Statistiques agricoles au niveau régional


Données extraites en mars 2018.

Mise à jour prévue de l’article: novembre 2019.

Points clés

La région espagnole de Castilla y León a récolté plus d’orge que les autres régions de l’UE et a enregistré la deuxième plus grande production de blé tendre et d’épeautre récoltée.

La Bretagne (France) et Southern and Eastern (Irlande) enregistraient la plus grande production de lait de vache, avec 5,5 millions de tonnes chacune.

Source: Eurostat

Les traditions culinaires et alimentaires de l’Union européenne (UE) sont connues dans le monde entier et les produits agricoles représentent une part importante de l’identité culturelle et régionale de l’UE, ce qui s’explique, du moins en partie, par la diversité des environnements naturels, des climats et des pratiques agricoles, qui se traduit par une large variété de produits agricoles. Ces dernières années, un modèle de développement a émergé: de plus en plus de consommateurs de l’Union européenne (UE) accordent une importance croissante à la provenance de leurs denrées alimentaires et privilégient les produits régionaux ainsi que les spécialités traditionnelles.

Article complet

Environ 40 % des terres de l’UE sont exploitées: ce chiffre souligne les effets significatifs que l’agriculture peut avoir sur les environnements naturels, les ressources naturelles, la vie sauvage ainsi que la qualité de l’eau et des sols. De plus en plus, les agriculteurs sont invités à gérer les milieux ruraux au bénéfice de tous les Européens, en mettant à disposition un bien public grâce à l’entretien des sols, des paysages et de la biodiversité, pour que l’ensemble de la société puisse tirer parti d’un espace rural soigneusement géré et entre de bonnes mains.

La politique agricole commune (PAC) est gérée directement à partir du budget de l’UE et concerne l’ensemble des États membres. Elle vise principalement à garantir que les agriculteurs de l’UE assurent l’approvisionnement alimentaire stable et sûr, produit de manière durable à un prix abordable, pour plus de 500 millions de consommateurs dans toute l’UE. Dans le même temps, elle a pour objectif de garantir que les agriculteurs et les autres travailleurs agricoles gagnent raisonnablement leur vie.

Les défis auxquels fait face l’agriculture de l’UE ne cessent d’évoluer; on peut notamment citer: le changement climatique; protéger le bien-être animal; la gestion durable des ressources naturelles et la protection du milieu rural pour les générations futures; garder les économies rurales en vie; ou contribuer à assurer une production alimentaire viable à la population mondiale, qui connaît une forte croissance. Les agriculteurs sont encouragés à recourir à des méthodes d’agriculture durable sur le plan environnemental pour bénéficier de l’intégralité des aides au revenu. En pratique, cela signifie qu’ils doivent entretenir des prairies permanentes existantes et produire un nombre minimal de cultures (pour favoriser la biodiversité); ils bénéficient également d’une aide supplémentaire s’ils décident d’adopter des pratiques plus strictes à l’égard de la protection de l’environnement.

Le présent article décrit les statistiques agricoles régionales dans l’Union européenne (UE) et fournit une sélection de données d’Eurostat en la matière, y compris des informations portant sur la structure de l’agriculture, la production de céréales, les superficies viticoles, ainsi que la production animale (spécialisation du cheptel et production de lait de vache).

Structure de l’agriculture

L’UE-28 comptait 10,8 millions d’exploitations agricoles en 2013. Ces exploitations se trouvaient principalement dans les régions de l’est de l’Union, dont environ un tiers du total (33,5 %) en Roumanie et plus d’une sur huit (13,2 %) en Pologne. Venaient ensuite l’Italie (9,3 % des exploitations agricoles de l’UE-28), l’Espagne (8,9 %) et la Grèce (6,5 %). Aucun des autres États membres de l’Union n’enregistrait une part supérieure à 5,0 %.

Dans l’UE, les exploitations agricoles sont principalement de taille réduite. En 2013, 83 % de toutes les exploitations agricoles de l’UE étaient de petite taille (définies ici comme les exploitations agricoles d’une production standard inférieure à 25 000 euros). Les petites exploitations agricoles sont généralement situées dans l’est et le sud de l’UE. La carte 1 présente une analyse de la taille moyenne des exploitations agricoles (en production standard) pour les régions de niveau NUTS 2 en 2013. Les 10,8 millions d’exploitations agricoles de l’UE-28 enregistraient, en moyenne, une production standard de 30 500 euros. Il convient toutefois de noter que la couverture de l’enquête varie d’un État membre de l’UE à l’autre et cette différence peut avoir des effets sur les résultats présentés ci-dessous, car l’utilisation de seuils différents afin d’exclure les plus petites exploitations pèse lourdement sur la taille moyenne.

En moyenne, les plus grandes exploitations de l’UE (mesuré en production standard) se trouvaient plus généralement aux Pays-Bas et en Allemagne

La taille moyenne des exploitations variait grandement entre les régions et les États membres de l’UE. Dans 35 régions de l’UE-28, la production standard par exploitation agricole atteignait en moyenne au moins 200 000 euros (représentées par la teinte la plus foncée sur la carte 1). Ces régions étaient situées aux Pays-Bas (toutes les régions sauf la Zeeland), en Allemagne (huit régions de niveau NUTS 1), en Belgique (quatre régions), au Danemark, en France et au Royaume-Uni (trois régions chacun), en République tchèque (deux régions) et en Slovaquie (une région). La production standard par exploitation culminait à 542 000 euros dans la région allemande de Sachsen-Anhalt, tandis que deux autres régions allemandes, Mecklenburg-Vorpommern et Thüringen, figuraient également parmi les quatre premières régions de l’Union comptant les plus grandes exploitations (en termes économiques, c’est-à-dire avec une production standard de plus de 400 000 euros en moyenne). La région néerlandaise de Zuid-Holland complétait ce nombre.

À l’autre extrémité, 69 régions de l’UE-28 accueillaient des exploitations agricoles enregistrant en moyenne une production standard de moins de 25 000 euros en 2013 (représentées par la teinte la plus claire); bon nombre d’entre elles sont des exploitations familiales et certaines peuvent être considérées comme des exploitations de subsistance. Toutes les régions de Bulgarie, Grèce, Croatie, Hongrie et Roumanie comptaient parmi ce nombre, de même que onze des seize régions polonaises, cinq régions espagnoles, quatre régions italiennes et quatre régions portugaises, deux régions autrichiennes et une région en France et en Irlande, ainsi que Chypre, la Lettonie, la Lituanie et Malte (chacune constituant une seule région à ce niveau d’analyse) et la Slovénie (pour laquelle seules des données nationales sont disponibles). Dès lors, la grande majorité des régions abritant des exploitations de petite taille, en moyenne, se concentraient dans l’est et le sud de l’Union. La région enregistrant le plus faible niveau de production standard par exploitation (2 600 euros) était la région Sud-Vest Oltenia en Roumanie (si les deux villes autonomes espagnoles Ceuta et Melilla ne sont pas prises en compte dans l’analyse).
Carte 1: Taille économique moyenne des exploitations agricoles, par région NUTS 2, 2013
(en milliers d’euros)
Source: Eurostat (ef_kvecsleg)

Céréales

Les terres arables sont généralement réservées à la production de céréales, l’un des plus importants produits du secteur agricole de l’Union. Les céréales sont avant tout destinées à la consommation humaine et à l’alimentation animale, mais elles servent également à produire des boissons et des produits industriels (de l’amidon, par exemple). La production de céréales dans l’Union est particulièrement concentrée dans les régions de basses terres caractérisées par de grandes plaines, un climat tempéré et un niveau de précipitations relativement restreint.

En 2016, la superficie agricole réservée à la production de céréales (riz compris) dans l’UE-28 s’élevait à 57,2 millions d’hectares. La production récoltée de céréales dans l’UE-28 se chiffrait à 301,7 millions de tonnes, un résultat qui marque la deuxième baisse annuelle consécutive de la production céréalière et une chute globale de 9,3 % par rapport au dernier pic de production (332,6 millions de tonnes en 2014).

La production de céréales totale la plus élevée de l’UE (représentée par la taille des cercles sur la carte 2) formait généralement une bande partant de l’Espagne vers l’ouest et le nord de la France, l’est de l’England, l’Allemagne, le Danemark, la Pologne et la Lettonie, avec des niveaux de production relativement élevés dans le nord de l’Italie, en Hongrie et en Roumanie. En 2016, la production de céréales récoltée atteignait au moins 5,0 millions de tonnes dans les régions suivantes: Sud - Muntenia (Roumanie), Lettonie (qui constitue une seule région à ce niveau d’analyse), East of England (une région de niveau NUTS 1), Centre (France), Niedersachsen et Bayern (Allemagne; des régions de niveau NUTS 1) et Castilla y León (Espagne); celle-ci a enregistré la production la plus importante dans l’UE, à 9,0 millions de tonnes.

La région espagnole de Castilla y León a récolté plus d’orge que les autres régions de l’UE et a également enregistré la deuxième plus grande production régionale de blé tendre et d’épeautre

Les types de céréales récoltés dans l’UE sont très variés et les spécialisations régionales reflètent, du moins dans une certaine mesure, la topographie, le type de sol, le climat et les précipitations ou les utilisations concurrentes des terres. En plus d’indiquer le niveau de production totale de céréales récoltée dans chaque région de niveau NUTS 2 en 2016, la carte 2 donne également des informations sur les céréales les plus cultivées dans chaque région (représentées par la couleur de chaque cercle).

Les types de céréales les plus cultivés dans l’UE-28 étaient le blé tendre et l’épeautre. Leur production était principalement concentrée dans le nord et le centre de la France (ainsi que dans la région Midi-Pyrénées) ainsi que dans les régions d’England et de Wales (Royaume-Uni) et dans la majorité des régions des États membres du Benelux, d’Allemagne, du Danemark et des régions plus méridionales de Suède. Le blé tendre et l’épeautre étaient également les céréales les plus cultivées dans des régions formant une bande qui s’étend de l’est de l’Autriche pour traverser la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne vers les États membres baltes. Ces types de céréales étaient également les plus couramment cultivés dans plusieurs régions du sud de la Roumanie et de Bulgarie. En 2016, les niveaux les plus élevés de production régionale de blé tendre et d’épeautre ont été enregistrés dans la région East of England (une région de niveau NUTS 1; 4,3 millions de tonnes) et Castilla y León (Espagne; 4,0 millions de tonnes).

Dans bon nombre de régions de l’UE, le maïs grain et le mélange grain-rafles représentaient les céréales les plus cultivées en 2016. Les régions spécialisées dans le maïs grain et le mélange grain-rafles se concentraient principalement dans les États membres du sud de l’Union et formaient une bande partant du Portugal pour traverser une partie de l’Espagne et une grande partie du sud de la France (ainsi que l’Alsace), les régions du nord de l’Italie, les régions du sud et de l’ouest de l’Autriche, une grande partie de la Hongrie, des régions de l’est de la Croatie, jusqu’en Slovénie. Le maïs grain et le mélange grain-rafles étaient également les céréales les plus cultivées dans le nord de la Roumanie, dans deux régions bulgares et dans plusieurs régions grecques. Les niveaux de production régionale les plus élevés ont été enregistrés en Aquitaine (France; 2,7 millions de tonnes), Kontinentalna Hrvatska (Croatie; 2,1 millions de tonnes) et Dél-Dunántúl (Hongrie; 2,1 millions de tonnes également).
Carte 2: Production de céréales récoltée (graines comprises) et céréales les plus cultivées, par région NUTS 2, 2016
(en millions de tonnes)
Source: Eurostat (agr_r_acs)

L’orge était la céréale la plus couramment cultivée dans les régions de l’UE considérées comme plus reculées et montagneuses, généralement dans le nord et le sud de l’Union, notamment les régions du centre et du nord de la Finlande et en Suède, les régions du sud-est de l’Espagne ou certaines îles grecques. L’orge était aussi la céréale la plus cultivée dans les deux régions d’Irlande, les régions Northern Ireland et Scotland (Royaume-Uni), ainsi que dans deux régions montagneuses d’Autriche, dans les régions occidentales de Croatie et en Slovénie et dans une région du Danemark, une région d’Allemagne et une région des Pays-Bas. En 2016, la production régionale d’orge la plus importante a été enregistrée dans les régions espagnoles Castilla y León (3,3 millions de tonnes) et Castilla-la Mancha (2,6 millions de tonnes).

Un nombre relativement faible de régions de l’Union s’étaient spécialisées dans la culture de blé dur, de seigle et de mélanges de céréales d’hiver (méteil), contrairement aux autres céréales. Le blé dur était le type de céréale le plus cultivé dans le sud et le centre de l’Italie, dans deux régions du sud de la France et dans une région du sud de l’Espagne ainsi que dans plusieurs régions grecques et à Chypre. La production récoltée la plus importante de l’UE a été enregistrée dans les régions Puglia (1,3 millions de tonnes) et Sicilia (0,8 millions de tonnes). Une seule région, la région montagneuse italienne de la Provincia Autonoma di Bolzano/Bozen, cultivait majoritairement le seigle et le méteil. Toutefois, le niveau de production régional le plus élevé a été enregistré dans deux régions allemandes, Brandenburg et Niedersachsen (chacune 0,8 million de tonnes).
Graphique 1: Régions NUTS 2 dont le niveau de production est le plus élevé pour les céréales sélectionnées, 2016
(en millions de tonnes)
Source: Eurostat (agr_r_acs)

Vignobles

L’Union européenne est le premier producteur de vin au monde; elle représente plus de la moitié de la production et de la consommation mondiale. La qualité et le prix du vin varient d’une année à l’autre en fonction notamment des conditions météorologiques, du rendement et des variations de l’offre et de la demande relatives à plusieurs types de vin. Plusieurs régions de l’Union, principalement dans le sud, dépendent en grande partie des activités économiques liées, directement ou indirectement, à la vinification et à la commercialisation du vin.

Ces dernières années, la consommation de vin a globalement diminué dans l’UE-28. Cette baisse est avant tout le reflet du changement des habitudes de consommation (en particulier dans le sud de l’Europe), puisque les vins de table, qui étaient consommés au quotidien lors des repas, ont été remplacés dans une certaine mesure par des vins de qualité et de plus grande valeur ainsi que par d’autres boissons, alcoolisées ou non.

Appellation d’origine protégée (AOP) et indication géographique protégée (IGP)
Les vins de qualité sont des vins reconnus par deux systèmes de l’UE: les appellations d’origine protégée (AOP), un label destiné aux boissons et aliments européens qui garantit leur origine géographique et l’utilisation d’un savoir-faire reconnu (et un raisin provenant exclusivement de la région en question); les indications géographiques protégées (IGP), un label destiné aux aliments européens de qualité qui sont étroitement liés à certaines régions (et qui comprennent au moins 85 % des raisins provenant de la région en question). L’apposition de ces labels permet aux consommateurs de reconnaître aisément les produits de qualité et de se fier à leur authenticité, et offre également aux producteurs de l’UE une protection juridique contre les imitations et les usurpations.

Il convient de noter que la collecte des données relatives aux vignobles est davantage axée sur le potentiel structurel des vignobles; la classification est donc fondée sur le respect du cahier des charges des AOP et des IGP plutôt que sur des décisions de «certification des vins» prises chaque année par les producteurs.

En 2015, quelque 3,2 millions d’hectares de terres étaient plantées en vigne (en production/non encore en production) dans l’UE-28; cette superficie était répartie entre 17 États membres de l’Union (qui comptaient chacun plus de 500 hectares de vignes). Plus de trois quarts (78,1 %) de la surface totale des vignobles dans l’UE étaient consacrés à la production de vins de qualité, qu’il s’agisse de vins d’AOP (61,7 %) ou d’IGP (16,4 %). La carte 3 indique clairement que la répartition des terres plantées en vigne penchait grandement en la faveur des régions du sud de l’Union. Le diamètre de chaque cercle reflète la surface totale des vignobles pour chaque région de niveau NUTS 2, tandis que les nuances de couleur fournissent des informations sur la propension à produire des vins de qualité. Une teinte plus sombre indique qu’une part plus importante du total des terres plantées en vigne était consacrée à la production de vins de qualité.

Seules quatre régions de l’UE comptaient plus de 100 000 hectares de vignobles: Castilla-la Mancha, Languedoc-Roussillon, Aquitaine et Puglia

En 2015, 18 régions de niveau NUTS 2 dans l’UE enregistraient un total de plus de 50 000 hectares de terres plantées en vigne. Ensemble, ces régions représentaient 61 % de la superficie totale des vignobles dans l’Union. Ces 18 régions étaient réparties uniformément entre les plus grands producteurs de vins de l’UE, puisque cinq régions se trouvaient en Espagne, en France et en Italie; deux étaient situées au Portugal et une en Roumanie.

La région de Castilla-la Mancha, dans le centre de l’Espagne, était de loin la surface plantée en vigne la plus étendue (434 000 hectares) en 2015; elle était suivie de la région Languedoc-Roussillon, dans le sud de la France, qui s’étendait sur une surface presque deux fois moins grande (239 000 hectares). Aquitaine (sud-ouest de la France; 144 000 hectares) et Puglia (sud de l’Italie; 101 000 hectares) étaient les seules autres régions de l’UE dans lesquelles la surface plantée en vigne consacrée à la production de vin dépassait 100 000 hectares.

Étant donné que les consommateurs délaissent de plus en plus le vin de table, il n’est pas étonnant de constater que les producteurs de vin européens se tournent de plus en plus vers des vignes leur permettant de produire des vins de meilleure qualité. À titre d’exemple, en 2015, quelque 95,7 % de la surface plantée en vigne de Castilla-la Mancha était dédiée à la production de vin de qualité et cette proportion était à peine inférieure, à 93,0 %, en Aquitaine. Parmi les exemples les plus connus de vins de qualité produits dans les premières régions productrices de l’UE, on peut citer: Valdepeñas et La Mancha de Castilla-la Mancha; Fitou et Corbières de Languedoc-Roussillon; Saint-Émilion et Entre-Deux-Mers d’Aquitaine; Salice Salentino et Primitivo di Manduria de Puglia.

La part des vins de qualité dans la superficie totale des vignobles était généralement beaucoup plus faible dans la plupart des régions productrices de l’est de l’Europe, ainsi que dans certaines régions de Grèce. Il est également intéressant de noter que la production de vins de qualité représentait une part très faible (5,4 %) dans la région de Poitou-Charentes (qui possédait la neuvième surface plantée en vigne la plus étendue en 2015), dans l’ouest de la France; ce chiffre peut s’expliquer par le fait que la production régionale de raisins est principalement consacrée à la distillation du Cognac ou du Pineau des Charentes.
Carte 3: Surface plantée en vigne consacrée aux vins de qualité, par région NUTS 2, 2015
(en milliers d’hectares de vignobles et en pourcentage de la surface plantée en vigne consacrée à la culture de raisins pour produire des vins de qualité)
Source: Eurostat (vit_t1)

Le graphique 2 fournit une analyse plus détaillée de la superficie totale plantée en vigne pour les cinq variétés de cépages les plus couramment cultivées dans l’Union. En 2015, le cépage le plus courant était l’airén, une variété de raisins de cuve blancs originaire du centre de l’Espagne et plus précisément de la région Castilla-la Mancha. Le Trebbiano toscano était cultivé principalement en Poitou-Charentes et, comme indiqué ci-dessus, servait avant tout à fabriquer des alcools forts.

Les variétés de raisins de cuve rouges les plus courantes étaient, entre autres, le Merlot noir, le Garnacha tinta et le Cabernet Sauvignon. Ce dernier était relativement répandu dans toute l’Union; il était principalement cultivé en Aquitaine, où il est souvent mélangé avec le Merlot noir afin de produire certains des bordeaux les plus célèbres. Le Garnacha tinta (parfois appelé Grenache) est l’une des variétés de raisins de cuve rouges les plus cultivées au monde. Dans l’UE, la surface qui lui est consacrée s’étend de Castilla-la Mancha et d’Aragón, en Espagne, au sud de la France, où elle couvre une large superficie des régions Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes.
Graphique 2: Région NUTS 2 ayant la surface de vignobles la plus étendue, par cépage sélectionné, 2015
(en milliers d’hectares)
Source: Eurostat (vit_t4)

Animaux

Les informations présentées sur la carte 4 concernent les exploitations d’élevage dans l’UE. Elle fournit des informations relatives aux bovins, aux porcins (cochons), aux ovins et aux caprins; en sont exclus les volailles ainsi que les espèces animales moins courantes. Dans l’UE-28, le cheptel total de ces quatre espèces était estimé à 336 millions de têtes en 2016. Les porcins représentaient l’espèce la plus produite (147,2 millions de porcs), suivis par 89,1 millions de bovins, 87,1 millions d’ovins et 12,8 millions de caprins (ces deux derniers chiffres sont des estimations réalisées spécifiquement aux fins de la présente publication).

En 2016, l’Espagne, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni possédaient les cheptels les plus nombreux: l’Espagne et l’Allemagne élevaient le cheptel porcin le plus important, alors que la France enregistrait le plus grand nombre de bovins et que le Royaume-Uni possédait, de loin, la plus grande population d’ovins; la Grèce avait le plus grand nombre de caprins.

La région de Southern and Eastern (Irlande) possédait un cheptel bovin de 4,1 millions de têtes et la région de Niedersachsen (Allemagne) un cheptel porcin de 8,6 millions de têtes

La carte 4 montre les tendances de spécialisation des cheptels par région; il est à noter que ces tendances ne calculent pas simplement le nombre de têtes pour chaque type d’animal, mais sont déterminées par rapport à la moyenne de l’EU-28. Il s’agit donc d’une mesure relative, et non absolue, de la spécialisation. Pour examiner ces cheptels, il convient de garder à l’esprit que certaines régions sont plus grandes que d’autres et que les données pour l’Allemagne et le Royaume-Uni se rapportent aux régions de niveau NUTS 1.

En 2016, plusieurs États membres de l’UE se sont clairement spécialisés dans une production animale commune à la plupart de leurs régions: citons les caprins en Grèce, les porcins au Danemark ou en Pologne, les bovins en République tchèque, en Irlande, en Slovénie ou en Suède, ainsi que les ovins au Royaume-Uni. En revanche, certains États membres, notamment l’Espagne, la France, l’Italie, le Portugal et la Slovaquie, affichaient une situation plus contrastée sans spécialisation nationale évidente dans leurs différentes régions.

La taille des cheptels varie considérablement d’une région à l’autre, conséquence non seulement de la taille de chaque région, mais aussi des paysages, du climat et des autres utilisations des terres (pas seulement agricoles). Parmi les 87 régions de l’Union relativement spécialisées dans l’élevage de bovins en 2016, 12 ont vu le nombre de têtes dépasser le million. La moitié se trouvait en France (Rhône-Alpes, Limousin, Bourgogne, Auvergne, Basse-Normandie et Pays de la Loire), deux en Allemagne (Schleswig-Holstein et Bayern; deux régions de niveau NUTS 1), ainsi qu’une région de Pologne (Mazowieckie, la région de la capitale) et une région du Royaume-Uni (Northern Ireland; aussi une région de niveau NUTS 1), et enfin, deux régions d’Irlande, à savoir Border, Midland and Western et Southern and Eastern (avec le cheptel le plus nombreux, 4,1 millions de têtes).

54 régions de l’Union étaient relativement spécialisées dans l’élevage de porcins, 24 d’entre elles comptant plus d’un million de têtes, et même plus de deux millions pour la moitié d’entre elles. Les plus grands cheptels de porcins se trouvaient: dans trois régions danoises, deux régions allemandes (qui constituent chacune une région de niveau NUTS 1, dont Niedersachsen, dont le cheptel était le plus nombreux de l’UE, à 8,6 millions de têtes), deux régions espagnoles (notamment la Cataluña, qui avait le deuxième cheptel, à 7,6 millions de têtes), ainsi qu’une région en Belgique, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Pologne. À l’instar de Niedersachsen et Cataluña, les régions de Nordrhein-Westfalen (Allemagne), Bretagne (France) et Aragón (Espagne) comptaient plus de 7,0 millions de têtes.

Dans 45 régions de l’Union, l’élevage de caprins était la forme la plus spécialisée de production animale (par rapport à la moyenne de l’Union) en 2016. La région de l’Andalucía, dans le sud de l’Espagne, était la seule région de l’UE a posséder un cheptel de plus d’un million de caprins (1,1 million de têtes), tandis que Castilla-la Mancha (une autre région espagnole) et la région insulaire grecque de Kriti étaient les seules régions comptant plus d’un demi-million de caprins.

Enfin, dans 37 régions de l’Union, l’élevage d’ovins était la forme la plus spécialisée de production animale (par rapport à la moyenne de l’Union) en 2016. Au total, 15 de ces régions avaient un cheptel de plus d’un million d’ovins et huit d’entre elles comptaient plus de deux millions de têtes. Les plus grands cheptels ovins étaient concentrés dans l’ouest et le nord du Royaume-Uni (régions de niveau NUTS 1), le plus grand nombre étant attribuable à la région de Wales (6,2 millions de têtes) et de Scotland (5,0 millions de têtes). Vient ensuite la région espagnole d’Extremadura (3,5 millions de têtes).
Carte 4: Proportion de spécialisation du cheptel et têtes de cheptel, par région NUTS 2, 2016
(par rapport à la proportion de cheptels dans l’UE-28)
Source: Eurostat (agr_r_animal), (apro_mt_lscatl), (apro_mt_lspig), (apro_mt_lssheep) et (apro_mt_lsgoat)

La production de lait de vache a culminé à 5,5 millions de tonnes dans les régions Bretagne (nord-ouest de la France) et Southern and Eastern (Irlande)

Les pâturages laitiers et les terres arables dédiées aux cultures fourragères sont plus généralement associés aux régions caractérisées par des climats tempérés et des précipitations relativement abondantes. Dans 44 régions de niveau NUTS 2, la production de lait de vache a dépassé un million de tonnes en 2016 (comme l’indique la teinte la plus foncée sur la carte 5) et, ensemble, ces régions représentaient 56 % du lait produit dans l’UE.

Dans l’UE, les régions les plus spécialisées dans l’élevage de vaches laitières se trouvaient au Danemark, en Allemagne, en Irlande, dans certaines régions de France et de Pologne, ainsi que dans plusieurs régions alpines et dans une grande partie de l’England, Wales, Scotland et Northern Ireland (Royaume-Uni). Dans les régions où les prairies sont plus rares (par exemple, autour de la Méditerranée ou dans les régions du sud-est de l’UE), l’élevage de vaches laitières a tendance à être relativement plus rare et peut être substitué par l’élevage caprin ou ovin, en particulier lorsque les éleveurs sont confrontés à des paysages relativement arides, à des conditions climatiques moins favorables ou que leur exploitation se trouve en montagne.

En 2016, la plus grande production de lait de vache de l’UE a été enregistrée en Bretagne (nord-ouest de la France) et dans la région irlandaise Southern and Eastern, avec une production de 5,5 millions de tonnes dans les deux régions. La troisième production de lait de vache la plus élevée a été enregistrée dans la région Lombardia (nord de l’Italie; 4,7 millions de tonnes), alors que les régions Pays de la Loire, Basse-Normandie (toutes deux en France), Weser-Ems et Schleswig-Holstein (toutes deux en Allemagne) étaient les seules autres régions de l’UE dans lesquelles la production de lait de vache s’élevait au moins à 3,0 millions de tonnes.
Carte 5: Production de lait de vache, par région de niveau NUTS 2, 2016
(en milliers de tonnes)
Source: Eurostat (agr_r_milkpr) et (apro_mk_farm)

Source des données pour les graphiques et cartes


Sources des données

Une enquête sur la structure des exploitations agricoles (ESEA) complète est réalisée par les États membres de l’Union tous les dix ans, dans le cadre d’un recensement agricole, dont le dernier remonte à 2010; Il s’agit d’une source majeure de statistiques agricoles. Elle est complétée par des enquêtes intermédiaires par sondage effectuées à deux reprises entre chaque recensement: la dernière enquête sur la structure des exploitations agricoles a été réalisée pour l’année de référence 2013. Une enquête a été réalisée pour l’année de référence 2016, mais les résultats n’étaient pas encore disponible au moment de rédiger le présent texte. Lors de ces enquêtes, les États membres collectent des informations dans les différentes exploitations agricoles portant sur: l’utilisation des superficies agricoles; la taille des cheptels; le développement rural (par exemple, les activités autres que l’agriculture); la gestion des exploitations agricoles et la main-d’œuvre agricole (entre autres l’âge, le genre et les liens avec l’exploitant). La base juridique pour l’enquête sur la structure des exploitations agricoles est établie par le règlement (CE) nº 1166/2008 du Parlement européen et du Conseil relatif aux enquêtes sur la structure des exploitations et à l’enquête sur les méthodes de production agricole, complété par un règlement règlement(CE) nº 1200/2009 portant mise en œuvre d’un autre règlement. Les seuils utilisés dans l’enquête sur la structure des exploitations agricoles sont généralement définis de manière à inclure les exploitations agricoles dont la superficie agricole utilisée dépasse un hectare. Ces seuils sont néanmoins fixés à 2 hectares en Slovaquie, 3 hectares au Luxembourg et 5 hectares en République tchèque, au Danemark, en Allemagne et au Royaume-Uni.

La base juridique pour les statistiques des produits végétaux est le règlement (CE) nº 543/2009, qui a été mis à jour par le règlement délégué (UE) 2015/1557 de la Commission. Il est complété par un ESS agreement (en anglais). Les statistiques des produits végétaux couvrent la production récoltée, les surfaces cultivées, les surfaces principales et le rendement.

Eurostat recueille des données sur la structure des vignobles, qui sont utilisées par la Commission européenne pour analyser le potentiel de production et gérer le secteur du vin de l’UE. La base juridique pour les statistiques des vignobles est le règlement (UE) nº 1337/2011. L’enquête sur les vignobles couvre les vignes destinées à la production de vin, les raisins secs et les raisins à double finalité. Les vignes qui ne produisent que des raisins de table sont exclues. La superficie plantée en vigne comprend toutes les surfaces en production et les surfaces qui ne sont pas encore en production. Les données sont collectées uniquement pour les États membres de l’UE dont le territoire consacré aux vignes cultivées à d’autres fins que le raisin de table représente au moins 500 hectares.

La base juridique pour les statistiques du cheptel est établie dans le règlement (CE) nº 1165/2008, tandis que les statistiques sur le lait et sur les produits laitiers sont collectées dans le cadre de la décision 97/80/CE portant dispositions d’application de la directive 96/16/CE concernant les enquêtes statistiques à effectuer dans le domaine du lait et des produits laitiers.

Pour en savoir plus:

Section dédiée à l’agriculture

Statistiques agricoles — méthodologie


Contexte

La PAC figure parmi les politiques les plus anciennes de l’Union européenne et vise à soutenir les agriculteurs et à assurer la sécurité alimentaire de l’Europe. Ses objectifs sont les suivants:

  • soutenir les agriculteurs et améliorer la productivité agricole, dans le but d’assurer aux consommateurs un approvisionnement alimentaire stable et abordable;
  • garantir un revenu raisonnable aux agriculteurs de l’UE;
  • contribuer à lutter contre le changement climatique et à la gestion durable des ressources naturelles;
  • préserver les paysages et les zones rurales de l’UE;
  • garder l’économie rurale en vie en promouvant les emplois dans les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et dans les secteurs qui y sont associés.

La PAC est une politique commune à tous les États membres de l’Union européenne. Elle est gérée pour l’ensemble de l’UE et financée à partir des ressources du budget de l’Union.

Les mesures prises dans le cadre de la PAC prennent trois formes différentes, comme suit:

  • Aide au revenu. Des paiements directs assurent une stabilité de revenus et rémunèrent les agriculteurs qui adoptent des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement et mettent à disposition des biens publics qui ne sont généralement pas payés par les marchés, comme la préservation des milieux ruraux.
  • Mesures du marché. L’Union européenne peut prendre des mesures pour faire face aux situations difficiles des marchés, telles qu’une chute soudaine de la demande en raison d’une crainte pour la santé, ou une baisse des prix découlant d’une surproduction temporaire sur le marché.
  • Mesures de développement rural. Les programmes nationaux et régionaux répondent aux besoins et aux défis spécifiques des zones rurales.

La période de programmation actuelle de la PAC prend fin en 2020. La Commission européenne a formulé une proposition visant à réformer la PAC. Dans le cadre de ce projet, la future PAC garantirait toujours l’accès à une alimentation de haute qualité et un soutien fort en faveur du modèle agricole de l’Union en mettant davantage l’accent sur l’environnement et le climat, en favorisant la transition vers un secteur agricole plus durable et en contribuant à dynamiser les zones rurales.

La future PAC s'articulera autour de neuf objectifs:

  • garantir un revenu juste pour les agriculteurs;
  • renforcer la compétitivité;
  • rééquilibrer les rapports de force dans la chaîne agroalimentaire;
  • lutter contre le changement climatique;
  • protéger l’environnement;
  • préserver les paysages et la biodiversité;
  • encourager le renouvellement des générations;
  • dynamiser les zones rurales;
  • garantir la qualité des denrées alimentaires et de la santé.

Les propositions de la Commission européenne ont pour objectif de donner plus de souplesse au système en simplifiant et en modernisant le fonctionnement de la PAC au bénéfice des agriculteurs et de l’ensemble de la société. L’accent serait mis non plus sur le respect des règles, mais sur les résultats et les performances. En outre, la proposition accorderait une plus grande liberté aux États membres de l’UE, par exemple pour décider de la manière de respecter des objectifs communs fixés à l’échelle de l’Union tout en répondant aux besoins spécifiques des agriculteurs et des communautés rurales.

Cette proposition de réforme de la PAC fera l’objet de discussions au sein du Parlement européen et du Conseil et devrait entrer en vigueur en 2021.

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Production du lait de vache à la ferme, par région NUTS 2 (tgs00046)
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Vigne (vit)
Exploitations viticoles par production (vit_t1)


Les cartes peuvent être explorées de manière interactive dans le Eurostat’s statistical atlas (en anglais) (voir le user manual — en anglais).

Le présent article fait partie de la publication phare annuelle d’Eurostat l’Annuaire régional d’Eurostat.