Statistiques du développement rural par typologie urbaine-rurale

Données de février 2013. Données plus récentes: Informations supplémentaires Eurostat, Principaux tableaux et Base de données.

Le développement rural est un domaine d’action important qui couvre des sujets tels que l’agriculture et la sylviculture, l’utilisation des sols, la gestion des ressources naturelles et la diversification économique dans les communautés rurales. Les zones rurales sont importantes pour l’économie européenne dans la mesure où elles fournissent toute une série de denrées alimentaires et de matières premières. En outre, les zones rurales sont généralement des sites d’une grande beauté naturelle et offrent un large éventail d’activités récréatives, tandis que les zones forestières constituent un moyen de lutter contre le changement climatique.

Carte 1: Typologie urbaine–rurale, par région NUTS 3 (1) - Source: Eurostat, JRC, EFGS, REGIO-GIS
Graphique 1: Structure démographique, par typologie urbaine–rurale, 1er janvier 2012
(en pourcentage de la population totale) - Source: Eurostat (urt_gind3) et (demo_r_gind3)
Tableau 1: Population et évolution démographique dans les régions rurales, 1er janvier 2012 et 2011 - Source: Eurostat (demo_r_gind3) et (demo_r_d3avg)
Graphique 2: Pyramides démographiques, UE, 1er janvier 2010 (1)
(en pourcentage de la population totale) - Source: Eurostat (demo_r_pjangroup) et (demo_pjangroup)
Carte 2: Part de personnes âgées de plus de 65 ans dans la population totale, par région de niveau NUTS 3 et par typologie urbaine–rurale, 1er janvier 2012 (1)
(en pourcentage de la moyenne de l’UE-27, UE-27=100) - Source: Eurostat (demo_r_pjanaggr3)
Tableau 2: Personnes âgées dans les régions rurales, 1er janvier 2012
(en %) - Source: Eurostat (demo_r_pjanaggr3)
Carte 3: Part des femmes dans la population totale, par région de niveau NUTS 3 et par typologie urbaine–rurale, 1er janvier 2012
(en pourcentage de la moyenne de l’UE-27, UE-27=100) - Source: Eurostat (demo_r_pjanaggr3)
Graphique 3: Population économiquement active, personnes âgées de 25 ans et plus, par typologie urbaine–rurale, 2011 (1)
(en pourcentage de la population active) - Source: Eurostat (urt_lfp3pop) et (lfst_r_lfp3pop)
Tableau 3: Population économiquement active dans les régions rurales, personnes âgées de 25 ans et plus, 2011 - Source: Eurostat (urt_lfp3pop) et (lfst_r_lfp3pop)
Graphique 4: Part des femmes dans la population économiquement active, personnes âgées de 25 ans et plus, par typologie urbaine–rurale, 2011 (1)
(en pourcentage de la population active) - Source: Eurostat (urt_lfp3pop)
Graphique 5: Taux d’emploi, personnes âgées de 20 à 64 ans, par typologie urbaine–rurale, 2011 (1)
(en %) - Source: Eurostat (urt_lfe3emprt) (urt_pjanaggr3)
Graphique 6: Taux de chômage, personnes âgées de 25 et plus, par typologie urbaine–rurale, 2011 (1)
(en %) - Source: Eurostat (urt_lfu3rt), (urt_pjanaggr3), (lfst_r_lfu3pers) et (lfst_r_lfp3pop)
Graphique 7: Produit intérieur brut (PIB), par typologie urbaine–rurale, UE-27, 2000–2010 (1)
(2000=100) - Source: Eurostat (urt_e3gdp)
Tableau 4: Valeur ajoutée brute dans les régions rurales, 2010
(en pourcentage de la valeur ajoutée totale) - Source: Eurostat (nama_r_e3vab95r2)
Tableau 5: Emploi dans les régions rurales, 2009
(en pourcentage de l’emploi total) - Source: Eurostat (nama_r_e3emp95r2)
Carte 4: Part de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans l’emploi total, par région NUTS 3 et par typologie urbaine–rurale, 2009 (1)
(en pourcentage de la moyenne de l’UE-27, UE-27=100) - Source: Eurostat (nama_r_e3emp95r2)
Tableau 6: Autres activités lucratives pour les exploitations agricoles, 2010 - Source: Eurostat (ef_ogadsexage)
Graphique 8: Production standard des exploitations agricoles pour les autres activités lucratives, 2010
(en pourcentage de la production standard de toutes les exploitations agricoles) - Source: Eurostat (ef_ogadsexage)
Graphique 9: Nombre de places-lits dans les hôtels, campings et autres établissements d’hébergement collectif, par typologie urbaine–rurale, 2011 (1)
(en pourcentage du nombre total de places-lits) - Source: Eurostat (tour_cap_nuts3)
Carte 5: Nombre de places-lits dans les hôtels, campings et autres établissements d’hébergement collectif, par région NUTS 3 et par typologie urbaine–rurale, évolution générale, 2007–2011 (1)
(en pourcentage de la moyenne de l’UE-27, UE-27=100) - Source: Eurostat (tour_cap_nuts3)

En revanche, de nombreuses zones rurales de l’Union européenne (UE) font face à un défi commun: elles ont perdu du terrain sur les zones urbaines pour ce qui est de leur capacité à créer des emplois de qualité durables. De manière générale, les revenus sont plus faibles dans les régions rurales que dans les villes, petites ou grandes, et il existe moins de possibilités d’emploi — qui sont concentrées dans une gamme d’activités économiques plus restreinte. Ces différences entre les régions ont, dans certains cas, entraîné un abandon des terres et un exode massif des populations rurales. Cet article met en évidence la structure des populations rurales et l’évolution sur les marchés du travail ruraux et présente une analyse de l’activité économique dans les zones rurales entre le secteur primaire (dominé par l’agriculture et la sylviculture) et le secteur tertiaire (où le tourisme joue un rôle de plus en plus important).

Principaux résultats statistiques

Plus de la moitié (51,3 % en 2012) du territoire de l’UE se trouve dans des régions classées comme essentiellement rurales. Ces régions étaient habitées par 112,1 millions de personnes, plus d’un cinquième (22,3 %) de la population de l’UE-27. Un peu moins de deux cinquièmes (38,7 %) de la superficie et plus d’un tiers (35,3 %) de la population de l’UE se trouvaient dans des régions intermédiaires en 2012, tandis que les régions essentiellement urbaines représentaient juste un dixième (10,0 %) du territoire, mais plus de deux cinquièmes (42,4 %) de la population.

Ces trois types de région sont définis selon une typologie urbaine-rurale qui classe chaque région de niveau NUTS 3 dans un et un seul des trois types de région. La carte 1 montre quelles régions relèvent de chacun des types. Il est à noter qu’étant donné que les niveaux et la densité de population changent avec le temps, les régions peuvent passer d’un type à un autre, ce qui peut aussi se produire si les frontières régionales changent. Les analyses présentées dans cet article sont basées sur une révision récente de la typologie à l’aide de la classification NUTS 2010.

Parmi les États membres de l’UE-27, Chypre, le Luxembourg et Malte ne comptent pas de régions essentiellement rurales: Chypre et le Luxembourg ne comptent qu’une région de niveau NUTS 3 chacune et elle est, dans les deux cas, classée comme intermédiaire. Malte compte deux régions de niveau NUTS 3, qui sont toutes deux classées comme régions essentiellement urbaines. L’Irlande ne compte que des régions essentiellement urbaines et des régions essentiellement rurales, mais pas de régions intermédiaires, tandis que la Slovénie ne compte pas de régions essentiellement urbaines. L’ensemble des 22 autres États membres comptent au moins une région de niveau NUTS 3 dans chacun des trois types de région urbaine-rurale.

Gros plan sur la population dans les régions essentiellement rurales

Une synthèse de la répartition de la population entre les trois types de régions début 2012 est présentée dans le graphique 1. La proportion moyenne de la population dans les régions essentiellement rurales s’élevait à 22,3 % dans l’UE-27, mais cette part était plus élevée dans la plupart des États membres: la moyenne de l’UE-27 était fortement influencée par les faibles proportions dans certains des plus grands États membres, notamment le Royaume-Uni (2,9 %, au 1er janvier 2011), l’Espagne (7,4 %, au 1er janvier 2011), l’Allemagne (16,4 %, au 1er janvier 2011) et l’Italie (20,2 %), ainsi que, dans une moindre mesure, aux Pays-Bas (0,6 %), en Belgique (8,6 %) et en Suède (16,2 %). Des cinq plus grands États membres (en termes de population), la France était le seul à afficher une proportion (29,9 %) de la population dans les régions essentiellement rurales supérieure à la moyenne de l’UE-27. La proportion la plus élevée de la population vivant dans des régions essentiellement rurales a été enregistrée en Irlande (72,4 %). Une part relativement importante de la population vivait dans ce type de régions dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale qui ont rejoint l’UE en 2004 ou en 2007. Cette part était comprise entre près d’un tiers de la population en République tchèque et en Pologne, et plus de la moitié (50,3 %) en Slovaquie, avec des chiffres de cet ordre également en Autriche, en Grèce, en Finlande et au Portugal.

Les quatre pays de l’AELE présentaient des structures démographiques très différentes selon cette typologie. Le Liechtenstein se compose uniquement d’une région essentiellement rurale, tandis que les régions essentiellement rurales de Suisse accueillaient à peine 7,3 % de la population. La proportion de la population dans ces régions était supérieure à la moyenne de l’UE-27 en Islande (36,3 %) et en Norvège (29,3 %). C’était aussi le cas dans les pays candidats et en voie d’adhésion en Turquie (30,8 %) et, dans une plus large mesure, en Croatie (56,7 %).

L’évolution démographique

Les régions essentiellement rurales de l’UE-27 ont connu une croissance démographique limitée, voire un déclin ces dernières années. En 2008 et 2009, ces régions ont enregistré une croissance de 0,2 % et 0,1 %, tandis que les régions intermédiaires et essentiellement urbaines ont enregistré une croissance comprise entre 0,4 % et 0,7 %, avec une croissance légèrement plus rapide dans les régions essentiellement urbaines que dans les régions intermédiaires. En 2010, la population de l’UE-27 dans les régions essentiellement rurales est restée inchangée et a ensuite baissé de 0,1 % en 2011, tandis que les régions intermédiaires et essentiellement urbaines ont enregistré une croissance de respectivement 0,2 % et 0,5 % au cours de ces deux années.

Les informations les plus récentes sur la population et l’évolution démographique dans les régions essentiellement rurales figurent dans le tableau 1 (en général, les données portent sur la situation au 1er janvier 2012, mais dans certains cas, elles sont au 1er janvier 2011). La France comptait de loin la plus forte population dans les régions essentiellement rurales, 19,5 millions de personnes au total, soit 17,4 % du total de l’UE-27. Venaient ensuite l’Allemagne, la Pologne, l’Italie et la Roumanie qui, avec la France, accueillaient en cumulé 60,5 % de la population des régions essentiellement rurales de l’UE-27.

En 2011, les régions essentiellement rurales ont connu une croissance dans neuf États membres de l’UE (ainsi qu’au Royaume-Uni en 2010): il s’agissait pour la plupart de pays de l’UE-15, bien que la population de ces régions ait aussi augmenté en Slovaquie et en Slovénie. La plus forte croissance démographique dans les régions essentiellement rurales a été enregistrée en Belgique (7,9 pour mille) et en France (5,3 pour mille). En revanche, les plus fortes diminutions de la population dans ces régions ont été enregistrées en Lituanie (-20,1 pour mille) et en Lettonie (-20,0 pour mille), suivies, à un taux environ deux fois moindre, par la Bulgarie (-9,9 pour mille). Parmi les États membres de l’UE-15, le Portugal a enregistré le déclin le plus rapide dans la population des régions essentiellement rurales, -5,4 pour mille, devant l’Allemagne (2010) où la population a diminué de 4,5 pour mille.

À un niveau plus détaillé, l’évolution était plus contrastée dans la plupart des États membres, à l’exception des Pays-Bas qui ne comptaient qu’une seule région essentiellement rurale (où la population a diminué). Presque tous les États membres comptaient au moins une région de niveau NUTS 3 dans laquelle la population rurale était en baisse, à la seule exception de la Belgique où toutes les régions essentiellement rurales ont vu leur population augmenter. De même, dans tous les États membres, hormis les États baltes, la Bulgarie et la Roumanie, la population de certaines de ces régions a progressé. Dans l’ensemble de l’UE, la région essentiellement rurale qui a connu la croissance démographique la plus rapide en 2011 était Fokida en Grèce, où la population a augmenté de 19,5 pour mille, tandis que la diminution la plus rapide a été enregistrée à Šiauliu apskritis en Lituanie (22,7 pour mille).

Parmi les pays de l’AELE, toutes les régions essentiellement rurales à l’exception de la région islandaise ont enregistré une croissance démographique en 2011, avec une croissance atteignant 21,9 pour mille à Freiburg, en Suisse. Dans l’ensemble, les régions essentiellement rurales de Croatie ont enregistré une diminution de leur population, tandis que celles de Turquie ont connu une croissance. En Turquie, la variation régionale était extrêmement importante, d’une diminution de 79,6 pour mille à Tunceli en Anatolie orientale à une croissance de 109,1 pour mille à Bilecik, près de la mer de Marmara.

La structure démographique

Comparée à la population totale, la population des régions essentiellement rurales a tendance à compter moins de personnes en âge de travailler, plus de personnes âgées et plus de jeunes de 10 à 19 ans. Ce schéma général s’applique aux hommes et aux femmes (voir graphique 2). Parmi la population en âge de travailler, l’écart entre les régions essentiellement rurales et la population totale était le plus large pour la tranche des 25-49 ans chez les femmes et pour celle des 30-59 ans chez les hommes. Parmi les personnes âgées, les différences étaient les plus notables pour la tranche des 70-84 ans chez les femmes et des 75 ans et plus chez les hommes.

Selon les projections, les taux de naissance invariablement bas et la plus grande espérance de vie vont modifier la forme de la pyramide des âges de l’UE-27 dans les décennies à venir. Le changement le plus important sera probablement la transition marquée vers une structure démographique beaucoup plus âgée, une évolution qui apparaît déjà clairement dans plusieurs États membres. En conséquence, la proportion de personnes en âge de travailler dans l’UE-27 se réduit, tandis que le nombre relatif de personnes retraitées augmente. La proportion de personnes âgées dans la population totale augmentera de manière significative au cours des prochaines décennies, à mesure qu’une part plus importante de la génération du baby-boom née après-guerre atteindra l’âge de la retraite. Ce phénomène aura pour effet d’alourdir la charge des personnes en âge de travailler, qui devront supporter les dépenses sociales requises par cette population vieillissante pour toute une série de services fournis dans ce domaine.

Dans l’UE-27, quelque 17,8 % de la population était âgée de 65 ans ou plus début 2012. La proportion la plus forte de toutes les régions en 2012 s’élevait à 33,9 %, dans la région rurale portugaise de Pinhal Interior Sul. En fait, les 10 régions présentant les proportions les plus élevées de personnes âgées de 65 ans ou plus comprenaient huit régions essentiellement rurales, une région intermédiaire (Dessau-Roßlau, Kreisfreie Stadt en Allemagne) et une région essentiellement urbaine (Trieste en Italie). Les régions essentiellement rurales qui affichaient les proportions les plus élevées de personnes âgées de 65 ans ou plus étaient concentrées dans le centre du Portugal, avec une autre région portugaise (Alto Trás-os-Montes) plus au nord, deux régions en Grèce continentale (Grevena et Evrytania) et une région dans le nord-ouest de l’Espagne (Ourense). À l’opposé, la seule région essentiellement rurale parmi les 10 régions qui affichaient la proportion la plus faible de personnes âgées de 65 ans ou plus dans la population était la région irlandaise de Mid-East, avec un taux de 9,3 %: la proportion la plus faible parmi l’ensemble des régions s’élevait à 4,4 % dans la région française d’outre-mer de Guyane.

La carte 2 présente une analyse régionale pour les personnes âgées de 65 ans et plus début 2012: elle identifie les régions selon leur type et selon que la part de personnes âgées de 65 ans ou plus est supérieure ou inférieure à la moyenne de l’UE-27. Environ un tiers des régions affichaient des proportions inférieures à la moyenne de l’UE-27, ce qui indique que ces régions étaient, de manière générale, plus grandes ou qu’elles présentaient des proportions particulièrement faibles. Pour les trois types de région, le nombre de régions dans lesquelles la proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus était supérieure à la moyenne de l’UE-27 surpassait le nombre de celles où cette proportion était inférieure. Cependant, pour les régions urbaines, cette différence était relativement faible (167 régions au-dessus de la moyenne de l’UE-27 contre 149 en dessous de la moyenne), tandis que pour les deux autres types de régions, la différence était bien plus grande. En d’autres termes, une région essentiellement urbaine avait beaucoup plus de chances de compter dans sa population une proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus inférieure à la moyenne de l’UE-27 qu’une région intermédiaire ou essentiellement rurale. Cette observation est renforcée par les informations fournies dans le tableau 2, dans lequel on peut voir que la part de personnes âgée de 65 ans ou plus dans la population des régions rurales était supérieure à la moyenne nationale dans l’ensemble des États membres, à l’exception de la Belgique et de la Pologne. Les écarts les plus marqués (en points de pourcentage) entre les proportions pour les populations rurale et nationale ont été observés aux Pays-Bas (5,5 points de pourcentage), en Espagne (4,9), au Portugal (3,8), en France (3,2) et au Royaume-Uni (3,0). Le schéma général de proportions plus élevées dans les régions rurales se reproduisait en Islande et en Norvège, mais pas en Suisse, où la part de personnes âgées était plus faible dans les régions rurales. Le Liechtenstein ne compte qu’une seule région, qui est rurale, et les proportions nationale et rurale sont donc identiques. De même, tant la Croatie que la Turquie affichaient des proportions de personnes âgées plus élevées dans leurs populations rurales que dans leurs moyennes nationales.

Le taux de dépendance des personnes âgées, défini pour les besoins de cette publication comme le rapport, en pourcentage, entre le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus et le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans, s’élevait à 28,2 % dans les régions rurales de l’UE-27 début 2012, contre 29,2 % pour tous les types de régions confondus. Le fait que les régions essentiellement rurales présentent un taux de dépendance des personnes âgées relativement faible mais une proportion relativement élevée de personnes âgées de 65 ans ou plus dans leur population totale indique que la part de jeunes gens dans la population était plus faible dans ces régions (15,4 %) que dans tous les types de régions confondus (21,1 %).

Si l’on compare les moyennes nationales des taux de dépendance des personnes âgées dans les régions rurales des États membres de l’UE, celles-ci étaient comprises entre 36,8 % au Portugal et 17,8 % en Slovaquie. La moyenne turque était encore inférieure, à 12,3 %. Outre ces différences marquées entre les moyennes rurales pour chaque État membre, les taux de dépendance des personnes âgées variaient aussi beaucoup dans les régions essentiellement rurales des différents États membres (voir tableau 2). La fourchette la plus large a été enregistrée au Portugal, où un écart de 20,6 points de pourcentage séparait le taux de dépendance des personnes âgées de Pinhal Interior Sul (33,9 %) de celui de la Região Autónoma dos Açores (13,3 %). Des différences de plus de 10 points de pourcentage ont aussi été observées en Grèce, en Espagne, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, ainsi qu’en Turquie.

La part de femmes dans la population de l’UE-27 était de 51,2 %, début 2012. Sur les 1 294 régions de niveau NUTS 3, 466 (un peu plus d’un tiers) comptaient une part de femmes supérieure à la moyenne de l’UE. Dans les trois types de régions de la typologie urbaine-rurale, le nombre de régions où la proportion de femmes était supérieure à la moyenne de l’UE-27 était plus faible que le nombre de régions où elle était inférieure à la moyenne. Néanmoins, par rapport au nombre total de régions de chaque type, le nombre de régions essentiellement rurales où la part de femmes était supérieure à la moyenne était relativement faible, puisque 143 des 482 (29,7 %) régions essentiellement rurales affichaient une proportion de femmes supérieure à la moyenne de l’UE-27. Pour les régions intermédiaires, 189 régions sur 496 (38,1 %) étaient dans ce cas, tandis que, pour les régions urbaines, ce constat était fait dans 134 des 316 (42,4 %) régions. Ces chiffres suggèrent un exode des femmes des régions essentiellement rurales vers les régions essentiellement urbaines et/ou un mouvement des hommes dans l’autre direction.

Parmi toutes les régions de niveau NUTS 3, la plus forte proportion de femmes dans la population s’élevait à 55,9 % à Riga (Lettonie). Des proportions de plus de 53,0 % ont été enregistrées pour 34 régions de niveau NUTS 3, réparties entre neuf États membres. La majorité des régions présentant des proportions particulièrement élevées de femmes dans la population se trouvaient dans les États baltes: neuf en Lituanie, six en Lettonie et cinq en Estonie (la différence dans l’espérance de vie masculine et féminine était relativement marquée dans ces pays). Les autres régions se trouvaient en Pologne (cinq régions), en Allemagne (quatre régions), en France (deux régions d’outre-mer), en Hongrie, au Portugal et en Roumanie (une région chacun). Ces régions étaient réparties équitablement entre les trois types de régions, 13 d’entre elles étant classées comme régions essentiellement rurales, parmi lesquelles Panevežio apskritis en Lituanie, qui présentait la plus forte proportion de femmes (54,1 %).

Dans 133 des 1 294 régions de l’UE-27, les hommes étaient majoritaires, ce qui signifie que la proportion de femmes était inférieure à la moitié. Dans 22 régions, la proportion de femmes était égale ou inférieure à 49,0 %, essentiellement en Grèce (13 régions) et en Espagne (sept régions), avec une région aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. La plupart (14) de ces régions présentant une proportion de femmes dans la population particulièrement faible étaient des régions essentiellement rurales, dont la région d’Evros en Grèce, qui affichait le taux le plus bas (47,7 %) de toutes les régions.

Gros plan sur le marché du travail dans les régions essentiellement rurales

La population économiquement active

La répartition de la population économiquement active par type de région était très semblable à celle de la population dans son ensemble. Par conséquent, le poids des régions essentiellement rurales dans la population économiquement active âgée de 25 ans ou plus et dans la population totale était très proche. Comme le montre le graphique 3, la part de la population active dans les régions essentiellement rurales variait considérablement d’un pays à l’autre: aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Espagne, les régions essentiellement rurales représentaient moins de 10 % de la population économiquement active, tandis qu’à l’autre extrémité de l’échelle, les régions essentiellement rurales d’Irlande en totalisaient plus de 70 %.

Les femmes dans la population active

L’analyse de la proportion de femmes dans la population active (25 ans et plus) permet de constater qu’en moyenne les femmes y jouent un rôle moins important dans les régions essentiellement rurales que dans l’économie dans son ensemble. Ce schéma a été observé dans la plupart des États membres (Belgique et France, données non disponibles; Chypre, Luxembourg et Malte, pas de régions essentiellement rurales), puisque seuls la Bulgarie, le Royaume-Uni et la République tchèque ont affiché une proportion de femmes dans la population active plus importante dans les régions essentiellement rurales (que dans leur moyenne nationale respective pour l’ensemble de l’économie). Dans les autres États membres de l’UE, les écarts entre la moyenne nationale et les parts des régions essentiellement rurales étaient relativement faibles, ne dépassant 1,0 point de pourcentage qu’en Estonie, en Grèce, en Espagne, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Autriche, au Portugal, en Pologne et en Roumanie. Cependant, comparée aux autres types de régions, la proportion de femmes dans la population économiquement active dans les régions essentiellement rurales était généralement plus basse. Le graphique 4 montre que seuls la Bulgarie, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Slovaquie affichaient une part de femmes dans la population active plus élevée dans les régions essentiellement rurales que dans les deux autres types de régions.

L’emploi et le chômage

Les taux d’emploi des personnes âgées de 20 à 64 ans dans les trois types de régions sont présentés dans le graphique 5. Dans la moitié des États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles et qui comptent au moins deux types de régions, les régions essentiellement rurales affichaient généralement un taux d’emploi inférieur à celui des autres types de régions. Dans sept États membres, les régions intermédiaires affichaient les taux d’emploi les plus faibles, tandis qu’en Grèce, en Espagne et en Autriche, les régions essentiellement rurales enregistraient un taux d’emploi plus élevé que les régions intermédiaires et essentiellement urbaines.

Dans plusieurs États membres d’Europe centrale et orientale, la différence entre les taux d’emploi dans les régions essentiellement rurales et dans les régions essentiellement urbaines était particulièrement marquée, notamment en Bulgarie (12,8 points de pourcentage), ainsi qu’en Slovaquie (10,9), en Finlande (8,4), en Estonie (7,3), en Lituanie (7,1), en Hongrie (5,7) et en Roumanie (6,6). Dans la plupart des autres États membres, les écarts entre les taux d’emploi des régions essentiellement rurales et des régions intermédiaires étaient moins prononcés, tandis que les taux d’emploi étaient très homogènes pour tous les types de régions au Danemark, en Espagne, en Italie et en Pologne.

Le graphique 6 présente les taux de chômage dans les trois types de régions. Le taux de chômage le plus élevé dans les régions essentiellement rurales a été enregistré en Espagne (16,2 %), tandis que des taux de chômage à deux chiffres ont aussi été observés en Bulgarie, en Estonie, en Irlande, en Grèce, en Lettonie, en Lituanie, en Hongrie et en Slovaquie. Au Danemark, en Allemagne, en Grèce, en Espagne et aux Pays-Bas, les taux de chômage étaient plus faibles dans les régions rurales que dans les deux autres types de régions.

Seule l’Irlande et certains États membres d’Europe centrale et orientale ont enregistré des taux de chômage plus importants dans les régions essentiellement rurales que dans les autres types de régions. En revanche, les régions essentiellement urbaines affichaient les taux de chômage les plus élevés dans certains États membres d’Europe occidentale et méridionale. Les différences les plus marquées entre les taux de chômage dans les différents types de régions ont été observées en Bulgarie, en Estonie et en Slovaquie.

Gros plan sur l’économie dans les régions essentiellement rurales

En 2010, les régions essentiellement urbaines représentaient environ 54,3 % du PIB de l’UE-27, tandis que les régions intermédiaires y contribuaient à hauteur de quelque 29,2 % et les régions essentiellement rurales généraient les 15,3 % restants. Par rapport à la situation 10 ans auparavant, cet écart entre les régions essentiellement rurales et les régions essentiellement urbaines s’est légèrement réduit, puisque la part des régions essentiellement urbaines a diminué de 1,2 point de pourcentage tandis que les parts des deux autres types de régions ont augmenté chacune de 0,6 point de pourcentage.

Le graphique 7 montre l’évolution du PIB dans les trois types de régions entre 2000 et 2010; il est à noter que ces données sont présentées en prix courants et ne tiennent donc pas compte de l’effet de l’inflation. Comme indiqué ci-dessus, mesuré en termes absolus, l’écart du PIB urbain–rural est resté significatif, mais s’est légèrement réduit au cours de la dernière décennie. Entre 2000 et 2007, la croissance du PIB dans les régions essentiellement rurales a légèrement depassé celle des deux autres types de régions. Un changement majeur dans l’évolution est intervenu en 2008, puisque l’effet de la crise économique et financière s’est fait particulièrement ressentir dans les régions essentiellement urbaines où le PIB a chuté de 3,4 % en moyenne, tandis que la croissance s’est poursuivie dans les régions intermédiaires (1,0 %) et les régions essentiellement rurales (2,2 %). En 2009, la récession s’est intensifiée et les trois types de régions ont connu une baisse de production, même si la contraction a été plus forte dans les régions intermédiaires (-6,2 %) et les régions essentiellement urbaines (-6,1 %) que dans les régions essentiellement rurales (-5,5 %). En 2010, tous les types de régions ont renoué avec la croissance: celle-ci n’a toutefois pas permis de compenser la chute de 2009, puisqu’elle était comprise entre 3,5 % pour les régions essentiellement rurales et 5,0 % pour les régions essentiellement urbaines et 5,3 % pour les régions intermédiaires. Entre 2000 et 2010, la croissance moyenne dans les régions essentiellement rurales a été de 3,2 % par an, devant les régions intermédiaires (3,0 %) et les régions essentiellement urbaines (2,6 %). On peut en conclure que l’évolution du PIB dans les régions essentiellement rurales a été plus forte que dans les autres types de régions et qu’elle a été un peu moins volatile au cours de la récente crise.

Gros plan sur l’agriculture et le tourisme dans les régions essentiellement rurales

L’importance attachée à la structure et à la composition des économies rurales reflète leur diversité et résulte du degré de diversification à partir et au sein d’activités primaires telles que l’agriculture, la sylviculture et la pêche. Les défis en matière d’emploi dans les zones rurales de l’UE sont liés, du moins en partie, à la diversité de l’économie locale.

Les services ont été le principal moteur de la croissance dans l’UE ces dernières décennies. En 2010, leur part du PIB régional (il est à noter que les données ne sont pas disponibles pour la grande majorité des régions italiennes) était cependant bien plus faible dans les régions essentiellement rurales (64,8 %) que dans les régions intermédiaires (68,7 %) ou les régions essentiellement urbaines (78,6 %). En revanche, les parts des autres grands secteurs étaient plus importantes dans les régions essentiellement rurales (23,7 % de l’industrie, 7,1 % de la construction et 4,4 % de l’agriculture, la sylviculture et la pêche) que dans les deux autres types de régions. Les services ont genéré plus de la moitié de la valeur ajoutée totale dans les régions essentiellement rurales dans l’ensemble des États membres en 2010, à l’exception des Pays-Bas et de la Roumanie, qui disposaient tous deux de grands secteurs industriels, tandis que le secteur roumain de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche était un des plus importants (en termes de contribution à la valeur ajoutée totale) — voir tableau 4. Dans quatre États membres, la part des services dans la valeur ajoutée totale était supérieure à 70,0 % dans les régions essentiellement rurales et atteignait 73,1 % au Danemark.

Si l’agriculture, la sylviculture et la pêche constituaient le plus petit des quatre grands secteurs présentés dans le tableau 4 dans les régions essentiellement rurales de l’UE prise dans son ensemble, cette situation ne s’appliquait pas à tous les États membres. Dans les régions essentiellement rurales de Bulgarie, d’Estonie, d’Irlande, de Grèce, de Lettonie, de Lituanie, de Pologne et de Roumanie, la contribution de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche à la valeur ajoutée totale en 2010 était plus importante que celle de la construction. Tel était aussi le cas en Croatie. Les plus fortes contributions de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche à la valeur ajoutée dans les régions essentiellement rurales ont été enregistrées en Bulgarie (11,2 %), en Lettonie et en Roumanie (11,0 % dans les deux cas). En revanche, l’agriculture, la sylviculture et la pêche ont généré seulement 2,4 % de la valeur ajoutée dans les régions essentiellement rurales d’Allemagne et d’Irlande.

La main-d’œuvre du secteur de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche

En 2010, la main-d’œuvre agricole régulière dans l’UE-27 s’élevait à environ 25,0 millions de personnes, dont un grand nombre travaillait à temps partiel et/ou de manière saisonnière. En 2012, la main-d’œuvre agricole dans l’UE-27 était estimée à 10,1 millions d’unités de travail annuel: une unité de travail annuel équivaut à une personne travaillant à temps plein pendant une année complète. Le taux de main-d’œuvre en 2012 était environ 25 % inférieur à celui enregistré 10 ans auparavant, soit une diminution de 2,9 % par an. Les plus fortes réductions globales dans l’emploi agricole au cours de cette décennie ont été observées en Slovaquie (-58,9 %) et en Estonie (-56,2 %), tandis que la main-d’œuvre agricole a aussi chuté de 30,0 % ou plus en Bulgarie, en Lettonie, en Roumanie, en République tchèque, en Hongrie, en Suède, en Grèce et au Danemark, ainsi qu’en Norvège. Les seuls États membres qui ont fait état d’une augmentation de leur main-d’œuvre agricole au cours de cette période étaient Malte (14,0 %) et l’Irlande (4,6 %).

Le tableau 5 présente une analyse semblable à celle du tableau 4 mais axée sur l’emploi. Il est à noter que cette analyse concerne 2009 et que les données ne sont pas disponibles pour l’Allemagne et l’Italie (et qu’aucun agrégat européen n’a donc été produit). Les services dominaient à nouveau l’analyse et assuraient un emploi à plus de la moitié de la poupulation active dans les régions essentiellement rurales dans tous les États membres à l’exception de la Pologne, de la Bulgarie et de la Roumanie. La part de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans l’emploi dans ces mêmes régions avait tendance à être plus importante que la part de valeur ajoutée correspondante, bien que cela n’ait pas été le cas en Estonie et en Suède. Dans certains États membres, la différence entre les contributions à la valeur ajoutée et à l’emploi était particulièrement marquée, notamment en Roumanie, en Bulgarie, en Pologne, au Portugal et en Grèce, où l’écart atteignait plus de 10 points de pourcentage. Les parts de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans l’emploi dans les régions essentiellement rurales de ces États membres étaient si importantes qu’elles étaient plus élevées que les parts enregistrées pour l’industrie ou la construction et, dans le cas de la Roumanie, la part de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans l’emploi dans ces régions était aussi plus grande que celle enregistrée pour les services. En revanche, ces activités assuraient moins de 5,0 % de l’emploi dans les régions essentiellement rurales de Suède, des Pays-Bas, du Danemark, de Belgique et de Slovaquie. Elles contribuaient à hauteur de 4,4 % à la valeur ajoutée totale de l’économie rurale en 2010 (à l’exclusion de presque toutes les régions italiennes) et à hauteur de 15,6 % à l’emploi rural en 2009 (à l’exclusion de l’Allemagne et de presque toutes les régions italiennes). Considérées sous un autre angle, les régions essentiellement rurales représentaient 42,4 % de la valeur ajoutée dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche à travers l’UE et 54,9 % de l’emploi dans ce secteur. Cela souligne non seulement l’importance de ce secteur pour les régions essentiellement rurales, mais aussi l’importance de ces régions pour ce secteur.

La carte 4 présente des informations plus détaillées sur l’importance relative de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans l’emploi régional. Pour l’UE-27 dans son ensemble, ces activités assuraient 5,21 % de l’emploi en 2012, une diminution par rapport aux 5,37 % de 2009 (année pour laquelle les données régionales sont présentées dans la carte). Sans surprise, l’emploi dans ce secteur est particulièrement concentré dans les régions essentiellement rurales. Sur les 750 régions présentes sur la carte, 325 environ étaient des régions essentiellement rurales et, parmi celles-ci, 264 affichaient un taux d’emploi pour l’agriculture, la sylviculture et la pêche plus élevé que la moyenne de l’UE-27. En revanche, seules 12 régions essentiellement urbaines (sur 188) et 95 régions intermédiaires (sur 237) affichaient un taux d’emploi dans ces activités supérieur à la moyenne.

Au niveau NUTS 3, les parts les plus élevées d’agriculture, de sylviculture et de pêche dans l’emploi total se trouvaient essentiellement en Roumanie: Ialomita affichait la part la plus importante (63,6 %) tandis que sept autres régions roumaines enregistraient des parts supérieures à 50,0 %. Venaient ensuite Silistra en Bulgarie (49,4 %) et Alto Trás-os-Montes au Portugal (47,8 %), avant quatre autres régions roumaines. Les plus fortes parts d’emploi pour ces activités parmi les régions intermédiaires s’élevaient à 45,0 % et à 44,0 % dans les régions roumaines de Bacau et Iasi, respectivement les 17e et 19e parts les plus importantes. Parmi les régions essentiellement urbaines, la part la plus importante s’élevait à 26,2 %, dans la région polonaise de Krakowski, qui arrivait en 74e position. La part la plus faible parmi les régions essentiellement rurales était de 0,5 %, dans la région espagnole d’El Hierro. Dans 12 régions, l’emploi dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche était inexistant: il s’agissait de 10 régions essentiellement urbaines et de deux régions intermédiaires (Swindon et Plymouth au Royaume-Uni). Neuf de ces régions sans emploi dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche se trouvaient au Royaume-Uni et l’autre était la région de la capitale danoise, Byen København.

Les activités agricoles secondaires

Si la part de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche dans les économies rurales a diminué, la diversification y a pris de l’importance. Dans l’ensemble de l’UE-27, 5,2 % des exploitations agricoles disposaient d’au moins une autre source de revenu (appelée par la suite «autre activité lucrative») — voir tableau 6. Cette proportion était comprise entre moins de 5,0 % en Italie, en Pologne, à Malte, en Espagne, en Grèce, en Bulgarie, en Roumanie, à Chypre et en Lituanie (où elle était d’à peine 0,8 %) et plus d’un tiers en Suède, en Autriche et au Danemark (où elle atteignait 52,0 %), tandis que, parmi les États membres qui ont rejoint l’UE en 2004 ou 2007, les plus fortes proportions d’exploitations agricoles exerçant d’autres activités lucratives ont été enregistrées en Slovénie (16,8 %), en République tchèque (15,0 %) et en Estonie (13,5 %). La moyenne générale de l’UE-27 est fortement influencée par la faible proportion d’exploitations agricoles qui exercent d’autres activités lucratives en Italie, en Pologne et en Roumanie, alors que chacun de ces trois États membres comptait un nombre total très élevé d’exploitations: ensemble, ils totalisaient nettement plus de la moitié (58,2 %) des 12,0 millions d’exploitations de l’UE-27. Il est à noter que beaucoup d’entre elles étaient de très petite taille et employaient l’équivalent de moins d’une personne à temps plein.

Considérées en termes de poids économique (sur la base de la production standard), les exploitations agricoles qui exercent des activités secondaires étaient plus importantes que ce qu’un simple décompte laissait penser, puisqu’elles généraient 18,9 % de la production agricole standard de l’UE-27. Dans certains États membres, l’importance relative des activités secondaires était tout à fait différente selon qu’elle était mesurée en termes de nombre d’exploitations ou de production, par exemple: alors qu’1,1 % seulement des exploitations agricoles en Bulgarie et en Roumanie exerçaient une activité secondaire, ces exploitations représentaient respectivement 13,5 % et 9,6 % de la production standard totale, tandis qu’en Lituanie, les exploitations agricoles qui exerçaient des activités secondaires (0,8 % du total) généraient 7,4 % de la production standard.

Le tableau 6 donne une indication des divers types d’activités lucratives secondaires qui étaient exercées par les exploitations agricoles en 2010. Il est à noter que les parts indiquées dans le tableau ne correspondent pas à l’importance relative de l’activité secondaire, mais à l’importance générale des exploitations qui exercent l’activité parmi toutes les exploitations exerçant des activités secondaires. Par exemple, les exploitations agricoles qui proposent aussi des services touristiques représentaient 12,5 % de la production standard des exploitations exerçant des activités secondaires dans l’UE-27. Étant donné que les exploitations peuvent exercer de multiples activités secondaires, les parts des différentes activités ne peuvent être agrégées. Parmi les activités secondaires particulièrement courantes figuraient les travaux à façon, la sylviculture, la transformation de produits de la ferme et la production d’énergie renouvelable.

Comme indiqué ci-dessus, 18,9 % de la production standard totale de l’UE-27 était générés par des exploitations agricoles exerçant des activités secondaires. Le graphique 8 présente une analyse plus approfondie de ce chiffre et montre que 8,6 % de la production standard totale était générés par des exploitations où les activités secondaires représentaient au moins 10 % du chiffre d’affaires, 4,0 % de la production standard totale étant générés par des exploitations où les activités secondaires étaient à l’origine de plus de la moitié du chiffre d’affaires. La Hongrie affichait la proportion la plus élevée de production standard générée par des exploitations où au moins 10 % du chiffre d’affaires provenait d’activités secondaires, tandis que l’Italie présentait de loin la plus forte proportion de production standard générée par des exploitations où les activités secondaires représentaient plus de la moitié du chiffre d’affaires.

Le tourisme

Si un certain type de tourisme, comme les visites des villes, est clairement associé aux zones urbaines, la plus grande part du tourisme se déroule dans les zones rurales, par exemple le long des côtes, dans les régions montagneuses (en été et en hiver), ou près des rivières et des lacs. Le tourisme et ses activités connexes, notamment la construction, le commerce, les services de restauration et les services de transport, peuvent donc jouer un rôle important dans les économies rurales.

La répartition de l’offre touristique entre les trois types de régions est présentée dans le graphique 9. En 2011, un peu plus de deux cinquièmes (42,5 %) du nombre de places-lits dans tous les établissements d’hébergement collectif (hôtels, campings et autres) de l’UE-27 se trouvaient dans des régions intermédiaires, un peu moins d’un tiers (32,2 %) dans des régions essentiellement rurales et le dernier quart (25,3 %) dans des régions essentiellement urbaines. La part des places-lits dans les régions essentiellement rurales était nettement supérieure à la part correspondante de la population (au 1er janvier 2012), qui était inférieure de 9,9 points de pourcentage, à 22,3 %, ce qui prouve l’attrait des zones rurales pour les vacanciers. Il convient aussi de noter qu’une proportion plus élevée de places-lits dans les établissements d’hébergement collectif dans les régions urbaines (par rapport aux régions rurales) pourrait bien être liée à l’offre destinée aux clients d’affaires plutôt qu’aux vacanciers. De même, la part de places-lits dans les régions intermédiaires était supérieure (7,3 points de pourcentage) à la part qu’elles représentaient dans la population totale (35,3 %) et, par conséquent, la part de places-lits des régions essentiellement urbaines était considérablement inférieure (17,2 points de pourcentage) à leur part de population (42,4 %). Ce schéma général, avec des parts relativement élevées pour les régions essentiellement rurales, se répétait dans 16 des 24 États membres possédant ce type de région. Les États membres dans lesquels les régions essentiellement rurales affichaient une part de places-lits particulièrement élevée en comparaison de leur part dans la population étaient la Grèce, l’Autriche, la Finlande et la France, où la part de places-lits dans les régions essentiellement rurales était supérieure d’au moins 20,0 points de pourcentage à la part équivalente de la population. Sans surprise, ces quatre États membres figuraient parmi les sept où au moins la moitié des places-lits se trouvait dans des régions essentiellement rurales. Au sommet du classement des parts les plus élevées dans les régions essentiellement rurales se trouvait l’Irlande (75,2 %), suivie par la Grèce (74,1 %) et l’Autriche (72,5 %). La part du nombre total de places-lits des régions essentiellement rurales était inférieure d’au moins 10,0 points de pourcentage à leur part de la population en Lituanie, en Roumanie, en Lettonie et surtout en Bulgarie (inférieure de 18,2 points de pourcentage).

L’évolution du nombre de places-lits entre 2007 et 2011 (autrement dit, de la période immédiatement avant le début de la crise économique et financière aux dernières données disponibles) est présentée dans la carte 5. L’évolution moyenne observée pour l’UE-27 est une hausse de 2,36 %. La carte distingue les trois types de régions et, pour chacune d’elles, les régions où le taux d’évolution était supérieur ou inférieur à la moyenne de l’UE-27.

Dans 10 régions, le nombre de places-lits a plus que doublé entre 2007 et 2011, parmi lesquelles quatre régions essentiellement rurales: Lefkada et Preveza en Grèce, Powys au Royaume-Uni et Silistra en Bulgarie. La plus forte croissance a été enregistrée dans une de ces régions essentiellement rurales, à savoir sur l’île grecque de Lefkada, où le nombre de places-lits est passé de 6 000 à 19 800. Le nombre de places-lits a augmenté davantage que la moyenne de l’UE-27 dans 246 régions essentiellement rurales et moins que la moyenne de l’UE-27 dans 34 autres. En revanche, le nombre de places-lits a diminué dans 175 régions essentiellement rurales, parmi lesquelles 71 régions ont enregistré des baisses de 10,0 % ou plus, 25 d’entre elles enregistrant des réductions de 20,0 % ou plus. Les trois plus fortes contractions du nombre de places-lits dans les régions essentiellement rurales ont été observées dans le département de la Somme en France (-57,3 %), la région de Dillingen an der Donau en Allemagne (-43,7 %, 2007-2010) et le département de la Meuse en France (-42,7 %).

Pour les pays de l’AELE et les pays candidats et en voie d’adhésion, cette analyse n’est disponible que pour les régions norvégiennes et croates. Dans la région croate essentiellement rurale de Medimurska zupanija, le nombre de places-lits a plus que doublé, tandis qu’en Norvège, la plus forte augmentation du nombre de places-lits s’élevait à 9,1 % dans le Nord-Trøndelag. Cinq régions croates et trois régions norvégiennes essentiellement rurales ont enregistré une contraction de leur nombre respectif de places-lits, supérieure à -10,0 % dans deux régions seulement, à savoir les régions croates de Zadarska zupanija (-20,0 %) et de Sibensko-kninska zupanija (-42,1 %).

Sources et disponibilité des données

La typologie urbaine–rurale

Les statistiques régionales d’Eurostat sont à la base des informations présentées dans cet article. Pour la plupart des analyses régionales, les données sont collectées à un niveau régional spécifique (de la classification NUTS). En revanche, les statistiques présentées dans cet article ont été produites en classant d’abord l’ensemble des régions de niveau NUTS 3 selon leur caractère plus ou moins urbain ou rural: cette classification est appelée typologie urbaine–rurale.

La typologie s’appuie sur une approche en trois temps afin de déterminer les zones urbaines ou rurales pour les régions de niveau NUTS 3, à savoir: déterminer les populations rurales au niveau des cellules de 1 km², classer les régions de niveau NUTS 3 selon la part de population pour chaque type de cellule et, ensuite, ajuster la classification sur la base de la présence de villes.

Pour que les cellules de grille soient considérées comme urbaines, elles doivent remplir deux conditions: une densité de population d’au moins 300 habitants par km² et une population minimale de 5 000 habitants dans les cellules contiguës (voisines ou adjacentes) au-dessus du seuil de densité; toutes les autres cellules sont considérées comme rurales. Une fois établi quelle cellule appartenait à quelle catégorie, l’étape suivante consiste à classer les régions de niveau NUTS 3 dans l’un des trois groupes:

  • régions essentiellement rurales/régions rurales: où la population rurale représente 50 % ou plus de la population totale;
  • régions intermédiaires: où la population rurale représente entre 20 % et 50 % de la population totale;
  • régions essentiellement urbaines/régions urbaines: où la population rurale représente moins de 20 % de la population totale.

Les régions de niveau NUTS 3 d’une superficie inférieure à 500 km² sont combinées, à des fins de classification, avec une ou plusieurs de leurs voisines. Les résultats sont ensuite vérifiés par rapport à un dernier critère: la taille des éventuelles villes présentes dans chaque région. Une région classée comme essentiellement rurale devient intermédiaire si elle contient une ville de plus de 200 000 habitants, soit au moins 25 % de la population totale de la région. Une région classée comme intermédiaire devient essentiellement urbaine si elle contient une ville de plus de 500 000 habitants, soit au moins 25 % de la population totale de la région.

Le dernier exercice de classification date de 2012 et a apporté trois changements majeurs par rapport à l’exercice précédent (mené en 2010).

  • l’introduction de la classification NUTS 2010;
  • la mise à disposition d’une grille de population plus précise;
  • une réévaluation de la présence de grandes villes, à l’aide d’une liste harmonisée de villes issue de l’audit urbain.

Contexte

Les enjeux régionaux pour les zones rurales

À l’avenir, les zones urbaines pourraient être confrontées à un risque supplémentaire ou accru de catastrophes naturelles en raison du changement climatique (par exemple, sécheresses, tempêtes, inondations et incendies récurrents). Les ressources naturelles et la diversité des paysages pourraient aussi être mises en péril par l’abandon de terres auparavant utilisées à des fins agricoles, en raison, par exemple, d’un risque accru de feux de forêt (là où le pâturage a cessé ou où les terres cultivées ont été abandonnées), de l’érosion des sols (là où les terrasses ne sont pas entretenues) ou d’une diminution de la biodiversité. La fragmentation des terres agricoles, des forêts et d’autres habitats constitue en effet une menace pour la biodiversité en Europe.

L’abandon des terres est étroitement lié à la dynamique démographique, avec les zones rurales dans les régions montagneuses ou périphériques qui voient leurs populations locales décliner en raison du vieillissement démographique et de l’exode des plus jeunes, lié à un manque de possibilités économiques et sociales. En revanche, d’autres zones rurales servent de plus en plus de zones résidentielles pour les grandes villes. Elles peuvent ainsi faire l’objet de pressions environnementales accrues sans tirer pleinement profit de l’activité économique de leurs résidents, qui peut générer une valeur ajoutée dans les régions (urbaines) voisines.

De nombreux commentateurs ont indiqué que les zones rurales (en particulier les plus éloignées) allaient de plus en plus être amenées à diversifier leurs possibilités économiques et sociales afin d’éliminer une série de disparités avec les zones urbaines, notamment le potentiel d’emploi, les niveaux de revenu ou l’accès aux services. Un domaine particulier dans lequel les responsables politiques encouragent un investissement rural considérable est le développement de nouvelles infrastructures de transport, d’information et de communication.

Les politiques

La politique de développement rural de l’UE est présentée dans le règlement (CE) n° 1698/2005 du Conseil concernant le soutien au développement rural par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). Au cours de la période 2007-2013, la politique de développement rural s’est attelée à améliorer:

  • la compétitivité de l’agriculture et de la sylviculture;
  • l’environnement et la campagne au moyen d’une aide à la gestion des terres;
  • la qualité de vie dans les zones rurales et la promotion de la diversification de l’économie rurale.

La politique de développement rural a adopté une approche stratégique:

  • pour l’UE, des lignes directrices stratégiques définissent des priorités pour le développement rural qui reflètent les priorités des politiques de l’UE, en particulier en matière de croissance, d’emploi et de développement durable;
  • chaque État membre de l’UE présente un plan stratégique national en veillant à ce que ses propositions d’utilisation de l’aide au développement rural respectent les lignes directrices stratégiques et à ce que les priorités européennes, nationales et régionales soient cohérentes;
  • les États membres et la Commission européenne suivent et évaluent les résultats des stratégies et des programmes.

De plus amples informations sur les politiques de développement rural actuelles et à venir sont disponibles dans l’article d’introduction.

L’emploi dans les zones rurales

La Commission européenne a adopté une communication intitulée «Emploi dans les zones rurales: combler le déficit d’emplois» (COM(2006) 857 final) qui mesure les défis en matière d’emploi dans les zones rurales de l’UE. Elle met en évidence les principaux moteurs de la croissance rurale, tels que les ressources naturelles et la qualité de l’environnement, ainsi qu’une structure sectorielle diverse dans l’économie locale et une meilleure qualité de vie. Les obstacles majeurs à la croissance de l’emploi dans les zones rurales étaient les suivants: les tendances démographiques négatives et l’exode des jeunes des zones rurales, le degré élevé de concentration dans un nombre relativement retreint d’activités économiques, les infrastructures de mauvaise qualité ou insuffisantes, les faibles niveaux d’accessibilité aux services, comme la qualité et l’accès à l’internet à haut débit, les faibles niveaux de compétences, de connaissances, d’entrepreneuriat et d’innovation et le capital social et institutionnel sous-développé.

La politique de cohésion encourage le tourisme pour soutenir le développement régional durable et la création d’emplois. Le tourisme peut en effet jouer un rôle essentiel dans le développement de nombreuses régions rurales, le tourisme durable assurant la préservation et l’amélioration du patrimoine culturel et naturel. Les infrastructures créées pour le tourisme peuvent contribuer au développement économique local, alors que des emplois peuvent être créés ou maintenus. L’aide de l’UE au tourisme via la politique de cohésion pour 2007-2013 s’est élevée à plus de 6 milliards d’euros, qui ont en majorité été affectés à l’amélioration des services aux touristes, tandis que des sommes importantes ont été affectées à la protection et au développement du patrimoine naturel et à la promotion des ressources naturelles.


Informations supplémentaires Eurostat

Visualisation des données

Publications

Base de données

Statistiques démographiques par typologie urbaine-rurale (urt_demo)
Comptes économiques par typologie urbaine-rurale (urt_eco)

Section dédiée

Méthodologie / Métadonnées

Source des données pour les tableaux, graphiques et cartes (MS Excel)

Liens externes

Voir aussi