Établir le système de comptes nationaux - sources statistiques

Cet article fait parti d’un ensemble d’articles visant à expliquer en détail comment des producteurs de statistiques tels que des instituts statistiques nationaux et internationaux, peuvent bâtir un système de comptabilité nationale (SCN) cohérent, particulièrement dans les pays en voie de développement. Ces articles ont comme base commune le manuel officiel d’Eurostat "SCN Essentiel: Établir les bases" et se concentrent surtout sur les phases initiales de sa mise en œuvre.

L’estimation des indicateurs statistiques est basée sur les informations obtenues de deux sources principales : les sources statistiques (recensements et enquêtes) et les registres administratifs. Le présent article décrit les caractéristiques et la collecte des données provenant de recensements et d' enquêtes .

Les autres composants principaux de l’infrastructure statistique, répertoire d’entreprises et classifications statistiques ainsi que sources de données administratives ont leur article dédié.

Graphique 1: Principales sources de données statistiques utilisées dans le SCN, Source: Manuel sur la mesure de l’économie non observée, OCDE 2002

Recensements

Les données obtenues par le recensement sont utilisées pour estimer certains indicateurs de comptabilité nationale spécifiques et servent de base à des développements ultérieurs. Les trois principaux types de recensement sont les suivants:

Recensement agricole: l’unité d’observation est l’exploitation agricole, qui représente l’unité technico-économique de la production agricole (c.-à-d. les établissements de production végétale et d’élevage). Les recensements agricoles fournissent des informations statistiques détaillées, telles que l’implantation, les surfaces cultivées et non cultivées, les types de récolte, les cultures irriguées/pluviales, le nombre et le type d’animaux, la production d’origine animale obtenue, les dépenses, le nombre de personnes impliquées dans les activités, etc.

Recensement économique pour les unités non agricoles: l’unité d’observation est l’établissement non agricole avec une structure fixe (taille) et une implantation caractérisée par une activité économique unique. Les recensements économiques fournissent des informations spécifiques sur les établissements individuels, telles que l’implantation, le nom, l’adresse, le type d’activité économique, le statut juridique et de propriété, le chiffre d’affaires, les dépenses, le nombre de salariés, etc.

Recensement de la population: l’unité d’observation est le ménage et la personne. En général, il est effectué en même temps que le recensement des logements. Le recensement de la population dresse un inventaire détaillé des ressources humaines d’une nation du point de vue géographique, démographique et socioéconomique.

En ce qui concerne le recensement des logements, les unités de dénombrement sont les bâtiments, les locaux d’habitation, les ménages et les occupants. Les principaux points abordés lors du recensement des logements sont le type de propriété du logement, le type de bâtiment, les matériaux de construction, l’accès à l’eau et à l’électricité, l’emplacement, le nombre de pièces, etc.

Les inconvénients d’un recensement sont les suivants:

  • le dénombrement (collecte) et le traitement des données sont très coûteux;
  • l’actualité des données n’est pas satisfaisante dans la mesure où elles peuvent être utilisées seulement plusieurs mois après leur collecte;
  • le recensement est effectué selon une périodicité faible, normalement tous les cinq ou dix ans.

Enquêtes

Les enquêtes permettent d’obtenir des réponses sur des phénomènes spécifiques de quelques unités représentatives sélectionnées de manière scientifique dans une population. Les données pour la population sont obtenues en étendant les données de l’échantillon et en extrapolant la taille de l’échantillon à la taille de la population.

Les enquêtes fournissent des statistiques plus actualisées et sont moins coûteuses qu’un recensement. Elles sont normalement effectuées tous les mois, tous les trimestres ou tous les ans. L’actualité des données nécessite un traitement rapide, par conséquent moins d’informations sont collectées.

Les enquêtes statistiques peuvent être classées dans les catégories suivantes:

  • Les enquêtes agricoles, pour obtenir des données sur les cultures, l’élevage, les prix, etc.
  • Les enquêtes auprès des entreprises, ayant comme objectif principal d’obtenir des informations détaillées sur la production, les consommations intermédiaires, les investissements, la main-d’œuvre, etc.
  • Les enquêtes auprès des ménages représentent une source importante de données socioéconomiques car elles donnent des indications importantes sur les revenus et les dépenses des ménages et l’utilisation de la main-d’œuvre. Dans les pays en développement, elles sont devenues un moyen prépondérant de collecte des données : elles viennent compléter voire remplacer d’autres programmes de collecte des données et systèmes d’état civil.
  • Les enquêtes mixtes auprès des ménages et des entreprises: les unités d’échantillonnage sont des ménages auxquels on demande si l’un de leurs membres possède et exploite une entreprise non constituée en société, de manière à couvrir les petites entreprises qui ne sont pas incluses dans les enquêtes auprès des entreprises basées sur des listes, ce qui facilite la mesure de l’économie non observée.
  • Les enquêtes sur les prix: utilisées pour obtenir des données sur les prix; elles peuvent impliquer la collecte de données auprès des entreprises ou des ménages, ou l’observation directe des prix sur le marché.
  • Les enquêtes indirectes sur les entreprises: consistent à demander aux entreprises gérant des marchés urbains des données sur les détenteurs de leurs étals. Ce genre d’enquête ne fournit que des données limitées sur les unités d’observation et souvent uniquement sous forme agrégée.

Le SCN exige l’utilisation d’informations détaillées provenant de différentes sources de données. Les informations obtenues sont utilisées directement ou sont traduites en concepts de comptabilité nationale. Certaines informations peuvent être utilisées de manière indirecte pour contrôler la plausibilité des estimations et pour vérifier certaines hypothèses formulées lors du processus d’établissement des comptes nationaux.

Statistiques agricoles

Les principales sources de données pour l’activité agricole incluent les recensements de l’agriculture et de l’élevage, les enquêtes sur l’estimation des récoltes, les études sur la gestion des exploitations et le coût des cultures, les enquêtes auprès des ménages agricoles et différents renseignements collectés par des agences administratives, concernant les prix et la production agricoles.

Des données indirectes peuvent également être obtenues à partir d’un recensement de la population, de certaines statistiques relatives à la production industrielle, de statistiques sur la balance des paiements, des prix de vente en gros et au détail, de la quantité et des prix des importations et des exportations, des dépenses dans le budget des administrations publiques et des rapports disponibles auprès d’organismes ou de conseils spécialisés dans d’autres activités agricoles (commercialisation des récoltes spécifiques, engrais ou pesticides, activité vétérinaire, financement des activités agricoles, etc.), auprès de coopératives (agricoles), d’associations, etc.

Graphique 2: SSE: variables principales
Graphique 3: Les questionnaires de SSE utilisés par l’institut de statistiques de Trinité-et-Tobago, Consultez le formulaire des enquêtes auprès des entreprises

Statistiques structurelles sur les entreprises

Les statistiques structurelles sur les entreprises (SSE) décrivent la structure, la coordination et l’exécution des activités économiques, jusqu’au niveau d’activité le plus détaillé (plusieurs centaines de secteurs).

Les SSE collectent des informations détaillées sur l’activité économique d’une entreprise et représentent la source de données la plus importante pour l’établissement des indicateurs de comptabilité nationale, en utilisant une ventilation par branche d’activité. En même temps, les SSE analysent la structure des entreprises et leur évolution, les facteurs de production utilisés, ainsi que d’autres éléments.

Les SSE décrivent l’économie en observant des unités exerçant une activité économique, en général des entreprises. Une entreprise exerce une ou plusieurs activités dans un ou plusieurs lieux et peut se composer d’une ou plusieurs unités légales. Les entreprises actives dans plus d’un domaine économique sont classées sous la position de la CITI Rév. 4 correspondant à leur activité principale, normalement celle qui génère la plus grande valeur ajoutée.

Les SSE couvrent l’”économie des entreprises”, qui inclut l’industrie, la construction et les services. Dans de nombreux pays, les services financiers sont séparés en raison de leur nature spécifique et de la disponibilité limitée de la plupart des statistiques standard sur les entreprises dans ce domaine, mais il y a d’autres pays qui mènent cette enquête pour les institutions financières. Les SSE ne couvrent pas l’agriculture, la sylviculture et la pêche, ni les administrations publiques ou les services non marchands (pour la plupart) tels que l’enseignement et la santé.

Un sous-ensemble des variables des SSE est disponible avec une ventilation selon la taille de l’entreprise (par exemple les petites et moyennes entreprises) et avec une ventilation régionale (comme dans les statistiques régionales structurelles sur les entreprises).

La mise en œuvre des SSE dans le système statistique est une décision stratégique ayant un impact sur la qualité d’établissement des indicateurs économiques, et en particulier celle des comptes nationaux. Dans de nombreux pays, pour des raisons diverses (restrictions financières, manque de personnel, etc.), les SSE n’ont pas encore été mises en œuvre. Comme indiqué dans l'article Établir le système de comptes nationaux - stratégie, les comptables nationaux doivent commencer à établir les indicateurs en se basant sur les sources de données disponibles et doivent en même temps promouvoir la mise en œuvre des SSE dans le système statistique.

Statistiques sur la construction

L’industrie de la construction représente généralement une part importante de l’activité économique totale d’un pays et les changements dans le domaine de la construction ont tendance à amplifier et à entraîner les changements dans l’ensemble de l’économie. Les statistiques sur la construction donnent non seulement des informations sur la formation de capital dans les secteurs servis par l’industrie mais également sur l’organisation, la structure et la productivité de l’industrie en elle-même. Les statistiques sur la construction sont obtenues par des enquêtes auprès des entreprises ou des enquêtes auprès des ménages selon le type d’unité effectuant les activités de construction.

Il se peut que les pays dans la phase zéro, voire dans la première phase, de la mise en œuvre du SCN n’aient pas développé de statistiques sur la construction et il peut s’avérer difficile de rassembler des informations directes sur l’activité de ce secteur. Si tel est le cas, les comptables nationaux doivent étudier la possibilité d’utiliser d’autres informations disponibles et de développer leurs propres méthodes d’estimation, en suivant les phases présentées dans l'article Établir le système de comptes nationaux - stratégie.

En l’absence d’informations statistiques directes, l’une des méthodes pouvant être développées consiste à utiliser des estimations de la production établies en additionnant ses composantes: consommation intermédiaire et valeur ajoutée brute (VAB). Les données sur la production intérieure, l’importation et l’exportation des matières premières utilisées dans le processus de construction servent de base à l’estimation de la consommation intermédiaire; les informations sur le nombre de salariés, le salaire moyen du secteur et les hypothèses concernant les bénéfices bruts des entreprises de construction peuvent être utilisées pour estimer la VAB. Le nombre de salariés du secteur de la construction peut aussi provenir de l’enquête sur les forces de travail (EFT) ou, en l’absence de ladite enquête, des informations administratives peuvent être utilisées.

Statistiques sur les prix

Les grands indices de prix sont clairement liés aux agrégats de comptabilité nationale, dans la mesure où ces agrégats représentent les grands flux de biens et services et niveaux de stocks corporels et incorporels dans l’économie. Il existe une relation précise entre les indicateurs de prix bien connus que sont l’indice des prix à la production (IPP), l’indice des prix à la consommation (IPC) et l’indice de valeur unitaire (IVU), et les agrégats de comptabilité nationale surveillés de près. Les grands indices de prix doivent, en principe, couvrir ces agrégats de valeur dans les comptes nationaux.

Indice des prix à la consommation (IPC)

L’indice des prix à la consommation mesure la variation au cours du temps du niveau général des prix des biens et services acquis, utilisés ou payés par une population de référence pour sa consommation.

Un indice des prix à la consommation est estimé à partir d’une suite de mesures synthétiques des variations relatives, d’une période à l’autre, des prix d’un ensemble fixe de biens et de services de consommation constants en quantité et par leurs caractéristiques, acquis, utilisés ou payés par la population de référence.

Chaque mesure synthétique est obtenue comme une moyenne pondérée d’un grand nombre d’indices de prix d’agrégats élémentaires. L’indice de chaque agrégat élémentaire est estimé au moyen d’un échantillon de prix pour un ensemble fixe de biens et de services que se procurent les individus de la population de référence dans une région donnée, ou qui habitent cette région, auprès d’un ensemble spécifié de points de vente ou auprès d’autres fournisseurs de biens et de services de consommation.

L’IPC est utilisé dans les estimations de comptabilité nationale pour déflater les dépenses à prix courants ou les revenus monétaires afin d’établir les mesures de la consommation réelle et du revenu réel.

Cependant, il faut noter qu’en principe, les indices de prix et les séries de données sur les dépenses sont souvent établis indépendamment les uns des autres par différents départements d’un organisme statistique, voire par différents organismes, c’est pourquoi la couverture d’un IPC peut différer de celle des dépenses totales de consommation des ménages dans les comptes nationaux. Bien évidemment, cela peut entraîner des incohérences.

L’indice de prix utilisé pour déflater les dépenses dans les comptes nationaux doit couvrir les biens et services supplémentaires non inclus dans l’IPC. Cependant, cela peut être difficile à réaliser en pratique car les données pertinentes sur les prix peuvent être difficiles à se procurer, en particulier si les procédures de collecte des prix sont axées sur l’IPC. De plus, même si toutes les données de base sur les prix sont disponibles, il est possible que l’indice de prix nécessaire pour la déflation soit calculé à partir d’un type de formule différent de celui utilisé pour l’IPC.

Indice des prix à la production (IPP)

L’indice des prix à la production est la mesure de la variation du prix des biens et des services soit quand ils quittent leur lieu de production, soit quand ils entrent dans le processus de production ; il mesure également la variation du prix reçu par les producteurs nationaux pour leur production ou la variation du prix payé par les producteurs nationaux pour leurs entrées intermédiaires.

D’une manière générale, l’IPP peut être décrit comme un indice conçu pour mesurer la variation moyenne du prix des biens et services soit quand ils quittent le lieu de production, soit quand ils entrent dans le processus de production. Ainsi, les indices des prix à la production relèvent de deux catégories bien distinctes: les prix des entrées (c.-à-d. les prix d’achat) et les prix de production (c.-à-d. les prix de base).

Bien que l’IPP soit un indicateur économique important, il s’utilise principalement comme déflateur de données de production ou de ventes lors de l’établissement des volumes de production ou de la déflation des dépenses en capital et des données d’inventaire dans les comptes nationaux. Par conséquent, les concepts qui sous-tendent l’IPP sont souvent conditionnés par ceux qui sous-tendent les comptes nationaux. Ceci peut créer différents conflits : par exemple, en ce qui concerne l’augmentation des coûts contractuels[1], les utilisateurs voudraient que les pondérations soient fixées pour une longue période. Cependant, pour la déflation des comptes nationaux, des indices à pondération courante et des agrégations précises sont requis car, en théorie, la meilleure déflation s’effectue au niveau de désagrégation le plus faible.

Indices de valeur unitaire (IVU)

L’indice de valeur unitaire est un indice des coûts composite destiné à exprimer, en un seul indice, les variations de prix (valeur) impliquant une série de produits de base faisant l’objet d’échanges internationaux. Les IVU mesurent de manière globale les variations de prix des biens importés/exportés, mais ils ne reflètent pas seulement les variations de prix, ils tiennent également compte des variations de quantité.

La valeur unitaire est égale au rapport entre la valeur du produit de base ($) et la masse nette du produit de base (kg), tirée des documents douaniers administratifs : IVU = $/Kg. L’indice des prix à l’exportation (IPE) et l’indice des prix à l’importation (IPI) sont basés sur les indices de valeur unitaire et les indices issus d’enquêtes sur les prix. Ces indices sont utilisés dans les comptes nationaux comme déflateurs de valeur des exportations et des importations pour obtenir ces chiffres en termes de quantité.

Dans de nombreux pays, où aucun IPI et aucun IPE n’existe, l’IVU est utilisé comme indicateur supplétif de l’indice des prix pur ou de l’indice des prix basé sur des enquêtes. L’ONU[2] a recommandé aux pays avec un budget moyen ou serré d’utiliser les indices de valeur unitaire, tandis que l’organisation a conseillé aux pays les mieux dotés de baser leurs indices des prix du commerce extérieur sur les données issues des enquêtes auprès des établissements. Il faut noter que les indices de valeur unitaire peuvent entraîner des erreurs principalement dues aux changements dans la combinaison des informations hétérogènes collectées dans les documents douaniers, mais parfois aussi dues à la qualité souvent faible des données sur les quantités.

Graphique 4: Exemples d’indices des prix à la construction, Source: Main economic indicators – sources and methods: construction price indices, page 49 et page 84, Direction des statistiques, OCDE (2001), Paris

Indice des prix à la construction

L’indice des prix à la construction mesure la variation des prix dans les entrées ou dans la production des activités de construction. Il est utilisé pour suivre les variations/tendances du coût (ou prix) de la construction. Cependant, il ne fournit pas d’informations sur la valeur de marché courante des travaux de construction, sur la capacité de gain ou sur les valeurs locatives.

Les types d’indices des prix à la construction les plus connus sont les suivants:

  • Indice des prix des entrées: mesure la variation des prix des entrées dans le processus de construction en contrôlant séparément le coût de chaque facteur. Cela suppose généralement d’établir un indice pondéré des salaires et des coûts des matériaux.
  • Indice des prix de production: mesure la variation des prix de ce qui est produit par les entités exerçant des activités de construction. Il couvre la plupart des éléments qui sont normalement inclus dans le prix payé par les acquéreurs ou clients aux constructeurs. Ces éléments comprennent généralement les matériaux, la main-d’œuvre, la location de matériel, les coûts de préparation du terrain, les équipements de salle de bains/cuisine, les frais généraux, les profits et les marges commerciales.
  • Indice des prix de vente: mesure la variation des prix de la production de l’activité de construction, payés par l’acquéreur ou le propriétaire final de ladite production. Le terme “prix de vente” est utilisé pour faire la distinction avec le “prix d’acquisition” utilisé dans le SCN, dans la mesure où ce dernier exclut la composante foncière du transfert de propriété.

L’indice des prix à la construction est également utilisé pour déflater les estimations dans les comptes nationaux de la production des activités de construction et la formation brute de capital fixe dans la construction résidentielle pour évaluer les variations réelles de la production de ces activités.

Graphique 5: L’enquête sur les forces de travail aux îles Caïmans - Source: 2009 Labour Force Survey And Pilot Census - Interviewer Field Manual et Questionnaire de l’EFT 2009 aux îles Caïmans
Graphique 6: L’enquête sur le budget des ménages (EBM) aux îles Caïmans - Source: The 2007 Survey of Living Conditions and Household Budgets - Interviewer Manual

Statistiques sur les ménages

Les statistiques sur les ménages décrivent la composition des familles et des ménages et offrent une image transversale des familles et de leurs modèles, en procurant des données complètes non seulement sur leurs activités économiques, mais aussi sur les aspects démographiques et sociaux ainsi que sur les conditions de vie globales. Les statistiques sur les ménages sont collectées lors d’enquêtes auprès des ménages, parmi lesquelles les plus courantes et les plus utiles sont les enquêtes sur les forces de travail (EFT) et les enquêtes sur le budget des ménages (EBM).

L’enquête sur les forces de travail (EFT) est une enquête qui fournit des données sur les personnes en âge de travailler vivant dans les ménages privés. Elle est principalement axée sur l’emploi, le chômage et l’inactivité.

L’EFT divise la population en âge de travailler (15 ans et plus)[3] en trois groupes exhaustifs qui s’excluent mutuellement (les personnes exerçant un emploi, les personnes au chômage et les personnes inactives) et fournit des données descriptives et explicatives sur chacune de ces catégories. Les informations sont détaillées par branche d’activité, à l’aide de la classification CITI.

L’EFT est normalement réalisée tous les trimestres, mais dans certains pays cette enquête a lieu une fois par an.

Dans les comptes nationaux, l’EFT est principalement utilisée pour estimer l’économie non observée (ENO), bien qu’elle soit aussi utilisée pour affiner la mesure des salaires et de l’emploi par secteur.

L’enquête sur le budget des ménages (EBM) vise à donner un aperçu des conditions de vie des ménages privés, ventilé selon les caractéristiques des ménages (telles que le revenu, la taille et la composition), les caractéristiques socio-économiques, le degré d’urbanisation, la région, etc.

L’unité de base de l’EBM est le ménage. Il est important d’identifier la personne de référence (souvent le chef de ménage) dont les caractéristiques personnelles (le groupe socioéconomique, la profession et la situation dans l’emploi, le revenu, le sexe, l’âge, etc.) sont utilisées dans la classification et l’analyse des informations sur l’ensemble du ménage.

Les données de l’EBM sont utilisées pour collecter des informations détaillées sur les dépenses de consommation des ménages (les dépenses sont enregistrées au prix effectivement payé, qui comprend les impôts indirects: TVA et droits d’accises) à la charge de l’acquéreur. Les données sont utilisées pour mesurer les éléments de dépenses de consommation dans les comptes nationaux et pour mettre à jour les “pondérations” pour le panier de biens utilisés dans les indices des prix à la consommation.

Graphique 7: Enquêtes minimales requises pour la mise en œuvre du SCN

Observations finales

L’une des phases importantes de la stratégie de mise en œuvre du SCN est l’identification et l’analyse des sources de données nécessaires à l’établissement des comptes nationaux.

Pour plus d'information, voir l'article Établir le système de comptes nationaux - stratégie.

Dans ce contexte, l’institut de statistiques, chargé d’établir les bases pour répondre aux exigences minimales des comptes nationaux, doit mettre en œuvre et développer des enquêtes statistiques essentielles. Du point de vue de la mise en œuvre du SCN, les exigences les plus importantes en termes de données sont celles liées à l’établissement du produit intérieur brut selon les optiques de la production et des dépenses, à prix courants et à prix constants. Le Graphique 7 présente un exemple de la façon dont les données de base requises peuvent être obtenues par des enquêtes devant être mises en place dans le système statistique.

Questions pour les personnes chargées de la mise en œuvre

Selon les principales recommandations concernant la mise en œuvre du SCN, certaines questions spécifiques doivent être abordées lors de la mise en place du processus d’établissement des comptes nationaux à partir de sources de données statistiques. Par exemple:

  • Quelles enquêtes statistiques sont menées par l’institut de statistiques?
  • Les concepts, le contenu et les classifications utilisés pour ces enquêtes sont-ils en accord avec les exigences du SCN 2008?
  • Les besoins pour l’établissement des comptes nationaux sont-ils suffisamment couverts par les enquêtes statistiques existantes? S’ils ne le sont pas, existe-t-il une stratégie de développement?
  • Quelle enquête statistique doit être mise en œuvre afin de pouvoir répondre aux exigences relatives à l’établissement des comptes nationaux?

Voir aussi

Informations supplémentaires Eurostat

Publications

Section dédiée

Liens externes

  • FMI
Export and Import Price Index Manual-Theory and Practice, OIT, FMI, OCDE, Eurostat, CEE-ONU, Banque mon-diale, 2009
Producer Price Index Manual Theory and Practice, OIT, FMI, OCDE, CEE-ONU, Banque mondiale, 2004
  • OCDE
Principaux indicateurs économiques, Analyse méthodologique comparative: indices des prix à la consommation et des prix à la production, OCDE, 2002
Main economic indicators-Sources and methods: construction price indices, OCDE, Eurostat, 2001
Manuel sur la mesure de l’économie non observée, OCDE 2002; Chapitre VI: “Évaluation et amélioration du dispo-sitif de collecte des données”
Policy Uses of National Accounts: An OECD Perspective, paper presented to the joint ECE/Eurostat/OECD Meeting on national accounts, 2002
Understanding National Accounts, Lequiller F., Blades D., OECD 2006
  • Nations Unies
Recommandations internationales concernant les statistiques industrielles, 2008, Études statistiques, Série M, n° 90, ONU 2009
Guide pratique pour l’établissement d’indices des prix à la consommation, CEE-ONU, OIT, FMI, OCDE, Eurostat, Banque mondiale, Office for National Statistics, Royaume-Uni, Nations Unies, 2009
A system approach to national accounts compilation, Études méthodologiques, Série F, n° 77, ONU 1999; Chapitre III: “Cycles of national accounts and supporting compilation of micro(economic) statistics”
Recommandations internationales sur les statistiques du commerce de distribution, 2008, Études statistiques, Série M n° 89, ONU 2009
Application du Système de comptabilité nationale aux économies en transition, Études méthodologiques, Série F, n° 66; Chapitre VI: “Recherche de nouvelles données”
2008 SNA, European Commission, IMF, OECD, UN, World Bank, 2009; Chapter I: Introduction; annex 3: Changes from the 1993 System of National Accounts
National Accounts: A practical introduction, Studies in Methods, Series F, No.85, UN 2003; Chapter VIII: SNA framework for the total economy
Use of Macro Accounts in Policy Analysis, Studies in Methods, Series F, No.81, UN 2002; Chapter II: The role of macroeconomic and social accounting in policy analysis; Chapter III: Uses of National Accounts in economic analysis
International Standard Industrial Classification of All Economic Activities - Revision 4, Statistical papers, Series M No. 4/Rev.4, UN 2008
Strategies for Price and Quantity Measurement in External Trade, United Nations 1981
Principles and Recommendations for Population and Housing Censuses, Revision 2, Statistical papers, Series M No. 67/Rev.2, UN, 2008
International Recommendations for Construction Statistics, Statistical papers, Series M No. 47/Rev.1 United Nations, 1997

Notes

  1. Obligations d’ajustement pouvant être affectées par les variations de prix.
  2. Stratégies de la statistique des prix et des quantités dans le commerce extérieur, Nations Unies 1981.
  3. Recommandé par l’Organisation internationale du travail (OIT).
  4. version PDF disponible ici