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« Mobilités et Compétences : validation et reconnaissance »

24/04/2017
Langue: FR

L’agence Erasmus+ France et le CNAM organisaient le 16 février 2017, en partenariat avec l’université François-Rabelais de Tours, une journée d’étude intitulée « Mobilités et Compétences : validation et reconnaissance », à l’occasion de la publication du quatrième numéro du Journal of International Mobility. Ce texte revient sur les interventions de la journée.

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Après l’ouverture de la journée par Nadia Gonthier (agence Erasmus+ France, éducation et formation) et Hervé Breton (équipe « Éducation, Éthique, Santé », université François-Rabelais de Tours), Anne-Lise Ulmann, maître de conférences au CNAM, introduisait les débats par une conférence intitulée « Les compétences en éducation et formation, histoire, enjeux et perspectives ». Anne-Lise Ulmann nous proposait de revenir sur ce « mot idéologiquement marqué », celui de « compétence », terme utilisé par toutes et tous sans qu’un accord sur sa définition ne soit véritablement établi. Deux points font cependant l’unanimité, selon Madame Ulmann : la compétence renvoie à l’effectivité ; elle suppose une dimension combinatoire (articulant savoir, gestes, environnement, ressources matérielles, etc.). Anne-Lise Ulmann relève par ailleurs plusieurs points d’attention précieux quand il s’agit de considérer la notion : la référence nécessaire aux situations de travail lorsqu’il s’agit de penser et d’observer la compétence ; l’existence de compétences individuelles, mais aussi organisationnelles ; en référence à ce dernier point, la place que peuvent jouer, dans le développement de la compétence, d’environnements capacitants. C’est finalement comme « mises en mouvement de la pensée, et non simplement déplacements physiques, qu’Anne-Lise Ulmann propose au public de penser les « mobilités ».

 

La journée s’est poursuivie par une table ronde portant sur les « enjeux de la mobilité dans les centres de formation », occasion de découvrir les expériences, sur des terrains très différentes, et les réflexions de trois intervenants : Florent Teyras, responsable de la formation et de la recherche chez les Compagnons du Devoir ;
Thierry Joseph, directeur du département Emploi-Formation de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Isère et Expert ECVET France ;
Pierre Courbebaisse, vice-président de la Fédération de la Formation Professionnelle, Fondateur et Président de l’AFEC. Florent Teyras a décrit le rôle central du voyage dans la formation des compagnons, voyage entendu comme l’un des quatre piliers (avec le métier, la communauté et l’initiation) d’un projet visant à la fois la formation d’un homme ou d’une femme de métier… mais aussi d’un homme ou d’une femme dans sa globalité : « citoyen et homme de métier », disent les Compagnons. Pierre Courbebaisse a insisté sur l’importance de penser, au-delà des enjeux de développement de compétences techniques, les dimensions existentielles et transformatrices du voyage. Il a proposé une mise en perspective du recours aux référentiels, critiquant notamment leur trop grande complexité, dans bien des cas, et évoquant le travail mené par la FPP sur la création de « briques de compétences ». Thierry Joseph a finalement défini la mobilité comme un « accélérateur d’expérience et de compétences », mais aussi comme un moyen, pour des jeunes en formation, de prendre conscience qu’ils vivront probablement, au fil de leur activité professionnelle, des mobilités régulières. Thierry Joseph a insisté sur la reconnaissance institutionnelle de la mobilité comme condition de son développement.

 

Une seconde table ronde avait pour titre « Validation et reconnaissance des compétences, du JIM 4 aux travaux de l’AEFA ». Elle réunissait Léna Krichewsky, chargée de recherche et d’enseignement en sciences de l’éducation à l’Université de Magdebourg, Cécilia Brassier-Rodrigues, maître de conférences à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, et Mariela de Ferrari, experte associée à l’Agenda européen renouvelé pour l’éducation et la formation des adultes (AEFA).

Léna Krichewsky évoquait le modèle allemand de l’alternance, un modèle réputé, qui fonctionne bien, mais dont les réformes (notamment celle visant l’internationalisation) ne sont pas toujours simples. S’interrogeant sur les raisons du faible nombre d’apprentis engagés dans des mobilités, Léna Krichewsky propose de penser l’international comme un troisième lieu de l’alternance, s’ajoutant à l’école et à l’entreprise. Cécilia Brassier-Rodrigues présentait les résultats de travaux de recherche sur l’expérience de mobilité d’étudiants de l’université, tandis que Mariela de Ferrari revenait sur une étude portant sur dix expériences françaises de reconnaissance des compétences, en s’arrêtant plus particulièrement sur la reconnaissance des compétences transversales.

La table ronde finale proposait une « mise en perspective européenne » de la journée. André Moisan (CNAM Grand Est) a évoqué, en référence à une visée « d’autoformation mondialoguante », la manière dont la mobilité est travaillée dans plusieurs projets européens (le projet ArleKin, sur les médiateurs sociaux en Europe, et le projet EureK sur les compétences clés européennes). Marie-Pierre Chalimbaud, directrice du département développement de l’agence Erasmus + France / éducation et formation, a présenté les missions de l’agence, et décrit les programmes qui permettent de poursuivre les deux grands objectifs de ces politiques de mobilité : le développement de l’employabilité d’une part, de la citoyenneté, de l’inclusion et de l’identité européenne d’autre part. Clarisse Faria-Fortecoëf (CNAM) a finalement présenté les missions de la direction du développement européen et international du CNAM.

Voir aussi l'article publié sur EPALE, s'arrêtant plus précisément sur l'approche par compétence.

Article signé Sébastien Pesce, maître de conférences en sciences de l’éducation

Équipe « Éducation, Éthique, Santé », Université François-Rabelais de Tours

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