Ethical Fashion Initiative - Job creation and development of micro enterprises through fair trade and selected value chains

Ethical Fashion Initiative - Job creation and development of micro enterprises through fair trade and selected value chains

Une collection équivaut à 3000 mètres de tissus...Vous comprenez donc le potentiel de travail pour ces femmes. La mode veut se responsabi-liser de plus en plus. En outre elle veut des produits qui ont une histoire. Le Burkina Faso possède un patrimoine en matière de textile artisanal. La créativité est là, notre mission c'est de la mettre en relation avec un marché demandeur.

Haram Sidibé, coordinatrice du projet ITC/EFI

CONTEXT

Le coton est la matière première qui est à la base de la chaine de valeur dans laquelle travaille l'Ethical Fashion Initiative (EFI) au Burkina Faso et au Mali. En effet des artisans tisserands Burkinabè et Maliens transforment le coton pour créer des textiles tissés à la main et qui sont appréciés pour leur qualité unique par le marché international de la mode et de la décoration d’intérieur. Cela signifie que la transformation du coton a un rôle clé dans le développement de ce projet. En effet, EFI avec le GIE CABES au Burkina Faso et au Mali travaille principalement avec des communautés de femmes artisanes professionnalisées durablement par EFI dans la fabrication de tissus en coton 100% issu des productions cotonnières du Burkina Faso & Mali.

OBJECTIVES

  • Prévenir la migration irrégulière et les déplacements forcés et faciliter la gestion de la migration ainsi que les retours.
  • Contribuer au développement de perspectives économiques, à la création d’emplois et à la promotion de l’entrepreneuriat dans le secteur de l’artisanat, avec un focus sur les femmes et les jeunes, via la promotion des exportations.
  • Renforcer la chaîne de valeur du tissage (du coton au produit fini) et contribuer à l’amélioration du statut social de l’artisan.
  • Développer et mettre en place un modèle qui puisse être répliqué pour des retours volontaires assistés et pour l’aide à la réintégration de migrants maliens et burkinabés ayant été formés en Italie à travers le partenaire technique de l'EFI (Lai Momo).

RESULTS

  • 3400 emplois créés.
  • 250 migrants retournants bénéficiants d'un package de réintégration.
  • 1150 personnes ont bénéficié de formation professionnelle.

FACTS AND FIGURES

  • 5050 bénéficiaires finaux
  • 25 PME ont bénéficié du projet
  • 200% augmentation de salaire

TESTIMONY

Le pari réussi d’une mode éthique

La cadence est régulière, presque machinale. Tel un métronome, la navette de fil passe entre les mailles, de droite à gauche du métier à tisser. À Ponsomtenga, village situé à 20 km de Ouagadougou la capitale, on maitrise l’art du tissage. Chez les Mossis, l’ethnie principale de cette région, c’est même une tradition. Ici on porte avec fierté le Faso Dan Fani, « le pagne tissé de la patrie » en langue dioula. 

Dans l’atelier de l’Association des Femmes tisseuses de Ponsomtenga (AFEPO), les 54 ouvrières s’affairent, chacune à leur poste. Sous le hall principal sont installées les tisserandes "grands métiers", des machines à 4 pédales pouvant réaliser des tissus de 50 mètres de long et d’1mètre 30 de large. Plus loin, les tisserandes "métiers verticaux" et "petits métiers". 

Lorsqu’elle a poussé les portes de l’atelier, Joséphine Nikiema était dans une situation précaire. Veuve et mère de trois enfants, elle essayait tant bien que mal de subvenir seule aux besoins de sa famille, alternant le ramassage de cailloux et de bois pour les revendre. Agée aujourd’hui de 37 ans elle respire "avant c’était difficile mais maintenant vraiment ça va. Je gagne l’argent pour mes enfants pour leur école, leur santé et leur nourriture. Je suis veuve, je suis l’homme et la femme de la maison. Par la grâce du travail ça va beaucoup mieux".

Avant d’intégrer le programme, beaucoup de ces femmes pratiquaient déjà le tissage et la teinture, non pas dans un atelier mais en pleine nature, sous les arbres, dans des conditions sommaires et parfois dangereuses. A travers des sensibilisations et des formations, elles ont appris à manier les produits de teinture avec précaution, comme Odile 46 ans : "avant de teindre on se protège en mettant le cache-nez, les gants et les chaussures". Après deux ou trois jours de séchage selon les couleurs, les fils sont mis en bobines puis donnés aux tisserandes qui réalisent les motifs. "A l’origine tout part de la création des femmes" explique Fatou Maïga, une représentante du GIE CABES, Groupement d’Intérêt Économique Commerce et Artisanat pour le Bien-Être Social, entreprise sociale chargée, avec le soutien du projet Ethical Fashion Initiative, des ventes sur le marché international, de l’organisation de la production, de garantir des conditions de travail éthiques, des formations, du contrôle qualité pour tous les ateliers du projet, dont AFE-PO. Le GIE CABES met en commun plusieurs ateliers comme celui-ci afin de développer une offre complète et de qualité pour les acheteurs internationaux, avec des charges réduites. "Ce sont les femmes qui ont les idées. Quand les clients arrivent ils regardent les modèles existants et peuvent demander des modifications de couleurs ou de motifs. Là on fait des échantillonnages sur une longueur maximale de 25 mètres pour que le client voit à quoi va ressembler son tissu et si ça lui convient. Une fois le modèle validé, on commence alors la grosse commande".