Conservation des ressources naturelles et développement durable du complexe d'aires protégées de la Garamba

Conservation des ressources naturelles et développement durable du complexe d'aires protégées de la Garamba

Le Parc National de la Garamba (PNG), d’une superficie de 4900 km est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco en péril en 1996. Il est situé au Nord-Est de la RDC, dans la Province du Haut-Uélé et est entouré de 3 domaines de chasse (dénommés "Azande", "Gangala na Bodio" et "Mondo Missa") portant la superficie totale protégée du "Complexe Garamba" à 12.400 km². La partie nord du Complexe jouxte la frontière avec le Sud-Soudan. Avec le domaine de chasse de Bili-Uéré, frontalier avec la RCA, le Complexe Garamba constitue la principale aire protégée du pays se situant dans une zone de transition entre deux centres d'endémisme : la savane guinéo-congolaise et la savane soudano-guinéenne, ce qui explique la présence d'espèces typiques de ces deux zones biogéographiques. La diversité biologique, tant la flore que la faune, y est reconnue comme exceptionnelle. Des blocs de forêts sèches et humides et les ripisylves boisées des rivières alternent avec de grandes plaines alluviales et des zones de savanes arbustives et arborées.

La superficie, la richesse et la diversité des habitats naturels permettent aux mammifères dits "de forêt" (bongo, chimpanzé, hylochère, etc.) et à ceux dits "de savane" (lion, hippotrague, girafe, etc.) de s'y développer dans d'excellentes conditions. On y trouve en particulier une des dernières populations importantes d’éléphants et la toute dernière population de girafes de RDC.

Au total, plus de 163 espèces de mammifères, 345 d'oiseaux, 82 de reptiles et 42 d'amphibiens ont été jusque-là identifiées, ces inventaires étant considérés comme encore incomplets. Pour exemple, le dernier recensement aérien (avril 2014), focalisé sur les grands mammifères, a dénombré une population de 1 720 éléphants (3 700 en 2007), 7 150 buffles, 860 hippopotames, 42 girafes, 1 120 cobes Defassa, 3 860 cobes de Buffon, 700 bubales.

Notons aussi que la Garamba est mondialement célèbre pour avoir abrité et valorisé la première et unique station de domestication de l’éléphant africain, à Gangala na Bodio.

S'il n'existe pas d'établissements humains permanents à l'intérieur des limites du parc, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont installées au sein ou en périphérie des trois Domaines de chasse, les plus gros centres urbains étant Dungu, Faradje, Durba. On dénombre une multitude de petits villages et hameaux installés sur les rares axes routiers, leur fréquentation et occupation dépendant aussi de la situation sécuritaire. Un grand nombre d’entre eux ont dû être désertés du fait d’un niveau de trop grande insécurité. Au Sud du DC Gangala Na Bodio, une des plus grosses mines d'or industrielle du continent, dite "Mine de Kibali", s'est installée il y a quelques années, au travers de la Société Randgold Mining engendrant des répercussions notoires sur l'économie de la région ainsi que sur les flux migratoires humains.

Ce projet entend contribuer à la protection et à la valorisation du capital environnemental unique de la RDC en préservant l'intégrité du Complexe de la Garamba comme bien Public mondial, et en augmentant les retombées économiques positives pour les populations environnantes.

Plus précisément il vise à

  • Contribuer à la conservation et la valorisation de la biodiversité du Complexe Garamba, par la préservation de son intégrité et une amélioration de la gestion.
  • Dans un contexte sécuritaire amélioré, encourager et valoriser durablement la production agricole et forestière et les services écosystémiques au bénéfice du développement socio-économique des populations riveraines du Parc National Garamba.

Pour atteindre ces objectifs, ce projet prévoit entre autre

  • D'améliorer la structure et le mécanisme de délégation de gestion technique, administrative, financière et RH du Complexe Garamba;
  • Maintenir et créer des infrastructures, acquérir les matériels nécessaires à une gestion optimale du Complexe Garamba;
  • Améliorer les communications et le renseignement dans le complexe Garamba; Renforcer la surveillance et la lutte Anti braconnage du Complexe Garamba;
  • Poursuivre et améliorer le système de monitoring de la biodiversité;
  • Créer, développer et animer des groupes de soutien à la Conservation;
  • Développer un Programme d'Education environnementale;
  • Diversifier l'offre d'accueil touristique en faveur des populations locales;
  • Accroitre la communication et recherches de fonds privés et institutionnels pour contribuer à la durabilité financière du complexe Garamba; 
  • Mettre en place et assurer le fonctionnement d'une cellule de renseignement et communication sur l'insécurité à l'échelle régionale (« early warning »);
  • Mettre en place et assurer le fonctionnement d'une cellule de réaction-rapide aux actes illégaux, dédiée à la sécurisation des communautés vivant dans le Complexe Garamba;
  • Elaborer un Plan d’Utilisation des Terres et assurer sa prise en compte dans le cadre des Plans de Développement Locaux;
  • Contribuer à la réduction / délimitation de la conflictualité et la résolution des impacts écologiques et socio-culturels négatifs de l'orpaillage artisanal illégal;
  • Désenclaver les zones rurales dans les domaines de chasse;
  • Appuyer l'éducation des villages des communautés éloignées des services scolaires;
  • Etudier le potentiel et appuyer le développement équitable de filières agricoles productives et rentables à l'échelle locale et régionale; 
  • Etudier et développer un projet d'élevage pour la production de protéines animales (caprins, porcins, bovins); Lancer une étude technique pour la production des énergies renouvelables (hydro-électrique -Rivières Kibali / Dungu) au bénéfice des communautés locales et de la conservation; 
  • Lancer une étude technique sur l’exploitation et valorisation durable d’autres services écosystémiques (biomasse, bois énergie, produits forestiers non ligneux…) au bénéfice des communautés locales et de la conservation;
  • Mettre en œuvre un ou des projets hydro-électriques ou bois-énergie au bénéfice des communautés locales.
Benefitting zone
Congo (Democratic Republic of the)

KEY FACTS

  • Total cost (€)

    22 550 000.00

    EU contracted amount

    20 500 000.00

    Duration

    December 2016 - December 2021

    Implementing organisation

    AFRICAN PARKS NETWORK ASSOCIATION

    Funding instrument

    European Development Fund (EDF)