Statistiques sur la santé au niveau régional


Données extraites en mars 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

Les taux de mortalité standardisés régionaux liés aux maladies chroniques les plus élevés ont été enregistrés dans la région hongroise d’Észak-Magyarország (1 168,6 pour 100 000 habitants).

La Lituanie présentait le taux de mortalité régional standardisé lié au suicide le plus élevé chez les hommes (60,5 décès pour 100 000 habitants), un taux trois fois supérieur à la moyenne de l’UE-28.

Source: Eurostat

La santé est une priorité importante pour les Européens, qui veulent être protégés des maladies et des accidents et bénéficier de services de soins de santé adaptés. Au cours des prochaines décennies, il est possible que le vieillissement de la population se révèle un défi majeur pour l’Union européenne (UE) dans le secteur de la santé. En effet, la demande de soins de santé devrait rapidement augmenter, tandis que le vieillissement de la population pourrait entraîner des pénuries de personnel dans certaines spécialisations médicales ou dans des zones géographiques spécifiques. Selon la direction générale de la santé et la sécurité alimentaire, plus de 60 000 médecins (soit 3,2 % de la main-d’œuvre de l’UE-28) sont censés prendre leur retraite ou quitter la profession chaque année d’ici 2020.

Article complet

Cet article présente des statistiques récentes sur la santé dans les régions de l’UE et fournit des informations sur certaines des causes de décès les plus communes. Il se penche également sur les services de santé via une analyse du nombre de lits d’hôpital et de professionnels de la santé (médecins) et conclut par des informations sur les personnes présentant des besoins de santé non satisfaits ainsi que sur la santé perçue par les individus eux-mêmes.

Les systèmes de santé de l’UE sont organisés, financés et gérés de manières très différentes et la compétence pour la fourniture de ces services incombe en grande partie aux 28 États membres de l’UE. En effet, la politique de l’UE en matière de santé est conçue pour compléter les stratégies nationales en mettant en commun les ressources et en aidant les États membres à relever des défis communs. Les principaux objectifs stratégiques de l’UE sont, entre autres, les suivants: améliorer l’accès aux soins de santé pour tous grâce à des systèmes de santé efficaces, accessibles et résilients, favoriser la couverture sanitaire comme moyen de réduire les inégalités et de lutter contre l’exclusion sociale; promouvoir l’information et l’éducation en matière de santé, des modes de vie plus sains et le bien-être individuel; investir dans la santé par la prévention des maladies, par exemple en créant des centres d’expertise spécialisés pour les spécialistes de la santé, à savoir des réseaux européens de référence (ERN); prévenir les menaces transfrontières telles que les pandémies; améliorer les normes de sécurité pour les patients, les produits pharmaceutiques/médicaments et les dispositifs médicaux; garantir/reconnaître les prescriptions dans d’autres États membres.

L’UE peut adopter une législation en matière de santé lorsqu’il s’agit de la protection de la santé publique, le rapprochement des législations ou la politique sociale. Parmi les domaines dans lesquels l’UE s’est exécutée, on peut citer les suivants: fournir un cadre juridique pour garantir les produits médicinaux/pharmaceutiques; réglementer les produits du tabac et créer des environnements sans tabac; ou établir des normes pour l’échange, entre États membres de l’UE, d’organes humains. Sur un plan plus pratique, la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) permet aux voyageurs d’un État membre de l’UE d’obtenir un traitement médical s’ils tombent malades au cours d’un séjour temporaire dans un autre État membre ou dans un pays de l’AELE. L’UE a également introduit une législation relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers (directive 2011/24/UE) qui permet aux patients de se rendre à l’étranger pour un traitement lorsque cela est nécessaire (les traitements spécialisés sont uniquement disponibles à l’étranger) ou plus facile (si l’hôpital le plus proche est de l’autre côté de la frontière). Le European Centre for Disease Prevention and Control (en anglais) en Suède est une agence de l’UE qui assure la surveillance des menaces sanitaires émergentes afin que l’UE puisse intervenir rapidement. Il met en commun des connaissances sur les menaces actuelles et émergentes et collabore avec ses homologues nationaux pour développer la surveillance des maladies dans l’ensemble de l’Europe, renforçant ainsi les défenses de l’UE contre les maladies infectieuses. L’European Medicines Agency (EMA) (en anglais), dont le déménagement vers Amsterdam (Pays-Bas) est en cours, aide les régulateurs nationaux en coordonnant les évaluations scientifiques concernant la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments qui sont utilisés dans toute l’UE. Au sein de l’UE, tous les médicaments doivent être approuvés au niveau national ou de l’UE avant leur mise sur le marché. La sécurité des produits pharmaceutiques vendus au sein de l’UE fait l’objet d’une surveillance tout au long du cycle de vie des produits concernés et certains produits peuvent être interdits ou leur vente/mise sur le marché suspendue.

Causes de décès

De nombreux facteurs déterminent les schémas de mortalité, par exemple l’âge, le sexe, les conditions de vie et de travail et les facteurs environnementaux. Chaque individu peut également influer sur ses propres chances de mener une vie saine et longue en adaptant ses choix de vie en ce qui concerne, par exemple, l’exercice, l’alimentation, la consommation d’alcool, le tabagisme ou le comportement au volant.

En 2016, 5,13 millions de personnes sont décédées au sein de l’UE-28: ce chiffre était légèrement inférieur à celui de l’année précédente, le nombre total de décès ayant chuté d’environ 92 000. Cette tendance a été observée dans la majorité des États membres de l’UE (19), le nombre de décès ayant connu une diminution particulièrement rapide à Chypre (-6,6 %), en Italie (-5,0 %) et en Croatie (-4,9 %). En revanche, le nombre total de décès a connu une augmentation de 1,0 à 2,0 % en Estonie, aux Pays-Bas, en Irlande et au Portugal, tandis que la plus forte augmentation a été enregistrée en Finlande (2,7 %).

Statistiques sur les causes de décès

L’établissement d’un certificat de décès est obligatoire dans tous les États membres de l’Union. Les statistiques sur les causes de décès reposent sur deux sources d’informations essentielles: les informations médicales extraites des certificats de décès, qui peuvent servir de base pour établir avec certitude la cause du décès; et le codage des causes de décès selon la classification internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM).

Les statistiques sur les causes de décès fournissent des informations sur les maladies (et autres éventualités, comme les suicides ou les accidents de transport) qui peuvent conduire directement au décès. Elles peuvent être utilisées pour contribuer à la planification des services de santé. Ces statistiques concernent la maladie ou le traumatisme sous-jacent qui a déclenché l’évolution morbide conduisant directement au décès ou les circonstances de l’accident ou de la violence qui ont entraîné le traumatisme mortel; elles sont classées selon une des 86 causes de décès telles que définies par la European shortlist for causes of death (2012).

Les cartes 1 et 2 et le graphique 1 présentent des statistiques sur les causes de décès sous la forme de taux de mortalité standardisés. Les taux bruts de mortalité sont compilés en calculant un simple ratio entre le nombre de décès et le nombre d’habitants; ces taux sont fortement influencés par les différences dans les structures d’âge entre les régions, les personnes âgées étant plus susceptibles de décéder (par rapport aux personnes plus jeunes) ou de contracter une maladie ou une affection spécifique. Les taux de mortalité standardisés sont considérés comme étant plus comparables (par exemple, entre pays/régions ou dans le temps), étant donné que les taux de mortalité spécifiques à l’âge sont ajustés pour refléter la structure d’une population standard (une population hypothétique pour les pays de l’UE et de l’AELE; en anglais). L’utilisation de taux standardisés permet le contrôle par les statisticiens de différentes répartitions par âge parmi les populations ou dans le temps et la comparaison des sous-groupes ou des régions ayant des structures d’âge différentes. Les taux de mortalité standardisés régionaux sont communiqués sous la forme de moyennes sur trois ans, afin d’atténuer certaines des fluctuations relativement importantes qui pourraient survenir d’année en année.

Les statistiques les plus récentes sur la mortalité par cause de décès sont disponibles pour 2015, année au cours de laquelle 5,21 millions de décès ont été enregistrés dans l’UE-28. Les quatre principales causes de décès étaient les suivantes: les maladies de l’appareil circulatoire (1,9 million de décès); le cancer (1,3 million de décès); les maladies de l’appareil respiratoire (442 000 décès); et les causes extérieures de morbidité et mortalité (238 000 décès). Cette dernière cause comprend, entre autres, les blessures intentionnelles, les chutes et les accidents de transport.

Au cours de la période de trois ans courant de 2013 à 2015, le taux de mortalité standardisé de l’UE-28 s’élevait à 1 023 décès pour 100 000 habitants. La Bulgarie, la Roumanie et la Lettonie étaient les seuls États membres de l’UE présentant un taux de mortalité standardisé supérieur à 1 500 décès pour 100 000 habitants, tandis que l’Italie, l’Espagne et la France étaient les seuls États membres présentant un taux inférieur à 900 décès pour 100 000 habitants.

Au cours de la période 2013-2015, les taux de mortalité pour les causes de mortalité les plus communes dans l’UE-28 étaient les suivants: 380,9 décès pour 100 000 habitants pour les maladies de l’appareil circulatoire; 261,7 décès pour 100 000 habitants pour le cancer; 83,5 décès pour 100 000 habitants pour les maladies de l’appareil respiratoire et 46,2 décès pour 100 000 habitants pour les causes extérieures de morbidité et de mortalité.

Maladies chroniques

Les maladies chroniques sont la principale cause de handicap et de décès au sein de l’UE: aux fins de la présente publication, il s’agit de cancers (des informations plus détaillées sont fournies ci-après), du diabète sucré, des cardiopathies ischémiques, des maladies cérébrovasculaires, des maladies chroniques des voies respiratoires inférieures et des maladies hépatiques chroniques. Ce large éventail d’affections médicales est à l’origine de plus de la moitié des décès au sein de l’UE-28 pendant la période 2013-2015 et présente un taux de mortalité combiné de 548,8 décès pour 100 000 habitants.

Les décès dus à des maladies chroniques étaient concentrés en Europe de l’Est et dans les États membres baltes

La carte 1 montre que les taux de mortalité standardisés dus à des maladies chroniques les plus élevés ont été enregistrés en Europe de l’Est et dans les États membres baltes, bien que les deux régions de Slovénie et toutes les régions polonaises sauf deux (Poméranie et Silésie) présentaient des taux de mortalité inférieurs. Au total, 44 régions NUTS 2 de l’UE où le taux de mortalité standardisé dû à des maladies chroniques était supérieur à 650 décès pour 100 000 habitants (comme le montre la teinte la plus foncée sur la carte 1), dont deux régions allemandes (Sachsen-Anhalt et Saarland) et une région du Royaume-Uni (South Western Scotland). D’après une analyse plus détaillée, le taux de mortalité standardisé dû à des maladies chroniques était supérieur à 1 000 pour 100 000 habitants (soit 1,0 % de la population) dans 11 régions de l’UE. C’était le cas de toutes les régions hongroises, à l’exception de celle de la région de la capitale, Közép-Magyarország; de trois régions roumaines (Nord-Vest, Centru et Sud-Vest Oltenia); et de la Lettonie et de la Lituanie (qui constituent chacune une seule région à ce niveau d’analyse).

Le taux de mortalité standardisé le plus élevé pour les maladies chroniques parmi les régions NUTS 2 a été enregistré dans la région d’Észak-Magyarország, dans le nord de la Hongrie, avec 1 168,6 pour 100 000 habitants. En revanche, le taux de mortalité standardisé le plus bas a été enregistré dans la région française ultrapériphérique de la Guadeloupe, avec 314,1 décès pour 100 000 habitants; dès lors, une personne établie dans la région d’Észak-Magyarország avait 3,7 fois plus de chances de mourir d’une maladie chronique qu’une personne établie en Guadeloupe.

De manière plus générale, les plus faibles taux de mortalité standardisés dus à des maladies chroniques ont été enregistrés presque exclusivement dans des régions françaises. Sur les 17 régions de l’UE-28 où ce taux était inférieur à 400 décès pour 100 000 habitants, la seule région hors de France était la Comunidad de Madrid, la région de la capitale espagnole. Le deuxième taux de mortalité standardisé le plus faible pour les maladies chroniques concernait l’Île-de-France, la région de la capitale française. Les personnes vivant dans les régions de capitales peuvent bénéficier d’un accès rapide aux soins d’urgence et de la disponibilité d’un large éventail de spécialistes. En revanche, les régions de l’UE présentant les taux de mortalité dus à des maladies chroniques les plus élevés étaient souvent considérées comme des régions industrielles traditionnelles, où, entre autres, les préoccupations environnementales et une grande partie du travail manuel étaient susceptibles d’avoir une incidence sur la santé des personnes.
Carte 1: Taux de mortalité standardisés dus à des maladies chroniques, par région NUTS 2, 2013-2015
(pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat (hlth_cd_ysdr2)

Cancers

En dépit des avancées notables réalisées dans la lutte contre le cancer, cette maladie reste une préoccupation essentielle de santé publique et une charge considérable pour la société. En 2015, 1,32 million de personnes sont décédées des suites d’un cancer dans l’UE-28, soit un peu plus d’un quart (25,4 %) de l’ensemble des décès; ce chiffre était plus élevé que le nombre de décès attribués aux cardiopathies ischémiques ou aux maladies cérébrovasculaires.

Les sept régions hongroises figuraient parmi les dix régions de l’UE présentant les taux de mortalité dus à des cancers les plus élevés

Le taux de mortalité standardisé dû à des cancers dans l’UE-28 s’élevait en moyenne à 261,7 décès pour 100 000 habitants au cours de la période 2013-2015. Quant aux maladies chroniques, la carte 2 montre une division est-ouest relativement nette dans les taux de mortalité dus à des cancers entre les différentes régions de l’UE, bien que moins prononcée. Les taux de mortalité standardisés dus à des cancers les plus élevés — plus de 300 décès pour 100 000 habitants (comme le montre la teinte la plus foncée sur la carte) — étaient concentrés en Croatie (les deux régions), en Hongrie (les sept régions), en Pologne (la moitié des 16 régions), en Slovénie (les deux régions), en Slovaquie (les quatre régions) et au Royaume-Uni (huit régions du nord de l’Angleterre ou de l’Écosse). Le reste des 36 régions présentant les taux de mortalité les plus élevés était composé d’une région de chacun des pays suivants: République tchèque, Danemark, Pays-Bas, Portugal et Roumanie. La région de Dél-Dunántúl, dans le sud-ouest de la Hongrie, présentait le taux de mortalité standardisé dû à des cancers le plus élevé parmi les régions NUTS 2, avec une moyenne de 367,0 décès pour 100 000 habitants au cours de la période 2013-2015. Les six autres régions hongroises figuraient également parmi les dix régions de l’UE présentant les taux de mortalité les plus élevés. Ces régions étaient suivies par Kontinentalna Hrvatska (Croatie intérieure), South Western Scotland (Royaume-Uni) et Západné Slovensko (Slovaquie occidentale).

Les régions ultrapériphériques françaises de la Guyane et de la Guadeloupe (présentant chacune 174 décès pour 100 000 habitants) étaient les seules régions de l’UE à enregistrer des taux de mortalité standardisés dus à des cancers inférieurs à 200,0 décès pour 100 000 habitants au cours de la période 2013-2015. Les taux de mortalité les plus faibles suivants ont été enregistrés dans ces régions: Chypre (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse); les régions de Molise, Calabria, Abruzzo et Basilicata en Italie méridionale; une autre région ultrapériphérique française, à savoir la Martinique; Pohjois- ja Itä-Suomi (Finlande septentrionale et Finlande orientale); et la Comunidad de Madrid, la région de la capitale espagnole.
Carte 2: Taux de mortalité standardisés dus à des cancers
(tumeurs malignes), par région NUTS 2, 2013-2015
(pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat (hlth_cd_ysdr2)

Suicide

Les causes extérieures de mortalité étaient la quatrième cause la plus commune de décès dans l’UE-28 au cours de la période 2013-2015. Cette catégorie se compose de diverses causes de décès, dont les blessures intentionnelles (ci-après appelées «suicides»), les chutes ou les accidents (de transport). Le suicide est défini comme une tentative délibérée de mettre fin à ses jours: les statistiques présentées ne concernent donc que les situations ayant résulté en la mort des individus concernés et non les tentatives de suicide infructueuses ou les autres formes non mortelles d’automutilation.

On constate un écart hommes-femmes considérable en ce qui concerne le suicide dans l’UE-28: au cours de la période 2013-2015, le taux de mortalité standardisé pour les hommes (18,5 décès pour 100 000 habitants masculins) était près de quatre fois supérieur à celui des femmes (4,9 décès pour 100 000 habitantes). Ces différences peuvent être attribuées, du moins en partie, à la probabilité de succès de la méthode de suicide choisie, les hommes optant souvent pour des méthodes plus impulsives (et mortelles), de sorte que, au même titre que pour les autres causes extérieures de décès, ils sont surreprésentés en termes de décès dus à un comportement violent ou criminel, à l’usage de drogues ou aux sports extrêmes. Cet écart hommes-femmes a été observé dans chacun des États membres de l’UE et était le plus prononcé en Europe orientale, où les taux de mortalité standardisés dus à des suicides chez les hommes en Roumanie, en Slovaquie et en Pologne étaient six ou sept fois supérieurs à ceux des femmes; c’était également le cas de Malte.

Parmi l’ensemble des régions de l’UE, la Lituanie a enregistré le taux de mortalité standardisé dû à des suicides le plus élevé chez les hommes et le cinquième taux le plus élevé chez les femmes

Le graphique 1 recense les régions NUTS 2 présentant les taux de mortalité standardisés dus à des suicides les plus élevés et les plus faibles. La Lituanie (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse) présentait le taux le plus élevé pour les hommes (60,5 décès pour 100 000 habitants masculins), lequel était plus de trois fois supérieur à la moyenne de l’UE-28. Les taux de mortalité chez les hommes les plus élevés suivants ont été enregistrés dans ces régions: deux régions rurales hongroises voisines (Észak-Alföld et Dél-Alföld); Lubuskie (Pologne occidentale); Vzhodna Slovenija (Slovénie orientale); et deux régions rurales françaises voisines (Basse-Normandie et Bretagne). La Lituanie figurait également parmi les 10 régions présentant les taux de mortalité standardisés dus à des suicides les plus élevés chez les femmes (cinquième position). Des taux de mortalité relativement élevés ont été enregistrés chez les femmes dans les régions suivantes: Dél-Alföld (qui figure également au classement concernant les hommes); et trois régions belges (Prov. West-Vlaanderen, Prov. Liège and Prov. Namur), dans lesquelles le taux de mortalité le plus élevé chez les femmes a été enregistré, soit 14,6 décès pour 100 000 habitantes.
Graphique 1: Régions NUTS 2 présentant les taux de mortalité standardisés dus à des suicides les plus élevés et les plus faibles par sexe, 2013-2015
(pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat (hlth_cd_ysdr2)

Soins de santé

Les cartes 3 et 4 présentent des indicateurs liés à la fourniture des soins de santé, la première concernant l’accès aux lits d’hôpital et la seconde l’accès aux médecins. Ces deux cartes reflètent l’organisation des soins de santé propre à chaque pays et le type de service fourni aux patients.

Lits d’hôpital

Pendant de nombreuses années, le nombre de lits d’hôpital disponibles dans toute l’Union a diminué: cela peut être lié à des changements des politiques en matière de soins de santé observés dans une majorité d’États membres de l’Union, en vertu desquels la durée moyenne du séjour à l’hôpital a été réduite par l’introduction de nouveaux traitements et de chirurgies moins invasives, dont certaines peuvent être réalisées dans le cadre de soins ambulatoires.

Les lits d’hôpital sont définis comme des lits qui sont régulièrement entretenus, dotés de personnel et immédiatement disponibles pour les soins des patients admis à l’hôpital; ces statistiques couvrent tant les lits d’hôpitaux généraux que ceux d’hôpitaux spécialisés. En 2015, l’UE-28 comptait 2,62 millions de lits d’hôpital, ce qui signifie que le nombre total de lits avait connu une diminution globale de 9,5 % au cours des dix dernières années pour lesquelles des données sont disponibles.

Sans tenir compte de Berlin, certains des plus grands nombres de lits d’hôpital par rapport à la taille de la population ont été enregistrés en Allemagne

Le nombre moyen de lits d’hôpital dans l’UE-28, par rapport à la taille de la population, a diminué de 69 lits pour 100 000 habitants entre 2005 et 2015, de sorte que l’on comptait, en moyenne, 515 lits d’hôpital pour 100 000 habitants en 2015. La carte 3 confirme la très forte densité de lits d’hôpital dans presque toutes les régions allemandes (comme le montre la teinte la plus foncée sur la carte). En effet, la région de Berlin, la capitale, était la seule parmi les 16 régions NUTS 1 allemandes à enregistrer moins de 700 lits d’hôpital pour 100 000 habitants. Le ratio le plus élevé a été enregistré dans la région de Mecklenburg-Vorpommern, dans le nord de l’Allemagne, une région essentiellement rurale à faible densité de population comptant un peu plus de 1 300 lits d’hôpital pour 100 000 habitants. Seules trois autres régions de l’UE ont enregistré des ratios supérieurs à un lit d’hôpital pour 1 000 habitants: la région de Thüringen, en Allemagne orientale (niveau NUTS 1); la région de la capitale de la Roumanie, București - Ilfov; et la région de Zachodniopomorskie, dans le nord de la Pologne, qui partage une frontière avec la région de Mecklenburg-Vorpommern.

Dix-sept régions de l’UE comptaient moins de 250 lits d’hôpital pour 100 000 habitants (comme le montre la teinte la plus claire sur la carte). Ces régions étaient réparties comme suit: cinq régions espagnoles d’Espagne; cinq régions suédoises (y compris la région de Stockholm, la capitale); trois régions danoises (y compris la région de la capitale de Hovedstaden); deux régions portugaises; ainsi qu’une région d’Irlande et une région d’Italie. Outre les régions espagnoles atypiques de Ciudad Autónoma de Melilla et Ciudad Autónoma de Ceuta, les ratios les plus faibles ont été enregistrés dans les régions méridionales de la Calabria en Italie (210,3 lits pour 100 000 habitants), de l’Alentejo au Portugal (217,2 lits pour 100 000 habitants) et de l’Andalucía en Espagne (220,1 lits pour 100 000 habitants).

Il est intéressant de comparer le ratio entre le nombre de lits d’hôpital et la taille de la population dans les régions de capitales ainsi que dans les autres régions, et ce, pour tous les États membres de l’UE. Par exemple, dans les États membres orientaux de la République tchèque, de la Hongrie et de la Roumanie, les régions de capitales présentaient l’un des ratios/les ratios les plus élevés. Par ailleurs, dans de nombreux États membres occidentaux et septentrionaux, il était plus courant de trouver des régions de capitales présentant des ratios relativement faibles, alors que les nombres de lits par habitant étaient généralement plus élevés dans les régions rurales et faiblement peuplées (ce qui reflétait peut-être un niveau plus élevé de disponibilité dans ces régions pour compenser les distances considérables que certaines personnes devaient parcourir pour obtenir un traitement et le manque d’économies d’échelle disponibles dans les régions urbaines vastes et densément peuplées).
Carte 3: Nombre de lits d’hôpital par rapport à la taille de la population, par région de niveau NUTS 2, 2015
(nombre pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat (hlth_rs_bdsrg) et (hlth_rs_bds)

Nombre de médecins

Les médecins ou docteurs (en médecine) ont un diplôme en médecine et fournissent des services directement aux patients en tant que consommateurs de soins de santé. Afin de comparer les services de soins de santé entre les États membres de l’Union, Eurostat utilise de préférence le concept de médecins praticiens, même si, dans certains pays (la Grèce, la Slovaquie et la Finlande, ainsi que l’ancienne République yougoslave de Macédoine, la Serbie et la Turquie), les seules données disponibles concernent les médecins professionnellement actifs ou les médecins habilités à exercer (Portugal) [1].

En 2015, il y avait 1,81 million de médecins dans l’UE-28, soit 356 médecins pour 100 000 habitants. D’après la carte 4, les ratios les plus élevés de médecins par rapport à la taille de la population ont souvent été enregistrés dans les régions de capitales, où les médecins spécialisés sont susceptibles d’être concentrés. Les quatre ratios régionaux les plus élevés ont été observés dans les régions grecque, tchèque, autrichienne et slovaque d’Attiki, de Praha (données de 2013), de Wien et de Bratislavský kraj (données de 2014), tandis que l’Área Metropolitana de Lisboa (Portugal), Bucuresti - Ilfov (Roumanie) et Berlin (Allemagne; informations présentées pour les régions NUTS 1) figuraient également parmi les 17 régions de l’UE comptant plus de 500 médecins (praticiens) pour 100 000 habitants.
Carte 4: Nombre de médecins (praticiens) par rapport à la taille de la population, par région de niveau NUTS 2, 2015
(nombre pour 100 000 habitants)
Source: Eurostat (hlth_rs_prsrg)

Besoins de santé non satisfaits

Un individu peut affirmer que ses besoins de soins médicaux ne sont pas satisfaits pour de multiples raisons. Parmi celles-ci figurent notamment: le coût (les services sont considérés comme trop onéreux); la distance (l’hôpital ou l’établissement de soins sont trop loin); le délai (listes d’attente); ou un manque de sensibilité culturelle/une discrimination culturelle. Ces problèmes sont susceptibles de restreindre l’accès d’un individu aux services de soins de santé et d’affecter sa qualité de vie, son bien-être et sa participation sociale, ainsi que d’influencer les développements socio-économiques à un niveau plus global.

En 2016, la proportion de la population adulte de l’UE-28 présentant des besoins de santé non satisfaits (en raison d’un coût trop élevé, d’une trop grande distance ou de listes d’attente) s’élevait à 2,5 %. Une analyse par degré d’urbanisation (voir graphique 2) révèle que cette proportion était légèrement supérieure dans les régions rurales (3,0 %) que dans les villes moins peuplées et banlieues (2,4 %) ou les villes (2,3 %).

La proportion de personnes âgées de 16 ans et plus présentant des besoins de santé non satisfaits était inférieure à la moyenne de l’UE-28 dans la majorité des États membres de l’UE et est tombée à pas moins de 0,2 % aux Pays-Bas et en Autriche. Toutefois, un degré de variation considérable a été observé entre les autres États membres, la proportion de personnes présentant des besoins de santé non satisfaits étant plus de deux fois supérieure à la moyenne de l’UE-28 en Italie, en Roumanie et en Pologne, plus de trois fois supérieure en Lettonie, plus de cinq fois supérieure en Grèce et plus de six fois supérieure en Estonie.

Une analyse par degré d’urbanisation pour 2016 révèle que la proportion de personnes présentant des besoins de santé non satisfaits était particulièrement élevée pour les personnes vivant dans les villes d’Estonie; c’était également le cas au Luxembourg, à Chypre, aux Pays-Bas et en Suède. En revanche, en Roumanie, en Bulgarie et en Croatie, une proportion bien supérieure de la population adulte vivant dans les zones rurales présentait des besoins de santé non satisfaits. Cette tendance a également été observée au Portugal et en Espagne, où la proportion de personnes vivant dans les zones rurales et présentant des besoins de santé non satisfaits était particulièrement élevée par rapport à la proportion équivalente de personnes vivant dans les villes.
Graphique 2: Proportion de personnes présentant des besoins de santé non satisfaits, par degré d’urbanisation, 2016
(part de la population âgée de 16 ans et plus, en pourcentage)
Source: Eurostat (hlth_silc_21)

État de santé auto-évalué

Le graphique 3 fournit une analyse alternative par degré d’urbanisation, détaillant la proportion de la population adulte ayant déclaré un état de santé auto-évalué bon ou très bon. Dans l’ensemble de l’UE-28, plus des deux tiers (67,5 %) de la population âgée de 16 ans et plus évaluaient leur propre santé comme bonne ou très bonne en 2016. Un examen plus approfondi permet d’observer que cette proportion était plus élevée dans l’UE-28 pour les personnes vivant dans les villes (69,3 %) que pour les personnes vivant dans les villes moins peuplées et les banlieues (67,7 %) ou dans les zones rurales (64,7 %).

Dans une majorité d’États membres de l’UE (18), une plus grande proportion de personnes vivant dans les villes (plutôt que dans les villes moins peuplées et les banlieues ou les zones rurales) considéraient leur propre santé comme bonne ou très bonne. En revanche, en Irlande, aux Pays-Bas, à Malte et au Royaume-Uni, les personnes vivant dans les zones rurales étaient davantage susceptibles de considérer leur propre santé comme bonne ou très bonne.

Il convient de noter que l’état de santé (auto-évalué) est fortement lié à l’âge, de telle sorte que l’analyse de l’état de santé par degré d’urbanisation peut refléter des différences dans la structure d’âge par degré d’urbanisation.
Graphique 3: Proportion de personnes considérant leur propre santé comme bonne ou très bonne, par degré d’urbanisation, 2016
(part de la population âgée de 16 ans et plus, en pourcentage)
Source: Eurostat (hlth_silc_18)

Source des données pour les graphiques et cartes


Sources des données

Depuis l’année de référence 2011, les données relatives aux causes de décès sont transmises en vertu d’une base juridique spécifique, le règlement (CE) nº 1338/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif aux statistiques communautaires de la santé publique et de la santé et de la sécurité au travail et le règlement d’exécution (UE) nº 328/2011 du 5 avril 2011 relatif aux statistiques communautaires de la santé publique et de la santé et de la sécurité au travail, en ce qui concerne les statistiques sur les causes de décès. Les informations présentées concernant les causes de décès se rapportent aux taux de mortalité standardisés, calculés en moyenne sur la période de trois ans de 2013 à 2015.

Pour en savoir plus:

Causes of death (en anglais)


Les données sur les soins de santé non relatives aux dépenses, présentées dans cet article pour les lits d’hôpital et le nombre de médecins, sont transmises à Eurostat sur la base d’un accord verbal, puisqu’aucun acte d’exécution ne régit actuellement les statistiques sur les ressources des soins de santé conformément au règlement (CE) nº 1338/2008. Ces données sont principalement basées sur des sources administratives nationales; par conséquent, elles reflètent l’organisation des soins de santé propre à chaque pays et ne sont pas toujours totalement comparables. Quelques pays compilent leurs statistiques à partir d’enquêtes.

Pour en savoir plus:

Healthcare activities (en anglais)


Les données présentées concernant les besoins de soins médicaux non satisfaits et la proportion de personnes qui considèrent leur propre santé comme bonne ou très bonne sont tirées des statistiques de l’Union européenne sur le revenu et les conditions de vie (EU-SILC). Il s’agit d’une source annuelle qui est la source de référence pour les statistiques comparatives sur la répartition des revenus et l’inclusion sociale au sein de l’UE. Les informations présentées concernent la population adulte (âgée de 16 ans et plus) qui vit dans des ménages privés.

Pour en savoir plus:

EU statistics on income and living conditions (EU-SILC) methodology - self-reported health (en anglais)


Contexte

Tout en étant une valeur en soi, la santé est une condition essentielle pour la prospérité économique. Des dépenses efficaces et intelligentes dans le domaine de santé peuvent favoriser la croissance économique par des systèmes de santé plus durables, des programmes de promotion de la santé ou des investissements pour briser le cycle de la mauvaise santé qui résulte des inégalités, de la pauvreté et de l’exclusion sociale tout en y contribuant. En agissant de la sorte, Investing in health (en anglais) [SWD(2013) 43 final] peut contribuer aux objectifs de la stratégie Europe 2020 pour une «croissance intelligente, durable et inclusive».

La Commission européenne coopère avec les États membres de l’Union sur la base d’une méthode ouverte de coordination pour les questions liées à la santé. Ce processus volontaire est fondé sur l’établissement d’objectifs communs et aide les autorités nationales à coopérer. Au niveau de l’UE, les actions stratégiques relèvent généralement de la compétence de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire et de la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion: elles se concentrent sur la protection des personnes contre les menaces pour leur santé et les maladies (grippe ou autres épidémies), la protection des consommateurs (questions liées à la sécurité alimentaire), la promotion de modes de vie sains (activité physique et alimentation saine), ou la sécurité au travail. La base juridique du troisième programme de santé de l’Union est le règlement (UE) nº 282/2014 portant établissement d’un troisième programme d’action de l’Union dans le domaine de la santé (2014-2020). Ce programme vise à:

  • faciliter l’accès des citoyens de l’Union à des soins de santé plus sûrs et de meilleure qualité;
  • favoriser des systèmes de santé innovants, efficaces et viables;
  • améliorer la santé des citoyens de l’Union et à réduire les inégalités en matière de santé;
  • prévenir les maladies et œuvrer à la création de conditions favorables à des modes de vie sains;
  • protéger les citoyens des menaces transfrontières sur la santé.

La politique de cohésion de l’UE offre un instrument puissant pour aider les États membres de l’UE et leurs régions à investir dans des systèmes de santé durables, innovants et réformés. Les fonds structurels et d’investissement pour des investissements indirects tels que la revitalisation urbaine, les transports, l’environnement, l’emploi, l’inclusion sociale et le logement peuvent également avoir une incidence considérable sur la santé de la population. Au cours de la période 2014-2020, l’Union entend: investir dans les infrastructures de santé, en renforçant en particulier le passage d’un modèle centré sur l’hôpital à des services de soins communautaires et intégrés; réduire les inégalités en matière de santé entre les régions et accorder aux groupes défavorisés et aux communautés marginalisées un meilleur accès aux soins de santé; soutenir l’adaptation, le renforcement des compétences et l’apprentissage tout au long de la vie du personnel de santé; favoriser une vieillesse active et en bonne santé afin de promouvoir l’employabilité et permettre aux personnes de rester actives plus longtemps.

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Statistiques régionales de la santé (t_reg_hlth)
Toutes causes de décès, par région NUTS 2 (tgs00057)
Décès dus au cancer, par région NUTS 2 (tgs00058)
Décès dus aux cardiopathies ischémiques, par région NUTS 2 (tgs00059)
Décès dus aux accidents, par région NUTS 2 (tgs00060)
Décès dus aux accidents de transport, par région NUTS 2 (tgs00061)
Médecins, par région NUTS 2 (tgs00062)
Dentistes, par région NUTS 2 (tgs00063)
Lits d’hôpital disponibles, par région NUTS 2 (tgs00064)


État de santé (hlth_state)
Santé perçue par soi-même et bien-être (hlth_sph)
Limitations d’ordre fonctionnel ou dans les activités usuelles (hlth_fal)
Morbidité chronique auto-déclarée (hlth_srcm)
Systèmes de soins de santé- ressources (hlth_res)
Personnel de soin de santé (hlth_staff)
Personnel de santé par région NUTS 2 (hlth_rs_prsrg)
Équipements de soins de santé (hlth_facil)
Lits d’hôpital par région NUTS 2(hlth_rs_bdsrg)
Besoins de santé non satisfaits (hlth_unm)
Statistiques régionales de la santé (reg_hlth)
Causes de décès (reg_hlth_cdeath)
Soins de santé: ressources et patients (sauf données relatives aux dépenses) (reg_hlth_care)


Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s statistical atlas (en anglais) [voir le user manual (en anglais)].

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat, l’Annuaire régional d’Eurostat.

Notes

  1. . Un médecin praticien fournit des services directement aux patients, à savoir, entre autres: la réalisation d’examens médicaux et la pose de diagnostic; la prescription de médicaments et le traitement des maladies, troubles ou lésions diagnostiqués; le traitement médical ou chirurgical spécialisé de certains types de maladies, troubles ou lésions; le conseil et l’application de méthodes et de traitements médicaux préventifs. Un médecin professionnellement actif est un médecin praticien ou tout autre médecin qui doit obligatoirement avoir une formation médicale pour pratiquer le métier (par exemple, la vérification des absences médicales du travail, l’essai de médicaments, la recherche médicale). La catégorie des médecins habilités comprend les médecins praticiens, les médecins professionnellement actifs, ainsi que tous les médecins inscrits habilités à exercer en tant que professionnels de la santé.