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Ressource

Le Groupe d‘Entraînement à l’Analyse de Situations Educatives (G.E.A.S.E.), un outil d’analyse de pratiques précieux pour la formation continue

Posté par Alexia Samuel

Le G.E.A.S.E. est un outil d’analyse de pratiques pensé puis élaboré par Yveline FUMAT et Jean-Bernard PATURET, de l'Université Paul Valéry de Montpellier, en 1992. Maurice Lamy est le premier enseignant de l’académie de Poitiers qui en a fait un outil de travail en formation initiale ou continue pour les personnels de l’Education Nationale. Le G.E.A.S.E peut donc être utilisé pour ce type de public dans le cadre d’un dispositif de soutien professionnel mais également dans l’analyse de pratiques de bien d’autres professions, par exemple en entreprise.

Le G.E.A.S.E. est un groupe de travail qui s’étend sur une journée. Il s’appuie sur l’analyse de situations pédagogiques et éducatives précises et vécues par les participants du groupe. Frédéric Samuel, enseignant formateur en analyse de pratiques pour la formation continue des enseignants et qui a animé de nombreux G.E.A.S.E., décrit le procédé comme « un dispositif d’écoute dans un cadre aidant et non contraignant, une aide à la verbalisation dans le respect absolu des personnes. L’intérêt est d’utiliser la richesse du groupe et son soutien pour éclairer la situation exposée par un collègue, et de jouer sur la multiplicité des regards des autres participants. Nous utilisons cinq champs d’analyse (pédagogique, didactique, institutionnel, sociologique, psychologique) et un cadrage très strict en six phases avec des règles de conduite et des rôles parfaitement définis pour chacun. »

Le matin est consacré à cet exercice en 6 phases (voir plus bas) tandis que l’après-midi est un temps de formation à partir des thèmes abordés le matin, pour recontextualiser, formaliser, approfondir ce qui a émergé plus tôt. Il s’agit alors de travail en binôme, de jeux de rôle ou de remise en question.  

Le GEASE est basé sur certaines règles de fonctionnement essentielles :

1 Confidentialité des échanges

2 Droit de non réponse du narrateur

3 Etablir une relation de confiance (écouter et comprendre et non juger)

4 Nécessité d’acceptation du cadre et d’implication

 

  • Pour aller plus loin : lire la contribution de Maurice Lamy parue dans la revue « Expliciter » en 2001 (voir ci-dessous).

 

Concrètement : mettre en place un G.E.A.S.E.

Le groupe va travailler à partir de ses propres ressources ; il s’agit de comprendre une pratique et de s’entraîner à produire des éléments de compréhension en utilisant la multiréférentialité du groupe. L’animateur présente ces objectifs, définit quel sera son rôle dans le groupe et décline les différentes phases.

 

1e phase : Narration d’un moment de pratique par un participant (20 min)

L’animateur invite les participants à retrouver une situation professionnelle dont ils aimeraient parler. Après avoir réfléchi, pendant 5 à 10mn par groupes de 2 ou 3 à un cas, présentation par le narrateur du cas retenu par l’animateur. L’animateur demande un volontaire pour observer le travail du groupe et invite le groupe à écouter sans interrompre le narrateur. Le narrateur change alors de place et se positionne face au groupe, il expose son cas (10mn) sans être interrompu et en conclusion formule une problématique sous la forme  d’une question posée au groupe.

 

2e phase : Questionnement du narrateur par le groupe (30 min)

Les questions porteront sur 5 champs : pédagogique/didactique/institutionnel /social/psychologique. Par ses questions le groupe oblige le narrateur à avoir un autre regard sur sa propre situation. Il ne s’agit pas de jugement de valeur, pas de conseil déguisé ou d’hypothèses subjectives uniquement des questions à caractère informatif pour mieux comprendre.

 

3e phase : Formulation des hypothèses (30 min)

But de ce travail : multiplier les éclairages sur le cas. Le narrateur se tait. La formulation des hypothèses fait du groupe une communauté de recherche de compréhension, qui soumet à la confrontation les visions subjectives de l’expérience, basées sur des référents différents.  Chacun dit comment il comprend la situation. L’animateur prend des notes au tableau.

 

4e phase : La parole est redonnée au narrateur (5 min), en lui demandant de s’exprimer sur ce que le groupe lui a renvoyé de son cas, et ce qu’il en retire.

 

5e phase : L’observateur dit ce qu’il a vu (5min) en particulier sur le versant de l’analyse de pratique, et en termes de gestion du groupe et de son objet de travail.

 

6e phase : Chacun dans le groupe est invité à s’exprimer (10-15mn) sur le fond (ce que lui a appris le cas) comme sur la forme ( travail du groupe, intérêt du dispositif et critiques possibles). Qu’est-ce que je peux pointer d’important pour moi ? Quelles questions je me pose ? Qu’est-ce que je vais mettre en place ? Les participants sont invités à opérationnaliser rapidement leur idée pour un suivi concret.

Auteur(s) de la ressource: 
Maurice Lamy
Date de publication:
Mardi, 20 Octobre, 2015
Langue du document
Type de ressource: 
Ressources éducatives libres
Pays: