L'Union européenne soutient la participation des femmes dans les processus démocratiques en République centrafricaine

L'Union européenne soutient la participation des femmes dans les processus démocratiques en République centrafricaine

07/03/2019

Dans le cadre de la visite officielle à Bruxelles du Président de la République Centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, le Directeur général pour la Coopération internationale et le développement à la Commission européenne, Stefano Manservisi, et le Ministre centrafricain de l'Economie, du plan et de la coopération, Felix Moloua, ont signé une convention de financement de 5 millions d’euros pour la mise en œuvre du nouveau Programme d’appui à la démocratie en République centrafricaine.

Pour le Commissaire à la Coopération internationale et au développement Neven Mimica, "la consolidation des processus démocratiques, avec une participation active de la société civile et des femmes parlementaires en particulier, est un axe important de notre soutien à la République centrafricaine. Avec ce nouveau programme de 5 millions d’euros, l’Union européenne veut contribuer au relèvement du pays et à la reconstruction de l'autorité de l'Etat, conditions essentielles du développement de la République centrafricaine".

Financé sur le 11e Fonds européen de développement (FED) dans le cadre du Programme indicatif national pour la République centrafricaine (RCA), le nouveau programme s'inscrit dans le Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA). Il vise à renforcer la gouvernance démocratique ainsi que la participation des femmes à la vie politique et dans les processus décisionnels et de contrôle de l’État.

Ce programme inclut deux composantes:

  • La composante «Assemblée nationale» : elle cible le Forum des femmes parlementaires en vue d'une meilleure représentation et promotion des intérêts des femmes et des filles dans ses travaux parlementaires. Elle s’adresse aussi aux Commissions permanentes de l’Assemblée nationale dans leur rôle de contrôle, de suivi et d'évaluation des politiques et finances publiques.
  • La composante «Elections» : elle se concentre sur les phases préélectorales et la participation des femmes, en incluant des activités de formations du personnel électoral et des observateurs, de mise à jour de la liste électorale et du processus d’enregistrement des électeurs pour les scrutins de 2020-2021.

Ce volet s'inscrit dans la lignée de ce que l'Union européenne avait déjà réalisé entre 2014-2016 avec son programme d’appui au cycle électoral en République centrafricaine (PACEC).

Ce programme met le principe d’égalité entre hommes et femmes au cœur de l'action, et sera réalisé en collaboration avec l’Assemblée nationale, l’Autorité nationale des élections et la société civile.

Cette signature s'inscrit dans le cadre du partenariat UE-RCA et marque la première visite officielle du Président Touadéra suite à l'Accord politique de paix et réconciliation entre Gouvernement et groupes armés conclu à Bangui le 6 février 2019.

 

Contexte

La République centrafricaine essaie aujourd'hui de se relever de la crise dans laquelle elle est plongée depuis 2012. Après plusieurs tentatives sans succès pour ramener la paix, le gouvernement et les 14 groupes armés qui contrôlent plusieurs régions du pays ont mené du 24 janvier au 02 février 2019, sous l'égide de l'Union africaine, avec l'appui de l'Union Européenne et de la communauté internationale, des négociations qui ont abouti à la signature d'un accord de paix le 06 février 2019.           

La démocratie centrafricaine a retrouvé sa vitalité en mars 2016 avec l’élection du Président Faustin-Archange Touadéra. La législature actuelle est entrée en fonction le 3 mai 2016 pour un mandat de cinq ans et comprend 139 députés, dont seulement 11 femmes. Le principe d’égalité entre hommes et femmes est au cœur du programme d’appui à la démocratie en République centrafricaine, conformément à la Constitution du 30 mars 2016 et a la loi instituant la parité, adoptée par le Parlement le 9 novembre 2016.

Ces efforts sont complétés depuis fin 2018 par un programme financé sur le 11e Fonds Européen de Développement à hauteur de 38 millions d'euros, visant à soutenir la réforme du secteur de la sécurité (en particulier les forces de sécurité intérieure – FSI) et de la justice, y compris le registre de l'état civil. Les ministères de l'Intérieur et de la Justice sont appuyés à travers un appui budgétaire et une assistance technique.