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Blog

Lutter contre les préjugés sur l’immigration : quel rôle pour l’éducation des adultes ?

11/06/2019
by Andrew McCoshan
Langue: FR
Document available also in: EN EL

/epale/el/file/adult-learning-migrant-misperceptionsAdult Learning migrant misperceptions

Adult Learning migrant misperceptions

[Traduction (anglais-français) : EPALE France]

 

Andrew McCoshan, coordinateur thématique d’EPALE, examine comment l’éducation des adultes peut contribuer à combattre les conceptions erronées de la migration.

 

L’immigration est une question centrale en Europe. Les nombreux préjugés et opinions négatives sur le sujet devraient donc nous alarmer. Les résultats d’un sondage d’opinion publique mandaté par la Commission européenne montrent toute l’étendue du problème :

  • Les gens ont tendance à surestimer considérablement la proportion de migrants vivant dans leur pays. Dans la plupart des pays européens, les migrants représentent moins de 10 % de la population totale. Toutefois, 17 % des personnes interrogées estimaient que ce taux se situait entre 12 % et 25 % dans leurs pays, et 17 % pensaient qu’il était supérieur à 25 %.
  • La plupart des Européens se sentent mal informés sur la migration : 61 % déclarent être mal informés ou pas informés du tout
  • Une importante minorité de répondants (34 %) ont affirmé qu’ils se sentiraient plus à l’aise s’ils avaient l’opportunité d’avoir des relations sociales de quelque nature que ce soit avec les migrants.
  • Près de quatre Européens sur dix pensent que l’immigration constitue plus un problème qu’une opportunité.

 

Un réseau complexe de relations

L’enquête révèle également des liens étroits entre la façon dont les gens perçoivent la migration et l’opinion qu’ils en ont. Par exemple, il existe un lien évident entre le sentiment d’être suffisamment informé et le degré d’aisance des répondants à entretenir des relations sociales avec les immigrants. Des interactions plus fréquentes sont aussi associées à des perceptions plus positives de leur impact sur le pays d’accueil.

On constate également un lien avec le niveau d’éducation; les personnes ayant un faible niveau d’instruction sont les plus susceptibles d’afficher les perceptions les plus erronées sur l’immigration, d’avoir le moins de contacts avec les migrants et les opinions les plus négatives sur l’impact de l’immigration.

 

Quelques pistes pour apporter des solutions

Comment l’éducation et la formation des adultes peuvent-elles contribuer à corriger ce type de préjugés? La réponse à cette question n’est pas simple. L’infrastructure de l’éducation des adultes varie considérablement d’un pays européen à l’autre, tant par son échelle que par sa portée, et les opportunités offertes aux apprenants varient également de manière considérable. De plus, nos ressources sont limitées et il est donc fort probable que les solutions devront reposer sur les moyens dont nous disposons déjà. Toutefois, le fait qu’une grande partie de l’éducation formelle des adultes financée par des fonds publics soit axée sur les compétences de base peut constituer une excellente occasion en raison du lien que je viens de mentionner entre préjugés et niveau d’instruction. Bref, peut-être devrions-nous songer à intégrer le thème de la migration dans les prestations existantes : les cours de mathématiques pourraient utiliser les données sur la migration; les cours d’alphabétisation pourraient s’appuyer sur des extraits de textes portant sur ce sujet; les programmes de compétences numériques pourraient confier aux apprenants la tâche de rechercher des informations sur l’immigration.

Dans le même temps, comme l’a souligné un rapport récent :

«Les apprenants ne s’approprient pas la citoyenneté uniquement en acquérant des connaissances. Les pratiques scolaires telles que les discussions en classe et les activités d’apprentissage par la pratique favorisent la pensée critique et aident les élèves à comprendre les autres et à développer des attitudes sociales ouvertes.»

Ces approches sont au cœur de l’éducation des adultes dans de nombreux pays. En outre, compte tenu de la forte corrélation qui existe entre la fréquence des rencontres et les sentiments positifs que les gens peuvent développer les uns envers les autres, nous devrions réfléchir à des moyens de créer des espaces de rencontre et d’interaction pour les populations d’accueil et les migrants.

De telles approches nécessitent une réflexion commune et, dans l’idéal, les préjugés sur la migration doivent être abordés simultanément sur plusieurs fronts. Cette question ne concerne pas uniquement l’éducation des adultes : des campagnes menées sur les réseaux sociaux parallèlement aux efforts déployés dans le domaine de l’éducation des adultes pourraient, par exemple, contribuer à dissiper les idées fausses sur la migration. Même si nous pouvons faire reposer nos efforts sur les ressources dont nous disposons déjà, il est nécessaire que nous coordonnions nos actions pour en tirer le meilleur parti.


Andrew McCoshan a travaillé dans le domaine de l’éducation et de la formation en Europe pendant plus de 30 ans en tant que chercheur et consultant universitaire. Il est actuellement associé de recherche à l’Educational Disadvantage Centre de la Dublin City University, en Irlande.

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