PIB au niveau régional

Données extraites en mars 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

Le PIB moyen par habitant dans l’Inner London - West était 21 fois supérieur à celui dans la région bulgare de Severozapaden.

Certains des ratios de revenu primaire par habitant les plus élevés au sein de l’UE étaient concentrés dans le sud de l’Allemagne, avec un pic de 34 600 standards de pouvoir d’achat relatifs à la consommation (SPAC) par habitant dans la région d’Oberbayern.

Source: Eurostat

La politique régionale de l’Union européenne (UE) vise à soutenir l’agenda plus large de la stratégie Europe 2020. Elle a pour but d’encourager la solidarité, de sorte que chaque région puisse pleinement réaliser son plein potentiel en réduisant les inégalités territoriales, sociales et économiques. Au cours de la période 2014-2020, près d’un tiers du budget total de l’UE est consacré à la politique de cohésion: les comptes nationaux et les comptes régionaux sont importants dans ce contexte, dans la mesure où ils ont été utilisés afin de déterminer la mesure dans laquelle les États membres de l’UE devraient contribuer au budget de l’UE et où ils servent également de base à l’affectation des dépenses de la politique de cohésion. En mai 2018, la Commission européenne a présenté une proposition de cadre financier pluriannuel pour la période 2021-2027. Ces propositions prévoyaient une réduction modeste des dotations budgétaires pour la politique de cohésion et des crédits d’engagement pour la cohésion économique, sociale et territoriale pendant toute la période de programmation s’élevant à 373 milliards d’euros, soit 29,2 % du budget total.

Article complet

Cet article utilise des comptes économiques régionaux pour analyser l’évolution économique au sein de l’Union européenne (UE). La première section concerne le produit intérieur brut (PIB) régional, qui est le principal agrégat pour mesurer la production économique d’une économie. Cette section est suivie par une analyse régionale du revenu primaire des ménages, facilitant l’élimination des effets de la migration pendulaire. La dernière section, consacrée à la croissance économique et à la productivité, présente des informations sur le taux de croissance réel de la valeur ajoutée brute, de l’investissement (tel que mesuré par la formation brute de capital fixe) et de la productivité de la main-d’œuvre (telle que mesurée par la valeur ajoutée brute par heure travaillée).

Le produit intérieur brut (PIB) est la mesure centrale des comptes nationaux, qui résume la situation économique d’un pays ou d’une région. Cet agrégat bien connu a traditionnellement été divisé par le nombre total d’habitants afin de créer une mesure de substitution permettant d’analyser le niveau de vie global, à savoir le PIB par habitant. Bien que le PIB soit toujours utilisé pour suivre l’évolution économique et qu’il joue un rôle important dans la prise de décisions économiques, il a été complété par d’autres indicateurs dans son rôle de source d’informations visant à éclairer les débats politiques sur les aspects sociaux et environnementaux du bien-être. En effet, il ne tient pas compte des facteurs externes, tels que la répartition des revenus, l’inclusion sociale ou la durabilité environnementale, qui sont de plus en plus souvent considérés comme des moteurs essentiels de la qualité de vie globale et du développement durable. Un certain nombre d’initiatives internationales ont mis l’accent sur cette question et, en août 2009, la Commission européenne a adopté une communication intitulée «Le PIB et au-delà: mesurer le progrès dans un monde en mutation» [COM(2009) 433 final], qui a présenté une série d’actions destinées à améliorer et compléter les mesures du PIB.

Le PIB est toujours utilisé pour analyser les résultats et les cycles économiques (comme les récessions, les reprises et les phases d’expansion). Le PIB aux prix du marché dans l’UE-28 a été estimé à 15,3 milliards d’euros en 2017, soit une moyenne de 29 900 euros par habitant. Pour compenser les différences de prix entre les pays, le PIB peut être converti à l’aide de facteurs de conversion appelés «parités de pouvoir d’achat (PPA)». L’utilisation de PPA (plutôt que des taux de change du marché) convertit les données en une monnaie commune artificielle appelée standard de pouvoir d’achat (SPA). Globalement, l’utilisation de séries exprimées en SPA plutôt qu’en euros tend à avoir un effet de nivellement, étant donné que les pays ayant un PIB par habitant très élevé en euros affichent généralement aussi des niveaux de prix relativement élevés (par exemple, le coût de la vie au centre au Luxembourg est généralement plus élevé que le coût de la vie en Bulgarie).

Produit intérieur brut (PIB) régional par habitant

Les inégalités qui existent entre les différentes régions de l’UE peuvent être attribuées à un large éventail de facteurs, notamment: les changements induits par la mondialisation (tels que la délocalisation et l’externalisation des activités de production et de service), l’héritage d’anciens systèmes économiques, les développements socio-économiques, l’éloignement géographique et la disponibilité des ressources, y compris les ressources humaines. Ces inégalités peuvent se manifester, entre autres, sous forme de privation sociale, de mauvaises conditions de logement, d’éducation et de soins de santé, de niveaux accrus de chômage ou d’infrastructures inappropriées.

Afin de remédier à ces disparités, l’ensemble de l’UE est couvert par la politique régionale: la majeure partie des financements est concentrée sur les régions moins développées, dans le but de les aider à rattraper leur retard. L’allocation des fonds structurels et d’investissement est destinée aux régions moins développées (PIB par habitant < 75 % de la moyenne de l’UE) et aux régions en transition (PIB par habitant de 75 à 90 % de la moyenne de l’UE). L’allocation des fonds de cohésion a été adaptée en 2016 afin de concentrer l’aide sur les pays où le revenu national brut (RNB) par habitant (moyenne de la période 2012-2014) était inférieur à 90 % de la moyenne de l’UE.

Le PIB par habitant de la région d’Inner London - West était plus de 6,1 fois supérieur à la moyenne de l’UE-28

La carte 1 présente des informations sur le PIB régional par habitant pour l’ensemble des régions de niveau NUTS 2: les valeurs sont exprimées en SPA et en pourcentage de la moyenne de l’UE-28 qui correspond à 100 %. Les régions pouvant être considérées comme relativement «riches», dans lesquelles le PIB par habitant était supérieur à la moyenne de l’UE-28, sont indiquées en bleu. En 2016, l’activité économique de l’UE était quelque peu inégale étant donné que 101 des 276 régions pour lesquelles des données sont disponibles ont enregistré un niveau de PIB par habitant supérieur à la moyenne de l’UE-28. La création de richesse était dès lors concentrée dans des poches régionales, tandis qu’une proportion supérieure de régions ont enregistré des niveaux de PIB par habitant inférieurs à la moyenne. Les régions relativement «riches» étaient principalement situées dans une bande s’étendant du nord de l’Italie à l’Allemagne en passant par l’Autriche avant de se diviser en deux et de se diriger, d’une part, vers plusieurs régions situées dans les pays du Benelux, le sud de l’Angleterre et le sud de l’Irlande et, d’autre part, vers les États membres nordiques.

L’un des détails les plus frappants de la carte est la présence de poches de création de richesse relativement élevée qui sont apparentes pour presque toutes les régions de capitales. Cela n’a jamais été aussi manifeste que dans l’une des deux régions de capitales du Royaume-Uni, à savoir Inner London - West, où le PIB par habitant était plus de six fois supérieur à la moyenne de l’UE-28 en 2016 (611 %). Les ratios les plus élevés suivants ont été enregistrés au Luxembourg (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse, 258 %), dans la région Southern and Eastern (région abritant la capitale irlandaise, 217 %) et dans la région de Bruxelles-Capitale/Brussels Hoofdstedelijk Gewest (la région abritant la capitale belge, 200 %). Il s’agissait des quatre seules régions de l’UE où le PIB par habitant était au moins deux fois supérieur à la moyenne de l’UE-28, bien que Hamburg (Allemagne) présentait un ratio légèrement inférieur et était atypique étant donné que son PIB par habitant était supérieur à celui enregistré pour la région de Berlin, la capitale allemande.

Quatorze autres régions de l’UE présentaient un niveau moyen du PIB par habitant supérieur d’au moins 50 % à la moyenne de l’UE-28 (voir la teinte de bleu la plus foncée sur la carte). Parmi celles-ci se trouvaient plusieurs autres régions de capitales, dont les suivantes: Bratislavský kraj (Slovaquie), Praha (République tchèque), Île de France (France), Stockholm (Suède), Inner London - East (deuxième des deux régions de capitales du Royaume-Uni), Noord-Holland (Pays-Bas), Hovedstaden (Danemark) et Wien (Autriche). S’y ajoutaient Oberbayern, Stuttgart, Darmstadt et Bremen (quatre régions métropolitaines allemandes), Salzburg (Autriche) et Berkshire, Buckinghamshire et Oxfordshire (Royaume-Uni).

Bien que les niveaux les plus élevés de PIB par habitant aient été enregistrés dans les régions de capitales des États membres occidentaux, le contraste entre la performance économique des régions de capitales et de leurs régions environnantes a été, d’une certaine manière, encore plus marqué en Europe orientale (étant donné que la plupart des régions environnantes présentaient des niveaux de PIB par habitant inférieurs à 75 % de la moyenne de l’UE-28). Cette tendance était la plus évidente dans la région de Bratislavský kraj (la région de la capitale de la Slovaquie, 184 %) et à Praha (République tchèque, 182 %), étant donné que ces régions présentaient les sixième et septième niveaux les plus élevés de PIB par habitant des régions de niveau NUTS 2 en 2016. C’était également le cas de Bucuresti - Ilfov (Roumanie), de Mazowieckie (Pologne) et de Közép-Magyarország (Hongrie), étant donné que chacune de ces trois régions de capitales a également enregistré des niveaux de PIB par habitant supérieurs à la moyenne de l’UE-28.

Le PIB par habitant était inférieur à la moyenne de l’UE-28 dans une majorité de régions d’Espagne, de France et du Royaume-Uni

Les régions «les plus pauvres» de l’UE sont représentées sur la carte 1 par la teinte de mauve la plus foncée. Elles étaient principalement situées dans les parties orientales de l’UE, lesquelles s’étendaient de la Lettonie jusqu’à la Grèce et le sud de l’Italie, avant de traverser la Méditerranée vers les régions méridionales d’Espagne et la majeure partie du Portugal. Le PIB par habitant était également inférieur à 75 % de la moyenne de l’UE-28 dans cinq régions du Royaume-Uni (Lincolnshire, Tees Valley and Durham, South Yorkshire, Cornwall and Isles of Scilly, West Wales and The Valleys), ainsi que dans la province du Luxembourg, dans le sud de la Belgique.

Il est intéressant de noter qu’en 2016, une majorité des régions d’Espagne, de France et du Royaume-Uni présentaient des niveaux de PIB par habitant inférieurs à la moyenne de l’UE-28, tandis qu’en Italie, une proportion presque égale de régions présentait un PIB par habitant supérieur ou inférieur à la moyenne de l’UE-28. Tandis que les principaux centres métropolitains de ces pays ont continué d’enregistrer des niveaux moyens de PIB par habitant supérieurs à la moyenne de l’UE-28, leurs régions les «plus pauvres» pouvaient généralement être divisées en deux groupes: les régions rurales à faible densité de population, caractérisées par une émigration nette, et les régions post-industrielles, privées de leur base industrielle traditionnelle des suites de la mondialisation, que l’on décrit de plus en plus comme «délaissées».

Une analyse de la répartition régionale du PIB par habitant révèle que la Bulgarie, la Croatie, la Grèce et la Slovénie sont les seuls États membres multirégionaux de l’UE où l’activité économique était inférieure à la moyenne de l’UE-28 dans toutes les régions, alors qu’aucun des États membres multirégionaux n’a été en mesure de rapporter que chacune de ses régions présentait un niveau moyen de PIB par habitant supérieur à la moyenne de l’UE-28. L’Autriche et la Suède ont toutes deux fait état d’une seule région dont le PIB par habitant était inférieur à la moyenne de l’UE-28, à l’exception de la région la plus orientale du Burgenland (en Autriche) et de la région centrale de Norra Mellansverige (en Suède).
Carte 1: Produit intérieur brut (PIB) par habitant, par région NUTS 2, 2016
[à partir de données en standards de pouvoir d’achat
(SPA) par rapport à la moyenne de l’UE-28, UE-28 = 100]
Source: Eurostat (nama_10r_2gdp), (nama_10_gdp), (nama_10r_3popgdp) et (nama_10_pe)

L’évolution la plus rapide dans la création de richesse au cours de la période 2007-2016 s’est opérée en faveur des régions de capitales

La carte 2 montre l’évolution du PIB régional par habitant par rapport à la moyenne de l’UE-28 pour la période 2007-2016; il convient de noter que la comparaison couvre la période associée à la crise économique et financière mondiale qui a eu des effets à long terme sur plusieurs régions.

Entre 2007 et 2016, 117 régions de niveau NUTS 2 ont vu augmenter leur richesse relative, mesurée par le PIB par habitant, tandis que davantage de régions (157) ont enregistré une baisse relative. La plus forte augmentation de la création de richesse, par rapport à la moyenne de l’UE-28, a été enregistrée dans la région de la capitale irlandaise, dont le niveau d’activité économique a retrouvé un rythme rapide après la crise. Les quatre régions présentant les plus fortes augmentations suivantes en termes de richesse relative étaient également des régions de capitales, notamment les régions suivantes: Inner London - West, Bucuresti - Ilfov, Mazowieckie et Bratislavský kraj.

Parmi les États membres multirégionaux de l’UE, le PIB par habitant a augmenté à un rythme plus rapide que la moyenne de l’UE-28 dans toutes les régions bulgares, hongroises, polonaises, roumaines et slovaques et dans les trois États membres baltes (qui constituent chacun une seule région à ce niveau d’analyse), ainsi que dans toutes les régions sauf une en Autriche (la région de la capitale) et en République tchèque (Severozápad). La grande majorité des régions allemandes ont également enregistré une augmentation de leur niveau de vie relatif, les exceptions étant Saarland, Bremen, Hamburg et Darmstadt; il convient de noter que le PIB par habitant des trois dernières années était néanmoins supérieur d’au moins 50 % à la moyenne de l’UE-28 en 2016.

En revanche, le PIB moyen par habitant a augmenté à un rythme plus lent que la moyenne de l’UE-28 dans toutes les régions de Grèce, d’Espagne, de Croatie, d’Italie, des Pays-Bas, de Slovénie, de Finlande et de Suède, tandis qu’une tendance similaire a été observée dans toutes les régions sauf une de France métropolitaine (l’Île-de-France, à savoir la région de la capitale) et du Portugal (Norte).

Bien qu’il existe toujours un clivage est-ouest en ce qui concerne la création de richesse au sein de l’UE-28, cette tendance est moins prononcée qu’auparavant, ce qui laisse penser que la politique de cohésion, entre autres influences, a eu une certaine incidence sur les disparités nationales et régionales. D’autre part, il semblerait que certaines régions occidentales de l’UE qui étaient auparavant des zones industrielles importantes accusent un retard. Plusieurs régions du sud de la Belgique (par exemple la province du Hainaut et la province du Luxembourg), du nord et de l’est de la France (la Picardie, la Champagne-Ardenne et la Lorraine) ou du Royaume-Uni (Tees Valley and Durham, South Yorkshire et West Wales and The Valleys) en sont des exemples.
Carte 2: Évolution du produit intérieur brut (PIB) par habitant, par région NUTS 2, 2007-2016
[différence en points de pourcentage pour 2016 moins 2007; à partir de données en standards de pouvoir d’achat
(SPA) par rapport à la moyenne de l’UE-28, UE-28 = 100]
Source: Eurostat (nama_10r_2gdp), (nama_10_gdp), (nama_10r_3popgdp) et (nama_10_pe)

Revenus des ménages privés

Dans bon nombre des régions «les plus riches» de l’UE, une part relativement élevée de la richesse générée est due à l’afflux de travailleurs pendulaires; cette tendance est particulièrement vraie dans les régions de capitales, où le coût de la vie dans les endroits centraux oblige souvent les individus à envisager de s’installer dans des zones suburbaines qui peuvent être des régions NUTS voisines. Les flux de travailleurs pendulaires entre régions (ou transfrontaliers) amènent les salariés à contribuer à la richesse créée dans une région (celle où ils travaillent), tandis que le revenu de leur ménage est classé dans une autre région (celle où ils vivent). Dès lors, les niveaux élevés de PIB par habitant enregistrés dans certaines régions métropolitaines caractérisées par un grand nombre de travailleurs pendulaires entrants nets surestiment leur véritable bien-être économique. En revanche, le bien-être économique des régions qui entourent la capitale ou les régions métropolitaines est susceptible d’être sous-estimé lorsque l’on se fonde sur une analyse du PIB moyen par habitant.

Une analyse alternative est présentée sur la carte 3, qui fournit des informations sur le revenu primaire par habitant dans les régions de niveau NUTS 2; les données sont présentées en standards de pouvoir d’achat relatifs à la consommation (SPAC), qui tiennent compte des différences de prix entre les pays. Le revenu primaire des ménages privés est le revenu directement généré par des transactions de marché: il englobe généralement le revenu du travail rémunéré et non salarié, ainsi que le revenu reçu sous forme d’intérêts, de dividendes et de rentes; les intérêts et rentes à verser sont enregistrés comme éléments négatifs.

En 2015, la période de référence la plus récente pour laquelle un ensemble complet de données régionales est disponible, le revenu primaire dans l’UE-28 était en moyenne de 19 000 SPAC par habitant. Il oscillait entre un maximum de 56 300 SPAC par habitant dans la région d’Inner London - West et un minimum de 4 500 SPAC à Severozapaden, soit un facteur de 12,5 à 1. Ainsi, les ratios les plus élevés et les plus bas ont été enregistrés pour les mêmes régions que celles du PIB par habitant, où la différence entre les deux régions était de 20,7 à 1.

Quinze régions de l’UE présentaient un revenu primaire par habitant d’au moins 27 500 SPAC en 2015. La majorité d’entre elles, à savoir neuf régions, étaient situées en Allemagne et étaient généralement concentrées dans le sud de l’Allemagne, Hambourg étant la seule exception (région du nord de l’Allemagne). Les six régions restantes comptaient les régions suivantes: le Luxembourg (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse); l’Île-de-France, la région de la capitale française; la région belge de Prov. Vlaams-Brabant; la région autrichienne du Vorarlberg; et les régions britanniques d’Inner London - West et d’Outer London - West and North West.

Cette analyse alternative montre une fourchette beaucoup plus étroite des niveaux de revenu entre les différentes régions de l’UE: en tenant compte des effets de la migration pendulaire et en s’intéressant aux ménages, on obtient une répartition plus égale que celle présentée pour le PIB par habitant.

Les différences les plus importantes dans les niveaux intrarégionaux de revenu primaire par habitant ont été enregistrées dans certains des plus grands États membres de l’UE. Par exemple, au Royaume-Uni, le niveau de revenu primaire par habitant le plus élevé dans la région d’Inner London - West était 3,8 fois supérieur au niveau de revenu primaire par habitant le plus bas enregistré dans les West Midlands (15 000 SPAC par habitant). Une analyse similaire pour l’Italie montre les différences considérables de niveaux de revenu entre les régions du nord et celles du sud, le revenu primaire par habitant étant deux fois supérieur dans la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen (26 100 SPAC) que dans celle de Calabria (11 300 SPAC). S’il était possible de tenir compte du rôle redistributif du gouvernement par l’intermédiaire du système fiscal et de la fourniture de biens publics, la répartition des revenus entre les régions d’un même pays présenterait (normalement) des différences moins marquées.
Carte 3: Revenu primaire par habitant, par région NUTS 2, 2015
[standard de pouvoir d’achat relatif à la consommation (SPAC)]
Source: Eurostat (nama_10r_2hhinc), (nama_10r_3popgdp) et (tec00133)

Croissance économique et productivité

Taux de variation réel de la valeur ajoutée brute

La valeur ajoutée brute aux prix de base est définie comme la production valorisée aux prix de base moins la consommation intermédiaire valorisée aux prix d’acquisition. La somme de la valeur ajoutée brute aux prix de base de tous les secteurs d’activité, augmentée des impôts sur les produits et diminuée des subventions sur les produits devrait être équivalente au PIB.

Les informations présentées sur la carte 5.4 examinent l’évolution de la valeur ajoutée brute totale en termes réels. En d’autres termes, la valeur monétaire a été réduite pour tenir compte des variations de prix. Dans l’ensemble de l’UE-28, le taux moyen de variation réel de la valeur ajoutée totale entre 2012 et 2015 a augmenté de 1,4 % par an.

D’après la carte 5.4, la majorité des 38 régions de l’UE où l’activité économique a connu une contraction entre 2012 et 2015 étaient situées en Grèce, en Espagne, en Italie ou en Finlande. Bien que ces pertes ne dépassaient généralement pas 1,0 % par an, la valeur ajoutée totale de six régions de l’UE a chuté, en moyenne, de plus de 2,0 % par an, comme le montre la teinte de mauve la plus foncée de la carte 4. La plus forte contraction de l’activité économique a été enregistrée dans la région de Dytiki Makedonia (dans le nord de la Grèce, région limitrophe de l’Albanie; en baisse de 5,7 % par an). Par ailleurs, les cinq autres régions comptaient deux autres régions grecques (Anatoliki Makedonia, Thraki et Sterea Ellada), deux régions italiennes (Val d’Aoste/Vallée d’Aoste et Molise) et la région de Groningen, dans le nord des Pays-Bas.

La grande majorité des régions de l’UE ont vu leur niveau global d’activité économique augmenter au cours de la période 2012-2015, la valeur ajoutée totale en termes réels augmentant pour 232 des 274 régions pour lesquelles des données sont disponibles. Il est important de noter que si ces chiffres tiennent compte de l’évolution des prix, le niveau de vie global dans chaque région est également influencé par l’évolution démographique et que si la population venait à augmenter plus rapidement que l’activité économique, le résultat net serait une réduction globale du niveau de vie moyen.

Les taux moyens réels de variation annuels les plus élevés pour la valeur ajoutée brute entre 2012 et 2015 (comme le montre la teinte de bleu la plus foncée de la carte 4) étaient concentrés dans les deux régions irlandaises et dans quatre des sept régions hongroises. La région de la capitale irlandaise, Southern and Eastern, a enregistré le taux de croissance le plus élevé, sa valeur ajoutée ayant augmenté, en moyenne, de 12,7 % par an. Outre les régions irlandaises et hongroises (Nyugat-Dunántúl, Észak-Magyarország, Dél-Alföld et Közép-Dunántúl), les autres régions de l’UE où l’activité économique a connu une augmentation d’au moins 4,0 % par an entre 2012 et 2015 comprenaient les régions suivantes: le Luxembourg (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse), les régions des capitales suédoise (Stockholm), tchèque (Praha) et danoise (Hovedstaden), deux régions voisines du sud de l’Angleterre au Royaume-Uni (Bedfordshire and Hertfordshire et Outer London - West and North West) et la région française d’outremer de Mayotte.
Carte 4: Taux moyen réel de variation annuel de la valeur ajoutée brute, par région NUTS 2, 2012-2015
(en pourcentage par an)
Source: Eurostat (nama_10r_2gvagr) et (nama_10_a10)

Investissement

Les niveaux globaux d’investissement tendent généralement à refléter les niveaux absolus d’activité économique, étant donné que les régions qui génèrent des niveaux considérables de richesse sont susceptibles d’en voir une partie réinvestie pour maintenir la prospérité économique (tant dans le secteur public que dans les entreprises privées). Par ailleurs, les régions qui cherchent à accélérer leur développement économique peuvent essayer de stimuler l’investissement dans des projets d’infrastructure ou d’attirer des investissements étrangers directs afin d’encourager le processus de rattrapage, et ces actions peuvent être soutenues par les fonds de la politique de cohésion de l’UE.

La formation brute de capital fixe est un concept macroéconomique des comptes nationaux qui définit les investissements des résidents en actifs fixes au cours d’une période donnée, moins les cessions. Par actifs fixes, on entend des actifs corporels ou incorporels issus de processus de production et utilisés de façon répétée ou continue pendant une durée d’au moins un an. La formation brute de capital fixe exprimée par rapport au PIB intéresse les décideurs politiques dans la mesure où elle montre la part du PIB qui est investie, plutôt que consommée, les taux d’investissement ayant tendance à augmenter lorsque la confiance des entreprises est élevée. À moyen terme, des taux d’investissement supérieurs pourraient entraîner une accélération de la croissance, ce qui améliorerait l’infrastructure, l’équipement et la technologie utilisés par la main-d’œuvre régionale, la rendant ainsi plus productive (voir ci-dessous pour de plus amples informations sur la productivité de la main d’œuvre).

Le graphique 1 met en évidence les régions NUTS 2 de l’UE ayant les niveaux d’investissement les plus élevés et les plus bas par rapport au PIB. En 2015, la formation brute de capital fixe par rapport au PIB était de 19,5 % dans l’UE-28. Les taux d’investissement les plus élevés (selon cette mesure) ont été répartis dans un ensemble diversifié de régions, reflétant d’une part la nature irrégulière de l’activité d’investissement d’une année à l’autre et, d’autre part, la répartition régionale inégale des investissements. Les taux d’investissement les plus élevés en 2015 ont été enregistrés dans la province du Brabant Wallon (une région au sud de la capitale belge; 44,4 %), suivie de la région de la capitale roumaine, Bucuresti - Ilfov (36,6 %), et la région hongroise de Dél-Dunántúl (31,9 %). À l’autre extrémité de la fourchette, les taux d’investissement les plus bas étaient plus concentrés, étant donné que sept des neuf régions présentant les taux les plus faibles se trouvaient exclusivement en Grèce. Le taux le plus bas de l’UE a été enregistré dans la région d’Attiki, la région de la capitale grecque (8,4 %), la seule région de l’UE à afficher un taux d’investissement inférieur à 10,0 %.

La deuxième moitié du graphique 1 présente des informations sur les régions présentant les variations en points de pourcentage les plus élevées et les plus faibles en termes de taux d’investissement au cours de la période 2013-2015. L’augmentation la plus forte a été enregistrée dans la région présentant le taux d’investissement le plus élevé, à savoir la province du Brabant Wallon, où il a augmenté de 15,8 points au cours de la période considérée. Deux autres régions de l’UE ont enregistré des augmentations supérieures à 10,0 %: Groningen, dans le nord des Pays-Bas, et Severen tsentralen, dans le nord de la Bulgarie.
Graphique 1: Régions NUTS 2 présentant les niveaux et les taux de variation les plus élevés et les plus bas en matière d’investissement
Source: Eurostat (nama_10r_2gfcf), (nama_10_gdp) et (nama_10r_2gdp)

Productivité de la main-d’œuvre

La productivité de la main-d’œuvre peut être définie comme étant la valeur ajoutée brute aux prix de base par rapport au nombre de personnes occupées ou au nombre total d’heures travaillées. Les mesures fondées sur les effectifs de la main-d’œuvre dépendent, dans une certaine mesure, de la structure du marché de l’emploi et peuvent, par exemple, baisser en raison du glissement d’un emploi à temps plein vers un emploi à temps partiel. Dès lors, un indicateur dérivé fondé sur le nombre d’heures travaillées fournit généralement une mesure plus révélatrice de la main d’œuvre; les informations présentées sur la carte 5 s’appuient sur cette base.

Au sein de l’UE-28, en 2015, chaque heure travaillée a généré en moyenne une valeur ajoutée de 35,40 euros. Des niveaux relativement élevés de productivité de la main-d’œuvre peuvent être liés à l’utilisation efficace de la main-d’œuvre (sans avoir recours à plus d’intrants) ou découler du mélange d’activités qui composent une économie locale, étant donné que certaines activités (par exemple, les services aux entreprises et les services financiers) sont caractérisées par des niveaux de productivité de la main-d’œuvre plus élevés que d’autres.

Les ratios de productivité de la main d’œuvre les plus élevés parmi les régions NUTS 2 (les résultats étant exprimés par rapport à la moyenne de l’UE-28, laquelle est fixée à 100) ont été enregistrés dans deux régions présentant un haut niveau de spécialisation dans les services financiers: la région de la capitale irlandaise, Southern and Eastern (228 % de la moyenne de l’UE-28) et le Luxembourg (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse; 216 %). La région de Groningen (Pays-Bas, données de 2014; 203 %) était la seule autre région de l’UE à enregistrer un ratio de productivité de la main d’œuvre plus de deux fois supérieur à la moyenne de l’UE-28.

La carte 5 montre que 16 régions de l’UE présentaient une productivité de la main d’œuvre supérieure d’au moins 50 % à la moyenne de l’UE-28 (comme le montre la teinte bleue la plus foncée). Outre les trois régions susmentionnées, les autres régions étaient toutes situées dans des régions occidentales et septentrionales de l’UE, principalement en Allemagne (quatre régions), au Danemark et au Royaume-Uni (trois régions dans ces deux pays), avec une région supplémentaire aux Pays-Bas (données de 2014), ainsi qu’une région en France et une en Suède. Nombre de ces régions étaient des régions de capitales et cette tendance était également observée dans la plupart des États membres multirégionaux de l’UE. Il y avait toutefois quelques exceptions où le niveau le plus élevé de productivité de la main d’œuvre a été enregistré dans une région autre que la région de la capitale. Outre Groningen (mentionnée ci-dessus), ce fut également le cas des régions suivantes: Hamburg (Allemagne), País Vasco (Espagne), Lombardia (Italie) etVorarlberg (Autriche).

En 2015, 64 régions de niveau NUTS 2 affichaient une valeur ajoutée brute par heure travaillée inférieure à la moitié de la moyenne de l’UE-28 (comme indiqué par la teinte de mauve la plus foncée de la carte 5). Ces régions se trouvaient principalement dans l’est de l’Union et dans les trois États membres baltes (chacune de ces régions constituant une seule région à ce niveau d’analyse), mais englobaient également la majorité des régions grecques et trois régions portugaises. Six régions présentaient une productivité de la main d’œuvre inférieure à un cinquième de la moyenne de l’UE-28: cinq de ces régions se trouvaient en Bulgarie (Yugoiztochen, Severoiztochen, Severen tsentralen, Severozapaden et Yuzhen tsentralen) tandis que l’autre région était celle du Nord-Est, en Roumanie.
Carte 5: Valeur ajoutée brute par heure travaillée, par région NUTS 2, 2015
(à partir des données en EUR par heure travaillée par rapport à la moyenne de l’UE-28, UE-28 = 100)
Source: Eurostat (nama_10r_3gva), (nama_10_a10), (nama_10r_2emhrw) et (nama_10_a10_e)

Source des données pour les graphiques et cartes

Sources des données

Le système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC 2010) est le tout dernier cadre comptable compatible au niveau international qui permet de décrire l’économie de l’UE de façon systématique et détaillée. Le SEC 2010 est mis en œuvre depuis septembre 2014 et est conforme aux lignes directrices mondiales émises en matière de comptabilité nationale par le système de comptabilité nationale (SCN 2008). Le SEC 2010 garantit que les statistiques relatives aux économies des États membres de l’Union sont compilées de manière cohérente, comparable, fiable et actualisée. La base juridique pour ces statistiques est le règlement du Parlement européen et du Conseil sur le système européen des comptes nationaux et régionaux dans l’Union européenne [règlement (UE) nº 549/2013].

Le SEC 2010 ne se limite pas à la comptabilité nationale annuelle, il s’applique également aux comptes trimestriels et aux périodes comptables plus courtes ou plus longues, ainsi qu’aux comptes régionaux. Il est harmonisé avec les concepts et nomenclatures utilisés dans le cadre de nombreuses autres statistiques sociales et économiques (par exemple, les statistiques sur l’emploi, les entreprises ou le commerce international) et, dès lors, sert de référence centrale pour les statistiques économiques et sociales.

Les statistiques des comptes économiques régionaux portent essentiellement sur les régions de niveau NUTS 2. Les données pour les régions statistiques dans les pays de l’AELE et les pays candidats sont souvent indisponibles et ont été remplacées (le cas échéant) par des agrégats nationaux. Il convient également de noter que les données pour ces pays sont parfois moins récentes que pour les régions de l’UE; toutes les divergences sont indiquées en notes de bas de page sous les cartes ou les graphiques.

Pour en savoir plus:

Section dédiée au SEC 2010

SEC 2010 — manuels et instructions


Contexte

En août 2009, la Commission européenne a adopté une communication intitulée «Le PIB et au-delà: mesurer le progrès dans un monde en mutation» [COM(2009) 433 final], qui a présenté une série d’actions destinées à améliorer et compléter les mesures du PIB. La Commission européenne a noté qu’il existait des arguments évidents pour compléter le PIB par des statistiques couvrant d’autres aspects économiques, sociaux et environnementaux dont dépend fondamentalement le bien-être des individus. Une série d’indicateurs complémentaires a été détaillée dans un document de travail des services de la Commission intitulé Progress on GDP and beyond actions [SWD(2013) 303 final] (en anglais), comprenant des indicateurs régionaux et locaux.

Les travaux menés sous les auspices de l’Organisation des Nations unies (ONU) suscitent l’intérêt de la communauté internationale pour le développement durable. La publication «Transforming our world: the 2030 agenda for sustainable development» (en anglais) a été adoptée le 25 septembre 2015 et contient un engagement en vue d’éradiquer la pauvreté et d’assurer le développement durable de la planète d’ici 2030. En outre, la Commission européenne a adopté une série de communications, y compris: «Une vie décente pour tous: éradiquer la pauvreté et offrir au monde un avenir durable» [COM(2013) 92 final], «Une vie décente pour tous: de la vision à l’action collective» [COM(2014) 335 final] et «Un partenariat mondial pour l’éradication de la pauvreté et le développement durable après 2015» [COM(2015) 44 final].

Pour en savoir plus:

2030 agenda for sustainable development (en anglais)


En 2014, la Commission européenne a décidé que sa priorité était de «stimuler l’emploi, la croissance et l’investissement». Il s’agit là d’une initiative majeure qui vise à débloquer des investissements publics et privés en ciblant le développement des infrastructures, comme l’internet à large bande, les réseaux énergétiques et les transports. Dans sa communication intitulée «Un plan d’investissement pour l’Europe» [COM(2014) 903 final], la Commission européenne a souligné le rôle que les États membres de l’UE et les autorités régionales devraient jouer pour tirer le maximum des fonds structurels en recourant à toute une série d’instruments financiers sous forme de prêts, de fonds propres et de garanties. En janvier 2015, la Commission européenne a adopté une communication intitulée «Utiliser au mieux la flexibilité offerte par les règles existantes du pacte de stabilité et de croissance» [COM(2015) 12 final]. Cette communication a pour but de renforcer le lien entre les investissements, les réformes structurelles et la responsabilité budgétaire. Elle a été suivie en 2016 par deux autres communications consécutives à un bilan effectué afin d’analyser les progrès réalisés au cours des deux premières années du plan d’investissement: «L’Europe investit de nouveau — Premier bilan du plan d’investissement pour l’Europe» [COM(2016) 359 final] et «Renforcer les investissements européens pour l’emploi et la croissance: vers une deuxième phase du Fonds européen pour les investissements stratégiques et un nouveau plan d’investissement extérieur européen» [COM(2016) 581 final].

Pour en savoir plus:

Plan d’investissement pour l’Europe

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Comptes économiques régionaux – SEC 2010 (t_nama_reg)


Comptes économiques régionaux — SEC 2010 (reg_eco10)


Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s statistical atlas (en anglais) [voir le user manual (en anglais)].

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat, l’Annuaire régional d’Eurostat.