Mères en ligne : démarche innovante et intégrante de plaidoyer pour l'amélioration des droits des mères célibataires au Maroc

Mères en ligne : démarche innovante et intégrante de plaidoyer pour l'amélioration des droits des mères célibataires au Maroc

Plateforme de sensibilisation et de plaidoyer: Prévenir l’abandon des enfants et favoriser la réinsertion des mères célibataires au Maroc

Notre association est née pour servir de plaidoyer juridique et social aux mères célibataires. Aujourd’hui, ce sont elles qui prennent le relais pour être actrices de ce plaidoyer grâce à la radio.

Sara Lamjamri, responsable communication / Plaidoyer Association 100% mamans

CONTEXT

- La Constitution de 2011 consacre l’égalité entre les hommes et les femmes au Maroc - Pénalisation de la mère célibataire au Maroc (article 490 du Code Pénal) - Difficile filiation et du respect du droit de l’enfant (Code de la Famille) - 30 000 nouvelles situations par an au Maroc.

OBJECTIVES

  • Renforcer l'accès à la protection juridique des mères célinataires pour un plaidoyer innovant et participatif.

RESULTS

  • Les mères célibataire sont capables de défendre leurs droits grâce aux actions de renforcement de capacité.
  • Une radio en ligne mise en place par l'association et animée par les mamans qui offre une programmation quotidienne thématique et un espace d'expression.
  • Un dispositif de communication et de sensibilisation est mis en place à travers les réseaux sociaux, le site web, les médias, ainsi que la participation à la dynamique associative nationale.

FACTS AND FIGURES

  • Contribution de l'Union européenne: €309 347.84
  • Durée: 36 mois (juillet 2015 à juillet 2018)
  • 12 émissions ont été enregistrées au total
  • 2 100 personnes sont touchées chaque jour à travers la page Facebook de l'association
  • 3 caravanes de sensibilisation ont été organisées pour visiter d’autres radios communautaires au Maroc et de rencontrer d’autres associations qui œuvrent également pour les droits des femmes dans plusieurs régions du Maroc et en Tunisie.

TESTIMONY

Fatema, maman d’un petit garçon de trois ans, est arrivée dans des conditions très difficiles à l’association Cent pour Cent Mamans qui l’a accompagnée. Elle nous livre son histoire

Originaire d’une petite ville, Fatema fait partie de ces femmes qui osent parler d’une situation pénible à vivre au Maroc: « Etre une mère célibataire chez nous, c’est la pire des choses, la société nous pointe du doigt. On est rejeté par les familles. »

« Quand j’ai quitté ma ville, j’étais enceinte de neuf mois et désespérée. On m'a orientée vers 100% Mamans où j'ai été bien reçue et écoutée. Je me suis sentie soutenue. Une semaine après, j’ai accouché de mon garçon.»

Fatema a été prise en charge pendant 4 mois: hospitalisation, inscription de son enfant à l'état civil, séances avec le psychiatre de l’association et entretiens réguliers avec l’assistante sociale: « Je me sentais moins seule et j’ai accepté petit à petit ma situation ». L'accompagnement juridique du guichet juridique lui ont permis de renforcer ses connaissances, de mieux connaître ses droits.

L’association lui a fait bénéficier d’une formation en couture. « Ça m’a permis d’avoir un métier ! Et ma vie a changé », déclare fièrement Fatema.

Au lancement d'une radio réalisée par les mamans célibataires, Fatema a rejoint le comité des mamans pour représenter les bénéficiaires de l'association et être à l'écoute de leurs problèmes et revendications.

Le but de radio "Mères en Ligne" est de changer l’image des mères célibataires dans la société et sensibiliser les gens à leurs conditions de vie. L’engagement de Fatema dans ce projet est clair : « Mon rôle à la radio est l’animation d’une émission avec d’autres mamans. C’est pour moi une démarche importante ! Une maman célibataire doit pouvoir vivre sa vie de maman comme n’importe quelle autre maman, avec les mêmes droits. Il faut qu’on nous considère juste comme des mamans ! »

Et Fatema de conclure : « Je veux également que nos enfants aient leurs droits, qu’ils grandissent sans être pointés comme ‘enfants de femmes célibataires’. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’espoir, je suis sûre que que nos enfants vont bientôt pouvoir vivre heureux et s’épanouir dans leurs écoles comme les autres enfants. »