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Livre blanc pour « une formation réellement continue et inclusive » (Fédération de la formation professionnelle)

22/06/2016
Langue: FR

Avec la transformation numérique, les enjeux pour la formation sont considérables. En effet, le rythme des innovations accélérant, les compétences acquises à un moment de la vie deviennent vite obsolètes, les trajectoires professionnelles cessent d’être linéaires et l’autonomie s’affirme à la fois dans et face à l’emploi. Dans cette nouvelle économie, la créativité et la connaissance – le capital humain – deviennent les principaux facteurs de croissance économique et l’enjeu central de la justice sociale. Or, le système français de formation est mal adapté pour faire face à la vague d’“hyperdestruction créatrice” qui se profile.

«  Aujourd’hui en France, 1,9 million de jeunes ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation, le délai entre la perte d’emploi et l’entrée en formation du demandeur d’emploi est estimé à sept mois. Une étude du cabinet McKinsey [Global Institute] estime qu’en 2020, il y aura 2,3 millions d’actifs non qualifiés sans emploi alors que 2,2 millions d’emplois ne seront pas pourvus. C’est forts de ce constat que nous avons considéré qu’il était de notre responsabilité de soumettre au débat public un ensemble cohérent et systémique de mesures fortes pour un système de formation adaptée au XXIème siècle  », a indiqué Jean Wemaëre, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP), lors de la présentation, lundi 20 juin, du livre blanc “Libérer la formation : cinq propositions pour une formation réellement continue et inclusive”, réalisé par son organisation et le cabinet Astères.

Selon, Nicolas Bouzou, directeur du cabinet d’études économiques et de conseil, « la formation continue en France a trois grands défis à relever. Elle doit être véritablement continue. Pour cela, il faut créer un véritable continuum de formation pour tous, qui se fonde notamment sur une formation initiale plus performante. Il faut un système plus simple et plus lisible centré sur l’individu. Enfin, il faut libérer l’offre de formation pour favoriser l’innovation dans les pratiques et une meilleure réponse aux besoins  ».

« C’est à partir de ces constats que nous formulons une série de cinq propositions opérationnelles à mettre en œuvre dès 2017 », a rappelé le président de l’organisation patronale des organismes privés de formation. Il s’agit, pour les auteurs, d’alerter les candidats à l’élection présidentielle de 2017 sur les enjeux de la formation professionnelle, et pour la « libérer des carcans actuels et en faire un véritable outil au service de l’efficacité individuelle et collective ».

  1. Pour tous, il faut « rendre effectif un droit à la formation d’initiative individuelle, universel et portable, en faisant du compte personnel de formation (CPF) un outil simple et ouvert à tous types de formations ». Il s’agit notamment de fusionner le CPF et le Cif (congé individuel de formation) pour “simplifier son accès”, de l’ouvrir à tous les actifs, « confier à l’État sa gestion, en s’appuyant sur la création d’un fonds national pour la formation tout au long de la vie », l’abonder en points (et non en heures) qui seraient convertis en euros, permettre aux salariés de transformer leurs jours de RTT et de congés payés en points de formation.
  2. Pour les jeunes : « généraliser l’alternance pour leur insertion professionnelle durable en les dotant d’un CPF jeunes leur permettant de financer la formation en alternance de leur choix ».
  3. Pour les plus éloignés de l’emploi : « faciliter et accélérer l’accès à la formation en mettant un terme à la logique de prescription et en développant un marché efficace et pluriel de l’accompagnement professionnel ».
  4. Pour les entreprises et les individus : « encourager l’investissement dans les compétences par une incitation fiscale et par la création d’un label “Capital humain” pour les PME ».
  5. Pour notre pays : «  adapter la gouvernance du système au XXIème siècle en limitant le nombre d’acteurs, en clarifiant les responsabilités de chacun et en renforçant l’évaluation des politiques publiques de formation ». Il faudrait « organiser chaque année une consultation nationale et régionale sur la formation professionnelle qui fasse participer les bénéficiaires de la formation, sur le modèle de la conférence de consensus », a suggéré Jean Wemaëre.

Ces propositions ont été remises au cabinet du Premier ministre ce lundi, a annoncé le président de la FFP. Des tables-rondes seront organisées autour d’elles à partir du mois d’octobre, et un colloque se tiendra le 18 novembre au Conseil économique, social et environnemental (Cese) sur le thème : “Capital humain et la formation”.

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