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Vers des usages vertueux des RSN - Partie 2 : à quelles conditions peut-on apprendre avec les médias sociaux ?

23/02/2018
by Jean Vanderspelden
Langue: FR

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Partie 2 : à quelles conditions peut-on apprendre avec les médias sociaux ?

Pour tirer profit de nos usages des médias sociaux, en particulier pour s’informer, pour s’instruire, pour apprendre ou pour se former, avec efficacité, quelques règles doivent être prises en compte. La plupart relève du bon sens, d’autres requièrent de notre part, des apprentissages spécifiques de la maitrise partagée de ces nouveaux outils digitaux.

 - Une bonne maîtrise de l’outil et de ses paramètres : L’exemple de l’outil Facebook est, à ce titre, intéressant. Beaucoup (trop) de ses utilisateurs ignorent les conséquences d’un mauvais paramétrage de leur compte ; nombreux, et parfois, complexes, les paramètres fixés par défaut étaient très ouverts à la création de l’outil Facebook ; aujourd’hui par défaut un peu moins ouverts. Ils peuvent se retrouver confrontés à des situations délicates, simplement liées à la non maitrise des activités collectives (communauté égocentrée le plus souvent, communauté promotionnelle ou communauté collaborative) proposées, suggérées, et, de plus en plus, incitées, voire provoquées. Un simple clic peut avoir des implications graves. Par exemple, le partage d’une information, à un cercle de personnes non désiré… ; l’intervention d’un internaute dans une discussion sans y être invité… ; visibilité d’un commentaire déplacé, etc…. La bonne maitrise de son identité numérique est gage de qualité de ses apprentissages avec les réseaux sociaux numériques.

- Une intention clairement définie avec un regard toujours critique : Soit on se laisse «bercer» par les flux d’informations des personnes qui partagent nos réseaux sociaux, soit on garde une ligne directrice pour interagir avec discernement. Dans le premier cas, on est plutôt «suiveur», dans le second cas, on est plutôt «explorateur» pour nourrir et travailler son ou ses sujets d’intérêt. La seconde posture générera très certainement plus d’opportunités pour apprendre par les échanges qui se révéleront plus intéressants. La prise de distance sur les informations publiées est un réflexe nécessaire pour ne pas se laisser influencer. C’est une des bases d’expertise sur un domaine donné personnel et/ou professionnel. Beaucoup d’internautes alternent ces deux postures dans des médias sociaux complémentaires.

-  Un respect, une bienveillance et une écoute de l’autre : la qualité des échanges, et donc des interactions, repose sur notre capacité d’installer, et d’entretenir, un climat de confiance avec les personnes, connues ou non, avec qui nous dialoguons et partageons des contenus. Le choix des mots, des formules, des arguments, du ton employé, des images et des fichiers associés, sont autant de briques qui constituent le fond et la forme de nos échanges. La cohérence de cet ensemble installe un milieu propice à des apprentissages durables et réciproques. Tout manquement à ces dispositions respectueuses risque d’ébranler un espace subtil de co-apprentissage communautaire ; se mettre trop souvent en avant, en parlant de soi, de ses activités ou de ses productions limite ou brise la dimension formative de l’usage des médias sociaux. Pour conforter ces opportunités d’apprendre des autres, il convient d’être plus en posture d’aide que de jugement, et aussi, préférer des contributions plutôt positives ou interrogatives.

- Choisir et entretenir ses communautés : apprenant est métier ; seul métier durable ! Pour exercer cette nouvelle profession, il est important de savoir s’entourer de pairs portant la bonne parole et exerçant le bon geste professionnel. Il en est de même sur le territoire numérique. Notre responsabilité consiste à bien choisir les personnes avec lesquelles on va échanger, donc de sélectionner ses communautés selon ses objectifs d’apprentissage. Choisir est un premier niveau, entretenir ses communautés en est un second.  Il s’agit de ne pas se laisser enfermer dans une bulle médiatique thématique en rétrécissant le nombre de personnes concernées. Etablir de nouveaux contacts et éliminer ceux jugés peu intéressants, ou déviants au regard de nos intentions, constituent deux activités structurantes et exigeantes. Etre original peut être une attitude favorisant la curiosité, source de nouveaux savoirs. Une présence et une activité régulières permettent de se faire repérer positivement par les membres de ses groupes d’échanges, d’apprentissages et d’autoformation formelle et informelle.

Si apprendre avec les outils numériques peut s’avérer efficace et fertile, la question de la gestion de nos temps face aux écrans constitue un véritable point d’alerte pour assurer une présence active équilibrée entre territoires métrique et numérique. Dans son dernier livre "C'est compliqué : les vies numériques des adolescents"[1], danah boyd nous rappelle que la principale motivation des jeunes est bel et bien d’apprendre… à se socialiser.

Jean Vanderspelden est expert thématiqueEPALE France – www.iapprendre.fr

[1] https://cfeditions.com/boyd

 

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