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Le travail vient désormais vers les demandeurs d’emploi - une autre réalité de la mobilité de l’emploi dans les nouveaux États membres de l’UE

La « fuite des cerveaux »,  c’est-à-dire la perte de travailleurs qualifiés en raison de l’émigration, a affecté, au cours des dernières années, de nombreux nouveaux États membres de l’UE, y compris la Pologne. En effet, des travailleurs ont émigré en grand nombre vers l’Europe occidentale à la recherche de salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Un récent  rapport de la Banque mondiale montre qu’environ 35% de l’ensemble des entreprises polonaises considèrent la pénurie de personnel qualifié comme une entrave à leurs performances.
 
ROMAG est l’une de ces entreprises, elle produit des appareils et équipements de conception et de construction pour l’industrie automobile et est située à  Poznań  au centre ouest de la Pologne. L’adhésion du pays à l’Union européenne en 2004 et l’ouverture progressive du marché de l’emploi de l’UE aux travailleurs polonais ont eu pour conséquence de priver l’entreprise de son personnel technique qualifié et de toute solution à court terme.  Ses propriétaires, Jaroslaw Wieczorek et Roman Gryziński,ont donc dû rechercher d’autres options pour pouvoir faire face à leurs obligations contractuelles.
 
La perspective d’une opportunité s’est présentée en la personne de Rainer Dambach, le maire de Pasewalk, petite ville du nord de l’Allemagne située près de la frontière polonaise. Dambach faisait la promotion de sa ville auprès d’associations d’employeurs polonaises, auxquelles il avait par ailleurs signalé que de nombreux Länder de l’ex-Allemagne de l’Est, sont caractérisés par des niveaux de salaires peu élevés, une bonne infrastructure et une main d’œuvre jouissant d’une excellente formation. Le chômage, par contre, y est encore toujours élevé par rapport aux autres régions. La présentation du maire sur ces conditions opportunes a suscité l’intérêt des deux entrepreneurs polonais qui se sont rendus à Pasewalk pour une première inspection sur place extrêmement positive.
 
L’étape suivante a été de consulter l’antenne locale de l’Agence fédérale pour l’emploi, le service allemand de l’emploi. La situation et l’infrastructure avaient d’ores et déjà été approuvées, mais les directeurs de ROMAG devaient s’assurer de pouvoir y trouver la main d’œuvre recherchée. Une première évaluation fut assez décourageante. Comme en Pologne, le marché allemand souffre également d’une pénurie de main d’œuvre dans le domaine de l’ingénierie métallique. Tandis que la Pologne se débat face à la «fuite de cerveaux», la croissance économique récente et positive de l’Allemagne a tout simplement  provoqué une demande de main d’œuvre qualifiée supérieure à ce que peut offrir le marché domestique.
 
Toutefois, l’agence allemande de l’emploi a pu proposer une solution sur mesure. La conseillère à l’emploi, Djane Jennricke, a en effet suggéré d’organiser en collaboration avec EURES des programmes de formation adaptés aux demandeurs d’emploi locaux et d’offrir à ceux-ci les qualifications recherchées. Il a même été possible d’identifier des infrastructures de formation qui utilisaient exactement le même équipement que ROMAG en Pologne. Une coopération réussie était désormais en place.
 
Grâce à un soutien financier public, ROMAG  a finalement ouvert, en automne, sa nouvelle usine à Pasewalk. Un premier groupe de 10 demandeurs d’emploi locaux formés avec l’aide d’EURES ont ainsi trouvé un nouvel emploi et il est prévu d’en embaucher d’autres. Ce développement positif a motivé de nombreux fabricants, dans d’autres pays que la Pologne, à envisager la création de filiales dans la partie est de l’Allemagne; une histoire à succès un peu différente des autres sur le marché de l’emploi européen, où les employeurs mobiles se déplacent vers leur personnel.

Dernière modification du texte: 11/2007


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