chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up home circle comment double-caret-left double-caret-right like like2 twitter epale-arrow-up text-bubble cloud stop caret-down caret-up caret-left caret-right file-text

EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

Espace actualités

L’enseignement d’une langue étrangère chez l’adulte : une approche motivante ?

17/09/2018
Langue: FR

Aujourd’hui, le monde est ouvert à un grand nombre de personnes : facilité des accès aux voyages, mobilité professionnelle, échanges professionnels, communications et accès à l’information via le World Wide Web, migration volontaire ou forcée ; l’adulte a besoin d’apprendre une autre langue que sa langue maternelle. Une multitude d’établissements de formation en langue étrangère se crée chaque jour. Les offres sont-elles vraiment adaptées à la demande ? Il serait intéressant de connaître le nombre de personne qui, ayant souscrit à une formation, l’abandonne en cours de route, tout comme il serait utile de mesurer la pertinence des résultats obtenus. Sortie d’une année de formation, la personne se sent elle plus à même de communiquer ? D’utiliser ses acquisitions et les mettre en pratique ? A-t-elle vraiment trouvé ce qu’elle est venue chercher ?

Des hypothèses sur les abandons en cours de route :

Lassitude face à un enseignement trop scolaire, liste infinie de vocabulaire, retraite face à l’indigestion des règles de grammaire, incompréhension et dépersonnalisation de l’enseignement devant un écran, isolement, ou encore, pédagogie inadaptée où l’adulte se retrouve comme dans l’enfance, coincé derrière son bureau, face à un maître tout puissant qui se refuse à toute interaction de peur de tomber de son piédestal. La liste n’est pas exhaustive. L’adulte est un élève singulier, avec son histoire, son expérience et sa propre soif d’apprendre.

Des hypothèses sur les nouvelles pratiques :

Devant la recrudescence des initiatives en tout genre lancées par les expats pour que les autochtones puissent pratiquer une langue étrangère (soirées dans les pubs, au restaurant, visites touristiques, etc.) il apparaît que beaucoup de personnes qui ont suivi une formation en L2 souhaitent conserver leurs acquis et les mettre en pratique. Ce qui est plutôt un bon point. Et l’on constate également une forte demande pour des ateliers artistiques en langue étrangère. Comment expliquer autrement ce phénomène qu’un besoin pour l’apprenant de trouver « une autre manière », plus passionnante pour acquérir/améliorer/entretenir une langue étrangère, ou langue vivante comme l’on dit en France. Et finalement, quoi de mieux pour mémoriser et développer un savoir que l’intérêt et la passion ? Le mouvement, et en trois dimensions ? 

Le théâtre, un vecteur de choix.

Le théâtre, c’est un texte, un écrit, une enfilade de mots, des expressions qui, tirés d’une feuille de papier, s’incarnent dans la réalité. Des émotions qui s’expriment, des interactions qui se jouent entre les protagonistes d’un moment. Le texte, tout d’abord décortiqué pour en retirer tout son sens et ses sous-entendus, se doit d’être mémorisé avant d’être joué. Joué : le secret est enfin lâché, jouer comme un enfant, se croire et s’y croire et pour longtemps en conserver la mémoire. Apprendre pas le biais du théâtre est un moyen merveilleux au sens littéral du mot : l’élève ne se sent pas apprendre, il ne souffre pas de lenteur et d’apesanteur puisqu’il est actif, que tout son corps se met en mouvement pour s’accorder avec ses sens, son esprit. Il agit directement, il plonge dans la pratique sans même se demander s’il a les connaissances de base pour y arriver. Le théâtre utilise la communication sensorielle élémentaire, quasi primitive et donne des résultats très rapidement. Il ouvre ainsi l’apprentissage d’une langue vivante à tous, toute catégorie d’âge, toute classe de la population, soit-elle éduquée ou peu éduquée.

Et les enseignants dans tout ça ?

Pour les enseignants des écoles, nul doute que leur cursus leur a apporté une panoplie pédagogique suffisante, encore que… Mais les formateurs pour les adultes ne sont pas tous issus d’une formation d’enseignant… Alors que faire ? De quoi ont-ils besoin s’ils veulent utiliser cet outil fabuleux qu’est le théâtre ? Et comment aider et convaincre ceux qui aimeraient bien, mais qui n’osent pas ?

Tout au long du projet SIMELTA, nous nous proposons de comparer les différentes conceptions de l’apprentissage des langues pour ensuite proposer une méthode originale de formation des enseignants de L2 à des approches motivantes. Plus précisément, il va s'agir de détecter les bonnes pratiques dans chaque contexte, les confronter, les échanger. Nous mettrons ensuite en place des modules de formation dans le réseau des partenaires, après les avoir expérimentés dans des séminaires centralisés et décentralisés. Il sera ici question de libérer le corps pour libérer la parole chez les enseignants, et à travers eux, chez les élèves.

Nous espérons également, au cours et à l’issue de ce projet, pouvoir offrir une aide aux partenaires sociaux locaux qui doivent s’adapter à une nouvelle problématique commune à toute l'Europe, l'intégration des migrants. L'enseignement de la langue du pays d'accueil à travers des ateliers ludiques, mais instructifs permettra de toucher l'ensemble d'une population, des enfants aux adultes. Car il est facile d'imaginer des mises en situation intergénérationnelles, qui apporteront le vocabulaire et les expressions de tous les jours de manière ludique dans un contexte que l’on sait anxiogène. Les familles ne seront pas séparées, mais bien impliquées dans un même cursus d'intégration, un même élan pour s'implanter tous ensemble dans le pays d'accueil. Sortis d'un environnement impressionnant comme peuvent l'être les écoles et les établissements, les apprenants pourront plus facilement s'abandonner à un apprentissage en apparence ludique, mais pour autant profond et porteur d'espoirs pour tous.

Ce projet se place en prolongement du projet Grundtvig (2013-2015- PLALE, PLAying for LEarning), dans lequel nous avons déjà mis à l’épreuve le théâtre appliqué à l’enseignement d’une langue vivante chez l’adulte. Pendant deux ans, professionnels de théâtre, enseignants et élèves se sont pris au jeu et le résultat a été probant. Une évidence s’est pourtant imposée en conclusion du projet, il faut former les formateurs. PLALE n’aura été qu’une étape, un premier pas…

Suivez-nous sur http://simelta.com/wordpress/

Share on Facebook Share on Twitter Epale SoundCloud Share on LinkedIn