que du nord).
Carte 1: Taux d’emploi, par région NUTS 2, 2017
(en pourcentage de la population âgée de 20 à 24 ans)
Source: Eurostat (lfst_r_lfe2emprt) et (lfsi_emp_a)
Le graphique 1 présente des informations relatives aux taux d’emploi des personnes en âge de travailler, par degré d’urbanisation. À un niveau agrégé, il existait une légère différence entre les taux d’emploi des zones rurales (72,6 %), des villes et des banlieues et des grandes villes (72,0 % pour les deux catégories) dans l’UE-28. Toutefois, dans les régions de l’est de l’UE et dans les États membres baltes, il était fréquent de constater que la population des grandes villes était beaucoup plus susceptible d’exercer un emploi. C’était notamment le cas en Bulgarie, où le taux d’emploi dans les grandes villes était 14,4 points de pourcentage plus élevé que dans les zones rurales, alors que des différences à deux chiffres ont également été enregistré en faveur de la population des grandes villes en Lituanie (13,7 points) et en Croatie (10,3 points). Les États membres d’Europe occidentale étaient souvent confrontés à la situation inverse, dans la mesure où les taux d’emploi les plus élevés concernaient généralement la population des zones rurales, tandis les taux les plus faibles étaient enregistrés pour la population des grandes villes, qui était caractérisée dans certains cas par un risque plus élevé de pauvreté et d’exclusion sociale. En Belgique, le taux d’emploi de la population des zones rurales en âge de travailler s’élevait à 72,2 %, soit 9,9 points de plus que la population urbaine. Une tendance similaire a été observée dans plusieurs autres régions de l’ouest de l’UE, comme en Autriche (où la différence entre les taux d’emploi des populations rurale et urbaine n’était que légèrement inférieure, avec 9,5 points), en Allemagne (5,5 points), aux Pays-Bas (5,2 points), en France (3,9 points) et au Royaume-Uni (2,9 points).
Graphique 1: Taux d’emploi, par degré d’urbanisation, 2017
(en pourcentage de la population âgée de 20 à 64 ans)
Source: Eurostat (lfst_r_ergau)

Emploi à temps partiel

Les économies modernes sont caractérisées par des formes flexibles de travail, dont beaucoup ont émergé après la mise en place des technologies de l’information et de la communication. La «flexicurité» est un terme utilisé pour décrire une stratégie visant à améliorer (parallèlement) les attentes des employeurs à l’égard d’une flexibilité accrue des forces de travail et le désir des employés de bénéficier d’une plus grande sécurité dans le cadre de leur emploi.

Un simple calcul du nombre de personnes exerçant un emploi peut être effectué pour quantifier la main-d’œuvre utilisée. Toutefois, les décideurs politiques manifestent un intérêt croissant envers des types d’analyses plus détaillés, qui permettent notamment de différencier les personnes qui travaillent à temps plein de celles qui travaillent à temps partiel (il convient de noter que cette classification est généralement fondée sur une réponse fournie de manière spontanée par le répondant). Plusieurs raisons peuvent pousser une personne à choisir ou à accepter un emploi à temps partiel, notamment: bénéficier d’une plus grande flexibilité pour se consacrer à d’autres activités; exercer un travail plus diversifié, parfois en combinant plusieurs emplois à temps partiel; compléter un revenu ou une pension; éviter le chômage; devenir financièrement indépendant: ne pas devoir payer la garde des enfants.

Plus de la moitié de l’ensemble des personnes occupées dans sept régions néerlandaises travaille à temps partiel

Les données présentées sur la carte 2 portent sur la part de personnes occupées qui travaillaient à temps partiel: En 2017, ce type d’emploi concernait approximativement une personne sur cinq (20,3 %) dans toute l’UE-28. L’un des aspects les plus marquants de la carte est l’homogénéité de la tendance des taux d’emploi à temps partiel enregistrés dans différentes régions au sein de chaque État membre de l’UE. Une autre caractéristique de la carte est la division nette entre les régions orientales et occidentales; les régions orientales enregistrant généralement des taux d’emploi à temps partiel manifestement inférieurs. Ces tendances reflètent probablement la maturité des marchés du travail et les effets de la législation du travail au niveau national, associés à un degré de conformité élevé au sein de chaque État membre en ce qui concerne l’attitude à l’égard du travail à temps partiel.

En 2017, la part la plus élevée d’emplois à temps partiel a été systématiquement enregistrée aux Pays-Bas. En effet, les 12 régions néerlandaises affichaient les 12 taux d’emploi à temps partiel les plus élevés des régions de niveau NUTS 2. Dans sept d’entre elles, plus de la moitié des personnes occupées âgées d’au moins 15 ans travaillaient à temps partiel; le taux le plus élevé (56,4 %)ayant été enregistré dans la région universitaire de Groningen. Le pourcentage le plus faible d’emploi à temps partiel parmi les 12 régions néerlandaises à été relevé en Zuid-Holland (48,8 %). Ce chiffre était toutefois nettement plus élevé (14,1 point de pourcentage de plus) que le deuxième taux d’emploi régional à temps partiel de l’UE-28, enregistré dans le Devon (Royaume-Uni; 34,7 %). Plus globalement, si on exclut les Pays-Bas, les taux d’emploi à temps partiel les plus élevés étaient concentrés au Royaume-Uni, en Allemagne et en Autriche.

À l’inverse, dans 42 régions de l’UE, moins de 7,5 % du nombre total de personnes occupées travaillaient à temps partiel en 2017. Ces personnes vivaient principalement dans les régions de l’est de l’UE (Bulgarie, République tchèque, Croatie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Slovaquie), mais aussi dans cinq régions de Grèce. Avec 0,6 %, Bucuresti - Ilfov, la région de la capitale roumaine, présentait la part la plus faible d’emploi à temps partiel. La même situation était visible dans plusieurs États membres de l’UE, puisque les régions de la capitale d’Espagne, de France, de Slovaquie, de Finlande, de Suède et du Royaume-Uni ont chacune enregistré de faibles pourcentages d’emploi à temps partiel (par rapport aux moyennes nationales), reflétant probablement le coût élevé de la vie dans les capitales, ce qui peut signifier que certaines personnes ne peuvent se permettre de travailler uniquement à temps partiel, ou qu’un plus grand nombre d’emplois à temps plein sont disponibles dans les régions de capitales.
Carte 2: Emploi à temps partiel, par région NUTS 2, 2017
(en pourcentage des personnes occupées âgées de 15 ans et plus)
Source: Eurostat (lfst_r_lfe2eftpt)

Chômage

Le chômage peut non seulement avoir des effets sur le bien-être économique d’un pays (main-d’œuvre potentielle non utilisée et versements de protection sociale plus élevés), mais aussi sur celui des personnes sans emploi. Les conséquences du chômage sur le plan personnel et social sont multiples et englobent une augmentation du risque de pauvreté, de dettes et d’absence de domicile fixe. D’autre part, la stigmatisation des chômeurs peut entraîner une baisse de confiance en soi, une dégradation des relations familiales/personnelles ou une exclusion sociale.

Les statistiques d’Eurostat sur le chômage sont conformes aux lignes directrices fournies par l’Organisation internationale du travail (OIT): un chômeur est une personne âgée de 15 à 74 ans sans emploi, mais qui a cherché activement du travail au cours des quatre dernières semaines et qui est disponible pour commencer à travailler dans les deux semaines à venir. Le taux de chômage correspond au pourcentage de chômeurs exprimé sous la forme de pourcentage du total de la population active.

En 2017, l’UE-28 comptait 18,8 millions de chômeurs, l’équivalent de 7,6 % du total des forces de travail. Si ces derniers chiffres restent plus élevés qu’au début de la crise économique et financière mondiale en 2008 (16,8 millions de chômeurs et un taux de chômage de 7,0 %), ils représentaient tout de même une baisse considérable par rapport à la situation de 2013, lorsque le nombre total de chômeurs dans l’UE-28 culminait à 26,3 millions de personnes (soit un taux de 10,9 %).

Le taux de chômage le plus faible a été enregistré dans la région de la capitale tchèque Praha

La carte 3 indique qu’en 2017, les taux de chômage les plus faibles de l’UE-28 au niveau régional étaient concentrés en République tchèque, en Allemagne, en Hongrie, en Autriche, en Pologne et au Royaume-Uni. En revanche, les taux de chômage les plus élevés ont été enregistrés dans le sud de l’Europe, en particulier en Grèce, ainsi que dans les régions du sud de l’Italie et de l’Espagne. La répartition des taux de chômage entre les régions de niveau NUTS 2 était quelque peu inégale dans la mesure où 179 régions présentaient un taux inférieur à la moyenne de l’UE-28, alors que le taux de chômage était supérieur à cette moyenne dans 94 régions.

En 2017, c’est Praha, la région de la capitale tchèque, qui a connu le taux de chômage régional le plus faible, avec 1,7 %; en d’autres termes, parmi les forces de travail, moins d’une personne sur 50 était sans emploi. Il convient de préciser que la région d’Åland (Finlande) affichait le taux d’emploi le plus élevé; il est donc également probable que le taux de chômage y soit très faible (mais cette valeur ne peut être publiée pour des raisons de confidentialité). 13 régions de l’UE ont enregistré des taux d’emploi régionaux compris entre 2,0 et 2,5 %. La majorité de ces régions (8) se trouvaient en Allemagne (dont 5 en Bayern), en République tchèque (2), en Hongrie (2) et au Royaume-Uni (1).

À l’autre extrémité, les taux de chômage les plus élevés au niveau régional (comme l’indique le ton le plus foncé sur la carte 3) étaient concentrés en quatre groupes et comprenaient: l’ensemble des 13 régions de Grèce; huit régions situées principalement dans le sud de l’Espagne; les cinq régions françaises d’outre-mer; et quatre régions du sud de l’Italie. La région de Dytiki Makedonia, dans le nord de la Grèce, affichait le taux de chômage le plus élevé des régions de niveau NUTS 2 de l’UE, avec 29,1 %, alors que plus d’un quart des forces de travail était sans emploi dans cinq autres régions: trois situées en Espagne (Extremadura, Andalucía et la région d’outre-mer Ciudad Autónoma de Melilla); une autre région de Grèce (Dytiki Ellada); et une région française d’outre-mer (Mayotte).

En 2017, l’Italie et la Belgique étaient caractérisées par certaines des plus larges fourchettes de taux de chômage parmi les régions de niveau NUTS 2. En Italie, la fracture était nette entre le nord et le sud, puisque les taux de chômage allaient de 3,1 % dans la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen à 21,6 % en Calabria; le taux le plus élevé était donc sept fois supérieur au taux le plus bas enregistré. En Belgique, le taux de chômage culminait à 14,9 % dans la région de la capitale Région de Bruxelles-Capitale/Brussels Hoofdstedelijk Gewest, soit 4,7 fois plus que dans la Prov. West-Vlaanderen (3,2 %). Outre la Belgique, deux autres pays ont enregistré un taux de chômage régional plus élevé dans la région de la capitale: l’Autriche et l’Allemagne. Dans la région de la capitale autrichienne de Wien, le taux de chômage s’élevait à 10,4 % et était 3,4 fois supérieur à celui de la région de Salzburg (dont le taux était le plus faible des régions autrichiennes, à 3,1 %). De la même manière, le taux de chômage de la région de la capitale allemande de Berlin (7,0 %) était 3,5 fois supérieur au taux enregistré dans la région de Trier (2,0 %), dans l’ouest du pays; il convient de préciser qu’un nombre relativement élevé d’habitants de Trier se rendent tous les jours au travail de l’autre côté de la frontière au Luxembourg.
Carte 3: Taux de chômage, par région NUTS 2, 2017
(en pourcentage des forces de travail âgées de 15 à 74 ans)
Source: Eurostat (lfst_r_lfu3rt)

Dans l’UE-28, le taux de chômage des jeunes s’élevait à 16,8 %, soit plus du double du taux de chômage global (7,6 %)

L’un des domaines qui revêt une importance particulière pour les décideurs politiques est celui du chômage des jeunes. Le fonctionnement des marchés du travail des jeunes est étroitement lié aux systèmes d’éducation et de formation et reflète, au moins dans une certaine mesure, une inadéquation entre les compétences acquises par les jeunes et les compétences requises par les employeurs (afin de pourvoir des emplois vacants). Ces dernières années, plusieurs États membres de l’UE ont adopté de nouvelles législations sur le travail dans l’optique de libéraliser les marchés du travail, par exemple, en offrant un éventail plus large de possibilités d’engager du personnel sous forme de contrats temporaires, à durée déterminée ou à zéro heure. Dans certains pays, cette situation a entraîné un clivage évident entre les personnes qui occupent un emploi permanent à temps plein et les personnes dont le travail peut être plus «précaire»; cette dernière catégorie est souvent composée de jeunes ou de personnes ayant un niveau d’instruction relativement faible.

Le taux de chômage des jeunes est défini comme la part de chômeurs âgés de 15 à 24 ans, exprimée par rapport au total des forces de travail de la même tranche d’âge. Il est important de noter qu’une proportion relativement élevée de personnes âgées de 15 à 24 ans n’est pas présente sur le marché du travail, car ces personnes étudient à temps plein (elles ne sont donc pas disponibles pour travailler et sont dès lors exclues des calculs du chômage). Il convient de souligner que le taux de chômage des jeunes était relativement faible dans plusieurs régions et que ces données ne peuvent être publiées (en raison de la taille réduite des échantillons) et qu’elles ont donc été assimilées aux données des régions pour lesquelles aucune information n’est disponible.

En 2017, le taux de chômage des jeunes était de 16,8 % dans l’UE-28. Les informations présentées sur la carte 4 concernant les taux de chômage des jeunes reproduisent plusieurs des tendances déjà observées pour le taux de chômage global, même si celles-ci étaient souvent amplifiées étant donné que les taux de chômage des jeunes étaient constamment plus élevés que les taux de chômage global pour toutes les régions de niveau NUTS 2 de l’UE. Sur la base d’informations relatives à une période de référence commune, ces différences étaient particulièrement visibles dans trois régions roumaines (Nord-Vest, Bucuresti - Ilfov et Centru), dans lesquelles le taux de chômage des jeunes était 4,1 à 5,7 fois plus élevé que le taux de chômage global; le rapport entre les taux de chômage global et celui des jeunes était également de 4,1 dans les régions suivantes: Herefordshire, Worcestershire et Warwickshire (Royaume-Uni).

Au lendemain de la crise économique et financière mondiale, les taux de chômage des jeunes sont restés tout aussi élevés dans plusieurs régions du sud et ultrapériphériques

En 2017, la part des jeunes au chômage âgés de 15 à 24 ans au sein des forces de travail s’élevait à 50,0 % dans 13 régions différentes de l’UE-28. Quatre d’entre elles étaient situées dans le sud de l’Italie et trois en Grèce, alors que deux régions autonomes d’Espagne, une région autonome du Portugal et trois régions françaises d’outre-mer figuraient également dans cette liste. Outre le cas particulier de Ciudad Autónoma de Melilla (Espagne), les taux de chômage des jeunes les plus élevés de l’UE ont été enregistrés dans les régions grecques suivantes: Voreio Aigaio (58,2 %) et Ipeiros (58,0 %). En revanche, Praha et Oberbayern, une région du sud de l’Allemagne, ont enregistré les taux de chômage des jeunes les plus faibles (avec un taux de 3,8 % chacune).
Carte 4: Taux de chômage des jeunes, par région NUTS 2, 2017
(en pourcentage des forces de travail âgées de 15 à 24 ans)
Source: Eurostat (lfst_r_lfu3rt)

Dans l’UE-28, le chômage de longue durée représentait plus de deux fois le taux de chômage global

La section finale du présent article fournit une analyse du chômage de longue durée, défini ici comme le nombre de personnes âgées de 15 à 74 ans qui sont au chômage depuis au moins 12 mois. Comme pour le chômage des jeunes, le taux de chômage de longue durée était relativement faible dans plusieurs régions et ces données ne peuvent être publiées (en raison de la taille réduite des échantillons); elles ont donc été assimilées aux données des régions pour lesquelles aucune information n’est disponible.

Le chômage de longue durée peut avoir des conséquences importantes sur le bien-être d’une personne et la mener à douter d’elle-même, à souffrir d’anxiété ou de dépression. Les personnes dans cette situation présentent également un risque plus élevé de basculer dans la pauvreté ou dans l’exclusion sociale. Par ailleurs, plus une personne reste longtemps au chômage, moins elle est susceptible d’intéresser les employeurs potentiels, cette situation pourrait refléter une discrimination de la part des employeurs qui empêche les chômeurs de longue durée d’être pris en considération de manière équitable dans le cadre d’un poste à pourvoir ou entraîner une dévalorisation de l’importance relative de leurs anciennes compétences et expériences de travail.

Le maintien de la part élevée du chômage de longue durée dans le chômage total a suscité des préoccupations quant aux niveaux sous-jacents de chômage structurel: en 2017, près de la moitié (45,0 %) de l’ensemble des chômeurs de l’UE-28 se trouvaient sans travail depuis au moins un an. La majorité de personnes sans emploi était des chômeurs de longue durée dans 61 régions de niveau NUTS 2 de l’UE. Cette proportion dépassait 70,0 % dans: neuf régions grecques, parmi lesquelles a été enregistré, dans la région de la capitale Attiki, le pourcentage de chômage de longue durée le plus élevé du chômage total (77,3 %); trois régions françaises d’outre-mer, dont Mayotte, qui présentait la part la plus élevée de chômage de longue durée des régions de l’UE (83,8 %); et la région italienne de Molise (72,8 %). Plus globalement, la carte 5 indique que certaines des régions présentant les pourcentages de chômage de longue durée les plus élevés étaient souvent des régions défavorisées pouvant être considérées comme d’anciens bastions industriels (par exemple, le nord et l’est de la France, le sud de la Belgique, l’est de l’Allemagne et le nord de l’Italie et du Portugal) qui peuvent souffrir de l’exode de l’industrie manufacturière européenne vers l’Est.

À l’inverse, en 2017, dans 11 régions de niveau NUTS 2, moins d’un cinquième de l’ensemble des chômeurs avaient été sans emploi pendant au moins un an. Six d’entre elles se trouvaient en Suède, notamment Övre Norrland, qui avait enregistré la part de chômage de longue durée la plus faible de toutes les régions de l’UE (12,8 %); trois se trouvaient dans le centre de l’Angleterre, comme Berkshire, Buckinghamshire et Oxfordshire, dont la part était la deuxième la plus faible (13,2 %); alors que la liste comptait également une région du Danemark et de Roumanie, cette dernière étant la région de la capitale Bucuresti - Ilfov, qui présentait le troisième pourcentage de chômage de longue durée le plus faible de l’UE (13,8 %).
Carte 5: Part de chômage de longue durée, par région NUTS 2, 2017
(en pourcentage de chômeurs âgés de 15 à 74 ans)
Source: Eurostat (lfst_r_lfu2ltu)

Source des données pour les graphiques et cartes


Sources des données

Les informations présentées dans le présent article concernent principalement les moyennes annuelles calculées sur la base de l’enquête sur les forces de travail (EFT). Cette enquête couvre 33 pays participants, y compris les 28 États membres de l’UE, trois pays de l’AELE (Islande, Norvège et Suisse) et trois pays candidats (le Monténégro, l’ancienne République yougoslave de Macédoine et la Turquie). La population faisant l’objet de l’enquête se compose généralement de personnes âgées de 15 ans au moins et vivant dans des ménages privés, avec des définitions alignées sur celles données par l’Organisation internationale du travail (OIT).

Lors de l’analyse des informations régionales tirées de l’EFT, il est important de garder à l’esprit que les données présentées concernent la région dans laquelle le répondant réside de manière permanente et que celle-ci peut être différente de la région dans laquelle il travaille, en raison des flux pendulaires.

Pour en savoir plus:


Contexte

S’il est vrai que presque toutes les initiatives phare de la stratégie Europe 2020 concernent d’une certaine manière les marchés du travail, deux d’entre elles visent directement à améliorer l’aptitude à l’emploi. Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois [COM(2010) 682 final] prévoit, en 13 actions clés de favoriser une augmentation considérable des taux d’emploi, notamment chez les femmes, les jeunes et les travailleurs âgés. Jeunesse en mouvement [COM(2010) 477 final] était une initiative phare Europe 2020 qui s’est achevée en décembre 2014. Elle visait à aider les jeunes à acquérir les connaissances, les compétences et l’expérience dont ils avaient besoin pour obtenir leur premier emploi, en proposant 28 actions destinées à mettre l’éducation et la formation plus en phase avec les besoins, à améliorer l’employabilité des jeunes et en garantissant qu’ils possédaient des compétences adaptées aux emplois de demain.

En février 2013, le Conseil européen a adopté une Initiative pour l’emploi des jeunes dotée d’un budget d’environ 6 milliards d’EUR pour la période 2014-2020, essentiellement pour soutenir les jeunes qui ne travaillent pas et qui ne suivent ni études ni formation. Cette initiative concerne toute région présentant un taux de chômage des jeunes de plus de 25 % et qui soutiennent des mesures pour intégrer les jeunes [en particulier ceux qui sont sans emploi et qui ne suivent ni études ni formation (NEET)] au marché du travail. Elle a été suivie, en avril 2013, par la garantie pour la jeunesse qui s’engage à garantir que tous les jeunes de moins de 25 ans bénéficient d’une offre d’emploi de qualité, de formations continues, d’apprentissages ou de stages dans les quatre mois qui suivent la perte de leur emploi ou leur sortie de l’enseignement formel. En décembre 2016, la Commission européenne a présenté une communication intitulée «Investir dans la jeunesse de l’Europe», axée sur trois actions distinctes: améliorer les opportunités d’accéder à l’emploi (étendre la garantie pour la jeunesse); améliorer les opportunités par l’éducation et la formation (en mettant en place un système d’apprentissage moderne); améliorer les possibilités de travaux de solidarité, de mobilité à des fins d’apprentissage et de participation (en augmentant le budget d’Erasmus+).

En plus de promouvoir la position des jeunes sur le marché du travail, l’UE a également mis en place une série de mesures complémentaires conçues pour soutenir les marchés du travail dans un contexte plus large, notamment:

  • une recommandation du Conseil (2016/C 67/01) de février 2016 relative à l’intégration des chômeurs de longue durée sur le marché du travail;
  • une nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe [COM(2016) 381 final], adoptée par la Commission européenne en juin 2016, qui vise à améliorer la qualité et la pertinence de la formation et des autres manières d’acquérir des compétences;
  • le socle européen des droits sociaux, tel que proclamé en novembre 2017, dont l’objectif est de garantir un meilleur équilibre entre les objectifs économiques et sociaux, en mettant en place des marchés du travail et des systèmes de protection sociale plus efficaces et plus justes; il fixe 20 principes essentiels pour contribuer à bâtir une Europe plus juste en renforçant la dimension sociale (plutôt qu’économique) de l’Europe, par la promotion de l’amélioration des conditions de travail et de vie. Bien qu’il soit conçu en premier lieu pour la zone euro, le socle est applicable à tous les États membres de l’UE qui souhaitent y prendre part.

La politique de cohésion de l’UE investit dans l’emploi et la croissance à long terme en Europe et contribue ainsi à la stratégie Europe 2020. Les investissements sont réalisés dans plusieurs domaines du marché du travail qui sont conçus pour stimuler l’emploi et la mobilité de la main-d’œuvre. Le fonds social européen (FSE) est le principal fonds de la politique de cohésion qui soutient les initiatives en faveur de l’emploi et de la mobilité de la main-d’œuvre, tandis que le fonds européen de développement régional (FEDER) peut être utilisé pour améliorer les conditions pour la création d’emplois. La politique de cohésion de l’EU soutient également les réformes du marché du travail qui encouragent l’égalité des chances pour tous les citoyens, en particulier pour les femmes, les jeunes, les travailleurs âgés et les minorités ethniques.

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Statistiques régionales du marché du travail (t_reg_lmk)
Taux d’emploi des personnes âgées de 15 à 64 ans, par région NUTS 2 (tgs00007)
Taux d’emploi des personnes âgées de 20 à 64 ans, par région NUTS 2 (tgs00102)
Taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans, par région NUTS 2 (tgs00054)
Taux de chômage par région NUTS 2 (tgs00010)
Taux de chômage de longue durée (12 mois et plus) par région NUTS 2 (tgs00053)
Séries EFT - Sujets spécifiques (t_lfst)


Statistiques régionales du marché du travail (reg_lmk)
Statistiques régionales sur le coût du travail (reg_lcs)
Séries EFT - Sujets spécifiques (lfst)
Séries régionales EFT (lfst_r)
Population et population active régionale - LFS/EFT séries annuelles (lfst_r_lfpop)
Emploi régional – LFS/EFT séries annuelles (lfst_r_lfemp)
Chômage régional – LFS/EFT séries annuelles (lfst_r_lfu)
Disparités régionales du marché du travail – séries EFT et séries EFT ajustées (lfst_r_lmd)
Statistiques régionales du marché du travail par degré d’urbanisation (lfst_r_lfurb)

Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s statistical atlas (en anglais) (voir le user manual) (en anglais).

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat l’Annuaire régional d’Eurostat.